Land Art au Landy-journal de bord (2)

20 05 2010

5-1 5-3

Aujourd’hui, pas de machines sophistiquées disponibles, quelques pelles et autres outils de jardinage pour finir de nettoyer une grosse tranchée au fond de la parcelle qui fait 5300 m2 (l’équivalent d’un terrain de football et demi).

Les déchets de cette tranchée contraste avec le tracé bien régulier déjà effectué pour réaliser le plan général de l’oeuvre de Jean-Paul Ganem. L’artiste et Stéphane Benhamou (son producteur) en pleine action pour ce nettoyage fastidieux.

5-4 5-5

Pour ma part, je me contente d’observer les travaux et les plantes qui poussent sur le terrain puisque je suis en enceinte de 9 mois…

Demain l’entreprise de BTP Dubrac reprend son travail pour finir de déblayer le reste des tranchées qui ne sont pas aussi rectilignes que sur les photos. Le fait de soulever les différentes dalles avec la machine a permis de fabriquer des fissures qui seront certainement remplies de terre où pousseront des fleurs de jachère.

En attendant « La Plateforme du bâtiment » par l’intermédiaire de Saint-Gobain, nous fournit le matériel pour semer et pour protéger les élèves et les graffeurs pour les différents ateliers.

A bientôt,

Adeline Besson



Land Art au Landy-journal de bord

19 05 2010

5-1

Après avoir épuisé, il y a 15 jours, deux défonceuses différentes pour tracer le plan principal du « Jardin des Fissures », la machine que vous voyez est la quatrième: la troisième a calé ce matin. En tout cas, une partie du tracé s’est transformé en tranchées pouvant accueillir les 200 m3 de terre pour faire des semis dignes d’intérêt.

5-7

Une petite surprise, en déblayant l’ancienne cuve au fond du terrain: l’entreprise de BTP Dubrac a découvert des plaques de bétons cerclés de fer qui recouvraient la fameuse cuve. En montant sur celles-ci avec Jean-Paul Ganem (l’artiste), nous nous sommes aperçus qu’elles feraient un excellent point de vue sur l’ensemble du terrain (à voir)…

A bientôt,

Adeline Besson



Land Art au Landy enfin du concret!

18 05 2010
première tranche des travaux

première tranche des travaux

Le projet Land Art n’est plus un projet, la première phase a débuté il y a 15 jours. Après avoir nettoyé la friche avec les Parcs et Jardins de la ville d’Aubervilliers et Plaine Commune, l’entreprise de BTP Dubrac a entrepris le tracé du dessin principal du « Jardin des Fissures » de l’artiste Jean-Paul Ganem (voir les articles précédents). Les élèves de 3ème terminent les projets personnels qu’ils réaliseront sur le côté de l’oeuvre de l’artiste.

jardin des fissures simulation

En attendant, une première simulation permet de se faire une idée de l’oeuvre. Il s’agit de faire ressortir le plan principal des différents entreprises qui se sont succédées sur la parcelle de 5300 m2 depuis le début de l’industrialisation du quartier du Landy au XXème siècle. Le dessin va apparaître au fur et à mesure de la pousse. Les plantes utilisées seront essentiellement agricoles pour faire référence au passé maraîcher qui cohabitait allègrement avec les industries souvent très polluantes des années 1920 comme la savonnerie Caminade.

1974-craquelures

Les semis sont prévus pour la fin mai début juin pour une floraison optimale en septembre. Le millet, le moha vont se frotter aux plantes dites de chantier (arbres à papillons, figuier etc…) et vont surtout contraster avec les murs de l’atelier Graff sur la droite du jardin.

moha arbre à papillons millet

Mais surtout cette nouvelle flore va permettre à cette friche de devenir un jardin urbain avec une biodiversité bien à elle (abeilles, différents insectes et oiseaux) qui n’a pas pu s’installer sur cette parcelle abandonnée depuis une vingtaine d’années.

A bientôt, pour de nouvelles aventures de Land Art au Landy.

