Tout a une fin

L’annonce est tombée hier de l’arrêt du site Webpédagogique au 31 décembre prochain. En conséquence, celles et ceux qui sont intéressés par les chroniques devront les récupérer avant cette date ici.

Je remercie l’équipe du Webpédagogique pour la création de ce site sans publicité, facile d’utilisation et gratuit.

Faire une pause

Dans ce blog, nous avons accumulé six années de billets, six années de mini-réflexions éparpillées à chaque billet.

Cette compilation a permis d’être assemblée dans un recueil que j’ai appelé un outil didactique. Chaque titre de la table des matières permet de revenir sur une idée, sur un concept, sur une réflexion ou un témoignage.

Mode d’emploi

Ici, tout est pareil et exploitable à partir du module de recherche. Tapez un mot et voyez ce que ça donne.

Enfin, prenons le temps de revenir sur ce qui a été dit, et d’en exploiter l’intérêt plutôt que de rester dans la consommation abusive des billets et de la nouveauté.

=> Télécharger l’outil didactique disponible sur Hal-Shs

Quel héritage cet été pour l’anthropologie ?

Equipe Voir la ville juin 2018

Un été sombre pour l’anthropologie avec le décès d’Alain Touraine (1925-2023) en juin, le décès de Marc Augé (1935-2023 ) fin juillet et d’Howard Becker ( 1928-2023), dans la foulée en août. Dans la mesure où ces anthropologues arrivaient dans la dernière ligne droite de leur espérance de vie, étant ni ouvrier ni travailleur manuel, ils bénéficiaient d’une longévité supérieure. Ce qui devait arriver est arrivé. Cette année aura été marquée par la disparition (euphémisme) d’un certain nombre d’ethnologues et d’anthropologues, mis en lumière dans les médias. Reste que d’autres, moins connus, moins célèbres, sont mort dans la discrétion. Comme l’a dit Amadou Hampâté-Bà (1901-1991), « lorsque qu’un vieux meurt c’est une bibliothèque qui brûle ». Voici une liste non exhaustive.

Le paysage des sciences sociales a été occupé par de nombreux scientifiques nés entre 1900 et 1950. Celles et ceux nés en 1956 arrivent aujourd’hui au moment de leur mise à la retraite. Soit, ils vont demander l’éméritat, s’ils sont directeurs de recherche ou professeurs des universités. Autrement, ils seront « honoraires ». Ces personnes, aujourd’hui à la retraite, ont sculpté les contours d’une ethnologie, d’une anthropologie et d’une sociologie avec laquelle nous devons faire.

Leur influence n’a pas été celle de leurs prédécesseurs, comme Roger Bastide (1898-1974); Claude Lévi-Strauss (1908-2009), André Leroi-Gourhan (1911-1986), Henri Lefèvre (1901-1991) ou encore Raymond Ledrut (1919-1987) ou Jean Rouch (1917-2004), mais repose sur des îlots d’influence : Gérard Altabe (1932-2014); François Ascher (1946-2009); Georges Balandier (1920-2016); Louis Bergeron (1929-2014); Pierre Bourdieu (1930-2002); Françoise Héritier (1933-2017) ; Jean-Claude Chamboredon (1938-2020); Jacques Gutwirth (1926-2012); Colette Pétonnet (1929-2012); Robert Cresswell (1922-2016) ; François Sigaut (1940-2012) ; Jean Rémy (1928-2019), Martine Segalen (1940-2021) ; Jean Jamin (1945-2022) ; Patrick Williams (1947-2021) ; Bruno Latour (1947-2022) ; Monique Eleb (1945-2023) ; Daniel Fabre (1947-2016) et Georges Guilles-Escuret (1955-2021) ; Enric Porqueres i Gené (1962-2018) et ceux encore en vie : Françoise Choay (1925-); Maurice Godelier (1934-) ; Pierre-Henri Jeudy (1945-); Dan Sperber (1942-); Philippe Descola (1949-); Perla Serfaty (1944-) ou Monique Selim (1951-), et ceux qui appartiennent à la génération suivante comme Florence Weber (1958-); Stéphane Beaud (1958-); Thierry Paquot (1952-); Noël Barbe (1956-); tous ces chercheurs dont l’influence a diminué au fil du temps, et continue de se diluer à mesure qu’ils sont remplacés par leurs cadets. Pour certains, il existe des foyers de résistances, comme pour Pierre Bourdieu ou Philippe Descola. Mais pour la plupart, ils laissent une trace plus ou moins persistante dans les mémoires, dont une des fonctions est l’oubli, comme l’a écrit Marc Augé.

