SITUATIONS MOTIVANTES

Le blog d'une enseignante spécialisée en RASED

Lettre ouverte aux défenseurs du Libre bienveillants…

stuxEn préambule, puisqu’on va inévitablement me soupçonner d’être “vendue à…”, j’utilise quotidiennement un ordinateur fixe sous Windows, un Netbook sous Ubuntu, une tablette et un smartphone sous Android et depuis peu le MacBook de mon fils qui me le prête gentiment. Je n’ai d’intérêt financier dans aucune de ces solutions, j’en apprécie certains aspects et moins d’autres mais je tiens à diversifier mes usages pour avoir un esprit ouvert et pouvoir parler en connaissance de cause.

Je suis par ailleurs, en tant que citoyenne, très intéressée par le Libre, son côté ouvert et collaboratif notamment, mais je refuse de diaboliser les entreprises privées sous prétexte que le premier serait forcément efficace et éthique et les secondes mal-intentionnées et uniquement vénales. Concevoir des produits et les vendre est, jusqu’à preuve du contraire, légitime. Je ne comprends pas pourquoi être pour l’un impliquerait forcément d’être contre tout le reste !

En tant qu’enseignante ce qui m’intéresse est ce qu’on fait de tous ces outils numériques à notre disposition pour proposer à nos élèves des apprentissages efficaces, pertinents et utiles. Dans ce cadre je me cogne totalement de savoir ce qui est utilisé comme marque, tout comme je me moque de la marque du stylo ou du manuel présent dans le cartable des élèves. Je ne dis pas que cela n’a aucune importance, je dis juste que ce n’est pas pour moi l’essentiel. De plus je précise que, pour le moment, notre avis concernant le type d’équipement numérique à choisir est vraiment très peu déterminant, le plus souvent pas du tout !

Venons-en au fait ! Ces derniers mois, mes collègues enseignants impliqués dans les usages du numérique en classe et moi nous faisons régulièrement littéralement agresser sur Twitter par… des défenseurs du Libre ! C’est récurrent, pénible et complètement contre-productif ! Se faire traiter d’ignorant, de paresseux, de “vendu à Apple, Microsoft, Google…”, d’irresponsable et j’en passe finirait presque par me donner une très mauvaise opinion du Libre ! Écrire le mot “tablette”, “iQuelqueChose”, “Google” ou autre déclenche des foudres immédiates et sans appel ! Pas ou peu d’explication, des reproches sur les politiques menées par le Ministère (avec notre complicité forcément), la stigmatisation de tout usage à l’école de matériel ou logiciel propriétaire, et enfin ils nous assènent #LaSolutionSimpleQuiRésoudraitTout : l’apprentissage du code par tous nos élèves dès demain !

Se rendent-ils comptent des dégâts qu’ils sont en train de causer en se mettant ainsi les enseignants, à la pointe des usages en classe, à dos ?!

Je sais qu’il ne s’agit que de quelques-uns, j’ai notamment rencontré des gens de Mozilla cet été qui m’ont fait découvrir les outils WebMaker, montré l’OS Mozilla pour smartphone et parlé du formidable travail collaboratif de traduction en cours… Eux m’ont donné envie de mieux les connaître et m’ont ouvert des horizons.

Comme la majorité de la population, nous enseignants, ne sommes pas forcément tous au clair sur ce qu’apporte le Libre, sur la différence Libre/gratuit, sur les modèles économiques…

Alors, s’il vous plait, défenseurs du Libre bienveillants, non-jugeants et pédagogues, faites-vous connaître, indiquez vos comptes Twitter, vos sites, vos manifestations, vos projets… les commentaires vous sont ouverts !

J’ai commencé une liste sur Twitter que l’on peut consulter ici.

[View the story "Peut-on expliquer le Libre sans agresser ?" on Storify]

Catégorie : Ce qui me motive
Mot-Clé : , ,
  • Jonathan Tessé a dit :

    Bonjour,

    je me reconnais dans chacun des mots, en particulier le bienveillant…
    Comme dans tout débat, les passions amènent à des propos incisifs, tranchés, parfois preremptoire. De chaque côté.

