Le numérique en classe

Numérique pédagogique

L’ère du numérique, c’est l’ère de la pédagogie innovante, positive, intégrative, collaborative…

En inventant l’écriture, nous sommes entrés dans l’Histoire. Aujourd’hui, le numérique vient poursuivre notre évolution, permettant d’accéder à un savoir et un savoir-faire infinis. L’encyclopédie fut le premier outil de diffusion des connaissances ; le numérique devrait répandre beaucoup plus de lumière encore.

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Et pourtant, ce n’est pas encore le cas…

« L’École change avec le numérique » doucement… lentement. Même si nous parlons de la révolution numérique, le temps de l’intégrer dans nos pratiques ne peut être qu’un temps long : le temps de l’exploration, de la recherche, des tentatives fructueuses et infructueuses, comme celui de l’apprentissage.

Plusieurs freins : le souci d’équipement, dans sa quantité, sa qualité et sa maintenance, le besoin de formation pour apprivoiser tous ces nouveaux outils qui évoluent si vite… Les résistances aussi. Le changement implique des remises en question qui nous placent en zone d’inconfort ; situation à éviter quand l’énergie demandée pour tenir la classe ou préparer les cours est tellement importante. Sans compter que cette évolution s’inscrit dans le cadre plus large d’une école en profonde mutation. Quelles sont les priorités ? Enseigner par compétences, travailler ensemble l’interdisciplinarité, intégrer les nouveaux programmes, faire du lien entre l’école et le collège, l’EMI, l’EMC, l’individualisation, la prise en charge des enfants à besoins particuliers…

Cependant, nous ne pouvons plus enseigner sans l’Internet, l’informatique et le multimédia. Ces outils nous aideront justement à individualiser et diversifier notre enseignement, ils sont le support idéal pour échanger, communiquer, partager et continuer d’apprendre. L’ordinateur n’est-il pas un formidable outil de compensation pour les élèves présentant un handicap ? Formidable, à condition d’apprendre à l’utiliser. Un texte tapé au clavier ne sera « supérieur » à un texte manuscrit que si la frappe au clavier est maîtrisée. Et cela ne peut tomber du ciel. Les enseignants ont pour mission d’apprendre le clavier à leurs élèves, mais combien ont acquis cette compétence ? Il est possible d’écrire des centaines de pages au clavier sans jamais le maîtriser !

L’addiction de nos jeunes aux jeux vidéo est un vrai fléau, mais si nous nous inspirions davantage de la pédagogie de ces jeux ? Son, image, vidéo, action avec réponse immédiate donc interaction, progression par paliers, possibilité de jouer en réseau et donc d’échanger, réussites…  Le numérique est pédagogique !

L’apprentissage de l’écriture

Il existe des applications nuisibles pour l’apprentissage de l’écriture : celles qui ne tiennent pas compte du sens du tracé des lettres, celles qui proposent des polices compliquées, celles qui ne s’utilisent qu’avec un stylet mais qui ne permettent pas de poser la main sur la tablette… et comme elles sont souvent gratuites, ce sont celles qui sont malheureusement testées par les enseignants. Lors du colloque sur l’enseignement et l’apprentissage de l’écriture à Bordeaux, les conclusions étaient décevantes sur l’utilisation des tablettes en classe pour accompagner l’apprentissage de l’écriture. Mais aucun intervenant n’a cité celle-ci, qui me semble parfaite :

J’écris en cursive, de l’Escapadou

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Cette application permet :

  • de se préparer à l’écriture avec des tracés simples et les gestes graphiques de base ;
  • de rentrer dans l’écriture cursive en minuscules et en majuscules avec le son de la lettre et le choix de la police : la cursive sans boucle est idéale pour éviter que l’œilleton du r, v, b, soit plus gros que la lettre elle-même ;
  • de paramétrer la taille, la progression, etc. ;
  • d’utiliser le doigt ou le stylet en posant la main (l’hypothénar) sur la tablette ;
  • d’être utilisée sans connexion à Internet (l’usage du wifi en classe ne peut être illimité) ;
  • d’enregistrer des mots (les prénoms des enfants par exemple) ;
  • de visualiser ensuite la progression et le sens du tracé.

Avec cette application, les entrées sont multiples : on voit la forme, on entend le son, on observe et on reproduit le mouvement, en utilisant le sens du toucher avec le doigt. C’est par le mouvement que l’on intègre plus facilement la forme de la lettre. En associant le sens du toucher, comme avec les lettres rugueuses Montessori, la lettre sera plus facilement mémorisée. Car il ne suffit pas de regarder sa forme pour être capable de la reproduire ! Et ce que l’on réussit sur la tablette, on l’écrit ensuite sur le papier. Bien sûr, il ne s’agit pas de remplacer le papier par la tablette.

La magie des mots

Une autre application pour entrer dans l’écriture qui me semble idéale : l’enfant explore le son de chaque lettre, il apprivoise les correspondances phonèmes/graphèmes, il tente d’écrire ses premiers mots. Si l’écriture tâtonnée (ou essai d’encodage) est un moyen formidable de préparer à la lecture et de donner envie d’écrire, elle nécessite la présence de l’enseignant près de l’enfant. Difficile d’individualiser dans une classe : avec cette application, ça devient facile. Plus tard, à partir du CE1, « La magie des mots » permettra d’apprendre l’orthographe des mots invariables avec trois possibilités : apprendre en recopiant, lettres mélangées ou dictée.

Communiquons !

Si les nouvelles technologies nous permettent de gagner en efficacité auprès des élèves, paradoxalement, elles nécessitent un temps fou de préparation. Nous ouvrons une multitude de fenêtres et d’onglets, nous nous perdons dans les labyrinthes d’Internet, oubliant parfois le premier objet de notre recherche et les minutes qui s’écoulent, avalant nos précieuses heures de sommeil ! Nous avons besoin d’un nombre restreint de sites pour trouver les bonnes références. Si nous devons éduquer nos élèves aux médias, leur donner des outils pour mieux trier l’information, nous éprouvons aussi cet apprentissage, noyés sous la profusion de ressources. C’est pour cette raison qu’il est indispensable de communiquer pour partager nos meilleurs outils.

Alors, quels sont les vôtres?

Une chronique de Claire Nunn

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One Response

  1. S 24 novembre 2016

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Vous n'êtes pas un bot hein ? *