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C’est quoi le parti socialiste ?

Posté by bsentier on 31 août 2008 in 3èmes, 4. Contemporaine, Actualités |

Bonne question (évidemment) pour clore cette période estivale… et l’Université d’été du parti socialiste. Tout le monde en parle, tout le monde en a entendu parler mais personne ne sait – avouons le – clairement ce que c’est. Alors pour mieux nous y retrouver, il va nous falloir remonter quelques années en arrière – comme toujours…

Le Parti socialiste (PS) est le principal parti politique français de la gauche gouvernementale, à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle. Il s’agit en 2008 du deuxième parti politique français en nombre d’adhérents revendiqués. Mais que de chemin parcouru pour en arriver là !

Des hommes comme Saint-Simon, Fourier ou Cabet sont les premiers penseurs socialistes. Ils développèrent leurs théories dans la première partie du XIXe  siècle. Appartenant à  une bourgeoisie certes éclairée  mais plus favorisée, leurs idées influencent peu les milieux plus populaires. On les qualifie alors “d’utopistes” et ils se démarquent progressivement du socialisme historique, développé par la suite par Karl Marx. Le socialisme en tant que tel est véritablement né au cœur de la Révolution industrielle ; les nouvelles conditions de travail engendrées par celle-ci entrainent des révoltes vite réprimées : révolte des Canut lyonnais en 1831, journées de juin 1848, Commune de Paris en 1871…

La “question sociale” est mise au premier plan, mais la révolution de 1848 fait déjà apparaitre des divergences (déjà !?) entre les démocrates socialistes réformistes (Ledru-Rollin, Louis Blanc) qui souhaitent réformer la société par la voie légale et les partisans de la révolution (Blanqui, Barbès), qui considèrent la violence comme le seul moyen permettant un changement profond du système économique et social.
Le combat pour la république, contre la monarchie censitaire et contre le second Empire, se conjugue alors avec la lutte contre les nouvelles conditions de travail et de vie engendrées par la révolution industrielle. La gauche républicaine s’organise et cherche à effectuer une synthèse entre la tradition montagnarde de la révolution de 1789-1794 et les questions sociales que le mouvement ouvrier naissant fait surgir.

La Deuxième Internationale est constituée en 1889 à Paris et l’influence des idées de Karl Marx y est dominante. Cependant, les idées libertaires et anarcho-syndicalistes continuent à influencer une partie du mouvement ouvrier, qui manifeste sa méfiance à l’égard de la politique. Après la reconnaissance du droit syndical en 1884, la Confédération générale du travail (CGT) se constitue en 1895. En 1906, elle adopte la « Charte d’Amiens » qui consacre le principe de l’indépendance du syndicalisme par rapport aux partis politiques. De là découle l’absence de liens entre partis et syndicats. C’est cette particularité qui nous distingue des autres partis socialistes d’Europe du Nord (la social-démocratie).

Le socialisme politique en France s’unifie enfin en 1905, au congrès du Globe avec la fusion des différents courants socialistes (« guesdistes », « blanquistes », « réformistes »…) dans la nouvelle Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO). Peu à peu, le député du Tarn Jean Jaurès s’impose comme la figure majeure du socialisme français, par son combat pour l’unité, par sa volonté de synthèse entre la république et le socialisme, entre le patriotisme et l’internationalisme, entre les idées marxistes et la tradition de la Révolution française libérale. La SFIO, qui se veut parti ouvrier, a acquis une large base électorale (en particulier avec le socialisme municipal) et militante : les paysans, les ouvriers, les artisans côtoient les intellectuels et les fonctionnaires.

