Veille de vacances!
1 juillet 2009 En famille, morceaux choisis, vidéo 6 commentaires
Un cahier à feuilleter en hommage à Jacques Prévert
Et vous…qu’allez-vous faire en sortant de l’Ă©cole??
Tags : Jacques Prévert, Vacances
Un cahier à feuilleter en hommage à Jacques Prévert
Et vous…qu’allez-vous faire en sortant de l’Ă©cole??
Tags : Jacques PrĂ©vert, VacancesA l’heure des choix d’orientation, des conseils de classe et des diplĂ´mes Ă valider, il est bon de lire et relire certaines paroles. Des paroles d’Ă©ducateurs, de pĂ©dagogues, de philosophes, mais avant tout des paroles d’hommes. C’est lĂ l’essentiel.
“Si l’Ă©cole est un lieu oĂą l’homme est aimĂ© pour lui-mĂŞme, dès ses commencements, il faut que les Ă©ducateurs soient eux mĂŞme au large de leur propre humanitĂ© pour Ă©veiller le goĂ»t du large. En effet, si l’Ă©cole est un service prĂ©fĂ©rentiel de l’homme, sa mission ne peut pas se rĂ©duire Ă la seule exĂ©cution d’un programme de conformitĂ© sociale ou d’efficacitĂ© Ă©conomique. Elle a bien Ă©videmment des responsabilitĂ©s Ă©conomiques et sociales dĂ©cisives, et il est vital pour des jeunes de pouvoir envisager des Ă©tudes comme ce qui les prĂ©pare effectivement et efficacement Ă vivre leur vie d’adultes: leur avenir est une chose sĂ©rieuse, ils n’ont que faire d’Ă©rudition vaine et de dilettantisme intellectuel. Mais c’est normal aussi qu’un professeur ou un Ă©ducateur soient toujours un peu dĂ©munis quand on leur demande:” A quoi ça sert les PensĂ©es de Pascal? A quoi ça sert un poème?” A quoi servent les semences? Seul le fruit rĂ©pondra, longtemps après…Pour qu’un homme puisse appareiller vers son humanitĂ© tout entière, il faut entrouvrir une porte vers l’intĂ©rioritĂ© et la gratuitĂ©, qui prĂ©serve le rapport de la conscience Ă la vĂ©ritĂ© et prĂ©pare son rapport Ă l’absolu.”
Marguerite LENA
“Éduquer c’est, prĂ©cisĂ©ment promouvoir l’humain et construire l’humanitĂ©…et cela dans les deux sens du terme, indissociablement: l’humanitĂ© en chacun de nous comme accession Ă ce que l’homme a Ă©laborĂ© de plus humain et l’humanitĂ© entre nous tous comme communautĂ© oĂą se partage l’ensemble de ce qui nous rend plus humain. C’est pourquoi dĂ©cider ou mĂŞme accepter de priver dĂ©libĂ©rĂ©ment, ne serait-ce qu’un seul individu de la possibilitĂ© d’accĂ©der aux formes les plus Ă©levĂ©es du langage technique et artistique, Ă l’Ă©motion poĂ©tique, Ă l’intelligence des modèles scientifiques, aux enjeux de notre histoire et aux grands systèmes philosophiques, c’est l’exclure du cercle de l’humanitĂ©, c’est s’exclure soi-mĂŞme de ce cercle. C’est, en rĂ©alitĂ©, briser le cercle lui-mĂŞme et compromettre la promotion de l’humain.”
Philippe MEIRIEU
” On ne naĂ®t pas homme, on le devient.” ERASME
Tags : éducation
Un lundi très spécial, une journée pas tout à fait comme les autres.
