Une crise nutritionnelle dramatique frappe la Corne de l’Afrique

Des réfugiés somaliens attendent de la nourriture dans un camp situé à la frontière Kenya-Somalie.

L’Unicef tire la sonnette d’alarme et appelle la communauté internationale à venir en aide aux plus de 2 millions d’enfants touchés par la crise nutritionnelle. Un appel de fonds à hauteur de 22,2 millions d’euros a été lancé. De la Somalie à l’Ouganda, en passant par l’Éthiopie, Djibouti et le Kenya, plus de 10 millions de personnes sont menacées.

La Corne de l’Afrique subit actuellement une crise nutritionnelle liée à la pire sécheresse qu’ait connue la région en 60 ans, mais aussi à la hausse des prix des denrées alimentaires de base et au conflit qui déchire la Somalie depuis des années. Dans ce pays, la ville de Baidoa, a vu le prix des céréales augmenter de 240 % par rapport à l’an dernier, ou encore, le prix du maïs a augmenté de 117 % dans certaines régions de l’Éthiopie. De plus, certaines zones du sud de la Somalie restent difficiles d’accès pour les acteurs humanitaires. Face à cette situation, les enfants vulnérables et défavorisés sont ceux qui souffrent le plus; c’est à eux que l’Unicef porte assistance en priorité.

Cette crise engendre de grands déplacements de population, notamment depuis la Somalie, épicentre de la crise, vers le Kenya et l’Éthiopie. Actuellement, près de 10 000 Somaliens arrivent au Kenya, par le nord du pays chaque semaine et près de 2500 sont enregistrés chaque jour en Éthiopie. Ces grands mouvements de population entraînent une dégradation des conditions sanitaires dans les camps, directement pris en charge par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, le HCR. L’Unicef travaille en étroite collaboration avec celui-ci pour acheminer divers produits vers les camps.

La malnutrition au cœur des inquiétudes

L’une des premières conséquences de la crise est l’augmentation du taux de malnutrition. Il a augmenté de 50 % durant l’année qui vient de s’écouler. Le manque de nourriture fait donc peser une lourde menace sur la survie des enfants, et plus particulièrement sur ceux du sud de la Somalie. C’est  l’une des raisons principales qui pousse autant de familles à partir au Kenya et en Éthiopie. Et sur l’ensemble de la région, près de 500 000 enfants souffrent aujourd’hui de malnutrition aiguë sévère et 1,7 million sont atteints de malnutrition aiguë modérée.

L’Unicef agit

Sur le terrain, l’Unicef a envoyé par avion 5 tonnes d’approvisionnement (aliments thérapeuthiques, médicaments) et des équipements pour améliorer l’accès à l’eau à Baidoa (sud-ouest de la Somalie), afin de venir en aide aux enfants affectés par la crise.

Notre organisation travaille avec les ministères de la santé locaux, le Programme Alimentaire Mondial,  les ONGs internationales et les organisations communautaires. Un tel fonctionnement permet de maintenir les campagnes de vaccination de routine, d’être en capacité de donner une réponse adéquate dans le secteur de la santé, de poursuivre et de renforcer des programmes d’accès à l’eau potable et d’améliorer les installations sanitaires dans les camps.

Depuis le début de la sécheresse, l’Unicef a déjà pris en charge près de 70 000 enfants atteints de malnutrition, rien que dans le sud de la Somalie et a distribué 2500 cartons d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi. En Somalie par exemple, l’Unicef est aussi en train d’effectuer un travail d’identification des zones où la malnutrition est très présente. Notre organisation se mobilise pour réhabiliter des forages et des puits, mais aussi pour en construire d’autres et pour installer de nouvelles latrines.

« Cette région est le théâtre de crises récurrentes. Mais celle qui sévit aujourd’hui fait partie des pires de ces dernières décennies », explique Robert McCarthy, le conseiller régional de l’Unicef pour l’urgence, en Afrique de l’Est et du Sud. Après deux saisons consécutives de très faibles pluies, de nombreuses zones rurales sont confrontées à une période extrêmement difficile. Par conséquent, la population pastorale, qui vit de son bétail, est aujourd’hui très fragilisée par la rareté de l’eau et l’insuffisance de nourriture.