    Bon, l’idéal du libre, ce sont des valeurs de partage, d’universalité, d’éthique, d’accessibilité et d’équité. Les temps sont durs pour ces valeurs, et certains les juges illusoires, inadaptées au contexte socio-economique, voire bisounours ;-)

    Mon point de vue, c’est que l’action est primordiale. C’est en ce sens que j’agis.. au sein de l’association abuledu-fr, pour participer au développement de logiciels éducatifs libres, de système libre, de serveur libre, de tablettes libres, de ressources éducatives libres, de service en ligne libre…

    Je continuerai à débattre entre « bienveillants » bien sur, mais c’est l’action qui compte le plus pour moi.

    Sur Twitter, je suis @j_tesse
    Et venez faire un tour sur abuledu-fr.org , on a besoin de mains :-)

    Cordialement, et librement !
    Jonathan

  • Stéphane Bortzmeyer a dit :

    Bon, comme il y a un appel à être bienveillant, je vais déposer ma hache de troll, retirer mon casque à cornes et enlever le lapin cru à moitié dévoré que j’avais entre les dents.

    Les défenseurs libristes sont parfois rapides dans l’invective, et pas toujours très diplomates ? Sans doute mais cela serait dommage que le choix des enseignants en matière de logiciels soit influencé par cela (« [cela] finirait presque par me donner une très mauvaise opinion du Libre »). Parce qu’en face, en effet, il n’y a que de la gentillesse et de la bienveillance, celle du commercial qui essaie de vous vendre quelque chose. Ceux d’en face ne seront jamais agressifs, ne vous feront jamais vous interroger et garderont en toute circonstance le sourire mielleux du commercial. Alors, attention, choisir les solutions proposées par les gens souriants qui ne vous critiquent jamais, c’est acheter uniquement chez les hypocrites et les menteurs. Que cela soit désagréable de se faire vertement reprocher une politique qu’on n’a pas forcément décidée, ou qu’on ne peut pas changer facilement en cinq minutes, je comprends. Mais, au moment de choix aussi cruciaux que ceux qui engagent l’avenir de nos zenfants, il faut respirer un grand coup et ne pas rejeter des solutions uniquement parce que leur dernier zélateur était maladroit, voire véhément.

    Tu écris « je refuse de diaboliser les entreprises privées sous prétexte que le premier serait forcément efficace et éthique et les secondes mal-intentionnées et uniquement vénales ». Si le logiciel libre n’est pas toujours efficace, oui, les entreprises commerciales sont vénales (« Qui se vend, qui peut se vendre », dit le dictionnaire). C’est par définition qu’elles le sont, une entreprise commerciale a pour but le profit.

    Enfin, quand tu écris « je me cogne totalement de savoir ce qui est utilisé comme marque », je comprends cela pour la différence entre Coca et Pepsi. Mais, ici, il ne s’agit pas de l’opposition de deux marques, mais de deux modèles différents, celui du profit, et celui du partage. Cela va bien au delà de la différence entre une marque de lessive et une autre !

    • devanssay a dit :

      En réponse à Stéphane Bortzmeyer :

      Bien sûr que sur le fond je suis d’accord avec toi, c’est bien le sens de mon appel…

      Je ne refuse pas d’être bousculée, interrogée et déstabilisée mais je refuse que des enseignants qui passent déjà beaucoup de temps personnel, dépensent énormément d’énergie et d’argent en matériel perso pour leurs élèves se voient injustement mis en accusation par quelques-uns !

      Quant aux choix de société pour nos enfants ils concernent chaque citoyen et ne peuvent être portés par les seuls enseignants, on a besoin de tout le monde pour que ces choix politiques se fassent au mieux… tu fais partie de ceux qui nous informent sans agressivité et c’est bien appréciable ! (je n’avais pas du tout remarqué tes attributs trollesques)

      Précision, on peut retrouver Stéphane sur Twitter et je confirme sa bienveillance : @bortzmeyer

      10 novembre 2013 à 22:10
  • rboulle a dit :

    Bonjour,

    Sans vouloir vous agresser ;-) je me permets de maintenir ma position. Parler de « hacking » avec des tablettes sous environnements propriétaires et fermé, n’a vraiment de sens… Ce ne sont pas des matériels conçus pour être « hackables ». De l’aveu même d’un expert du ministère de l’EN : « On risque d’enfermer l’école dans un système propriétaire qui risque de nous échapper pédagogiquement ». Je ne sais pas vous mais, en tant qu’enseignant, cela m’inquiète. Je souhaite garder ma liberté pédagogique.