Mécaniquement, nous assistons à une hausse du nombre de décès par année, proportionnellement à l’ouverture du champ des sciences sociales et à la multiplication des vocations. D’un point de vue intellectuel, il est beaucoup plus difficile de sortir du lot aujourd’hui, et seuls, quelques figures émergent dans un environnement démultiplié. Éric Charmes (1969-); Nicholas Jounin (1981-); autant d’étoiles filantes qui n’ont pas encore leur nom propre gravé dans le marbre.

C’est un peu comme un arbre généalogique, mais à l’envers. La ramification s’étend sur les générations successives et nous voilà aujourd’hui submergé par des enseignants-chercheurs souhaitant, à leur tour, trouver leur place. Aujourd’hui donc, des gens comme Bernard Lahire (1953-) ; Didier Fassin (1955-) ; Nathalie Heinich (1955-) ; Emmanuel Grimaud (1976-) ; Sophie Chevalier (1967-) ; Laurent Barry (1968-) ; Laurent Sébastien Fournier (1973-) ; Ariane Deluz (1978), etc. apparaissent comme des éléments d’une relève. Ils ou elles ont pour eux d’avoir réalisé une synthèse des apports antérieurs, et proposent une continuité ou une ouverture vers une pensée anthropologique nouvelle. 

Sans culpabilité, nous pouvons aller puiser à travers cette immensité et trouver l’inspiration qui nous permettra d’affronter les décennies qui viennent. Nous devons dépasser nos pairs si nous voulons changer de paradigme.

Chroniques pédagogiques sur la blogosphère

Après six années et quelques déboires ces derniers mois, notamment avec plusieurs interruptions du blog, et une remise à zéro des contenus, j’ai d’abord pris la décision de le fermer. Aujourd’hui, je constate que tout est rentré dans l’ordre, jusqu’à la prochaine fois…

Cela m’a permis de réagir et d’enregistrer tous les billets depuis septembre 2017. Cet été, j’ai assemblé ces billets, j’ai supprimé les images, pour des questions de droits d’auteur et de taille du fichier, et j’ai composé le tout dans un ouvrage que je viens de faire imprimer. 

Ce document de 393 pages offre un outil didactique intéressant dans la mesure où chaque billet peut être réduit à un titre évocateur de son contenu. Si la première a plutôt été l’occasion de suivre le déroulé du séminaire, par la suite, il est devenu plus important de livrer quelques ficelles du métier de chercheur et d’apporter quelques connaissances en méthodologie et en épistémologie.

Voilà pourquoi j’ai décidé d’imprimer cette première version disponible à la demande. Je ne voudrais pas non plus que ce document circule à tout venant. 

J’en proposerais l’acquisition à la rentrée, et je vais déposer deux exemplaires à la bibliothèque. 

Ce livre permet de retracer l’histoire du séminaire depuis septembre 2017. Il offre des repères chronologiques pour mesurer l’évolution du contenu et des séances. Il permet aussi de contextualiser les billets selon l’humeur du moment, ou la conjoncture. Souvent quand un ethnologue meurt, j’en écrit quelque chose, surtout si celui-ci est lié à la ville ou à l’anthropologie sociale. Parfois, je me sers de ce support comme d’en tremplin d’essai, et je livre quelques réflexions, utilisées plus tard dans un article, un livre ou ailleurs.

On y voit aussi la liste de tous les travaux réalisés par les étudiants. Cela permet d’évaluer les sujets, les thématiques, et de trouver à son tour une idée nouvelle. Chaque billet est enrichi de références bibliographiques, qui permettent de rebondir sur une thématique ou une accroche. On y trouve des conseils de lecture, et des conseils pour bien apprivoiser son sujet de recherche. Comment partir d’une idée, comment analyser un texte ou une observation, comment faire un plan qui fonctionne, comment, etc.

Sur la période du Covid, c’est aussi un témoignage de ce que nous avons fait et une trace de cette période exceptionnelle (espérons-le). 