Hier, je me suis pĂ©niblement endormie 25 ans en arrière…nuit agitĂ©e oĂą Rousseau, Condorcet et Molière ont visitĂ© mes rĂŞves. Et ce matin, je me rĂ©veille 25 ans plus tard; mon ainĂ© de fiston passe son bac. Épreuves anticipĂ©es de français…
Mais ce matin, c’est aussi la petite dernière qui expĂ©rimente pour la première fois les joies et les peines de la sĂ©paration. Embrassades embrumĂ©es au bout du quai numĂ©ro 8…Bon voyage ma fille! Tu verras, tout ira bien…N’oublie pas tes pastilles pour le car…
Ce matin, c’est Ă©galement pour le troisième, le dernier jour de classe. Demain, grand conseil pour les 5èmes…Quelques heures pour entĂ©riner une annĂ©e de labeur…Bon, mon grand essaie aujourd’hui de laisser derrière toi le meilleur de toi-mĂŞme…Ni retard, ni reproche, ni bavardage…Allez, je suis certaine que tu en es capable!
Aujourd’hui, dĂ©cidĂ©ment, un jour pas comme les autres. Mon second (oui y’en a 4 en tout!) expatriĂ© en Irlande pour quelques semaines de mise Ă niveau, attend avec un espoir teintĂ© d’angoisse -Ă moins que ce ne soit une angoisse teintĂ©e d’espoir- que la sonnerie de son tĂ©lĂ©phone lui livre enfin les nouvelles clĂ©s de son avenir…Quel lycĂ©e, quelle section?
Et moi dans tout ça? Quoi de neuf maĂ®tresse? Et bien de mon cĂ´tĂ©, un jour très spĂ©cial aussi…comme s’il n’Ă©tait dĂ©jĂ pas assez spĂ©cial…Oui, la petite maĂ®tresse aujourd’hui va bien en classe, comme tous les jours, mais aujourd’hui, les Ă©lèves seront un peu diffĂ©rents. Aujourd’hui, ses Ă©lèves seront de possibles prochains collègues. Oui, ce lundi, je vais Ă©prouver pour la première fois l’honneur d’intervenir auprès d’Ă©tudiants dĂ©jĂ confirmĂ©s…futurs professeurs des Ă©coles.
VoilĂ , un lundi…comme une tranche de vie…
Bonne journée à tous!

Je te cherchais depuis longtemps
tu m’as laissĂ© en t’en allant
un grand paquet de mots d’amour
et ce silence encore si lourd
le souvenir de ces chimères
que tu fuyais pendant la guerre.
Les bateaux, les trains, les camions
les quais de gare et les wagons
la frayeur de ces années noires
je la lisais dans ton regard
avec l’horreur, le dĂ©sespoir
et le travail obligatoire.
Peut-ĂŞtre un jour si tu m’attends
on parlera de tout ce temps
qu’on a perdu sans rien se dire
ne pas savoir se sourire.
Quand je sentais venir la fin
je me revois tenir ta main
et te parler pendant des heures
en regardant battre ton cœur.
A ta façon, tu nous aimais
mais tous les mots qu’on attendait
restaient enfouis bien trop profond
en souffrance dans leur prison.
De la haut, si tu nous entends
reviens vers nous de temps en temps!
As-tu enfin trouvé la paix?
Et le repos lĂ oĂą tu es?
J’avais tout juste 50 ans
tu m’as lĂ©guĂ© en t’en allant
ce regard triste et douloureux
un portrait d’enfant malheureux
qui n’a pas pu trouver sa place
enfermé dans sa carapace
et sur qui les fées ni les dieux
n’ont jamais dĂ» poser les yeux.
Après avoir tant bien que mal
grandit Ă l’ombre d’une Ă©toile
sans pour autant trouvé le nord
il t’a fallu partir encore
marcher de nuit Ă travers champ
mais dans tes lettres avec le temps
de ces souffrances et de ces peurs
il ne reste que le meilleur.
hum…
A ta façon, tu nous aimais
mais tous les mots qu’on attendait
restaient enfouis bien trop profond
en souffrance dans leur prison.
De lĂ haut, si tu nous entends
reviens vers nous de temps en temps
as-tu enfin trouvé la paix?
et le repos lĂ oĂą tu es?