    Je pense que tout est question de curseur à placer entre confort et liberté. C’est un choix personnel mais qui nous engage nous et nos élèves dans le cadre d’une mission de service public.

    Pour les « zoutils et zuzages ». Là encore, je trouve que réduire l’informatique (est-ce devenu un gros mot ?) à cela dans notre système éducatif n’est plus tenable. On ne peut plus se contenter de cela, de cette approche type B2i qui perdure depuis plus de 10 ans. Oui, il faut enseigner l’informatique (le numérique si vous préférez) sans pour autant faire des cours de POO en Java à des CM2.

    Juste une remarque pour conclure, les enseignants « à la pointe des usages » ne sont pas tous présents à Ludovia, Educatec-educatice ou au tour de France du numérique… Il ne faut pas l’oublier :-)

    Sur twitter, je suis @rboulle mais ça vous le savez.

    Librement aussi.
    Rémi.

    • devanssay a dit :

      En réponse à rboulle :
      Pour info il ne s’agissait pas de hacker des tablettes (interprétation abusive de votre part ou mauvaise lecture ?) et c’est en participant à cet évènement que vous fustigiez que j’ai rencontré les gens de Mozilla qui sont fort heureusement bien plus ouverts que vous et qui savent donner envie !

      10 novembre 2013 à 22:23
  • Jyaire a dit :

    Tu m’as l’air en colère… Je rejoins ton point de vue sur la nécessité d’utiliser les services d’entreprises privées pour l’éducation nationale.

    Par contre, je ne me sens pas du tout agressé sur Twitter par les défenseurs du libre… Peut-être juste dans une discussion de geek, qui vu de l’extérieur, peut apparaître comme une attaque ?
    Ils ont à nous apporter sur l’esprit, sur la création collective, sur le partage… et pas forcément sur les solutions techniques parfois moins attractives que les mastodontes commerciaux.

  • Seb KD a dit :

    Bonsoir,

    Je me reconnais dans ce billet, en particulier dans le Storify…
    Visiblement, vous vous êtes sentie agressée par un de mes tweets et vous m’en voyez désolé, bien qu’il ne s’adressait d’ailleurs pas directement à vous. Je n’ai pour autant pas le sentiment de m’auto-flageller en affirmant que j’ignore le tricot, le chinois et la médecine, comme vous pouvez ignorer les langages informatiques. Il serait néanmoins malvenu de ma part d’en déduire que 99,9% des profs ne savent pas tricoter – ce à quoi mon tweet répondait.

    Quant à la petite leçon que vous essayez de donner, elle démontre simplement que je me suis trompé d’interlocutrice. Vous permettez que je vous cite à mon tour :

    « Je suis par ailleurs, en tant que citoyenne, très intéressée par le Libre, son côté ouvert et collaboratif notamment, mais je refuse de diaboliser les entreprises privées sous prétexte que le premier serait forcément efficace et éthique et les secondes mal-intentionnées et uniquement vénales. »

    Voilà comment vous avez ruiné mes espoirs à la première phrase – l’introduction matérielle n’étant que dédouanement. Vous parlez du « Libre » comme on parlerait du Bio. Vous opposez libre et entreprises privées, semblant ignorer que Canonical, qui développe votre Ubuntu, est tout ce qu’il y a de plus privé. De même que Sun et Oracle, qui se sont passés OOo, pour ne citer qu’eux. Vous semblez mélanger libre et gratuit et penser que ce qui n’a pas de prix n’apporte pas de bénéfice.

    « Se rendent-ils comptent des dégâts qu’ils sont en train de causer en se mettant ainsi les enseignants, à la pointe des usages en classe, à dos ?! »

    N’avez-vous pas encore compris que nous sommes très nombreux à justement cumuler les deux critères ? Je suis prof ET défenseur du libre dans le sens où je n’accepte pas de ne pas pouvoir faire ce dont j’ai besoin avec un logiciel. Défenseur, pas attaquant. Quiconque veut perdre du temps et/ou SON argent, fait bien ce qu’il veut.
    Avec l’agent public; j’ai un peu plus de mal.
    Quelle plus-value apporte donc Windows pour qu’on accepte d’engager une centaine d’euros d’argent public à l’achat de chaque PC ? Est-il acceptable de laisser une majorité d’établissements du second degré verser une rente annuelle à des sociétés comme index-éducation alors qu’il existe d’autres solutions très complètes car codées par des profs et donc correspondant à une pratique réelle, qui de surcroît sont gratuites ? Je m’arrête là car mon propos va finir par justifier le fond de votre billet.

