Pédagogie et pratique de classe

La classe, Parole d'instit', débat 30 commentaires

Ce matin, un article en forme de réponse au commentaire de JMD.

Constructivisme CONTRE behaviorisme

Cognitivisme CONTRE comportementalisme…

2 conceptions différentes de l’apprentissage ?

Découverte des principes CONTRE élaboration de l’association stimuli-réponse ?

Compréhension du concept CONTRE application du mécanisme ?

Construction de la représentation par paliers CONTRE pédagogie de la maîtrise ?

Approche abstraite de l’idée par la conceptualisation CONTRE entraînements systématiques à une règle donnée ?

Je ne vais pas ressortir ici tous mes cours de pédagogie et de sciences du comportement…Pavlof, Skinner, Piaget, Bachelard et d’autres compagnons d’infortune…

Aujourd’hui, je suis “Prof Dézécolle” et je réponds non à un grand oral de mathématiques supérieures, ni à des théoriciens en didactique des sciences. Je suis institi’ et je tente d’amener un maximum de mes élèves vers quelque chose qui ressemble à la compréhension du monde. Et dans le cadre de ma classe, je suis très opportuniste !               

Je n’ai jamais eu à choisir entre l’une ou l’autre de ces conceptions, je ne m’impose pas de choix pédagogiques qui excluraient l’une ou l’autre démarche. La question sur le terrain, au quotidien, ne se pose pas ainsi, me semble-t-il. Ni pour moi, ni pour les nombreux collègues -pédagogues, profs, instits’ ou enseignants- (à chacun de choisir sa dénomination), aux côtés de qui je travaille depuis 17 ans.

Je suis en classe, je tente comprendre comment fonctionnent le cerveau de mes petits élèves. 32 cerveaux…Vous imaginez…Et bien je suis heureuse d’avoir été, en amont, un minimum initiée à la psychologie comportementale…32 cerveaux, 32 démarches intellectuelles, 32 stratégies d’apprentissage…

Mon principe à moi : Il n’y a pas de ligne droite en matière de compréhension. Un principe donc, un autre me direz-vous, oui, mais qui ouvre, in fine, à de multiples voies et d’innombrables recours.

Donc, pas de gourou ni de grand maître prophétique. Juste de nombreux scientifiques, pédagogues, didacticiens, théoriciens à qui je rends hommage car ils me permettent au jour le jour de m’adapter à mes élèves et non de me conformer à un courant de pensée unique et par là même totalitaire.

Je remercie Skinner et j’applaudis Piaget, je ne fais pas de ma pratique de classe une exploitation idéologique et  sectaire. Je me sers de Montessori, mais je ne suis pas Maria, j’utilise Decroly, mais je ne m’appelle pas Ovide, j’écoute Meirieu, mais mon prénom n’est pas Philippe, je lis Bentolila sans faire de l’Alanisme, etc.

Et je crois pouvoir conclure en reprenant les premières lignes de cet article et en transformant le CONTRE par le ET/OU

Et pour en revenir à nos moutons… résoudre un problème en mathématique (ici, en situation d’évaluation):

1/ Il faut savoir lire, c’est à dire comprendre de quoi il est question. (travail sur l’énoncé et les consignes)

2/ Il faut anticiper la réponse attendue. (émissions d’hypothèses en référence à des contenus déjà vus en classe)

3/ Il faut trouver le concept duquel elle dépend. (réinvestissement d’un savoir précis)

4/ Il faut appliquer la règle ou le théorème dans le bon sens et au bon endroit. (transfert du mécanisme)

5/ Il faut maîtriser l’outil et le mécanisme. ( automatisation et entraînements préliminaires)

6/ Il faut vérifier le résultat en fonction du petit 2/

7/ Bien souvent, il faut tout recommencer!

COURAGE les enfants, on finira par y arriver!

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (2 votes, moyenne: 5 sur 5)

Loading ... Chargement ...

Le 8 Mai 1945

cuture 9 commentaires

Pour une date historique, rien ne vaut une belle fiche chronologique

Pour un fait historique, rien ne vaut le blog d’un prof spécialisé en la matière! J’ai nommé, Jérôme Pick!

Un autre site riche, très riche…celui de Bruno Sentier.

Bonne journée!

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (2 votes, moyenne: 3 sur 5)

Loading ... Chargement ...

Le gai muguet de mai!

La classe en direct, cuture 8 commentaires

D’où vient

cette bien jolie tradition

       d’offrir                  

 un brin de muguet

 le premier Mai?

Il flottait un parfum léger hier en classe!

Navrée d’avoir dû vous quitter un peu rapidement…

Bon mercredi!

Bon we prolongé…

On se retrouve mardi prochain, et si vous y pensez, n’oubliez pas ma question du jour:

“Pourquoi le muguet?

Pourquoi le 1er Mai?”

Si quelqu’un peut les guider…laissez-leur une piste, un petit caillou blanc…

Merci pour eux!

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (3 votes, moyenne: 4 sur 5)

Loading ... Chargement ...

Lectures de vacances

débat, morceaux choisis 5 commentaires

Trois livres. Trois auteurs. Trois rencontres.

Trois lectures complémentaires car l’école est un espace pluriel qui se trouve à la croisée de bien des chemins!

Trois angles de vues différents. Un maître de conférence. Une psychologue clinicienne et psychothérapeute. Un sociologue et docteur en économie.

1/ Gérard  De vecchi: École: sens commun…ou bon sens? Éditions Delagrave. Lire le sommaire.