Débute alors l’histoire très mouvementée du socialisme qui ne cesse de naviguer entre union et scission (de 1905 à 1920). Il réussit, pour la première fois, à conquérir le pouvoir grâce au Cartel des Gauches : c’est le Front Populaire (1936-1938). Durant la Seconde guerre mondiale, le parti se place très clairement du côté de la Résistance. C’est donc tout naturellement qu’il est à la première place des instances de la toute nouvelle IVe République (1939-1958). Face à la déferlante gaulliste, de 1958 à 1971, la gauche va se chercher longtemps, très longtemps…

Il faudra attendre juillet 1969 et le Congrès d’Issy-les-Moulineaux, pour que la SFIO (avec des hommes comme Guy Mollet, Pierre Mauroy ou Gaston Defferre) s’associe à l’UCRG (d’Alain Savary) et l’UCGS (de Jean Poperen) pour former le Parti Socialiste (PS). L’unité de la gauche est enfin devenue une réalité…

Aujourd’hui, c’est l’un des principaux axes de discussion au sein du parti.

Qui a dit que l’histoire était un éternel recommencement ?

Pour en savoir plus sur le sujet :

- un article très documenté sur l’histoire du socialisme français (Wikipedia)

- le site officiel du Parti Socialiste français

- le site officiel de l’Institut François Mitterrand

- le dossier très complet du JDD sur les différents courants au P.S en 2008

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8 commentaires

  • bricabraque dit :

    Bravo pour ce bel article (comme d’habitude).
    Julien

  • bsentier dit :

    Merci pour tes encouragements, Julien ! C’est pour moi l’occasion idéale de recommander ton article sur Jaurès (à partir de la chanson de Brel, « Jaurès »). Excellent complément à mon humble contribution à la compréhension de la gauche française… ;-)

  • Super article :) j’ai une petite question (peut-être bête) : pourquoi la rose comme symbole ?

  • bsentier dit :

    Cet emblème a été conçu, à la fin de l’année 1969, par Yann BERRIET et dessiné par Marc BORRET. C’est Paul CALANDRA qui lui en avait fait la demande pour la fédération de Paris, dont il est le responsable. Ce n’est qu’en septembre 1971 que le Parti socialiste décide de l’adopter à l’échelle nationale, et donc de s’approprier  » le poing et la rose  » : c’est la date à laquelle l’emblème apparait sur un tract officiel du Parti socialiste. Alliance de la force du poing et de la douceur de la rose, il évoque les luttes et les espérances des socialistes : il amalgame ainsi des images anciennes et nouvelles. Sa couleur rouge le rattache à l’histoire de la gauche. Il est aussi à l’origine d’une nouvelle couleur politique, le rose…
    Dès la fin de l’année 1971, le PS édite les statuts adoptés à Épinay en brochure avec l’emblème en couverture comme sur les brochures du même format (10,5 x 29,7) qui paraissent début 1972 : sur les libertés, les relations syndicats-parti, l’histoire du mouvement ouvrier… Le poing et la rose s’impose alors progressivement dans le paysage politique français et européen, à mesure que le PS poursuit sa percée.
    Pour en savoir plus, voir l’article que lui consacre l’Office Universitaire de Recherche Socialiste (article de Frédéric CÉPÈDE).

  • Mathilde CHEVALIER (3eme C) dit :

    Mais qui seront les électeurs du prochain secrétaire général du parti Socialiste ?

  • bsentier dit :

    Depuis une réforme introduite par Lionel Jospin avant le congrès de Brest en 1997, le premier secrétaire du parti est désigné de manière séparée des motions. Un vote à bulletin secret a lieu dans chaque section, selon un scrutin unilatéral à deux tours, après la tenue du congrès proprement dit. Un billet plus complet disponible sur un Blog spécifique du Figaro.

  • Fahim ZAOUI (5eme G) dit :

    Désolé, je ne savais pas trop où déposer ma question… La voici. Les musulmans appellent ce mois de septembre, « le mois sacré du ramadan« . Pourquoi jeuner pendant un mois ? Quel en est le sens de cette tradition du Ramadan et dans quel but ?

  • bsentier dit :

    Effectivement, il n’y avait pas encore d’endroit pour poster vos questions : c’est chose faite à présent. Si tu veux, tu peux la recopier en commentaire sur ce Billet. Ceci dit, ta question est pertinente et je ne manquerai pas d’y répondre.

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