Toi mon père que j’aimais tant
je te cherchais depuis longtemps
mais tu voyages désormais
près de moi bien plus que jamais.
Repose en paix dans nos mémoires
le plus tendre de notre histoire
se sont les mots qu’on a pas dit
c’est Ă toi que je les dĂ©die.
Album Sans attendre
Tags : Hommage, Lettre, Père, Yves DuteilAh le terrible mois de juin…le perfide mois de juin…On se dit, ça y est, l’Ă©tĂ© est lĂ , on va pouvoir doucement se laisser vivre au rythme des cigales…Le ciel en tĂ©moigne, l’heure est Ă la nonchalance, les oiseaux le matin le crient par dessus les toits, le temps des cerises est arrivĂ©!
Ah le cruel mois de juin…l’hypocrite mois de juin…depuis des mois il nous berce de promesses, nous chante les vertus d’un repos bien mĂ©ritĂ©…Et lorsque l’horizon tant attendu semble Ă portĂ©e de main, toujours il recule et jamais ne nous laisse approcher; les jours passent et le temps disponible, lui, semble se dĂ©filer au fil des jours!
Ah le subtil mois de juin…voyez comme il est juste et gĂ©nĂ©reux…Qu’on soit parent, qu’on soit prof, qu’on soit Ă©lève, nul n’est Ă©pargnĂ©; oui, le mois de juin a cela de juste et bon qu’il n’oublie personne et chante Ă chacun le mĂŞme refrain, la mĂŞme rengaine, le mĂŞme couplet…

Ho…hisse, allez on rame, encore, plus fort, plus vite, plus loin!!
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
Les mains dans les mains restons face Ă face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des Ă©ternels regards l’onde si lasse
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’EspĂ©rance est violente
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passait
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
“Le Pont Mirabeau”
Apollinaire, Alcools (1912)
Tags : Guillaume Appolinaire, Paris, Poésie
Du bagage hĂ©rĂ©ditaire aux expĂ©riences alimentaires…
Le plaisir alimentaire s’apprend, se cultive et s’enrichit…
La vue donne du goût aux aliments!
Le trajet multi-sensoriel des aliments…
Merci Nathalie pour toutes ces informations et tous ces conseils…Maintenant, Ă nous de jouer!
Et si nous profitions de l’Ă©tĂ© et des vacances pour pratiquer l’hĂ©donisme alimentaire…
Mmm, il n’est pas encore midi, mais moi, ça m’a donnĂ© envie d’aller faire mon p’tit marchĂ©!
BON APPETIT!
Tags : "Classes du goût", Aliments, Les 5 sens
D’après Laurent De La HYRE
1642
Copie estampillée 1992
“Vierge Ă l’enfant”
Musée du Louvre
…

« Et dans un tableau je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je ne sais quoi d’Ă©ternel »
Van GOGH
1888
“Portrait de la mère de l’artiste”
Collection privée
…

Mary CASSATT
1902
“Jeune mère cousant”
Métropolitain Muséum of Art
New York
…
Tags : Arts, Fête, Mère, Portrait
A tous ceux qui sont partis un jour
et qu’on n’a jamais revus.
A tous ceux qui attendent toujours
l’adieu qu’ils n’ont jamais reçu
un adieu
comme la promesse d’un Ă©ternel retour.
Tags : Accident, Avion, Hommage
Les Espoirs de Coronthie
Ă dĂ©couvrir…
Profitez-en, en tournée mondiale, ils seront à Paris le Vendredi 2 juin pour un concert unique!
En cliquant sur la photo, vous pourrez savourer quelques-unes de leurs mélodies!
Parmi mes prĂ©fĂ©rĂ©es…”Babadi” et “soulier”
Et pour en savoir plus sur le concert, rendez-vous sur…
Tags : Concert, MusiqueComme si on y était!
La fĂŞte de la musique approche, il est grand temps de se chauffer la voix!