J’ai aimé:

p60: ” Qu’est-ce qui a baissé et qu’est-ce qui n’a pas baissé? Est-ce le niveau des élèves qui a changé…ou plutôt le rapport qu’entretient l’École avec la société?

Aujourd’hui l’augmentation des peurs et des frustrations débouche sur une forte demande d’exigences. Cela se comprend aisément mais n’autorise personne à affirmer n’importe quoi. N’oublions pas que ce ne sont pas les individus ou les associations criant le plus fort qui possèdent la vérité!”

p 281: “L’École est-elle faite pour l’administration et les enseignants…ou pour les élèves? Et comment se fait-il qu’elle ait pu ignorer à ce point les bases élémentaires de la psychologie?”

2/ Anne Charley-DebrayLa Psychologie de l’enfant Éditions Le Cavalier Bleu

J’ai aimé:

p10: Les journaux nous disent qu’il faut respecter nos chers bambins afin de préserver leur bonté naturelle, mais dans le même temps, certains affirment que si l’on ne sévit pas, nous allons en faire des pervers.

On apprend soudainement que tous les enfants seraient devenus hyperactifs-ce qui est statistiquement impossible! de même, les classes déborderaient de surdoués…”

p123:Les mutations de la société nous laissent à penser que l’enfant aussi a changé. Si on l’observe dans une perspective neuropsychologique, il n’en est rien. Certes il doit s’adapter aux mutations nouvelles de la famille et à un rythme de vie qui ne cesse de s’accélérer. Mais n’en a-t-il pas toujours été ainsi?”

3/ Éric Maurin: Le ghetto français, Enquête sur le séparatisme social Éditions Le Seuil

J’ai aimé:

p 25: “Plus encore que la ségrégation, c’est extraordinaire sélectivité de la mobilité résidentielle qui révèle le mieux l’anxiété des familles et l’importance quasi existentielle du lieu d’habitation.(…)La lenteur des évolutions du paysage urbain s’explique paradoxalement par l’implacable propension avec laquelle chacun, à chacune de ses mobilités, fuit ceux qui se situent immédiatement au-dessous de lui dans l’échelle supposée des réalisations, et cherchent la proximité rassurante de ceux immédiatement au-dessus.”

p 87: “Il n’y a là aucune fatalité.(…) Il est tout à fait possible d’évoluer vers une société où les trajectoires se définissent de façon moins irréversible à chaque étape de la scolarité et de la vie, une société où les échecs de chacun ne soient pas autant d’atteintes destructrices à l’estime de soi. Il est tout à fait possible d’évoluer vers une société plus fluide. Cela suppose des passerelles plus nombreuses et bien plus étroites, des allers et retours plus fréquents et naturels (…) Alors seulement, les familles pourront entretenir un rapport un peu moins anxieux à l’avenir, à la scolarité de leurs enfants et au territoire qui cristallise et révèle l’étendue des blocages.”

Bon, c’est vrai, la Normandie sous la pluie…ça incite à la lecture!

Voilà demain, après 2 semaines, je retrouve ma classe et mes élèves pour la dernière ligne droite. Dernière ligne toujours émouvante. Le dernier chapitre d’une histoire vécue à plusieurs, dans le rire et les larmes…

A vous!

Bloguez-nous vos dernières aventures livresques!

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (2 votes, moyenne: 3 sur 5)

Loading ... Chargement ...

ETRE un enfant. AVOIR 12 ans.

Mots bleus, en famille, morceaux choisis 5 commentaires

  Lettre d’un enfant de 12 ans à ses parents

“Chers parents,

Ne m’éduquez pas comme vos parents vous ont éduqués, car je suis différent de ce que vous étiez à l’époque.

Vous pouvez m’aider en réalisant que vous devez devenir mes parents. Qui ne m’ont pas seulement conçu, mais qui m’incluent dans leur vie en tant que partenaire… C’est cela mon désir, le même que j’éprouvais à vous rejoindre, bien longtemps avant que je sois né. J’étais alors guidé par la confiance ; maintenant, j’ai besoin de votre loyaute !

J’aimerais apprendre comment un homme peut aider un autre et ce que l’un signifie pour l’autre. Car je pressens maintenant quelle peut être la solitude de l’homme. J’aimerais apprendre comment les hommes peuvent vivre ensemble malgré leurs différences.

Je devine le côté visible de mon corps ; celui qu’on peut toucher et décrire cache une autre face de moi-même que j’aimerais percevoir.

J’espère que vous apprendrez à me parler de là où l’homme invisible a son origine et où brille son étoile.

J’exprime mes questions de manière bien imparfaite. J’éprouve de l’incertitude en essayant d’expliquer ce que je sens au fond de moi-même.

J’aimerais apprendre à vivre avec ce que vous appelez conflits, à les connaître sans éprouver de peur, je ne suis pas toujours à la recherche de réponses à mes questions, mais plutôt de l’intérêt que vous leur portez. Bien souvent vous répondez n’importe comment pour avoir la paix.

Écoutez-moi attentivement car ma question en cache une seconde. Il vous faut beaucoup de temps pour moi.

Les principes ne m’intéressent pas. Je pense qu’ils proviennent de l’inertie de l’habitude. Mais j’aimerais savoir comment l’on peut faire la même chose demain autrement qu’aujourd’hui, tout en gardant son identité. Vos vérités sont mes possibilités. Tout pourrait être différent et parfois je me pose la question de savoir si ce monde est mon monde et si vous êtes mes vrais parents. Donnez-moi la possibilité de me trouver en apprenant à pardonner et ne cessez pas de participer à ma recherche de ce qui est vraiment juste.