Dans le principe, chaque billet débute par la date de publication. Ensuite nous avons le titre et son développement. Enfin, quelques références au sujet abordé. Parfois le développement se fait sur un tiers de page, parfois trois ou quatre. Je me suis inspiré des Mille plateaux de Deleuze et Guattari avec cette idée d’aller piocher. En cela, ce livre ne se lit pas du début à la fin, mais à partir de la bibliographie et de la thématique abordée. 

C’est un document-outil (format livre) qui peut servir à beaucoup de choses. Je vais voir cette année s’il est utile.

Monique Eleb nous a quitté

Monique Eleb chez Leroy-Merlin Source, © Leroy-Merlin Source

C’est par hasard que j’ai appris la mort de Monique Eleb, décédée le 26 mai dernier à l’âge de 78 ans. Psycho-sociologue née en 1945, et femme de Jean-Louis Cohen, elle s’est illustrée par de nombreuses recherches sur l’habitat. Je garde en mémoire le livre co-écrit avec Jean-Louis Violeau, Entre voisins, qui relate l’installation d’une mixité sociale dans un immeuble de Saint-Nazaire. Il s’agit d’une enquête fine et très complète que j’aurais aimé réaliser. Comme je ne fais partie ni du premier ni du second cercle, j’ai consulté quelques nécrologies pour m’apercevoir que la fondation Leroy-Merlin Source rendait également hommage à sa correspondante. Ouvrons une parenthèse.

Cette marque déposée en 2019 (Leroy-Merlin Source) forme un réseau de chercheurs recrutés selon quelle méthode ?, et pour mener des recherches, quelles types et dans quel but ? Une partie infime des ressources de Leroy-Merlin est donc versée dans ce pot commun pour rassembler une trentaine de chercheurs autour de trois thématiques liées à l’habitat : à la santé, à la vieillesse et aux usages. Intéressant, sorte de Think Tank. Un travail sur ce réseau permettrait d’en saisir la teneur. J’ai pris contact et j’attends leur réponse. Fermons la parenthèse.

Avec Jean-Charles Depaule, elle avait réitéré l’expérience d’une enquête sur les cafés de Los Angeles, en réalisant le tour des cafés parisiens à la recherche d’ambiances et de signes particuliers. Ce second ouvrage présente une méthodologie basée sur une ethnologie de ces espaces publics que sont les cafés. C’est aussi un livre qui permet de visiter Paris par ses cafés.

Ces ouvrages sont tous intéressants, souvent publiés dans de belles éditions, et nous ne les oublierons pas. Monique Eleb a su trouver une place importante au sein de l’enseignement des sciences sociales en école d’architecture, et nous lui devons beaucoup. Elle a permis, avec d’autres de sa génération, d’inscrire les sciences sociales dans les études des architectes. A ce titre, nous lui rendons hommage.

=> Monique Eleb, Jean-Louis Violeau, Entre voisins, dispositif architectural et mixité sociale, L’épure, 2000.

=> Monique Eleb, Jean-Charles Depaule, Paris : société de cafés, Europan, 2005

Réchauffement climatique : la réponse du monde est « pitoyable », dénonce le chef de l’ONU (16 juin 2023)

« « Nous nous précipitons vers la catastrophe, les yeux grands ouverts, avec bien trop de gens prêts à tout miser sur des vœux pieux, des technologies qui n’ont pas fait leur preuve ou des solutions miracles », a déclaré jeudi 15 juin Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, lors d’une conférence de presse. »

Le journal local La Dépêche reprend les annonces de l’AFP et globalement, tous les journaux vont parler de cette information, mais devant l’augmentation de la menace, de plus en plus réelle, de plus en plus crédible, les réponses des lecteurs de La Dépêche sont également parfois « pitoyables ». Nous pas qu’elles sont représentatives d’une pensée partagée, elles renvoient tout de même à une vision de la situation pour le moins inquiétante, voyons un peu :

