Élection démocratique et affaire obscure en Russie

Et c’est reparti pour un tour ! Vladimir Vladimirovitch Poutine, déjà au pouvoir depuis 1999, a été réélu la semaine dernière pour son quatrième mandat de 6 ans à la tête de la Russie.

Malheureusement, il n’y avait aucun suspens puisque Poutine caracolait en tête des sondages, loin devant ses concurrents. Et il s’est en effet imposé avec plus de 76% des voix quand son dauphin ne pointe qu’à un petit 12%. Le vrai défi pour le président sortant n’était donc pas de remporter une victoire déjà acquise mais de réussir à faire baisser le taux d’abstention. Si les votants élisent Poutine à une écrasante majorité, beaucoup de russes décident aussi de ne pas aller voter et se désintéressent de la politique de leur pays. Ainsi, lors des dernières élections (2012), l’abstention était de presque 35 %. La réussite est mitigée pour Poutine : certes l’abstention a baissé d’environ 3 points, mais elle reste tout de même assez haute pour un président dont l’objectif est de rassembler les russes (environ 32%).

Le second objectif de Poutine était de gagner une élection parfaitement transparente et démocratique. Même si on ne peut pas dire que les précédentes élections aient été truquées, la Russie a, à l’international, une image ternie par plusieurs scandales. Tout d’abord, les victoires écrasantes de Poutine donnent l’image d’un pays où l’opposition au pouvoir en place est quasiment inexistante. Mais là où cette situation pose problème, c’est qu’elle n’est pas seulement due aux plébiscites du peuple envers son dirigeant, à plusieurs reprises, elle a été entravée par des évènements douteux, notamment par les disparitions de plusieurs de ses leaders. Exemple le 27 février 2015 quand le principal opposant de l’époque, Boris Nemtsov, est assassiné en face du Kremlin. Certes l’implication du gouvernement de Poutine dans cette affaire est loin d’être avérée, mais ce n’est pas le premier opposant qui disparait ainsi. Autre procédé peu démocratique en Russie, les principaux médias, comme les chaînes de télé (Rosssiya, Perviy Kanal, NTV, …) sont sous le contrôle du gouvernement. Après l’élection ils se sont donc empressés d’affirmer que l’élection s’était faite dans la plus grande transparence. Chose assez comique puisque, si c’est vraiment le cas, à quoi bon le dire ? C’est comme si, en France, TF1 ouvrait le 20h en affirmant que l’élection de Macron s’était passée dans la plus grande transparence. Ce serait louche… Mais bon, pour l’instant, rien ne permet d’évoquer l’idée d’une élection truquée, en même temps, à quoi bon truquer une élection quand elle est jouée d’avance ?

Donc voilà, Poutine a pu se rasseoir sur son fauteuil de président, serein. Enfin, pas si serein que ça en fait… En effet, la Russie est accusée par le Royaume-Uni d’avoir joué un rôle dans la tentative d’assassinat du 4 mars dernier qui visait Sergueï Skripal, un ex-agent double russe. Ce qui permet au Royaume-Uni de soupçonner le gouvernement russe ? Le poison qu’on ingurgité Sergueï Skripal et sa fille (qui sont vivants mais hospitalisés) : une substance normalement à usage militaire appelé « Novichok », et devinez quel pays le produit ? Je pense que vous avez compris… Une crise diplomatique a donc éclaté entre la Russie et le Royaume-Uni, chaque pays a expulsé les diplomates de l’autre. La plupart des pays européens (dont la France) ont apporté leur soutien au gouvernement de Theresa May tandis que les russes crient à un complot des occidentaux. Mais bon, les footeux peuvent être rassurés, aucun pays n’a encore ne serait-ce qu’évoqué l’idée de ne pas envoyer son équipe nationale en Russie pour la coupe du monde.

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