La tolérance dépourvue d’intérêt est une lâcheté. Ne vous faites pas une image de moi, mais ayez confiance en moi, comme j’ai eu confiance en vous.”

Quand je lis cela, j’ai 12 ans moi aussi…

Quand je lis cela, je mesure la formidable liberté de la jeunesse et je réalise pleinement sa nécessaire insolence.

ETRE un enfant et AVOIR 12 ans, ou 2, ou 6, ou 16, ce n’est pas juste être le fils et la fille de ses parents, ou le bon et mauvaise élève de son prof…

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (3 votes, moyenne: 3.67 sur 5)

Loading ... Chargement ...

En Mai, FAIS ce qu’il te plaît!

Parole d'instit', action, la parole aux parents 1 commentaire

Hier soir, petit dîner entre amis.

Sujet de discussion avec mon voisin de table, père de trois enfants, scolarisés en primaire et collège.

” Je suis venu à plusieurs reprises sur ton Blog; très convivial, agréable à lire, offrant des regards distancés, des approches variées et un état d’esprit énergique et positif…pour moi qui suis un vieux bougon a-social, je suis plutôt séduit.”

Wouaw, je n’en demandais pas tant…

“Mais alors, cher C.S.V…pourquoi n’interagis-tu pas? Pourquoi n’écris-tu pas tes commentaires? Pourquoi restes-tu silencieux derrière l’écran? Je t’entends souvent, comme de nombreux amis parents d’élèves, prendre la parole dans les salons, à propos de l’école, des enseignants, de ceci et de cela, de tout et de son contraire, alors…vas-y, dis, explique, exprime, tout haut et hors d’un champ strictement privé et réservé. Si on veut sortir d’un discours de salon, il faut que chacun prenne sa part de responsabilités!”

Réponse: “Le dialogue, j’y crois pas. On aura beau tergiverser sur toutes les problématiques du jour, il y a un moment où il faut bien AGIR

Très bien…Respectable attitude.

Sujet du jour donc:

“En Mai, je fais ce qu’il me plaît…”

FAIRE  AGIR  PARTICIPER  CONSTRUIRE  S’IMPLIQUER  CREER  ORGANISER  TRANSFORMER…

La maxime du mois comme une ritournelle printanière, est sur toutes les lèvres. Mai, le mois de tous les possibles, où tout est permis!

OK, alors, “fais, faites, faisons!”

Je suis parent, je suis prof, je suis élève…j’ai forcément quelque chose à faire!

Dans quelle action concrète m’impliquer?

A quelle sortie de classe participer?

Quel événement vais-je organiser?

Que puis-je encore transformer?

Avec qui construire un nouveau projet?

Voilà qui est dit et qui reste à FAIRE…

En ce début de printemps, et si nous choisissions, notre “FAIRE” du mois de mai?

Un “faire” au singulier, mais UN faire en ACTION

A Vous!

Échangeons nos “faire”, nos déjà faits et nos “à faire” et “à refaire”.

Des idées à partager…Dialoguer pour agir…voilà une chose concrète!

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (3 votes, moyenne: 3.67 sur 5)

Loading ... Chargement ...

En Mai, dis ce qu’il te plaît…

Parole d'instit', action, débat 1 commentaire

Aujourd’hui, 1er mai, je dis ce qu’il me plaît.

Le mois s’y prête. Mois de révolution.

L’année m’y invite. Année 2008, année anniversaire.

Pas de pavés qui volent ni de barricades, mais l’envie de dire NON.

Ou plutôt de rendre hommage à 4 NON.

Des NON qui ont pesé dans notre histoire.

Des NON qui ont libéré, inspiré et fait grandir l’humanité.

1/ Le NON à la peine de mort de Victor Hugo lorsqu’il écrit, en 1828 Le Dernier Jour d’un condamné.

2/ Le NON de Lucie Aubrac qui s’engagea dans la résistance pour combattre le nazisme.

3/ Le NON de Rosa Parks qui refusa, le 1er décembre 1955 de céder sa place à un passager blanc dans un autobus.

4/ Le NON de Victor Java, auteur compositeur qui, le 11 septembre 1973 chanta Non à la dictature du général Pinochet.

Des NON qui engagent, qui maintiennent en éveil. Des NON qui s’exposent, au péril de leur vie.

Et NOUS, aujourd’hui, et VOUS, ce matin, quel est le NON que vous aimeriez crier, chanter, danser ou simplement prononcer et écrire?

Aujourd’hui,1er Mai 2008, Bloguons le NON. A chacun son NON.

Action…

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (3 votes, moyenne: 3.67 sur 5)

Loading ... Chargement ...

La culture en “questions”

cuture, débat 3 commentaires

Il est beaucoup question de CULTURE dans les orientations scolaires depuis une vingtaine d’années. Enjeux éducatifs et sociaux, postures idéologiques ou discours démagogiques? Les réponses sont complexes. Je ne me risquerais ce matin qu’à un petit exercice de style. Comme ça, entre nous, sur le mode petite conversation de salon BLEU PRIMAIRE.

A/ L’élève n’est plus seulementconsidéré comme un parfait répétiteur que l’on récompense d’un bon-point lorsqu’il déclame sur commande la conjugaison du verbe naître au futur antérieur.

B/ L’école n’est plus cette “institution catalogue” dont la fonction première est d’imprimer chapitre après chapitre dans le cerveau de nos enfants des leçons prêtes à poser, prêtes à réciter.

