Consultation nationale : Écoutons ce que les enfants ont à nous dire

rapport_consultÉvaluer le bien-être des enfants et des jeunes, plaider pour la connaissance et l’application de leurs droits font partie des missions de l’UNICEF en France. L’UNICEF a ainsi mené une Consultation nationale des 6-18 ans de janvier à juillet 2013, qui a permis à ces derniers de s’exprimer sur leur perception de l’application de leurs droits (voir article). Les résultats ont été publiés le 19 novembre dernier, à l’occasion de la  « Journée internationale des droits de l’enfant » (20 novembre).

Un projet innovant

Ce projet est exceptionnel par son ampleur : 22 500 enfants de 6 et 18 ans y ont participé ! La méthodologie employée est aussi l’un des grands bénéfices que l’on peut tirer de cette Consultation. Les ateliers durant lesquels le questionnaire a été présenté aux enfants et aux jeunes ont permis de les sensibiliser et de créer des espaces d’échanges au sein des centres  d’accueil périscolaires, des centres de loisirs, des écoles et  des établissements du secondaire.

Des résultats contrastés

L’analyse sociologique des résultats statistiques, menée par Serge Paugam (CNRS/EHESS/ENS) et accompagnée par Catherine Dolto (médecin et thérapeute), a mis en lumière que près d’un enfant sur cinq (soit 17 %) vit dans une situation d’intégration sociale précaire, dont 7 % sont « déjà pris dans un processus de disqualification sociale ».

Le bien-être ou le mal-être des enfants et des jeunes dépendant de multiples facteurs interconnectés, le vécu de ces enfants et adolescents dans le milieu scolaire joue aussi sur ce sentiment global. D’après le rapport, « l’école remplit parfaitement sa mission pour plus de 9 enfants sur 10 », qui disent s’y sentir bien et en sécurité et qui disent aussi y apprendre à grandir. Cependant, un enfant sur dix, soit un nombre assez conséquent, ne partage pas ces sentiments. D’autres chiffres sont d’ailleurs assez préoccupants : « 55 % des répondants disent qu’ils peuvent être harcelés ou ennuyés par d’autres enfants ou jeunes » et « 35 % avouent que des adultes leur font peur ». Les conditions générales de vie à l’école peuvent aussi être « sources de pénibilités » : pour ne citer qu’un exemple, 33 % des enfants et jeunes trouvent que les toilettes de leur établissement scolaire sont sales, tandis qu’un nombre non négligeable d’enfants trouvent que leur intimité n’y est pas respecté.

Un appel de l’UNICEF France pour mettre fin à la « spirale du malheur »

Ainsi, ces résultats ne font pas oublier que certains enfants cumulent toutes les difficultés à la maison, à l’école, auprès de leurs pairs, etc. Des difficultés dans un domaine impactant souvent les autres, ces jeunes sont rapidement entraînés dans la « spirale du malheur» (Catherine Dolto). Parce qu’elle met ceci en lumière, la Consultation est essentielle à l’UNICEF France pour faire en sorte que les pouvoirs publics et, plus généralement, chacun d’entre nous, aient un regard plus pertinent sur les problèmes de ces enfants  afin de mieux y répondre. et de rendre réelle l’ application de leurs droits. Parmi les éléments structurants dans la vie d’un enfant et d’un jeune, le milieu scolaire,  peut y contribuer.

Pour en savoir plus :
-Les résultats du rapport
Le rapport, son résumé, des infographies…
-Des vidéos de « libre parole » d’enfants…
-Des interviews : Catherine Dolto, Michèle Brazach…

A l’école des enfants heureux… ou presque

Le 29 mars, l’Unicef France rend publique l’enquête « A l’école des enfants heureux… ou presque »*, réalisée à sa demande, par l’Observatoire international de la violence scolaire. Cette enquête exceptionnelle par son approche et son ampleur constitue une première en France : menée à l’échelle nationale auprès de 13 000 enfants, elle s’intéresse  à la violence au sein de l’école primaire, en particulier chez les élèves de CE2, CM1 et CM2.

Loin d’un bilan statistique issu de l’administration, cette enquête s’intéresse avant tout au ressenti des enfants à l’école. Son auteur, Eric Debarbieux, chercheur et directeur de l’Observatoire international de la violence scolaire, s’est associé à Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’Education Nationale et membre du Conseil d’administration de l’Unicef France, pour mener ce travail, ainsi qu’à une équipe de chercheurs issus de sept universités françaises.

Un espace d’épanouissement pour la très grande majorité…


Tantôt fantasmée, tantôt niée, la violence scolaire en primaire n’avait jusqu’à maintenant jamais été explorée de manière aussi approfondie.
Compte tenu de l’importance de l’école primaire dans la construction et le développement des enfants, il était primordial pour l’Unicef France de prendre l’initiative de cette étude. Les résultats qui en ressortent sont à la fois réjouissants et préoccupants. En moyenne, 9 élèves sur 10 affirment se sentir bien ou tout à fait bien à l’école et la même proportion avoir de bonnes ou très bonnes relations avec les enseignants.