Tags : Chant, MusiqueUn petit retour en arrière. C’Ă©tait Ă Roubaix, c’Ă©tait beau, c’Ă©tait chouette!
Roubaix 2009 au forum de l’innovation Ă©ducative, vous vous souvenez?
Monique, douée pour le bonheur
Voici son projet, grand vainqueur
Aujourd’hui plus que jamais Ă l’honneur!
Lutter contre l’exclusion c’est lutter contre la violence
Placer le jeune en situation de passeur, c’est lui accorder un vrai statut dans la sociĂ©tĂ©.
Combiner savoir-faire et savoir-ĂŞtre c’est parier sur la solidaritĂ© rĂ©ciproque et le respect mutuel.
Les rencontres inter-générationnelles sont toujours très enrichissantes, à la fois pour les jeunes et pour les anciens. Ici, dans le quartier de Recouvrance à Brest, les jeunes viennent initier les seniors aux « joies et douleurs » de l’informatique.
VoilĂ un exemple de mesure pĂ©dagogique et Ă©ducative. Une question me brĂ»le les lèvres…Nous Ă©tions 100 enseignants lors de ce forum sur l’innovation pĂ©dagogique. Par manque de place, d’autres inscrits n’ont pu participer. Nous y avons entendu et vu tant de projets qui fonctionnent, tant d’idĂ©es Ă partager.
POURQUOI le gouvernement ne s’y est-il donc pas manifestĂ©?
POURQUOI les politiques ont-ils tant peur de l’innovation Ă©ducative?
POURQUOI les mĂ©dias n’ont-ils pas jouĂ© leur rĂ´le de tĂ©moins et de transmetteurs d’informations?
POURQUOI toujours choisir d’Ă©taler au grand jour les affres de la sociĂ©tĂ© et de cacher au grand public ce qui se fait au quotidien?
Tant d’Ă©nergie dĂ©ployĂ©e Ă dĂ©crire le pire…
POURQUOI?
Si peu de respect pour ceux qui, sur le terrain, travaillent Ă Ă©viter ce pire…
POURQUOI??
Un sujet sur les 100 plus grosses fortunes du monde, ça c’est intĂ©ressant!
Un reportage sur les 100 coups de couteau de l’homme de Londres, ça c’est passionnant!
Une Ă©mission consacrĂ©e aux 100 premiers jours de PrĂ©sident, ça c’est palpitant!
Mais franchement, relayer les expĂ©rimentations de 100 enseignants innovants…c’est perdre son temps…et le temps…c’est de l’argent!
Enfin surtout, ce serait prendre le risque de s’exprimer Ă contre-courant…
Et ça…c’est pas du tout dans l’air du temps!
Tags : Classe relais, Exclusion, Internet, MĂ©diation Ă©ducative, Roubaix, sociĂ©tĂ©, ViolenceTraiter la violence comme un symptĂ´me plutĂ´t qu’une cause,
sonder le fond du problème autant que colmater des brèches,
considĂ©rer les jeunes comme des rĂ©vĂ©lateurs plutĂ´t que des catalyseurs…
Trois principes essentiels qui permettraient d’entamer un travail en profondeur. Le vrai gĂ©nĂ©rateur de violence est ailleurs, au cĹ“ur et en amont de la sociĂ©tĂ© toute entière et du système scolaire en particulier. C’est avant tout ce système qu’il parait urgent de remettre Ă plat. Pour cela, il faut du courage et de la volontĂ© politique, professionnelle, citoyenne. Le gouvernement seul n’y parviendra pas, les enseignants seuls n’y parviendront pas les familles seules n’y parviendront pas, la rĂ©pression seule n’y parviendra pas…
Mais alors par oĂą commencer?
Ayant beaucoup entendu parler du primaire, du lycĂ©e et de l’enseignement supĂ©rieur cette annĂ©e, et si nous Ă©voquions un peu le Collège ce matin…Voici quelques rĂ©flexions gĂ©nĂ©rales que je mettrais volontiers au cĹ“ur d’un projet de rĂ©forme si j’Ă©tais conviĂ©e Ă y rĂ©flĂ©chir…
1/ Concevoir l’enseignement au Collège comme un acte pĂ©dagogique:
- Injecter de la pédagogie dans la formation initiale des enseignants
- Favoriser la polyvalence disciplinaire
- Renforcer la formation continue
Impact sur la violence?