C/ Les enseignants ne se retrouvent plus dans une image de gardiens du temple, seuls détenteurs d’un unique et noble savoir.

- L’élève est devenu un apprenant.

- L’école, un lieu d’apprentissages.

- Le maître, un générateur de progrès.

Oui, bon, tout cela est bien joli…mais et La Culture dans tout ça? Où est passée Notre Culture? Où Nos Savoirs sont-ils rangés et répertoriés? Qui donc se chargera de les transmettre aux générations futures?

Voilà donc mon sujet bleu primaire et votre problématique du jour.

Qu’appelle-t-on CULTURE A L’ECOLE à l’aube du troisième millénaire?

1/ L’ensemble des connaissances scolaires générales d’un élève façon “Questions pour un champion”?

2/La somme, dans un domaine précis, d’un grand nombre de savoirs permettant de répondre à n’importe quel quiz façon “Grand Oral d’Histoire” de Tautavel à Robespierre?

3/ La capacité à mobiliser, au sein de ses propres connaissances, le savoir en question, afin de le mettre au service de la réflexion et/ou de l’action? Ma lampe de poche est H.S, tous les magasins sont fermés, mes parents sont absents et demain je pars camper…

4/La seule chose qui reste quand on a tout perdu et tout oublié. Je m’appelle Sofia, j’ai dix ans, et si ma vie commence aujourd’hui, elle ne s’arrête pas là…

Hé, hé…Amusez-vous bien…De mon côté j’ai soumis mon petit article à mes ados en perdition…la discussion fut vive, fructueuse et pas toujours convenue!

De votre côté, si aucune de mes 4 propositions ne vous satisfait, n’hésitez pas à me faire part de votre définition, ou, préféré-je dire “conception” de la CULTURE. 

A vous!

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (2 votes, moyenne: 3 sur 5)

Loading ... Chargement ...

A la recherche du temps retrouvé…

La classe, Parole d'instit', morceaux choisis 5 commentaires

“On vous parle beaucoup de votre éducation; or un souvenir conservé depuis l’enfance est peut-être la meilleure des éducations; si on fait provision de tels souvenirs pour la vie, on est sauvé définitivement.” Dostoïevski, Les frères Karamazov, 1880

En ces heures politiquement et “médiatiquement” agitées, prenons ensemble sur BLOG BLEU PRIMAIRE un peu de recul, un peu de hauteur…

Revenez avec moi vous asseoir quelques instants sur vos bons vieux bancs d’école. Fermez les yeux…respirez…souvenez-vous…

Le tableau noir et l’odeur âcre de la craie, les boulettes de papier  volant et rasant les oreilles de Mr Guillaume, le goût pistache amande de la colle en petits pots, les parties d’osselets et les parcours de billes dans la cour de récré, les nattes de Mademoiselle Riquet, la cloche qui sonne et la joyeuse débandade dans les couloirs malicieusement éteints, les rampes d’escalier transformées en toboggans interdits, le sifflet persifleur de Monsieur le Directeur, les cartables écrasés aux portes du réfectoire, les salsifis…

Oui, n’était-ce pas, n’est-ce pas encore aussi et surtout tout cela l’école?

Ne sont-ils pas les meilleurs, pour ne pas dire les uniques souvenirs que nous en gardons?

Sommes-nous pour autant des vauriens et des incapables?

Allez, je vous propose une trêve, loin du brouhaha médiatique et de l’actualité scolaire, embarquons ici, maintenant, ensemble, le temps d’un voyage nostalgique, non pas sur la Galère de l’Age d’Or révolu, mais sur les traces de nos souvenirs, à la recherche du temps retrouvé…

Soufflez-nous, dans la bulle “commentaire” vos pépites, vos best-off, vos trésors scolaires. Nous ne les avons jamais appris par coeur, mais ils sont bien là, au fond de chacun d’entre nous…parce que vécus, parce que éprouvés.

Offrons-nous ce luxe de secouer l’arbre aux fruits défendus. Osons avouer qu’à l’école il y avait, il y a et il y aura toujours ces perles de vie dont Dostoïevski nous invite à faire provision…

A vous!

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (2 votes, moyenne: 3 sur 5)

Loading ... Chargement ...

La classe des Parents Blogueurs “Saison 1″

action, la parole aux parents 3 commentaires

EPISODE DU JOUR “A VOS CRAYONS!”

Bloguer, telle est ma devise!

Telle sera bientôt votre devise…

Une toute nouvelle série consacrée aux Parents Blogueurs!

Ça vient de sortir sur le Net…

Pour vous, en avant-première sur BLOG BLEU PRIMAIRE

“LA CLASSE DES P.B.” Saison 1

Chers parents, avant de vous posez la question fatale du “Comment faire?”, soyez aujourd’hui les acteurs en direct de l’épisode 2 de la Saison 1…

Nous reviendrons ultérieurement dans un Flash Back aux détails techniques, grâce à l’aide précieuse des experts de mon studio de production (secret pro pour l’instant)

Dites-vous plutôt:

” Je saurai bien le faire.

Elle l’a fait, le fils de ma copine Julie l’a fait, mon neveu d’Amérique l’a fait, la grand-mère d’Anatole l’a fait, la voisine de Salomé l’a fait, le père de José l’a fait, l’instit de ma fille l’a fait…Alors, moi aussi je peux le faire!”

Bravo, vous adoptez donc la BLOG ATTITUDE!

C’est un bon début. Parole de blogueuse!