Adeline Besson



Collection Pinault à Venise

4 11 2009

Cindy Sherman/Jeff Koons

Nouvel accrochage de la collection Pinault à La Douane de Mer reconstruite par l’architecte Tadao Ando ainsi qu’au Palazzo Grassi.

Les pièces et l’accrochage dans le premier lieu sont particulièrement bien mis en valeur. Il paraît que le maître des lieux a veillé à la scénographie. Même si le visiteur sent que les différents achats des oeuvres appartiennent plus au star system de l’art contemporain qu’au coup de coeur du simple collectionneur, la scénographie a le mérite de questionner.

C’est le cas de l’espace où se trouve les dernières photographies de Cindy Sherman qui se confrontent à la sculpture en marbre de Jeff Koons. On voit pourquoi les deux types de travaux ont été mis ensemble mais le kitsch que Sherman pratique dans ses photos n’est pas vraiment le même que celui de Koons.

Si le kitsch du second s’essouffle vite et reste une critique vide, le kitsch de la première prend des allures surréalistes voire étranges même si les deux parlent de la bourgeoisie ou des nouveaux riches.

Koons nous montre une sorte de miroir de ce monde alors que Sherman nous fait voir une forme de monstruosité dans le dédoublement d’une femme ultra maquillée et branchée.

A bientôt,

d’autres photographies sur www.parismatch.com

Adeline Besson



Rivalités à Venise

2 11 2009

Exposition réjouissante au Louvre où notamment les trois grands peintres de Venise au XVIème siècle sont véritablement confrontés dans une scénographie simple mais efficace.

Titien

Tintoret

Véronèse

La confrontation la plus frappante est organisée autour d’un thème commun à savoir la fête biblique.

L’aîné des peintres, le Titien, avec les Pélerins d’Emmaüs structure sa composition autour de la longue table: un Christ et un paysage fait ainsi référence à la Cène de Léonard de Vinci. Placés de chaque côté, les pélerins découvrent à qui ils ont à faire. Le Tintoret reprend la thématique dans La Dernière Cène mais c’est par la structure et les poses en arc de cercle des apôtres autour de la table carrée qu’il guide le regard du spectateur vers le Christ auréolé. Chez Véronèse, les Pélerins d’Emmaüs semblent être une synthèse des deux premiers tableaux. La famille du commanditaire structure une composition autour du Christ bénissant le pain. La composition se décentre légèrement sur la gauche pour laisser entrevoir un paysage structuré par une architecture qui fait penser à celui du Titien.

A travers cette confrontation, le tableau du Titien apparaît comme une vision symbolique. Les personnages et les objets sont les éléments d’une composition claire qui fait office d’instant symbolique. A l’inverse, le Tintoret semble plus narratif avec ses apôtres représentés dans des positions baroques. La tableau pourrait être l’une des images d’une narration ancrée dans le quotidien du Christ. Le dernier,Véronèse, mélange symbolique et narratif. Le symbolique se situant sur le Christ en train de bénir le pain et le narratif dans les détails de la représentation de la famille du commanditaire (attitudes, costumes et animaux des personnages).

L’exposition fait aussi son travail en replaçant les peintres dans le contexte de l’époque entre rivalités, confrontations et influences réciproques. L’une des expositions du moment, qui vaut le détour, jusqu’au 4 janvier 2010.

A bientôt,

Adeline Besson



Biennale de Venise 2009

1 11 2009

La Biennale va bientôt se terminer. Mais déjà la plaquette descriptive de la manifestation internationale intitulée « Making Worlds » s’embourbait dans des explications convenues voire culculs. Dès la visite des pavillons nationaux aux Giardini, les artistes montrés sont parfois décédés (Pavillon israëlien) ou archi-vus archi-connus dans le milieu. Le pavillon des Etats-Unis expose d’anciennes oeuvres de Bruce Nauman (la plus récente étant de 2005).