    Me présenter avant de partir.
    Enseignant en maths au collège, administrateur d’un réseau de 150 machines entièrement libres (OS et logiciels), trois sites web et deux blogs. Ça c’est mon métier.
    Pisseur de codes par-ci par-là (essentiellement GeoGebra, SE3, GEPI) et traducteur quand j’ai trop de temps (GeoGebra et Ubuntu 10.04 à 12.04 essentiellement). Ça c’est ma passion.

    Comptez moi parmi les chieurs,

    @SebKD1

    • devanssay a dit :

      Réponse à SebKD1 : Vous illustrez parfaitement mon propos, agressivité, esprit supérieur, mépris, pas d’explication… Vous défendez bien mal vos convictions ! CQFD

      Pour info je ne mélange pas Libre et gratuit et sais que le Libre n’est pas du « bio », j’ai des proches qui me l’ont expliqué patiemment mais beaucoup de profs n’ont pas cette chance et ce n’est pas votre attitude qui leur donnera envie de creuser la question… Dommage !

      11 novembre 2013 à 0:12
  • Yann Houry a dit :

    Les partisans du libre auxquels il est ici fait référence sont pour la plupart des enseignants. Ils cumulent alors deux défauts (ou deux qualités, c’est affaire de point de vue) : ils sont passionnés (ce n’est pas ça le défaut, c’est ce qui suit), revendiquant très énergiquement la pertinence de leurs positions ; et ils sont un rien moralisateur. Je me demande d’ailleurs lequel l’emporte, lorsque, dans une conversation, on doit en permanence essuyer des phrases du type : « Tu sais, tu confonds libre et gratuit », « Comment tu ne codes pas en Assembleur au petit déjeuner ? », « Mais tu gaspilles l’argent public », « Tu es un irresponsable vendu cupertinien/redmondien », etc.

    La seule chose pour laquelle je reprends poliment (avec un rien d’ironie, il est vrai) mon interlocuteur, c’est quand il entame un hymne lyrico-libriste, l’œil humide et l’invective à la bouche (cf. paroles susmentionnées). On n’est pas là pour se faire engueuler, comme le rappelle la chanson. Et puis, quand même ! moi et bien d’autres, on produit du libre (ou s’en approchant). Du libre avec du propriétaire. Il y a donc une frontière qui n’est pas complètement étanche, et l’histoire du libre le montrerait aisément.

    Dernier point. Hier matin, je m’interrogeais sur l’avenir du libre dans une école qui ne pense plus que tablettes. Par le passé, je comprenais fort bien que l’on veuille éviter la gabegie en se dispensant de licence Windows et que l’on utilise OOo ou Libre Office. Aujourd’hui que les systèmes sont gratuits (Androïd, iOS et même Mavericks), je trouve que la proposition perd l’argument de la gratuité (il en existe d’autres que financiers, je sais). Et puis, où sont les suites bureautiques pour tablettes ?

    En fait, il y avait un autre dernier point. Je déplorais aussi les Don Quichotte des temps modernes enfourchant toutes les fenêtres ou les pommes qu’ils voient, ce qui amenait la conversation suivante : l’enseignant, privilégiant telle ou telle boutique, n’a pas pour objectif de battre en brèche la neutralité de l’école, de participer à sa marchandisation. Il a un objectif qui est pédagogique, et non idéologique (faut pas tout mettre sur le dos de l’école. Si j’arrive avec une tablette, je ne rends pas captifs des proies innocentes). Le prof se fiche comme de l’an 40 de savoir si, après la correction de ses copies, le code source est poétique ou conforme ou sans back-door. C’est peut-être navrant, mais c’est comme ça. Le prof, il va là où est l’état de l’art (ce qui marche le mieux, etc.).