« J’essaye de rester lucide et de ne pas croire tout ce que je lis surtout venant d’experts en tout et en rien mais sommes-nous le seul pays sur terre qu’on culpabilise concernant le réchauffement climatique ? pour un jour être tombé sur un article qui revenait aussi loin que possible dans le temps sur les températures « chez nous » ce n’est pas nouveau sauf que maintenant nous avons le dieu suprême devant lequel tout le monde se prosterne le WEEB (dixit). Je suis persuadée mais ça n’engage que moi que certains peuple se fiche totalement de l’avenir de la planète ils tentent de survivre au jour le jour souvent dans des bidonvilles au fin fond de pays qui ne font l’actualité que lorsque une catastrophe survient et encore si c’est vendeur!!! des prévisions en 20100 ?n’y a-t-il pas plus grave à gérer chez nous et ailleurs ? une chose dont je suis sûre nous sommes bien partis pour détruire la planète et le réchauffement climatique n’y sera pour rien. Que les grands de ce monde arrêtent de se regarder le nombril ..combien de G truc pour gérer le climat ? et ça depuis x années résultats =0..mais ça fait bien genre on agit …enfin bref ce commentaire si il arrive jusqu’ici n’engage que moi »

« Comme il s’agit de modifier les habitudes des citoyens, on va effectivement droit dans le mur! L’écologie n’est pas acceptable pour le quidam, uniquement quand c’est le voisin qui doit faire l’effort… »

« Je vais me permettre une vérité, que pense la majorité, des gens modestes et bas revenus, on a d’autre soucis que +2.8°C à la fin du siècle ,genre payez, le loyer, la bouffe, et entre autre coût de l’énergie, à la limite +3°C sa nous arranges sa nous couteras moins pour le chauffage ^^^
Puis franchement les gaz, y a des chances que à un moment ou l’autre, le conflits Uk Russie parte en vrille. Donc voilà la température perso, c’est pas ma plus grande inquiétude du moment. »

« Effectivement il faut relativiser. Un simple volcan émet autant de gaz à effet de serre en une semaine que la France en 20 ans… Et si Poutine attaque… Carpe Diem… »
« @Liturlet : vérifiez vos chiffres, les volcans émettent environ 500 millions de tonnes de gaz carbonique par an, les activités humaines 37 milliards de tonnes de CO2 par an (source : futura-sciences) »


« Si le type ne croit pas en l’innovation alors c’est perdu d’avance car 90% des habitants de la planète ne vont pas renoncer à leurs rêves au prétexte du climat…tout comme nous n’avons pas renoncer au réfrigérateur au nom de la couche d’ozone. »


« La grande majorité des humains sont égoïstes, stupides, surtout les privilégiés qui ne veulent surtout pas renoncer à une once de leurs conforts ou habitudes. »


« Sur l’urgence écologique, comme sur à peu près tout le reste, le gouvernement actuel a un bilan d’une médiocrité affligeante. »


« Rappelons que le gouvernement a été condamné par le Conseil d’État pour son inaction climatique.
Et actuellement, au lieu de tout mettre en œuvre pour limiter le réchauffement climatique (on peut encore agir, mais à condition de s’y prendre immédiatement), le gouvernement ne fait rien de mieux que de prétendre nous préparer à un réchauffement de +4°C, c’est à dire à l’apocalypse. »


« Les clims font plus de réchauffement que le CO2. »


« N’importe quoi. Et même si la climatisation a des effets non négligeables sur le climat, il faut bien reconnaître que son usage se généralise justement à cause du réchauffement dû aux émissions de CO2. La priorité, c’est bien de diminuer notre consommation d’énergie fossile. »


« La pollution n’est pas du fait de l’Homme, elle est la conséquence des besoins de l’Homme. Pour travailler, certains employeurs vous obligent à vous déplacer en voiture alors que le travail en lui-même ne nécessite pas de posséder un véhicule, et des exemples comme celui-ci, vous en avez à gogo. Seulement voilà, on vous parle d’écologie, certes, un sujet à ne pas négliger, mais les nuisances polluantes pourraient faire l’objet d’un débat plus pragmatique et moins couteux. Nous en sommes loin… »


« Inde. Chine. États Unis 3 gros pollueurs très riches qui ne feront rien. »
« Il a tellement raison : quand on voit les mesurettes ridicules destinées à donner bonne conscience aux décideurs (qui eux-mêmes consomment énormément d’énergie pour leur plaisir égoïste) on se dit qu’on va droit dans le mur. »


Il y a des formes de résonnement faux, irrationnels, illogiques, des contre-vérités, des apriorismes, des approximations, beaucoup de méconnaissances sur le phénomène du réchauffement de la planète. Certains parlent pour ne rien dire. D’autres sont trop individualistes pour penser à l’avenir. Peut-on se fier à ces quelques exemples, semblables à des brèves de comptoir, pour se faire une idée générale de la situation ?