Mais alors que font ces oeuvres dans une Biennale ? Ne seraient-elles pas mieux dans un musée ? Je pensais que l’on devait voir les travaux les plus récents, de là à prendre des risques n’exagérons rien mais au moins fabriquer des oeuvres pour cette manifestation, pour ce contexte ou pour le lieu lui-même.

C’est le cas pour l’installation de Claude Lévêque au pavillon français ou pour le pavillon danois qui réunit plusieurs artistes dans une fausse maison de collectionneurs.

En ce qui concerne le site de L’Arsenale qui est toujours un peu plus intéressant, les oeuvres se succèdent et ne transcendent pas vraiment le visiteur.

Un effort a été produit sur la gestion de l’espace par rapport à la précédente biennale mais au fond pour dire quoi? Oui les artistes expérimentent des formes, interviennent dans des espaces, brassent des signes et des codes mais pour faire quoi ? L’art tourne sur lui-même et se mord la queue. La globalisation, la crise et la société de consommation « c’est pas bien » et alors ?

Le visiteur presque « réac » en vient à apprécier les oeuvres de Miquel Barcelo qui pourtant n’est pas le révolutionnaire de l’année mais qui au moins approfondit au travers de différents médias sa mythologie (à remarquer cette performance filmée où il travaille en costume sur un plateau de glaise avec des pelles, ses pieds et ses genoux).

A bientôt,

Adeline Besson

Crédits photos: « Bruce Nauman » et « Claude Lévèque » sur le site officiel de la biennale www.labiennale.org ; « Miquel Barcelo » sur son site officiel www.miquelbarcelo.info



Exposition et colloque (juste un peu d’autopromo)

1 04 2009

Pour plus d’infos sur le sujet: voir le site du Tigre



La méthode d’Hector Obalk

7 03 2009

portrait du critique et de l'historien

Demain soir sur Arte, la chaîne diffuse la série Grand’Art. Hector Obalk propose un Ingres érotique. L’occasion de revenir sur sa méthode. Il l’a décrite sur France Inter vendredi dans l’émission « J’ai mes sources » de Colombe Schneck.

On peut être surpris qu’un historien d’art fasse de la critique en disant parfois que telle ou telle production d’artiste est mauvaise ou pas. Pourquoi pas ! C’est ce qui lui permet de désacraliser l’objet et non l’oeuvre. Ce qui est intéressant dans la méthode d’Obalk, c’est que l’auteur part de l’oeuvre, c’est-à-dire qu’il ausculte aussi bien les détails que l’ensemble de la peinture. Il s’agit souvent d’analyses de toiles ou de dessins sans pour autant noyer le spectateur dans des anecdotes liées à la vie de l’artiste ou bien au contexte historique. Il compare les productions à l’intérieur d’une même oeuvre ou avec d’autres de périodes différentes. L’approche est sensuelle et sensible (la touche, la lumière, le modelé…) et s’incarne dans les mouvements de caméra.

livre

Dans la matinale de France Inter, Nicolas Demorand est intervenu pour comparer le travail d’Hector Obalk à la méthode iconographique de l’historien Daniel Arasse.

Mais Obalk a bien relevé cette comparaison mais il la conteste. La sensualité dont parle Demorand n’est pas mise en forme de la même manière. Là où Obalk décèle dans le détail la plasticité de la peinture, Arasse cherche le signifiant derrière cette peinture. Pour reprendre une expression d’Hector Obalk : « Il décèle les mots derrière les images ». Certes,  la méthode d’Arasse est sensuelle mais reste littéraire.

Une critique sur la méthode d’Hector Obalk: ses analyses ne se frottent pas souvent aux oeuvres du XXème siècle et notamment à la peinture de cette période. Quand est-il de l’accident, du hasard qui constitue un des processus de cette peinture, de Claude Monet à Alechinsky.

A bientôt,

Adeline Besson



Projet Land Art au Landy (4)

22 02 2009

Suite du projet Land Art au Landy avec d’autres réalisations d’élèves….

Projet de Katia

« Mon projet se nommera « HELPING »!

