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La loi du plus fort

Mieux vivre ensemble

Nous sommes aujourd’hui dans l’après affaire Weinstein, du nom de ce producteur américain célèbre. Les voix se libèrent, la parole féminine surtout, avec le souhait légitime d’une égalité homme-femme, non pas simplement sur le papier, mais au quotidien. Ce qui est décrit dans les différents reportages surprend chaque jour et on comprend que l’école a un grand rôle à jouer pour faire évoluer les mentalités et contribuer au mieux vivre ensemble de tous.
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J’ai été surpris de découvrir la différence de traitement garçons-filles, s’agissant notamment de l’espace public. En effet, de très sérieux chercheurs se sont penchés sur les dépenses de la ville et le constat est que l’on consacre plus de dépenses pour les jeunes hommes que pour les jeunes filles. La raison : il faut canaliser la violence des garçons et donc leur faire des salles de sport, des terrains de foot, des maisons de jeunes. Et les mêmes chercheurs de constater que la géographie même du terrain de sport est au beau milieu de la cité. L’activité du garçon est visible, comme si la cité toute entière lui était consacrée. Et pire que cela encore, il semble que la génétique même a évolué en ce sens : les jeunes filles ne sont pas les premières servies pour manger et dans encore trop de sociétés, on nourrit plus le corps de l’homme que celui de la femme, à tel point que le corps féminin se serait habitué et adapté à cette injustice.

Questionner nos pratiques

Aussi, les initiatives qui visent à corriger cette domination masculine insidieuse sont louables et devraient s’amplifier. Il y a beaucoup à faire pour que l’on arrête de croire que les garçons sont plus forts en maths, ou que les jeunes filles sont plus littéraires. Et il est de notre rôle d’enseignant de relayer ce discours d’égalité et de ne plus genrer les apprentissages. Entendons-nous bien, individuellement, chacun de nous a sans doute l’impression de le faire, mais il faut garder à l’esprit que cette déformation est présente malgré nous et que nous ne pourrons la corriger que si nous faisons un réel effort. Nos amis d’Europe du Nord l’ont sans doute mieux compris, puisque dès le plus jeune âge, les petits garçons jouent avec des aspirateurs ou des machines à laver. Ils ont même poussé l’égalité jusqu’à faire vivre aux maris de femmes enceintes, par l’intermédiaire d’électrodes fixées sur l’abdomen, les sensations que peut avoir la femme à l’accouchement. On sent que le balancier était tellement en défaveur de la femme, que désormais on cherche la bascule opposée pour essayer de faire évoluer les mentalités.
À l’approche de Noël, on voit que cela n’est pas gagné. Il n’y a qu’à flâner dans les magasins de jouets pour comprendre que les jeunes filles vont encore avoir des poupées et les garçons des super-héros. Assez naturellement, nous pensons que ces comportements sont innés et que nous n’avons pas contribué à ce que notre jeune fille veuille coiffer sa poupée et notre garçon taper dans un ballon. Pourtant, il semble bien que cela soit de l’acquis ; le petit être à l’état de nature, qu’il soit garçon ou fille, n’a pas en lui la couleur rose ou bleu : c’est la société qui la lui peint malgré lui.
L’être humain a de la ressource et a su inventer le concept de développement durable pour mieux vivre avec sa planète. Je suis sûr qu’il saura se battre pour que les femmes de demain ne pâtissent plus de leur genre : la loi du genre humain est la loi la plus forte.

Une chronique d’Octave

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elise

Rédac'chef enthousiaste !

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