…et un lieu de souffrance pour une importante minorité

Cependant, derrière cette réalité positive se cache une importante minorité d’enfants pour lesquels l’école est un lieu de violence et de souffrance : 17% disent avoir été frappés souvent ou très souvent par d’autres élèves. Le nombre de victimes de harcèlement verbal ou symbolique est estimé à environ 14% des élèves, dont 8% victimes d’un harcèlement assez sévère à sévère. De plus, 10% des élèves interrogés se disent victimes de harcèlement physique à l’école, dont 5% d’un harcèlement sévère… tous ces chiffres révèlent un phénomène qui appelle une réponse. Bien que, dans l’ensemble pourtant, les élèves aient une perception globalement positive ou très positive de leur professeur. Pourtant, un peu plus de 13% des répondants estiment avoir été rejetés par un enseignant et 4,6% avoir subi des attitudes racistes de la part d’un adulte dans leur école.

En conclusion, Eric Debarbieux rappelle la gravité des conséquences de ce(s) harcèlement(s) sur les enfants, tant aux plans psychologique que scolaire : décrochage scolaire, absentéisme, perte d’estime de soi, tendances dépressives ou suicidaires de long terme.

Un outil de travail pour l’Unicef France

Avec cette enquête, l’Unicef France dispose d’un solide outil pour rendre visible cette situation, alerter les pouvoirs publics et la communauté éducative. « (…) Celle-ci devra être orientée vers la prévention de cette violence, dans l’intérêt supérieur de l’enfant », explique Jacques Hintzy, président de l’Unicef France. « Nous sommes vigoureusement opposés au fichage des enfants ainsi qu’aux théories fumeuses sur le déterminisme qui condamnent les enfants en difficulté dès leur plus jeune âge. Nous plaidons au contraire pour des mesures de prévention, basées sur la formation du corps enseignant, la sensibilisation des parents et la prise en compte de l’enfant, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant ».

L’Unicef France s’engage à inscrire ces priorités d’action dans son partenariat avec le Ministère de l’Education nationale fixé par un accord-cadre quinquennal. Notre association invite aussi le Ministère de l’éducation nationale à la constitution d’un groupe de travail pluridisciplinaire, rassemblant toutes les composantes de la communauté éducative, chargé de promouvoir et de développer la mise en œuvre de ces programmes.

*L’enquête a été réalisée grâce au soutien financier de Nutriset. 

Pour lire la synthèse du rapport, cliquez ici.
Pour lire le rapport complet, cliquer
ici.

 

La France mauvaise élève des pays riches en matière d’éducation

@Gil Fornet

Le 3 décembre dernier, l’Unicef a rendu public le neuvième Rapport Innocenti. Il met en avant le fossé qui se creuse entre les enfants qui ne rencontrent pas de grosses difficultés dans leur scolarité et ceux qui sont complétement perdus à l’école, dans les pays développés. Georges Fotinos, ancien inspecteur Général, revient sur ce rapport et commente le mauvais classement de la France en matière d’éducation. Interview.

Pour lire l’interview de Georges Fotinos, cliquez ici.

Quand les pays riches laissent tomber leurs enfants les plus pauvres

On n’en parle certainement pas assez et pourtant c’est la réalité : malgré la richesse dont ils disposent, de nombreux pays développés laissent de côté mes enfants issus de milieux défavorisés. Dans sa neuvième édition, le rapport Innocenti fait le classement des 24 pays les plus riches du monde, en fonction de l’égalité qu’il y a, ou non, entre les enfants vivant sur leur territoire.

Pour lire la suite de l’article, cliquez ici.

Une vaste enquête sur la violence scolaire commanditée par l’UNICEF France

Cette enquête de victimation, réalisée dans 150 écoles auprès de 10 000 enfants et 1 200 membres des personnels est une première en France.

PARIS, le 9 avril 2010 – Alors que les Etats généraux sur la violence scolaire se sont achevés hier, une enquête de victimation dans les écoles primaires est en cours de réalisation sur le terrain. Cette vaste étude, soutenue par le Ministère de l’Education, avec l’appui de Nutriset, a été commanditée par l’UNICEF France à l’Observatoire international de la violence à l’école, présidé par Eric Debarbieux. Ce dernier assurera la coordination de l’étude avec Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’Education national et administrateur de l’UNICEF France.
L’enquête sera réalisée avec le concours de six universités françaises (Bordeaux 2, Arras, Lyon 2, Nice, Paris XII, Rennes) auprès d’un panel de 150 écoles primaires, 10 000 enfants et 1 200 membres du personnel éducatif et/ou encadrant. Sa nature et son ampleur font de ce travail une première en France. Ses résultats seront publiés en septembre par l’UNICEF France. Le piège de l’exagération comme celui de la négation du problème de la violence à l’école, le biais et l’imprécision des données administratives obligent à un diagnostic précis du problème.
L’objectif de l’étude est de mieux connaître la réalité qualitative et quantitative de la souffrance engendrée par la violence à l’école pour prévenir et combattre efficacement cette violence. Des études suggèrent fortement que les problèmes de harcèlement connaissent un pic entre 8 et 10 ans ; pourtant il y a une méconnaissance importante de ce que vivent les enfants à l’école primaire. C’est pourquoi l’UNICEF France et Eric Debarbieux ont choisi de faire porter leurs efforts sur cette population. A la différence des statistiques administratives, l’enquête dite de « victimation » permet d’aborder la violence du point de vue de la victime. Le croisement de ces deux types d’information permettra d’avoir une appréciation plus précise de la réalité de la violence dans nos écoles élémentaires.
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A propos de l’UNICEF : L’UNICEF est à pied d’oeuvre dans plus de 150 pays et territoires du monde entier pour aider les enfants à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement, l’UNICEF soutient la santé et la nutrition des enfants, l’accès à de l’eau potable et à des moyens d’assainissement, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d’entreprises, de fondations et de gouvernements.

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