    J’arrête là. Il y a mille choses à reprendre, à corriger, à nuancer. Je sais bien. On peut discuter. :)

    @yannHoury

  • devanssay a dit :

    Pour info, j’ai laissé les personnes citées dans le Storify faire un commentaire pour « droit de réponse » mais à part cela les commentaires ici sont ouverts aux réactions par rapport au ressenti suite au billet et aux bienveillants défenseurs du Libre qui veulent se faire connaître, indiquer leur pseudo Twitter, des liens vers leur travail, des infos et vers les manifestations et rencontres qu’ils recommandent.

    Ici ce n’est pas le lieu pour expliquer (et encore moins polémiquer et agresser à nouveau) ! J’imagine, même si je ne les connais pas, qu’il existe des sites avec de bonnes explications et des conseils (s’ils n’existent pas c’est un problème…)

    Si les polémiqueurs souhaitent maintenant expliquer et informer, c’est une bonne chose qu’ils le fassent sur leurs réseaux, en évitant de se montrer blessants s’ils veulent avoir, cette fois-ci, une chance d’être entendus.

    Inutile donc de vous fatiguer pour rien… Quant aux commentaires indiquant que nous enseignants ne faisons « que de la MERDE » (je cite) je ne les publie pas non plus !

  • Vincent-Xavier Jumel a dit :

    Je crois que nous avions eu un échange peut-être musclé sur twitter à l’occasion, où je n’avais pas nécessairement toutes les billes pour juger votre travail. Je continue de le suivre sur Twitter (@vxjumel) avec un certain intérêt.
    Et puisque je le suis sur Twitter, c’est que moi-même utilise ce médium, comme d’autre pour savoir ce qui se fait par ailleurs.
    Peut-être, en dehors de nos salles de classes, nous faut il user de pédagogie ? Certainement.
    Bravo pour ce billet, qui a le mérite de pointer du doigts nos faiblesses pour que nous les corrigions.

    • devanssay a dit :

      Non rien de choquant ni dans mes souvenirs, ni dans mes rapides recherches…

      Peut-être avec d’autres ?

      Merci en tout cas de penser et de dire que ce billet peut être utile, c’est sa seule ambition !

      11 novembre 2013 à 22:25
  • Eric Seigne a dit :

    Bonsoir,
    l’art et la manière, le fond et la forme … et je peux continuer comme ça longtemps, c’est ce que j’observe au bout de quelques années passées « dans » l’éducation et le « libre ».

    J’ai rencontré des gens impatients, des écorchés, des pressés, des maladroits, et de temps en temps des gens calmes, posés, patients, qui donnent envie de faire des choses et qui en plus portent des valeurs de partage et d’entraide. Ceux là sont des véritables ambassadeurs du libre. Mais comme le métier d’ambassadeur, ils sont rares :)

    Merci à toi d’avoir pris le temps d’indiquer qu’il y a aussi des gens dans le libre qui donnent envie de faire des choses, comme il y a des gens un peu maladroits, brusques voir même … extrémistes. Il faut de tout pour faire un monde.

    Il faut faire comme avec ses amis: les choisir tout simplement :)

    Pour ma part j’ai eu la chance de rencontrer des gens ouverts, sympa, agréables et qui m’ont données envies de m’impliquer dans la création ouverte et collaborative. Des gens avec qui nous avons décidés que notre ligne de conduite serait grosso modo définie comme ceci:
    – observer ce qui se fait dans les écoles avec l’informatique, libre ou pas il y a toujours des choses intéressantes à observer
    – s’il n’y a pas de solution libre équivalente, ne pas mettre en avant le libre (les alternatives libres doivent permettre de satisfaire le besoin indiqué, si ce n’est pas le cas, on n’en parle pas) (en bref on ne conseille pas d’utiliser un éditeur de texte brut genre bloc note pour faire face à ms office si on voit que l’enseignant utilise autre chose que la frappe au kilomètre)
    – essayons d’écouter les envies et de trouver des solutions techniques puis de les rendre utilisables / agréables
    – une fois qu’on a expliqué que l’outil libre xxx permet de faire la même chose que l’outil pas libre yyy on s’arrête là, le libre arbitre est quand même une chose essentielle de notre société :) [en bref je n'ai rien à dire si tu veux manger un truc pas bio et pas équitable, t'es majeur et vacciné, c'est ton portefeuille ... par contre pour les choix de l'école c'est un peu plus lourd de conséquences, cf paragraphe suivant]
    – si on a affaire à des décideurs, des « politiques » ou personnes dont les choix ont des conséquences sur les équipements et installations on passe une couche sur les aspects pérennité, équité, partage, acheter du libre apporte « plus » de retombées à la société civile que le non libre etc. mais il ne faut pas se tromper de cible (les enseignants étant quand même un peu partie prenante pour les choix en terme de logiciels en particulier mais il faut aussi remettre les choses à leur places, ils ne décident pas tout non plus)