Qu’est-ce que l’effet de serre : en quoi est-il responsable de la hausse moyenne des températures ?

Sans l’effet de serre, il n’y aurait pas de vie sur terre. Celui-ci résulte du rayonnement solaire et de sa réfraction sur le sol. En fonction du type de sol, l’albédo renvoie un rayonnement différent et le sol absorbe une partie du rayonnement. La nuit, ce rayonnement est rediffusé sous forme d’infra-rouge. On comprend ainsi qu’une route en goudron renvoie moins de rayonnement le jour, et en absorbe plus (qu’elle « recrache » la nuit) qu’un sol enherbé ou une forêt. Vient s’ajouté à ce phénomène naturel les gaz à effet de serre qui emprisonnent une partie des rayonnements aller et retour. Cela a pour but de réchauffer l’environnement et contribue au réchauffement global. D’une certaine manière, les gaz à effet de serre emprisonnent les rayonnements et empêchent leur relâchement dans l’atmosphère.

Existe-t-il plusieurs types de gaz à effet de serre ?

Outre le CO2, dont la durée de vie est de 100 ans, il existe d’autres gaz à effet de serre produit par les activités humaines, comme le méthane, CH4, et le protoxyde d’azote N2O, et l’hexafluorure de soufre, SF6, dont la durée de vie est de 3200 ans. D’autre part, ces gaz n’agissent pas de la même manière sur le réchauffement. Le méthane a un potentiel 28 fois plus élevé que le CO2, et l’hexafluorure de soufre est de 22.200 fois plus élevé. Heureusement pour nous, le SF6 est en bien moins grande quantité que le CO2 mais son utilisation dans l’industrie des semi-conducteurs en fait un gaz très toxique pour l’environnement.

Quels sont les effets sur la ville ?

Parce que la ville concentre des matériaux dont l’albédo est faible, comme le goudron, le béton, les briques, les tuiles, elle emmagasine la chaleur le jour pour la restituer la nuit. Il fait donc plus chaud en ville quel que soit le moment de la journée, par rapport à la campagne. Cela forme des îlots de chaleur dont les différences vont jusqu’à 10 degrés par rapport aux zones boisées ou aux cultures. D’autre part, les villes absorbent mois l’eau de pluie et une grande partie part en ruissellement, ce qui ne contribue pas à les refroidir.

Un autre phénomène vient contribuer au réchauffement de la planète : l’entropie.

Dans le principe, plus nous utilisons la climatisation pour nous refroidir, plus cette climatisation produit de la chaleur, et plus cette chaleur s’accumule, rendant l’utilisation d’une climatisation toujours plus grande. Cet accroissement se nomme l’entropie et c’est un phénomène en extension, ce qui signifie qu’on ne peut revenir en arrière.

En tout cas, ces phénomènes, associés à d’autres comme l’acidification des océans, la fonte des glaces, engendrent une inertie qu’il est difficile de comprendre et d’admettre car les échelles de temps ne sont pas à l’échelle humaine.

A suivre…

On se retrouve en septembre !

Ce n’est pas tout à fait la fin de l’année universitaire, car une fois les soutenances passées, il reste les commissions, les jurys, les ateliers pédagogiques…

Cet été, nous allons peaufiner le programme pédagogique du séminaire, de manière à pouvoir proposer un escape game dès la rentrée (en grandeur nature dans la ville), et d’autres améliorations. Notre équipe ne va pas changer et cela est réconfortant, car depuis quelques années nous étions en proie à un mouvement de houle.