Oui, bon d’accord pour un BLOG… mais pour quoi faire?

(Tout plein d’idées sur le site d’Astrid)

Bloguer pour dialoguer?

Merci à Delfine pour son illustration!

Bloguer pour s’informer?

Bloguer pour témoigner?

Bloguer pour rester branché?

Bloguer entre parents?

Bloguer avec les enseignants?

Bloguer sur l’école d’un bout à l’autre de la planète?

Bloguer l’éducation via le net?

Bloguer sur la vie scolaire.

Bloguer les uns avec les autres.

ET VOUS PARENTS, SI VOUS EN ETIEZ…

Vous blogueriez comment, pour quoi et avec qui?

Bloguez-moi vos idées, vos questions, vos témoignages, vos doutes, vos envies. Je vous laisse 10 jours…

Et à mon retour, grâce à votre collaboration, je pourrai mettre en ligne l’épisode suivant. Noms d’acteurs à l’appui vous serez les premiers figurants, que dis-je les futurs stars de la série “La classe des Parents Blogueurs”!

1/Un forum questions/réponses en ligne…cliquez sur la bulle “commentaires” et laissez vos petits doigts bloguer sur le clavier, vous serez surpris du résultat en chaîne! Un commentaire en entraînera un suivant et ainsi de suite…

2/Pour créer le buzz, “envoyez cet article”à une dizaine d’amis parents d’élève(s), qui eux-même contribueront et alimenteront le buzz. Effet blog-buzz, ça s’appelle!

3/Et peut-être, à l’issue des épisodes et des saisons à venir, un concours du meilleur Parent Blogueur, du meilleur commentaire, de la meilleure idée blogueuse. Un concours pour le fun, comme à l’école des fans.

A vous!

Quel Parent Blogueur serez-vous?

Ou plutôt devrais-je écrire quel P.B êtes-vous?

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (5 votes, moyenne: 4.2 sur 5)

Loading ... Chargement ...

Devoirs de vacances…

Parole d'instit', humour 7 commentaires

A vous, heureux enseignants et collègues du primaire qui partez en vacances…

N’oubliez pas dans l’ordre ou le désordre:

1/ Les 35 copies du dernier contrôle de Géométrie (avec tous les outils de mesure indispensables.)

2/ Les 35 cahiers d’expression écrite accompagnés de votre dictionnaire (sans oublier celui des synonymes!)

3/ Les 10 ouvrages qui font l’actualité pédagogique du moment.

4/ Les 5 livres du maître pour préparer les progressions à venir (Histoire/Géo/Educ.civique;  Mathématiques; Français; Sciences; Arts plastiques)

5/ Vos affaires de sports histoire de préparer la prochaine série d’activités de plein air. (course d’orientation ou escalade)

6/Le roman sur le Moyen Âge que vous allez proposer à vos élèves, dès la rentrée.

7/ Votre tube de vitamines pour ne pas tomber malade pendant vos vacances.

8/Les derniers textes officiels parus…( et la plaquette d’anti-dépresseurs qui n’est malheureusement ni livrée avec, ni remboursée…)

9/ Vos cahiers de notes pour vérifier moyennes et médianes. (+ calculette pour éviter les erreurs et les lettres des parents très fâchés qui suivront)

10/Le coffret intégral de DVD de Mozart, celui d’Amélie Les Crayons sans oublier Les Espoirs de Coronthie ( de façon à respecter les quotas multi-culturo-ethniques)

11/ L’ordinateur familial pour rester branchés sur le monde et la planète.

12/ Vos enfants et leur père et/ou mère…si vous en avez.

13/ Le cartable de vos enfants, leurs recherches, leurs contrôles, leurs bulletins, leurs mauvaises humeurs….)

BONNES VACANCES CHERS COLLEGUES!

J’ai certainement oublié quelque chose, alors soyez sympas cliquez sur commentaires pour m’éviter un Aller/retour en pleine zone rouge!

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (3 votes, moyenne: 3.67 sur 5)

Loading ... Chargement ...

B comme b et a ba

La classe, actualité, débat 25 commentaires

Une petite clarification sur un sujet très largement polémique. Des explications et des analyses de spécialistes et de linguistes ( dont je n’ai pas  gardé la trace, erreur de jeunesse) glanées au cours de ma formation continuée et dont je restitue ici quelques extraits. J’y ai rajouté, en bleu mes propres réflexions en la matière.

Méthode d’apprentissage de la lecture :selon le critère du modèle d’approche, on peut résumer comme ci-après les quatre grandes méthodes de lecture actuelles qui sont la méthode globale, la méthode semi-globale à laquelle est généralement préféré le terme “méthode mixte”, la méthode syllabique et la méthode phonétique.

La méthode globale : elle a pour principale caractéristique de commencer l’apprentissage de la lecture par des textes et des phrases  comme si, entre autres raisons, il y avait une relation “naturelle” entre le code écrit et la construction du sens qui est son objectif prioritaire. L’inconvénient majeur inhérent à la méthode globale, lequel est en même temps le principal reproche qui lui a été adressé de manière unanime, est (en l’absence du concept de règle) de conduire à la devinette du code écrit en matière de lecture, ce qui se révèle inévitable puisque les apprenants restent dans l’ignorance du principe de fonctionnement du mot et a fortiori de la phrase.