Davantage de connexions entre les disciplines et de cohĂ©sion dans les apprentissages permettent de rĂ©duire l’Ă©cart entre le savoir et l’Ă©lève. En le rendant plus concret il devient plus accessible. Si le savoir-savant est transformĂ© en savoir mobilisable et disponible, la projection redevient possible, le sentiment d’exclusion intellectuelle et culturelle diminue, la colère diminue, la violence diminue.
Le savoir, mĂ©diateur Ă©ducatif et prĂ©texte aux mises en relations, un premier pas vers l’apaisement…
2/ Concevoir l’enseignement comme un acte collĂ©gial:
- Repenser la mobilitĂ© professionnelle et le système de mutation Ă l’anciennetĂ©.
- Nommer des coordonnateurs pédagogiques externes aux établissements.
- Alléger les mégalopoles scolaires.
Impact sur la violence?
En consolidant l’Ă©quilibrage des Ă©quipes Ă©ducatives, en stimulant la mise en place et le suivi des projets pĂ©dagogiques, en travaillant au sein de groupes humains Ă taille humaine, on pĂ©rennise les efforts, on renforce le statut des adultes aux yeux des Ă©lèves, on gagne en lĂ©gitimitĂ© et en force d’action. Plus les Ă©lèves sentiront une cohĂ©sion forte entre les adultes, moins ils auront d’occasion de s’engouffrer dans les failles du système.
La cohĂ©rence, mĂ©diatrice Ă©ducative et architecte du cadre scolaire, un deuxième pas vers l’apaisement…
3/ DĂ©velopper l’idĂ©e du partenariat dans l’acte Ă©ducatif
- Intégrer les familles les plus isolées
- Mettre en place des jumelages entre établissements
- Développer des réseaux associatifs via les collectivités locales
Impact sur la violence?
Parier sur la complĂ©mentaritĂ© des compĂ©tences et associer les diffĂ©rents acteurs de la sociĂ©tĂ© gĂ©nèrent du lien, du sens, de la solidaritĂ©, du respect. A l’Ă©cole, dans la rue, ou bien Ă la maison, quand les jeunes sentent qu’une mĂŞme volontĂ© s’exerce et que chacun est reconnu comme un des maillons de la chaine Ă©ducative, ils sont moins sujets Ă la dĂ©rive, Ă l’absentĂ©isme, Ă l’exclusion.
La co-Ă©ducation, partenaire officielle de la mĂ©diation Ă©ducative, un troisième pas vers l’apaisement…
VoilĂ donc en guise d’introduction et pour inaugurer cette sĂ©rie d’articles sur la violence scolaire. Pas de mesures miracles, mais l’Ă©bauche d’une rĂ©flexion gĂ©nĂ©rale aujourd’hui urgente et incontournable si l’on souhaite entamer un vĂ©ritable travail sur le moyen et le long terme.
Évidemment, en attendant que tout cela se mette en place, il conviendra de penser des modalités plus immédiates et concrètes pour éviter que les actes de violence se répètent et protéger élèves et enseignants.
4 exemples pour terminer ce billet et illustrer chacune des parties:
1/ Mettre en place des projets pluridisciplinaires centrĂ©s sur un travail de recherche collaboratif et des rĂ©alisations concrètes. Par exemple, en 3ème, en histoire en abordant la RĂ©sistance, faire intervenir les derniers tĂ©moins, transfĂ©rer les apprentissages Ă la prise d’engagements rĂ©els: aider les Ă©lèves Ă collecter des fonds pour permettre Ă certaines colonies indiennes de racheter des parcelles de territoires. Un travail de mĂ©moire, un travail sur les valeurs humaines, un travail dans l’action, un travail pour la survie de l’espèce et de la planète. DÉJĂ€ VU et donc TRANSFÉRABLE.