Quelles vont être mes lectures de l’été ? Dans un ordre aléatoire :

Loïc Wacquant, Misère de l’ethnographie de la misère, Raison d’Agir, 2023;

Alizée Delpierre, Servir les riches. Les domestiques chez les grandes fortunes, La Découverte, 2022;

Ting Chen, Exister comme sujet, malgré tout. Approches socio-clinique du vécu des femmes chinoises se prostituant en France, L’Harmattan, 2023;

Nicolas Jounin, Le caché de la poste. Enquête sur l’organisation du travail des facteurs, La Découverte, 2021(Ça faisait longtemps que je voulais le lire);

Patrick Williams, Tsiganes ou ces inconnus qu’on appelle aussi Gitans, Bohémiens, Gens du voyage…, Puf, 2022 (je l’avais commencé aux dernières vacances, mais j’ai dû le laisser de côté, j’en suis à la moitié);

Francis Hallé, Eloge de la plante, pour une nouvelle biologie, Points, 1999; Alain Damasio, Les furtifs, La Volte, 2019;

J’ajoute Hartmunt Rosa, Pédagogie de la résonance, Le Pommier, 2022; et

Sylvaine Bulle, Irréductibles. Enquête sur des milieux de vie de Bure à N.-D.-des-Landes, PUG, 2020.

Et vous ? Qu’allez-vous lire ?

Trois soutenances

Pour cette première session, et malgré les difficultés liées au second semestre, voici trois soutenances ce matin qui aideront les licences à trouver un séminaire d’accueil et une thématique de recherche.
L’initiation à la recherche a nécessité beaucoup d’autonomie cette année, et elle en demande encore. La recherche est un voyage personnel accompagné par une équipe et des individualités, mais c’est avant tout un moment personnel de réflexion sur soi-même. Cela m’a rappelé mon expérience livrée dans un article déjà ancien, et que j’ai relu ce matin avec une certaine nostalgie, à l’époque où j’étais un ethnologue hors-statut.

Lucie nous présente sa recherche qu’elle a effectuée dans le cadre de son ERASMUS à Madrid. Pour elle, il est vite devenu évident qu’il fallait travailler sur Pedro Almodovar et Madrid, dans une recherche où sa place était aussi questionnée. Il a été question de dictature et de la Movida… dans une « ville en mouvement ».

Prisca, quand à elle, s’est penchée sur la nature et les rapports qu’elle peut entretenir entre voisins. Dans une résidence toulousaine, elle a effectué des observations et a recueilli des témoignages (enquête par entretiens et observations) pour livrer une analyse fine et assez complète.

Zineb a voulu s’intéresser aux festival de musique techno à travers le monde, et plus particulièrement à Orange. Un travail qui mène à la fois une étude architectural de l’espace et une étude des immersions de festivaliers, dont elle fut l’une des participantes (observation participante).

Ces trois soutenances ont été suivies d’une présentation de musique techno dans l’amphi rouge où Zineb a su montrer ses talents de DJ.

Nous nous sommes quittés en pointillés jusqu’en début d’après-midi car il reste encore d’autres camarades qui devront soutenir en septembre ou en novembre.

Cette soutenance marque la fin de la saison, et pour l’année prochaine, nous allons ajouter la dimension « TransitionS » avec un apport sur le climat, le réchauffement de la planète et les crises organisées.

Nota Bene

L’année 2022-2023 fut une année exceptionnelle. Sensibilisés aux excès de certains enseignants lors de la journée portes ouvertes, en février 2023, les étudiantes et étudiants ont rapidement rejoint le mouvement Ensa en Lutte dont l’origine concerne l’ENSA de Normandie à Rouen, victime d’un manque de personnel administratif. Un amoncellement de revendications, notamment sur les salaires du corps enseignant, le mauvais état général des bâtiments et l’absence de ressources pour financer les voyages pédagogiques, s’est greffé sur un mécontentement général dans un contexte de fin du monde assuré par les médias.

Les conditions nécessaires pour mener à bien des recherches, telles que la sérénité, la stabilité psychologique et le recul, n’ont pas été réunies, et la plupart des étudiantes et étudiants ont vécu un second semestre perturbé et angoissant. En mars, le pseudo- blocage des ENSA, plus ou moins généralisé, a conduit à proposer des semaines « banalisées » pour essayer de sortir de la crise dans laquelle les ENSA se trouvaient. Les Assemblées générales, une coordination étudiante inter-écoles, ainsi que la participation aux journées de grève nationale sur les retraites ont été le quotidien de nombreux étudiants. Durant ces quelques semaines liminaires, beaucoup ont mûri. Si certains enseignants considèrent ces semaines comme « du temps perdu », c’est parce qu’ils soutiennent l’idéologie dominante et qu’ils refusent l’émancipation par le mouvement social. Au sein du séminaire La ville en mouvement, nous considérons que ces semaines ont été bénéfiques et émancipatrices. Cependant, le temps qui ordinairement aurait été réservé aux enquêtes et à l’apprentissage de la recherche a été utilisé de bien d’autres façons. Il en résulte un mémoire différent, dans sa forme comme dans le fond, qui témoigne à sa façon de cette période troublée que nous ne pouvons pas encore analyser de manière claire et définitive.