Constats immédiats:

1/ Cette méthode peut se révéler gratifiante pour le tout jeune élève (de Grande section de maternelle notammant) qui, ne connaissant pas encore le code écrit, fait COMME SI il savait lire en restituant par voie de mémorisation quelques courtes phrases ou textes. De ce premier contact positif avec l’outil social par excellence, on a imaginé faciliter l’entrée en lecture des futurs élèves de C.P. en les “décomplexant” par rapport à l’écrit. (Mais sont-ils si jeunes a priori complexés?)

2/ Quelques phrases répétées et apprises ont, il est vrai,  permis d’offrir au jeune lecteur des textes un peu plus élaborés que le sempiternel “léo et léa vont à l’école.” La tentative était certes alléchante car lire doit ouvrir au sens du texte et non au simple déchiffrage. L’accès à la culture a prévalu sur la contrainte de la règle. ( Curieux contre sens, là où les deux approches me paraissent tout à la fois nécessaires, distinctes et complémentaires! )

Effets secondaires:

1/ Oublier de passer par le filtre de la règle a conduit de jeunes élèves vers la double impasse orthographique et sémantique. Si lire est juste considérer comme une simple devinette, pourquoi l’ensemble de la langue ne fonctionnerait-elle pas ainsi? Ainsi si l’enfant comprend le sens global de la phrase, du texte tout va bien. La communication fonctionne. Globalement certes.

2/ Mais à y regarder de plus près, qu’y a-t-il de glorifiant dans la construction d’une pensée globale? N’est-ce pas un leurre? Aucune pensée n’est globale. Aucun message n’est simple. Toute communication est complexe. Le choix de chaque mot a son importance. Lire, c’est avant tout respecter la parole livrée, inscrite, écrite. Dans un deuxième temps, et seulement dans un deuxième temps, le lecteur pourra  y injecter sa propre distance, son interprétation personnelle.

La Méthode globale a voulu sortir, tout à fait légitimement, d’une approche purement mécanique et mécaniste de la lecture en partant du principe que lire c’est avant tout interpréter, construire du sens. C’est là, me semble-t-il une erreur majeure.

Cela étant dit, cette méthode a très rapidement été laissée de côté par les enseignants, qui faut-il vous le rappeler ne sont pas des machines automates au service des réformes…Bien heureusement.

La méthode mixte :la méthode globale introduit dans l’apprentissage de la lecture par la phrase entière et, la méthode semi-globale ou mixte, par le mot entier ; l’une et l’autre partagent ainsi le qualificatif de “global” ou “entier”. 
Au demeurant, la méthode mixte procède de l’oral vers l’écrit et expose aux mêmes risques de devinettes que celle-ci. Ce grave défaut a obligé certains auteurs à proposer  l’incorporation, dans la pratique, des éléments qui sont de l’ordre de la méthode syllabique, à savoir la lettre et la syllabe. Toutefois, cette perspective n’a guère changé la nature du problème soulevé ni apporté de solution nouvelle ; elle a donné l’occasion seulement de substituer l’expression “méthode mixte” à l’expression “méthode semi-globale” trop proche du terme fortement décrié désormais “méthode globale”. 

L’intérêt d’une telle approche réside, à mon avis, dans la complémentarité de l’oral et de l’écrit, du global et de l’analytique. Une tentative de consensus, de complémentarité entre la construction du sens et le recours immédiat et systématique à la règle, au code. Mais tous les enfants, de 6/7 ans sont-il capables de cette distinction, de cette alternance? Certains oui, d’autres…

La méthode syllabique : sa particularité consiste à engager justement l’apprentissage de la lecture en partant de l’écrit, ou de la manière dont la langue française s’écrit aujourd’hui, et en allant des lettres à la phrase. 
Elle n’échappe pas néanmoins aux faiblesses qui sont, entre autres, la tendance à présenter des lettres isolées et des syllabes artificielles, auxquelles l’on peut ajouter les mots entiers et qui sont sources de difficultés pour les apprenants.

La seule maîtrise du b et a ba ne fait pas de l’élève un lecteur. Un décodeur, certes. Mais une fois les lettres assemblées et prononcées correctement, le mot trouve-t-il un écho chez l’enfant? Car si le mot n’entre pas en résonance chez l’apprenant avec un référent, s’il n’allume pas le voyant d’un vocable reconnu, l’expérience reste infructueuse et source d’angoisse chez le jeune lecteur. La seule méthode syllabique risque d’installer une rupture entre le jeune lecteur et l’outil de communication. C’est là où le niveau de lecture rejoint le niveau de vocabulaire. Certains lecteurs impriment et s’approprient immédiatement le texte car la grande majorité des mots exprimés sont antérieurement connus. Le mécanisme du déchiffrage profite donc très bien à certains enfants. A d’autres…

La méthode phonétique :elle a pour spécificité d’entreprendre l’apprentissage de la lecture à partir de l’oral et, plus exactement, des sons auxquels sont associés les graphèmes auxquels correspondent les lettres et les séquences de lettres de l’alphabet actuel. Tout se passe alors comme si les apprenants avaient notamment une connaissance discriminatoire des éléments du système phonétique de la langue et comme si celle-ci avait été transcrite phonétiquement ou phonologiquement, ce qui n’est évidemment pas le cas et n’aurait d’ailleurs rien changé à la problématique dans l’hypothèse contraire puisqu’une langue est un système de signes conventionnels et qu’il n’y a pas de correspondance objective entre l’oral et l’écrit.

On comprend ici très aisément les limites d’une pareille approche. Il n’existe pas en français, d’adéquation systématique entre phonème et graphème!