    Et au bout de tout ça, ça donne quoi ? un truc assez rigolo: un projet de 15 ans d’âge (on fête les 15 ans aujourd’hui, signe du destin ?): http://www.abuledu.org. Projet porté par une communauté d’enseignants formidables (http://www.abuledu-fr.org), projet née dans une association de linuxiens (http://www.abul.org) et qui s’est émancipé depuis; projet porté également par la société que j’ai fondé (ryxéo) mais qui – si j’avais eu les moyens de mozilla – serait une fondation :)

    Et 15 ans plus tard ça donne quoi ? hé bien ça donne plein de choses qui sont parties dans toutes les directions (des serveurs, des ordinateurs, des logiciels, des ressources, des images, un service comme « twitter » libre et respectueux de la vie privé des enfants, http://www.babytwit.fr et des tonnes d’autres choses). Notre tâche pour 2013/2014 est de rendre tout ça plus visible, propre et facile à comprendre … pour des « nouveaux arrivants »

    bien amicalement,
    Éric

  • Martial Pinkowski a dit :

    D’habitude, je me serai présenté en tant que ce que je suis : professeur d’EPS !
    Mais aujourd’hui, j’aurais tendance à me présenter pour ce que je suis devenu : professeur d’EPS numérique, et comment je le suis devenu !
    Pas de long discours sur ce post, je vous renvoie juste à ceci : [http://profdeballons.free.fr/article.php3?id_article=89->http://profdeballons.free.fr/article.php3?id_article=89
    Un constat personnel et un statut forcé que j’assume aujourd’hui. Nous sommes plusieurs dans ce cas et serons de plus en plus nombreux pour rendre ce service à la communauté éducative.

    • devanssay a dit :

      Merci Martial !

      Je précise qu’on s’est rencontré à Ludovia, comme quoi le Libre peut s’infiltrer partout…

      12 novembre 2013 à 10:44
  • François ELIE a dit :

    Bonjour,

    Pédagogue ? Je ne sais pas. Mais inlassablement il faudra continuer à expliquer ques les objets numériques se distribuent à coût marginal nul et qu’ils pourraient être partagés pour peu qu’on décide que c’est mieux. (mieux, cela fait référence à une jugement de *valeur*).

    Pourquoi je n’utilise que du libre depuis 1996 pour des raisons d’hygiène personnelle (et je ne contraint personne à faire comme moi) ? Parce que que je refuse de pirater et que je refuse d’acheter ce qui a été déjà été payé plusieurs fois. Il me semble normal d’interpeller les élus: que faites-vous de l’argent public ? Pour l’argent privé, quand c’est le votre, vous pouvez faire ce que vous voulez. Mais pour l’école… Vous comprenez ? L’école, c’est bien plus qu’un client captif. ce qu’il faut refonder, c’est l’école, pas l’industrie du numérique éducatif. L’école c’est bien plus important que cela!

    http://www.framablog.org/index.php/post/2013/06/11/francois-elie-education-conference

    Bien cordialement

  • orahdemortcie a dit :

    Bonjour a tous. Malgré les position divergentes, il semble que nous partageons un but commun : faire progresser la compréhension du « libre » dans les esprits de nos petites têtes blondes. Que l’éducation nationale ne puisse s’abstenir de subventionner Microsoft et consort, on ne peut que le regretter. Mais bon, quitte à voir le verre à moitie plein, on peut espérer que les professeurs savent utiliser tous les outils à disposition pour donner une conscience politique aux enfants. Car ce sujet est éminemment politique. Il est lié à un idéal de rapport aux autres sans relais, à la volonté de stopper notre incessante marchandisation au travers du faux gratuit, à l’arrêt de la dépossession de nos données personnelles. Si un professeur à cette conscience et l’envie de la transmettre, j’espère qu’il y parviendra tout autant sur un Ipad que sur Ubuntu.
    Pour ma part, c’est au theatre que je défends cette vision. On me retrouve @orahdemortcie.

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