L’atelier de séminaire « La ville en Mouvement » 2022-2023

La question de la prise de conscience des problèmes du monde

Notre monde, tel que nous l’avons connu jusqu’à présent, est en passe de se transformer. La question du réchauffement climatique est une des conséquences de 150 années d’exploitation des ressources de nos industries, poussée par une logique capitaliste qui consiste en l’accumulation des richesses produites par la transformation des ressources.

A la base de cette exploitation des ressources, nous trouvons l’exploitation des hommes et des femmes qui ont travaillé dans ces industries depuis le début du XIXè siècle. Il est inutile d’aller chercher plus loin, et de penser que l’anthropocène est une ère géologique. La notion d’anthropocène est un voile destiné à cacher la véritable source du problème : le capitalisme. Il faut donc plutôt parler de capitalocène.

Sur ce point précis, les avis ne sont déjà pas unanimes. Alors pourquoi vouloir débattre davantage ? Le réchauffement de la planète est dû à l’accroissement de la pollution atmosphérique et marine, à l’accroissement de l’exploitation de la terre, des forêts et des mers. L’industrie du bâtiment est à elle seule une des plus polluante. La fabrication du béton engendre une entropie de par l’utilisation de l’eau, de l’énergie et de la production de chaleur pour fabriquer le béton. Cette chaleur réenclenche le processus de sur-chaleur et augmente le cycle de l’accroissement du réchauffement climatique. Cette boucle n’est pas réversible sans l’arrêt de la production du béton lui-même. Et c’est d’autant plus aberrant que les immeubles sont détruits au bout de cinquante ans (voir sur Empalot), alors que le cycle du CO2 est de 200 ans.

Devant ces évidences, la réaction du capitalisme est le déni. Voilà où nous en sommes, et globalement, un déni collectif pointe son nez, accompagné par des groupuscules complotistes, obscurantistes, et de mise en doute du réchauffement climatique au motif d’un printemps pourri, etc.

C’est être mal formé, et mal informé. C’est ne pas vouloir voir la réalité en face et croire qu’il suffit de fermer les yeux et de compter jusqu’à dix pour que les problèmes s’effacent. Non, ils seront toujours là, et vont s’amplifier avec une accélération toujours plus grande.

Il faut donc changer de paradigme, c’est-à-dire changer notre manière de voir le monde et d’aborder les problèmes de ce monde, c’est-à-dire le problème capitaliste. Il faut changer de modèle. Derrière ce mot (capitalisme), nous trouvons le problème de l’accumulation des richesses, de la surproduction des biens de consommation, de l’augmentation des déplacements à travers le monde, de la déforestation, de la massification de la destruction des espèces vivantes, etc. Pour ne satisfaire que quelques-uns.

On pourrait être pessimiste à moins, et croire qu’il n’y a plus rien à faire et attendre comme le font les collapsologues que le monde s’effondre. Ou juste attendre que la providence (les martiens, la science ou Dieu) viennent nous secourir ou nous indiquer la voie. Mais on peut aussi mettre nos intelligences ensemble et réfléchir collectivement à comment ne pas sombrer dans cette extinction annoncée. C’est un des axes que le séminaire La ville en mouvement va prendre à partir de maintenant.


Nouvelle présentation du séminaire sur Moodle

C’est ici !

Comme chaque année, nous présentons le séminaire aux futurs étudiants qui souhaiteront nous rejoindre et discuter avec nous. Cette année, quelques nouveautés en perspectives…

A découvrir.

Chemin = S7-S77 1 – 6 La ville en mouvement

Ça ne fonctionne que si vous avez un compte Moodle de l’ENSA de Toulouse !!

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