Rien n’est simple en matière de lecture. Pour l’apprenant j’entends. Pour l’adulte qui détricote, cela paraît pourtant à portée de main de n’importe quel esprit bien formé. Oui, c’est pourtant simple voyons, il y a le texte, la phrase, le mot la lettre. Pris dans un sens ou dans un autre on arrive toujours à ces quatres catégories d’unités linguitiques. Parole d’experts!

4 unités= 4 méthodes.

C’est mathématiquement prouvé et chiffré. Choisissez votre camp! Choisissez votre “méthode” et on vous dira à quelle idéologie vous appartenez…Quand cessera donc cette imposture intellectuelle, ce mépris mensonger, cette supercherie qui permet de faire couler tant d’encre et tant de larmes. Comme c’est fatigant!

La Pédagogie justement est là pour nous aider à sortir de cette impasse. S’adapter à son élève, à son groupe. Connaître bien évidemment ces différentes approches afin, non de les imposer, mais de les soumettre en fonction de l’individu, du lieu, du moment. Et si on se montrait moins rigide, moins politiquement correct. Et si on acceptait le fait qu’à ces 4 données, s’interposent une multiplicité d’apprenants et avec eux, une multiplicité de référents culturels et sociaux.

Lire c’est prendre des repères, et il y a autant de stratégies de repérage qu’il y a d’intelligences…Plutôt qu’une méthode, travaillons à mettre en lumière, grâce à l’interactivité des enfants d’une classe, les différents processus d’appropriation des uns et des autres. Ne jamais figer la lecture à une seule activité de décodage. L’insérer dans une démarche d’écriture, elle même inscrite dans le contexte social du groupe classe. Plutôt que de brandir une méthode qui réussira pour certains et se révélera vaine pour d’autres, je préfère opter pour l’organisation par le maître, des échanges entre pairs.

Allez, assez de théories pour aujourd’hui, place au jeu!

En commentaires, essayez donc de transcrire le son [è]…Autrement dit les mots où vous entendez [è]

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (3 votes, moyenne: 3.67 sur 5)

Loading ... Chargement ...

Aimé Césaire (26 juin 1913- 17 avril 2008)

actualité, cuture 2 commentaires

Aimé Césaire nous  quitte ” mais l’oeuvre de l’homme vient seulement de commencer.”

Saurons-nous nous en montrer dignes?

Adieu Césaire, à bientôt.

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (3 votes, moyenne: 3.33 sur 5)

Loading ... Chargement ...

Grammaire et poésie

La classe en direct, Mots bleus 1 commentaire

 GRAMMAIRE ET ECRITURE : «Qui, que, quoi, dont, où » au service de la poésie:

Consigne : Ecrire un poème en utilisant les pronoms relatifs et les structures répétitives des textes poétiques étudiés précédemment :

Un voyage extraordinaire !!!                       

J’ai vu à Venise un palais qui volait

J’ai vu à Paris deux oiseaux qui s’aimaient

J’ai vu deux groseilles qui partaient pour Marseille

J’ai vu un château qui s’appelait Pozzo

J’ai vu le moulin dont on parlait depuis un siècle

J’ai vu le domaine dont tout le monde rêvait 

Mais je ne connais pas les pays où je les ai vus…                                 K.S

Merci Khélil pour ce voyage extraordinaire.

Continue de rêver et faire rêver.

Cherche encore et toujours ce pays…

Souvent la quête enrichit  bien davantage que le point d’arrivée.

 

Les nouvelles du jour                             

J’ai vu un château qui était très beau.

J’ai vu un moulin dont tout le monde parlait.

J’ai vu le palais que tu aimais.

J’ai vu un bateau qui coulait.

J’ai vu une  voiture qui roulait trop vite.

J’ai vu l’autographe que Zizou avait signé.

 Mais je ne connais pas le pays où tu habitais.                                        P.B. 

Ah, si nos nouvelles du soir nous étaient contées avec tes mots, Pierre…

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (2 votes, moyenne: 3.5 sur 5)

Loading ... Chargement ...

L’école, pour vivre ensemble

Parole d'instit', débat 8 commentaires

Pour les lecteurs qui ne lisent pas la presse quotidienne, et pour ceux qui n’ont pas encore exploré le site d’Eveline Charmeux….

Voici, dans son intégralité, mon “coup de colère” publié hier par le quotidien La Croix.

LA VIOLENCE A L’ECOLE

L’école pour apprendre à vivre ensemble…

Belle ambition !

A son service ? L’éducation civique et ses leçons de vie.
A son service encore ? Les groupes de paroles entre enfants.
A son service toujours ? Les enseignants-éducateurs. (Voir aussi l’article du 4 février « complément d’enquête sur le métier d’enseignants”)
Bref, vivre ensemble, à l’école, c’est vital, c’est inévitable.
Mais alors, et les autres, que font-ils ?

Et vous ?

Vous les parents ? Les grands parents ?
Vous les marchands de vidéo ?
Vous les promoteurs  de gadgets belliqueux ?
Vous dans le métro ? Dans la rue ?
Vous le voisin du dessous ? L’automobiliste pressé ?

Que croyez-vous donc ? Qu’il suffit de prononcer le mot respect deux fois dans la journée pour participer à sa diffusion ?

 Le respect,un mot tant à la mode qu’il s’est vidé de son propre sens. Trop utilisé, trop galvanisé, trop médiatisé sans doute. Un mot qu’on proclame aux autres, rarement à soi-même. Il erre sur les bancs de la cour de récré, il traîne sur les chaînes de télé. Le Respect s’il vous plaît, je réclame le respect ! Combien de fois par jour entends-je ce même refrain ?

