Alors ? Encore en vacances ?

Alors ? Encore en vacances ?

Que ce soit dans la bouche de votre oncle pendant la réunion de famille, ou dans celle du voisin de palier qui rentre tout juste d’avoir promené son chien, vous avez certainement déjà entendu ce refrain, en général, il s’accompagne d’un sourire entendu et prend un accent presque accusateur.

« Et bien oui encore en vacances et alors ??? »

Ça, c’est ma réponse toute faite et vite expédiée, retour logique et mérité à l’envoyeur, mais quelquefois quand j’ai plus de temps (après tout je suis en vacances) et que je suis de bonne disposition, je fais dans le pédagogique (déformation professionnelle) !

vacances

Tout d’abord il faut savoir ce que l’on appelle vacances… Je commence en général par une phrase un peu provoc (histoire d’accrocher mon auditoire… Encore une déformation professionnelle) « Oui, je suis en vacances, mais pour autant je n’ai (comme tout Français) que 5 semaines de congés payés. »  En effet, le reste c’est pour « ma pomme », c’est en fait un « congé sans solde »… « Si tu veux faire comme moi, demande à ton patron deux mois de vacances sans être payé… »

« Quoi comment ça, mais tu as bien ton salaire en été ? » « En fait mon salaire correspond à 10 mois de l’année et pour le reste, il est divisé en 12, c’est donc un rattrapage de ce qui aurait du m’être versé avant : Je les paye mes vacances, elles me coûtent 10 % de ce que je devrais gagner… »

« Et les petites vacances, il y a 7 semaines, pas 5 »…. « Oui effectivement, mais on les rattrape en faisant 42 h par semaines au lieu de 40 (à oui on a pas les 35 h à l’éducation nationale). »

« Mais tu n’as bien que 18 h de cours pour un certifié et 15 pour un agrégé (et 20 pour les profs de sports) dans le secondaire et 24 h dans le primaire. » « Oui de cours !! ; devant les élèves !! Mais il faut les préparer ces cours, et puis corriger les travaux, se réunir avec les collègues, rencontrer les parents, gérer les problèmes des élèves aussi… »

Bon on dérive, si j’en reviens aux vacances, il s’agit plus d’un « chômage technique » que des vacances, car sans élèves difficile de faire cours….Mais sans vacances et sans décompression pour les enfants il est aussi difficile de faire cour… Nous ne travaillons pas avec des machines ou des adultes, mais avec un public d’enfant…
« Tu trouves ça agréable toi de te retrouver avec tes enfants quand ils sont fatigués et énervés…Non bien-sûr et en plus ce sont les tiens, alors imagine 15 à 20 fois plus d’enfants qu’il faut canaliser et faire vivre ensemble et travailler… quand ils sont fatigués »

Tout cela laisse mon interlocuteur en général perplexe… (mais pas forcément convaincu).

Et pour conclure j’assène mon dernier coup (l’estocade) : « et puis si c’est si bien, t’as qu’à le passer le concours… ». Là, en général, la conversation prend fin…..

Une chronique de Damien THOMAS (bientôt en vacances)

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8 Comments

  1. PICAUDÉ Bruno 10 septembre 2015
  2. BOUREL Christine 7 septembre 2015
  3. Pierre 4 septembre 2015
    • Marc 7 septembre 2015
  4. Thomas 4 septembre 2015
    • THOMAS D. 5 septembre 2015
  5. Jacky Valentin 4 septembre 2015
    • Vincent Olivier 4 septembre 2015

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