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Extrait de la paix par le droit (1902)

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Ce document, retrouvé dans les dossiers d’Estournelles, est un ensemble de caricatures sur la paix, extraites de la presse européenne du début du XXème siècle.

Le premier des cinq dessins provient d’un journal italien. On y voit deux mulets larmoyants qui s’entretiennent à propos d’une expédition en Afrique. « Hélas ! Pauvres de nous !… », déclarent-ils, une nouvelle fois chargés du ravitaillement des troupes.

La seconde caricature, extraite d’un quotidien russe, représente Joseph Austen Chamberlain, homme politique britannique rangé du côté du parti conservateur. On le voit attablé à son bureau, ne savant que faire devant ses cahiers de compte : la guerre et terminée et les « cent mille tonneaux de cartouches » qu’il a déjà acheté sont « perdus !… »

Le document suivant est une caricature allemande sur laquelle on distingue un officier anglais et un Boër (habitant d’Afrique australe, descendant de colons néerlandais ou émigré européen). Le soldat annonce au prisonnier boër son exécution par un régiment d’highlanders (tireurs écossais) et il lui accorde une dernière faveur. Le boër, cynique, demande que l’on ajoute au peloton un des autres prisonniers boërs, « pour qu’il y en ait un au moins qui sache tirer juste ».

Le quatrième dessin est tiré d’un journal italien. Il montre un soldat sortant d’un soulier, le revolver à la main. Le sous-titre commente : « Le petit John Bull a trouvé dans son soulier de Noël un Dewet en action ». le John Bull en question est en fait un bourgeois grassouillet qui porte un chapeau haut-de-forme : il s’agit du personnage emblématique de l’Angleterre, l’équivalent de l’oncle Sam américain. Le Dewet est ici un jouet, représentatif du général boër Christiaan De Wet. Leader insaisissable, il frappe, durant la colonisation anglaise en Afrique, partout à tout moment et est la hantise de l’état-major britannique.

Cette sélection de caricatures s’achève avec un dessin autrichien, titré « La colonisation au Transvaal ». il représente les colons anglais en « territoire » boër, occupés à pendre les habitants grâce à une nouvelle machine. Cette invention caricature le caractère impitoyable de son inventeur : le maréchal britannique Kitchener créa des camps d’enfermement pour femmes et enfants, et il commanda de nombreux incendies de fermes boërs.

Ce document de 1902 illustre l’état d’esprit des européens durant la colonisation britannique en Afrique australe , à travers des caricatures plus ou moins polémiques.

Cote : 12 J 305

Lettre de Monsieur D’Estournelles de Constant

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12J432
Article de presse publié dans « Le Temps »

Ce document est un article du journal le « Temps » qui publie une lettre de Monsieur D’ Estournelles de Constant à propos de la conférence de la Haye leur étant adressée sans pour autant prendre parti dans les questions soulevées ou éveillées à cette conférence.
Dans le début de sa lettre D’ Estournelles critique la presse française qui, contrairement à la presse étrangère qui publiait tout les jours ses travaux voir même un résumé des séance de chacune des commissions, ne se bornait qu’à publier des informations sommaire , plutôt portées sur les diners ou les fêtes en l’honneur de ces congrès, mis à part quelques exceptions.
Il ce concentre ensuite sur la conférence de la Haye qui constitue un pas considérable pour l’avancée de la paix mondiale, et explique que pour éveiller un intérêt quelconque à cette paix une propagande est nécessaire .Une propagande ne s’adressant pas qu’aux hommes mais aussi aux femmes ,où l’influence est plus importante en France que n’importe où en Europe. Ces femmes qui raconte à leurs fils la vie au camps ou tout autre chose sur la carrière militaire comme pour les préparer à la guerre plus qu’à la paix.
Il démontre donc que la conférence de la Haye n’est ni une abdication, ni une faiblesse, ni même une mystification ou encore une duperie.
Il pose la question de savoir si les français doivent aller ou non à cette conférence qui semble plutôt bien acceptée , sachant la stupeur produite par l’invitation à déposer les armes, du tsar 1 an auparavant alors que la nation s’imposait depuis 30ans pour reconstituer son armée ( la question posé ici étant d’accepter son invitation , et d’être embarrassé ou donner l’impression de lassitude ou d’abdication des souvenirs passés, ou la décliner , et décourager l’invitation du tsar ou y voir un danger risquant de rompre cette alliance ? La réponse pour Monsieur D’ Estournelles étant évidement en faveur de l’invitation qui pourrait constituer un pas décisif vers le salut.)
Il débat ensuite sur ce qu’a perdu la France en perdant l’Alsace -Lorraine et à qui a bien pu profiter cette amputation mais la question de rentrer en guerre pour la récupérer ne se pose même pas car même si la victoire appartenait à la France cela n’engendrerait qu’une période infinie de guerre.
Il déclare que seul « des ambitieux ou des fous envisagent sans trouble cette perspective, cela se conçoit; mais le devoir des hommes de bon sens est d’empêcher l’humanité de les suivre. » et insiste sur le fait que la guerre n’est pas une solution et que le salut se trouve dans la paix.
Il porte ensuite son attention sur des études menées par lui même sur la situations dans laquelle se trouvera la France dans quelques années face aux déchainement des rivalités des mondes et affirme que pour subsister et ne pas succomber les puissances Européennes seront forcées de mettre leur puissance en commun ce qui engendrera une entente durable.
Il conclut sur sa position face à la conférence en ajoutant que celle-ci fut utile a conditions d’aboutir à des résultats concrets.