Mais le respect, ça ne se décrète pas ! Ça se vit, ça se transmet. Le respect, c’est un remaniement permanent, une exigence de chaque instant ; si l’on n’y prend garde, les mots, les gestes, les regards, les silences, les rires, les attitudes prennent si naturellement le pas sur la réflexion et le jugement. Apprendre à gérer les paroles et les actes, comprendre pourquoi et comment y parvenir, c’est tout cela que nos enfants apprennent à l’école, dans la cour, dans les couloirs, dans la classe.

Qui peut proclamer que la chose est simple ? Qui peut imaginer que l’école seule relèvera le défi ? Quel parent honnête peut se soustraire à ce devoir d’éducation ? Quel individu majeur peut se dire dégagé de toute responsabilité ? Car enfin, posons-nous (vous étant inclus dans le nous), posons-nous donc aujourd’hui, sans biais ni faux-semblant, la question du rôle de l’exemplarité des adultes pour la construction des jeunes enfants ; ce qu’on leur donne à voir ou à entendre, dans la rue, dans le bus ou le métro, chez le voisin ou à la maison. Les images, les mots, les attitudes dont nous sommes seuls responsables puisque soit nous les véhiculons nous-mêmes, soit nous les laissons à leur portée, soit nous les ignorons.

 Nous vivons dans une société formidablement agressive pour les jeunes esprits. Il faut le rappeler, votre enfant ne perçoit pas les images comme vous. Son cerveau ne reçoit pas la même information de la même manière. L’adulte traite toutes les données visibles et sonores via des filtres que la maturité et l’expérience lui ont fournis. L’enfant n’est pas encore capable de cette distanciation, de ce tri entre le réel et le factice. Face à un film d’horreur, il est dans le film, dans l’image, dans la peau du tueur ou de la proie. Quand vous êtes spectateurs, il est lui, auteur ou acteur. Quand vous êtes témoins, il est, lui victime. Et quand enfin vous regardez Catch-Attack le week-end avec lui, il apprend lui que la violence est un jeu, un spectacle qu’on regarde en famille.

Pour le jeune enfant, fiction et réalité sont deux espaces superposables. C’est pour cela qu’il aime tant qu’on lui raconte des histoires, voire toujours la même histoire. Pour lui, au moment où vous lui lisez les mots, où vous lui livrez l’intrigue, il quitte quelques instants le monde, retarde à l’infini l’heure de se coucher et plonge avec délice dans un univers construit rien que pour lui. Mais dès le lendemain matin, lorsqu’il se réveille, lorsqu’il est planté devant son poste de télévision, ou quand la radio lui déverse un flot ininterrompu de paroles en tous genre, lorsqu’il se glisse dans une rame bondée d’adultes gesticulant où maugréant, lorsqu’il traverse les avenues et autres artères survoltées, voilà notre chérubin livré en pâture aux affres du monde moderne. Le parcours du combattant reprend sa course effrénée.

Petit arrêt sur image. Zoom sur la réalité. Extraits choisis. Morceaux vécus.
Attention, esprits sensibles, s’abstenir.

Dressons un échantillon des clichés hauts en couleur qu’un enfant reçoit, sans pouvoir s’en prémunir, en une seule journée: les photos sans équivoque dans les kiosques, juste à hauteur d’yeux, les formules choc en bandeau des journaux, les publicités libidineuses entre deux soit disant programmes télévisuels pour enfants, les clips musicaux qui prônent souvent la violence et le sexe, les téléfilms scandaleux enrobés façon comédies, les faits-divers sordides livrés aux heures de grande écoute, les images sanglantes du « JT » juste avant d’aller dormir. Allez, fais de beaux rêves mon chéri…

Quelle vision de l’homme offrons-nous à ce petit enfant de deux ans, six ans, huit ans, ou à cette toute jeune fille de douze ou quinze ans ? Lui livre-t-on les clés pour décrypter telle affiche, lui donne-t-on les mots pour interpréter tel slogan, lui octroie-t-on du temps pour parler de tout cela ? A défaut de refaire le monde, ayons l’exigence d’exprimer ce que nous ressentons. « Je suis une adulte, mais vois-tu cette image d’adulte me dérange. Je suis un homme mais vois-tu les mots de cet homme me blessent, je suis une grande personne et vois-tu l’attitude de cette grande personne me révolte. Et toi, qu’en penses-tu ? »

Prenez-vous, prenons-nous ce temps là ?

Oui, la violence existe, existait et existera toujours. C’est un fait universel, une donnée intemporelle. La question est ailleurs, inéluctable pour l’éducateur, vitale pour l’enfant, essentielle pour la société. Une question qui engendre mille questions. Mille questions générant la réflexion et non le délit d’opinion, non plus la soumission.

« Que fais-je de cette violence ? Comment travailles-tu avec cette violence ? Que pense-t-elle de cette violence ? Qui jugeons-nous au travers de cette violence ?  De quelle manière transformez-vous cette violence? Comment vivent-ils dans cette violence ? »

A défaut de refaire le monde, ayons l’honnêteté d’affronter ses faiblesses, de s’en insurger, de se positionner. Si nous, responsables majeurs et soi-disant éducateurs, si nous parents ou tout autre tuteur, nous autorisons le silence ou l’indifférence s’installer, alors nous ouvrons délibérément la porte à la banalisation de la violence ou de la médiocrité.  Bien évidemment, face à cette leçon de morale un peu provocatrice, j’en conviens, un tantinet réactionnaire, j