J’ai l’intention de faire des logis en bois, l’isolation se fera avec du liège et du tissu recyclé… bref des matières écologiques de façon à perdre le moins de chaleur possible. En plaçant des plaques solaires, j’espère qu’ils seront indépendants du point de vue énergétique. Avec des plantes, des arbres… le terrain sera moins pollué et cela sera plus agréable à la vue.

A l’intérieur, ce logis sera meublé au minimum (peut-être issue de la récupération pour rester dans le cadre écologique. Ils seront conçus pour une ou deux personnes, les animaux seront tolérés.

Je pense que ce projet sera intéressant à cause des personnes sans domicile fixe, mourantes dans le froid et les conditions dans lesquelles elles sont accueillies dans les centres, cela les aidera à se réintroduire dans la société  et laisser la place aux autres. »

Projet d’Imen

« Pour rénover cette parcelle, je me suis d’abord demandée à qui s’adresserait cet espace. Puis, j’ai décidé que cela serait fait pour les artistes qui utilisent la nature. J’ai donc pensé y mettre des bancs qui permettront à toutes les personnes qui ont l’âme artistique ou bien de simples curieux de l’environnement de s’asseoir et de découvrir l’art dans toute sa splendeur et son naturel.

On ajoutera aussi au décor, trois montagnes artificielles et un espace aménagé pour des créations artistiques. Il y aura un grand bac à sable et un espace vert pour la détente.

Je pense que mon projet « Ecoart » sera bien pour Aubervilliers car la ville se positionnera comme une ville qui a le souci de la nature et de l’écologie. De plus, ce projet permettra de révéler les talents artistiques de chacun et la ville par ce lieu aidera les artistes qui débutent à mieux s’exprimer et à démocratiser l’art dans les banlieues. Les artistes qui débutent ici à Aubervilliers pourront avoir un espace pour sublimer leur amour de l’art. Mais aussi pour que les habitants de toutes les communes puissent apprendre des choses sur l’art et venir découvrir un lieu de détente, écologique et artistique. »

A très bientôt pour d’autres projets.

Adeline Besson



Projet Land Art au Landy (3)

16 02 2009

La séquence s’est déroulée en quatre étapes.

Je vais tenter de montrer les trois premières étapes du travail.

1ère étape

J’ai demandé aux élèves de « rendre intéressant le terrain vague du Landy » en utilisant les recherches faites en classe sur l’histoire du terrain ( pollution) ou ce qu’il restait sur celui-ci, à savoir des gravats, de la ferraille, des arbres ou la dalle de béton.

Dans un premier temps, j’ai tiré une vue satellite sur « Google Earth » du terrain vague et je leur ai demandé de faire une vue de dessus de leur projet sur ce plan.

terrain vague vue d'en haut

2ème étape

Ils devaient faire un texte d’une dizaine de ligne pour expliquer leurs projets et l’envoyer sur mon mail avec le plan en fichier joint ( ce qui permettait de valider un des items du B2I).

3ème étape

L’artiste Jean Paul Ganem m’a envoyé par mail un photomontage représentant le terrain vague vu de face du côté de la rue Emile Augier.

J’ai distribué ce montage aux élèves qui devaient réaliser directement sur le document une vue frontale de leur projet.

3 projets parmi d’autres

Projet de Sian:  » Mon projet est un parc ouvert à tout le monde. Il y aura de la pelouse et des fleurs. Si l’herbe ne peut pas pousser, on achètera de la pelouse en plastique. Une fontaine sera au milieu du terrain et l’eau sera potable pour ceux qui ont soif. Plusieurs bancs seront autour de la fontaine pour s’asseoir. Il y aura une poubelle à chaque bout du parc. Cela donnera un peu plus de beauté dans le quartier. Les bancs seront en bois pour résister à la pluie. Cet endroit sera fait pour se retrouver au calme et réfléchir tranquillement. Il y aura aussi quelques lampadaires pour éclairer la nuit. L’entrée sera interdite aux chiens car ils grattent la terre et cela fait des trous. »

D’autres travaux dans un prochain numéro…

A+

Adeline Besson