Chambres des députés ( 1er séance du 21 janvier 1902)

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Tout d’abord, en introduction, Paul d’Estournelles de Constant dit que les années qu’ils ont vécues ont séparé des siècles de l’humanité en deux âges, l’âge de pierre et l’âge de fer.

Pour lui, nous sommes entré dans une nouvelle époque : l’époque ferroviaire ou scientifique. Les hommes de l’époque antérieure ont gouverné à leur manière, sans vraiment une réel démocratie et c’est de leurs fautes si l’Europe n’a pas pu vivre en paix pendant 30 ans.

La politique des grands états européens, accumulent beaucoup de périls et elle n’a été qu’une grande illusion. La politique européenne n’a donné aucun faits. Elle n’a été que des mots, des ombres et des semblants de remèdes. Cette politique n’a apporté que des faux-semblants, des aggravations de maux. Elle est restée inoffensive contre les vrais périls. Il n’y a eut aucune entente politique ou économique concernant l’avenir de l’Europe. Elle vit au jour le jour, passant de la méfiance à la mégalomanie. Tout ce que cette politique a entrainé, c’est de multiplier les rivalités européennes. En effet , la politique européenne a poussé les pays à augmenter massivement son armement. Les nations sont entrées en rivalité constante et croissante, «  elle ajoute à la folie de la paix armée, la folie de la politique mondiale ! »

Guillaume Chevalier

Le prix Nobel décerné à Paul d’Estournelles de Constant.

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C’est un vendredi à Stockholm, lors d’une séance solennelle, que les prix Nobel ont été décernés par des Académies suédoises.

Le prix Nobel de la paix à été décerné à M. d’Estournelles de Constant, sénateur de la Sarthe, qui le partagea avec M. Auguste Beernaert, ancien président du conseil de Belgique. Ils reçurent 270 000 francs.

La nouvelle lui à été communiqué par téléphone un vendredi soir à l’issue de la séance du Sénat. La Chronique locale et Régionale a interviewé M. d’Estournelles à la suite cette annonce . Il à déclaré qu’il était heureux, même très heureux pour lui et surtout pour ces collègues du parlement qui, depuis la création du groupe de l’arbitrage l’ont soutenu. Selon lui le dévouement de ces collègues est ainsi récompensé, et il s’en réjoui beaucoup car ce prix accordé à l’arbitrage le réconforte, surtout quand il pense à tous ceux qui ce sont moqués d’eux et qui les ont caricaturés… De plus il ajoute qu’il est fier de partager le prix Nobel avec M.Beernaert qu’il nomme comme étant quelqu’un de « convaincu » .

La chronique ajoute que les Sarthois sont fiers de voir ainsi combien M.d’Estournelles est apprécié et considéré au delà des frontières françaises. Ils lui adressent de même que la chronique locale leurs plus chaleureuses salutations.

Ici en photo en photo M.Beernaert et M. d’Estournelles de Constant.Paul Estournelles de constant

M.Beernaert

D’après la Chronique locale et régionale.

Paul d’Estournelles de Constant.

Le baron : version "People", Presse, Sources 0 commentaire »

    Estournelles de Constant ( 1852-1924) est né à la Fleche. Descendant et héritier de Benjamin Constant, il fut une grande figure de la France. Son oeuvre essentiellement consacrée à la paix entre les nations et les peuples fut récompensée en 1909 par le prix nobel de la paix. A la fois député puis sénateur de la Sarthe il a eu de nombreux rôles dans la politique étrangère française ( Il fut Directeur des Consulats ; secrétaire d’Ambassade ; Sous-directeur adjoint au ministère des affaires étrangères ; etc ). Paul d’Estournelles de Constant pensait « que l’ignorance est responsable des incompréhensions entre les Hommes et les nations ». Il favorise donc les « transactions amiables » et cherche des terrains d’entente pour éviter d’en venir à la force.
    Estournelles de Constant était aussi un artiste. Autodidacte il appris lui même à peindre et dessiner. Il réalisa de très belles aquarelles ( notamment une vue d’Antivarie, ville albanaise qu’il visita ).
Il était aussi un très bon écrivain, son oeuvre littéraire fut aussi principalement consacrée a la paix. La plupart des ses écrits ont été publiés dans « Le journal Fléchois »

Source : Journal La vie Mancelle  Mars 1970 n°103. Article de André Fertré « Paul d’Estournelles de Constant »

Que deviendra en france l’enseignement de la langue allemande?

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Réponse de M. d’ESTOURNELLES DE CONSTANT, sénateur de la Sarthe :

Supprimer l’enseignement de la langue allemande, après la guerre, est un beau projet, aussi intelligent que celui qui consiste à supprimer l’Allemagne elle-¨même.

A supposer, comme je l’espère, que le militarisme allemand soit écrasé, après la guerre, il ne restera pas moins un peuple qui conservera sa langue et ses besoins d’expansion.

Tout bon patriote fraçais devra s’attacher d’autant plus à bien connaître ce peuple, que, par sa folle et criminelle ambition, il aura fait courir de plus graves dangers à ses voisins. J’ai toujours été hostile à la politique de l’ignorance internationale, et ce ,’est pas la guerre actuelle qui me fera changer d’avis.

Enquête lancée et publiée par le journal « La Renaissance », 13/11/1915

Cette enquête lancée et publiée par le journal « La Renaissance », montre bien l’ouverture d’esprit et la tolérance du baron, cet homme qui fut le champion de la conciliation internationale, alors que la paix en Europe était menacée par les impérialismes rivaux. Cette activité lui valut en 1909 le prix Nobel de la paix.