Une leçon sur le développement à partir des éléments constitutifs de l’IDH (Indicateur du Développement Humai), pour revoir les mythes du Tiers_monde. En anglais, certes, mais avec humour et une utilisation de graphiques qui donne des idées pour l’animation des cours…
Archive for janvier, 2009
Mythes du Tiers_Monde
vendredi, janvier 23rd, 2009La durabilité du développement
jeudi, janvier 8th, 2009Dans le couple formé par le substantif « développement » et l’adjectif « durable« , l’accent peut être mis sur l’un ou l’autre terme. L’Action 21 (ou agenda 21 en anglais, document programmatique issu de la Conférence de Rio) insiste sur la durabilité, marquant de manière durable la perception et la transmission du concept de développement durable.
Sylvie Brunel dans son ouvrage « à qui profite le développement durable ? » dénonce la part belle accordée à la durabilité au détriment du développement. Elle craint qu’en suivant cette dérive, probablement instrumentalisée par le monde économique, de nouvelles exclusions naissent.
[dailymotion]
Paul-Marie Boulanger, à l’occasion d’un article sur les indicateurs du développement durable, décortique les approches possibles du concept de développement durable. Trois approches sont recensées, chacune d’entre elles mettant l’accent tantôt sur l’un tantôt sur l’autre terme du couple développement durable.
- l’approche par piliers (économique, social, environnemental considéré comme des domaines séparés) est centrée sur la durabilité comprise comme une force d’équilibre entre l’évolution de ces piliers. La dimension de développement n’y est guère analysée, elle est simplement assimilée à la croissance économique accompagnée de certaines conditions sociales et environnementales. Cette approche est la moins en rupture avec les présupposés politiques et idéologiques dominants ce qui expliquerait sa haute utilisation ;
- l’approche en terme de ressources est, elle, muette sur la problématique de développement. Elle est tournée vers la durabilité, comprise dans le sens d’utilisation soutenable des ressources naturelles de manière à transmettre un stock agrégé de capital productif par tête suffisant aux générations futures pour produire les biens et les services nécessaires à leur bien-être ;
- l’approche en terme de bien-être est la seule à s’interroger sur le développement. Le développement y est compris comme l’accroissement du bien-être pour le plus grand nombre possible d’êtres humains, aujourd’hui et demain. Amartya SEN, prix Nobel d’économie, fait reposer le bien-être à la fois sur la capacité d’agir (agency) et sur la satisfaction ressentie (well-being). Le développement consiste à élargir l’ensemble des capacités (ou capabilities, possibilités pour un individu d’être et d’agir en fonction de ses propres objectifs et de ses valeurs) accessibles à un individu et donc la palette de choix de vie désirables accessibles à l’homme. Il propose une vision multidimensionnelle du développement, centrée non pas sur la croissance économique ou sur l’augmentation monétaire mais sur l’extension de la liberté réelle pour les hommes de se réaliser.
Cette dernière approche aurait pu être l’approche dominante, la définition inaugurale du rapport Brundtland se référant aux besoins ET aspirations (terme qui a d’ailleurs disparu dans la traduction française) des générations actuelles et futures. Il est donc bien question des êtres humains et de leur bien-être.
Pour réconcilier les deux termes, Paul-Marie Boulanger propose une quatrième approche, l‘approche normative, qui accorderait une importance équivalente à la durabilité et au développement. De ce point de vue serait considéré comme développement durable toute forme « d’action sociale satisfaisant des normes ou des procédures ». Il cumule les exigences d’efficacité, d’efficience et de viabilité des institutions internationales financeurs de projets de développement, aux exigences de participation (la participation ne peut se résumer au droit de vote, ce qui implique que le citoyen ait les moyens de faire entendre sa voix dans toutes les décisions susceptibles de l’affecter, à tous les niveaux et dans tous les domaines, y compris l’économique) et de liberté du volet développement et à celles d’équité, de prudence et de résilience pour le volet durabilité.
L’approche normative présente l’avantage de focaliser sur les acteurs, les projets et les politiques de développement et de se recentrer sur les véritables fondements de l’idée de développement durable, à savoir les exigences de justice et d’équité.