2/ Cesser de placer systĂ©matiquement nos jeunes collègues Ă des postes dont personne ne veut car trop exposĂ©s. Le privilège de l’anciennetĂ© rĂ©serve aux moins affutĂ©s les postes les plus complexes! Quelle incohĂ©rence et quelle violence! Violence infligĂ©e au enseignants et dont les jeunes s’emparent intuitivement. Lutte des territoires…c’est tellement Ă©vident qu’on a du mal Ă comprendre que ce système fonctionne encore! TROP SOUVENT VU et pourtant INACCEPTABLE!
3/ Motiver des associations d’Ă©tudiants dans les quartiers pour accompagner et soutenir l’aide au devoir ou l’entraide au quotidien. Voir le site de l’AFEV. Favoriser les Ă©changes inter-gĂ©nĂ©rationnels. DÉJĂ€ VU et donc TRANSFÉRABLE.
4/ Et pour commencer, transfĂ©rer le budget prĂ©vu pour l’installation d’un portique de sĂ©curitĂ© Ă celui du recrutement immĂ©diat de personnel d’encadrement Ă©ducatif. Surveillant, assistant social ou conseiller principal d’Ă©ducation. Voir les 3!
Ce sera tout pour aujourd’hui…
D’autres articles parus sur BLOG BLEU PRIMAIRE en lien le mĂŞme thème
Tags : éducation, Collège, Médiation éducative, Pédagogie, Politique, Réforme, société, Violence
Ce matin, un billet en rĂ©ponse Ă la question d’un internaute…Voir les commentaires de l’article du 25 mai “La violence sans tabou”.
Votre intervention, David, est je l’avoue très Ă propos. Effectivement, après avoir rĂ©digĂ© l’article prĂ©cĂ©dent, j’ai voyez-vous mis quelques minutes avant de cliquer sur la touche “valider”…oui, non, oui, non…SI !
Blog pĂ©dagogique ou politique ? Telle est donc votre question. Voici donc ma rĂ©flexion…
En regardant les « tags » dans le menu latéral de droite, il me semble que l’on peut aisément saisir le profil du blog: éducation, pédagogie et société sont les 3 domaines de recherches et d’expression que je privilégie depuis l’ouverture de BLOG BLEU PRIMAIRE.
Ce blog est avant tout une plateforme d’Ă©change et de dialogue autour de l’activitĂ© et la rĂ©flexion Ă©ducatives et scolaires. D’autres blogs ont choisi d’autres positionnements notamment plus politiques. A chacun selon ses compĂ©tences et ses appĂ©tences. Si j’aime m’y promener et souvent m’y exprimer pour y affuter ma rĂ©flexion personnelle, j’ai pour ma part choisi ici une autre “ligne Ă©ditoriale” car pour ĂŞtre très honnĂŞte avec vous, je ne sais pas encore très bien “qui je suis politiquement”…Ce qui ne m’empĂŞche pas d’avoir une conscience citoyenne forte et des valeurs Ă©ducatives Ă exprimer. Comme chacun du reste.
De gauche ou de droite ? Peu importe, je ne fais pas campagne, je m’exprime en mon âme et conscience. DĂ©routant pour certains sans doute dans une blogosphère et une sociĂ©tĂ© oĂą l’étiquette et le slogan ont remplacĂ© l’identitĂ©, oĂą le happening et le scoop ont dĂ©trĂ´nĂ© la rĂ©flexion et l’introspection. ÉlevĂ©s selon des schĂ©mas catĂ©gorisĂ©s “Gauche/Droite”, on en oublierait presque le droit Ă la pensĂ©e autonome, mouvante, inclassable.
Je prends ce risque David, celui de la dĂ©rive possible. Oui, j’assume cet inconfort si tel est aujourd’hui le prix de ma libertĂ© identitaire.