Aujourd’hui, l’Unicef appelle les gouvernements locaux, les donateurs et l’ensemble de la communauté internationale à mettre en place très rapidement une réponse humanitaire forte.

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Quizzz : que savez-vous de la malnutrition ?

A l’occasion de la journée des Droits de l’Enfant, qui aura lieu cette année le 20 novembre 2008, l’UNICEF et LeWebPédagogique s’associent pour un effort d’information et de sensibilisation du monde éducatif. Alors que savez-vous de la malnutrition ? Allez hop, testez-vous, c’est parti !

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Interview de F. Tchibindat, responsable de la nutrition en Afrique

Félicité Tchibindat travaille pour l’Unicef depuis 9 ans. Nutritionniste de santé publique de formation, elle est responsable aujourd’hui de la nutrition en Afrique de l’Ouest et du Centre.

Pouvez-vous nous donner une définition de la malnutrition ?
La malnutrition est définie comme un déséquilibre entre les apports en éléments nutritifs et les besoins de l’organisme. Elle est considérée comme une maladie qui touche plus de 143 millions d’enfants de moins de 5 ans. Lorsqu’un enfant est malnutri, cela signifie que son alimentation est insuffisante, mal équilibrée et que son organisme ne reçoit pas suffisamment d’éléments nutritifs tels que les protéines, les vitamines et les minéraux.

Existe-t-il plusieurs formes de malnutrition ?
Il existe deux grands types de malnutrition : la malnutrition chronique et la malnutrition aiguë. La malnutrition chronique se définit comme un retard du développement de l’enfant, notamment un retard de croissance en taille. L’enfant présente alors un aspect rabougri. La malnutrition chronique est due à des carences nutritionnelles persistantes dans le temps. La malnutrition aiguë représente le moment où le corps commence à consommer ses propres tissus pour y trouver de l’énergie et des composants nutritionnels nécessaires à sa survie, faisant alors fondre les muscles et les réserves de gras. Les termes de sévères et modérés sont employés pour décrire le degré de sévérité de la malnutrition aiguë, les deux stades constituant une urgence médicale et nécessitant une prise en charge rapide et efficace. Continuer la lecture

Les causes de la manutrition (élèves)

L’essentiel à connaître :

La malnutrition est avant tout la conséquence d’une alimentation insuffisante en qualité comme en quantité, elle-même due à différents facteurs tels que :

  • la pauvreté ;
  • des services de santé trop peu accessibles et de mauvaise qualité ;
  • le manque d’installations sanitaires ;
  • l’allaitement maternel insuffisant et le sevrage brutal ;
  • le sida ;
  • les catastrophes naturelles ;
  • les guerres et les famines.

Les conséquences de la malnutrition (élèves)

L’essentiel à connaître :

Sur les enfants
La malnutrition touche avant tout les enfants âgés de moins de deux ans, en pleine croissance.
Augmentation du risque de décès, grandes souffrances physiques et psychologiques, retard de croissance, diminution de l’espérance de vie en sont les conséquences.

Sur l’économie du pays
La malnutrition « coûte cher » en vies humaines, en perte de productivité, en programmes de santé…

Sur l’éducation
La malnutrition* écarte les enfants de l’école et, lorsqu’ils vont en classe, limite leur capacité à se concentrer.

Qu’est-ce que la malnutrition ? (élèves)

Définition
La malnutrition est la conséquence d’une alimentation insuffisante en qualité comme en quantité.

Les différents types de malnutrition
Deux types de malnutrition :
– La malnutrition chronique qui se détecte grâce au rapport taille/âge.
– La malnutrition aiguë modérée ou sévère, stades constituant une urgence médicale et nécessitant une prise en charge rapide et efficace, qui se détecte grâce au rapport poids/taille.

En mesurant le tour du bras de l’enfant, grâce au périmètre brachial, on peut rapidement poser un 1er diagnostic. Continuer la lecture