Souvent je me pose cette question: qui es-tu lorsque tu dis ceci ou cela? L’enseignante, la mère, la citoyenne, l’ancienne Ă©lève, la fonctionnaire?
Cela pose le problème de l’identitĂ© privĂ©e et publique, de la posture institutionnelle et du devoir de rĂ©serve ; et croyez-moi je rĂ©flĂ©chis Ă cette question ! Elle est essentielle lorsqu’on Ă©crit. Quelle place faire Ă la libertĂ© d’expression personnelle au regard d’un engagement collectif? OĂą se trouve la frontière entre la parole professionnelle et celle plus personnelle ?
![]()
« Tu n’es ni politique, ni journaliste » me faisait remarquer très justement un ami et collègue.
Professeur des écoles, membre de l’éducation nationale, je ne dois pas oublier cette composante là , c’est une question de respect institutionnel. Pour autant, ce respect entraîne-t-il de facto l’acceptation passive ? Je ne le pense pas. Le respect s’accompagne d’esprit critique et de vigilance autant que de bienveillance et d’obéissance. Ou alors il ne s’agit plus de respect mais de soumission…C’est également ce que j’apprends à mes enfants et à mes élèves.
Je ne suis pas Ă la recherche de sujets mĂ©diatiques ou politiques mais il se trouve que se sont eux qui parfois s’immiscent si violemment dans nos vies qu’il est très difficile et parfois impossible de rester silencieuse et obĂ©issante derrière son bureau, cachĂ©e consciencieusement derrière son paquet de copies ou assise confortablement dans son canapé…
Alors oui, quand j’entends que des chiens policiers déboulent dans des classes, que des enfants de 6 et 10 ans sont arrêtés à la sortie de l’école, que des fouilles de cartables vont être instaurées, que des portiques, des caméras, des gardes mobiles, des…..STOP !!
Oui, David, quand j’entends cela, quand je vois cela, toute professionnelle et bourgeoise que je puisse ĂŞtre, il m’est impossible de rester muette, sagement obĂ©issante, politiquement dĂ©cente. Ce n’est pas qu’une question de parole politique, c’est une question de responsabilitĂ© et d’éthique. Éthique professionnelle, personnelle, citoyenne…oserais-je dire simplement humaine. Cette parole lĂ serait-elle rĂ©servĂ©e Ă la gauche Ă la droite, Ă la seule parole politique?…
Il me semble, pour finir, que votre intervention David dépasse largement la question du positionnement de mon blog, elle soulève celle, bien plus large, de la démocratisation et de l’impact de la prise de parole jusqu’alors réservée aux seuls responsables politiques. Via Internet, les lignes et les cadres se sont déplacés.
Qui parle Ă qui et au nom de qui et de quoi?

…Je n’ai pas de rĂ©ponse toute faite Ă la question que vous soulevez…J’espère nĂ©anmoins avoir Ă©tĂ© honnĂŞte Ă dĂ©faut d’ĂŞtre claire!
Autorité, légalité, efficacité, telle sera bientôt la belle devise sécuritaire qui brillera en lettres rouge sang sur les façades grillagées de nos écoles, pardon de nos centres de redressement.
Re-sanctuariser nos Ă©coles ne suffirait mĂŞme plus, l’heure serait Ă la “carcĂ©ralisation”…
En effet, Ă en croire les dernières dĂ©clarations ministĂ©rielles, les reprises mĂ©diatiques et les postures politiques, parler aujourd’hui sans tabou de la violence Ă l’Ă©cole, c’est un peu comme parler sans tabou de la violence dans les prisons; c’est Ă©voquer tout naturellement la mise en place de mesures policières, judiciaires voire pĂ©nitentiaires au sein mĂŞme des Ă©tablissements; c’est instaurer des gardes Ă vue intempestives qu’on ait 6 ans, qu’on en ait 15, qu’on soit mineur, qu’on soit majeur…
L’heure est grave chers concitoyens…Rien ne doit ĂŞtre Ă©cartĂ©, tout doit ĂŞtre envisagĂ©…Tout et sans tabou…
Oui, Ă©voquer sans tabou la violence Ă l’Ă©cole, c’est accepter aujourd’hui l’idĂ©e qu’aucune rĂ©flexion ne soit encore menĂ©e en profondeur, qu’aucune mĂ©diation Ă©ducative ne soit encore possible, qu’aucune stratĂ©gie humaine ne soit encore envisageable, et qu’il existerait des quartiers et des Ă©coles entières d’oĂą la libertĂ©, l’Ă©galitĂ© et la fraternitĂ© se seraient Ă©chappĂ©es…Rattrapez-les! La première s’est fait la belle en vĂ©lo, la seconde en trottinette et la troisième court toujours derrière! Rattrapez-les, enfermez-les, punissez-les! Que ces trois-lĂ , une fois pour toute apprennent le mot respect!
Ainsi donc traiter sans tabou la violence Ă l’Ă©cole signifierait tout simplement la lĂ©galisation des fouilles de cartables, l’installation de camĂ©ras et de gardes mobiles, la crĂ©ation de portiques de sĂ©curitĂ©, la trans-mutation des directeurs en brigadiers et celles des brigadiers en personnels rĂ©-Ă©ducatifs, sans oublier la mobilisation d’une armada de chiens policiers spĂ©cialisĂ©s en pĂ©dagogie canine…ouf, un peu de pĂ©dagogie tout de mĂŞme…
Oui, lutter sans tabou contre la violence scolaire revient enfin Ă cibler l’action sur le seul et unique recours Ă la rĂ©pression, la contrainte, l’intimidation, la force, la peur. N’ayez crainte, chers amis, on les aura, et on leur fera la peau… sans tabou…sans honte et sans reproche. Enfin s’en prendre Ă la violence scolaire est devenu une prioritĂ© nationale! Nous voilĂ rassurĂ©s! Nous voilĂ dans l’action, le concret, sauvĂ©s!
Nous y sommes donc, le dossier de la violence scolaire est enfin ouvert et rien ni personne ne pourra plus empĂŞcher les autoritĂ©s judiciaires de l’instruire, les autoritĂ©s policières de veiller Ă sa bonne application, et les autoritĂ©s militaires ou para-militaires d’officier intramuros en tout lĂ©gitimitĂ© pour y faire rĂ©gner la Loi.
AutoritĂ©, lĂ©galitĂ©, efficacitĂ©…que la formule est rassurante, sĂ©curisante, sĂ©duisante!
Le hall d’entrĂ©e? rebaptisĂ© sas anti-gang.
La cour d’accueil? transformĂ©e en espace militarisĂ©.
Le trottoir…nettoyĂ©, karchĂ©risĂ©.
On n’a plus le choix, Ă©radiquer la ghettoĂŻsation passe par la stigmatisation et la sanction. A la violence il faut rĂ©pondre par la violence, Ă l’expression de la souffrance il faut prĂ©fĂ©rer celle de la dĂ©magogie infanticide.
Œil pour œil, dent pour dent!
Chers petits Ă©lecteurs, n’ayez plus peur, Paparcos s’occupe de vous, veille sur tout…J’ai dit Ă©lecteurs? Veuillez excuser cette erreur, mon clavier s’est emballĂ© sous la terreur.
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Pour en savoir plus, cesser la gesticulation et entrer dans la rĂ©flexion et l’action Ă©ducatives…
- Un petit rappel des faits récents sur le blog de Luc Cédelle, journaliste éducation au Monde
- Un dossier très fourni sur la violence en milieu scolaire sur le site de Jacques NIMIER
- Les pistes pĂ©dagogiques d’Eveline Charmeux sur le blog de l’amie scolaire
- L’histoire de Clisthène, un collège de Bordeaux Ă suivre de près grâce aux Cahiers pĂ©dagogiques
- Un entretien avec Eric Debardieux
Tags : Politique, Violence