Manifeste pour Le plaisir d’apprendre par Philippe Meirieu et ses invités

12 03 2014

1959314_784137648281662_1555672176_nC’est aujourd’hui que sort en librairie ce très joli Manifeste en l’honneur du plaisir d’apprendre. L’occasion pour moi de partager avec vous quelques impressions de lectrice.

 

 

Pourquoi faut-il lire ce livre?

Sans doute et tout simplement avant tout, parce que c’est un bel ouvrage, coloré, généreux, richement illustré, un objet qu’on a plaisir à feuilleter, à la manière d’un gamin devant un album qui s’attarde à chaque illustration. Oh, regarde maître la belle image!

Balade impressionniste…

Une photo en noir et blanc à la page 105, et mes yeux se posent; qu’il est beau cet artisan ébéniste, penché sur son œuvre, le regard et le corps entièrement dévoués au geste, à sa précision, à la promesse qui se lit déjà dans le travail en cours.

Et puis juste à côté, ces mots d’André Malicot, directeur de la formation, des études et de la recherche chez les Compagnons du devoir et du tour de France: « Apprendre, chez les compagnons du devoir, ce n’est pas comme à l’école, écouter passivement un maître; c’est aller vers lui pour s’emparer de son savoir. » Et puis un peu plus loin: « Pourquoi ne pourrait-on pas être plus sensible à une forme d’enseignement partant du geste pour aller vers l’idée, du concret vers l’abstraction? Pourquoi ne pas suivre le philosophe grec Anaxagore, qui ne voyait, lui, aucun paradoxe à dire: « L’homme est intelligent parce qu’il a une main » ? »

Oui, c’est vrai ça, quelle place pour le chef-d’œuvre dans nos écoles?

Je continue d’égrener les pages, un peu à la hâte, curieuse d’en découvrir plus, et page 78, mon regard à nouveau se laisse attraper par le beau sourire d’Isabelle Pelloux, à la fois tendre et malicieux, un sourire qui semble inviter au bonheur d’enseigner. Isabelle est professeur des écoles, et fondatrice de l’école des Amanins dans la Drôme et dans sa classe, voilà comment s’expriment les enfants: « On a du plaisir à apprendre quand on est maîtresse, car les enfants leur apprennent encore des choses. Elles devaient aimer apprendre quand elles étaient petites les maîtresses. » Je lis son chapitre « De l’étonnement à la coopération, et j’ai subitement envie d’avoir neuf ans, et comme Clémence, d’être dans sa classe. Oui, redevenir petite et (re)découvrir avec elle la joie du plaisir d’apprendre…

Pour le plaisir, je relis deux fois ce passage, et puis, boostée par cette idée que oui, le plaisir et l’étonnement contribuent à la joie de mieux apprendre, je poursuis mon effeuillage jusqu’à ce poème, page 25 de Paul Valéry extrait du recueil « Charmes »: Lire la suite »




Plaidoyer pour le désir d’apprendre à l’école

3 03 2014

Le désir? Et pourquoi pas la plaisir pendant qu’on y est!

Le désir…Non, Mathieu n’y pense même plus, en fait, il ne sait plus ce que cela signifie, oublié le désir, rayé de la carte, tout comme le plaisir d’ailleurs… Du haut de ses neuf ans, il a su écouter les conseils prodigués:

« Des capacités certaines, mais élève peu scolaire. »

« Devrait écouter davantage et poser moins de questions. »

« Manque de maturité, se comporte  en enfant. »…

Et bien voilà, le voici le terrible malentendu! Nous demandons à nos enfants  d’être vieux avant d’avoir été jeunes! Et sur ce schéma de pensée nous calquons tout le reste : nous leur imposons de connaître sans leur laisser le temps de s’emparer de l’inconnu, de répondre sans qu’ils aient eu à questionner, d’être compétents sans leur permettre d’expérimenter, de se montrer curieux du savoir qu’on leur enseigne sans jamais inviter dans nos classes le plaisir, l’étonnement, l’émerveillement, le rêve, la passion, le désir. Bien sûr le désir! Et pas uniquement le nôtre! Ne confondons pas notre désir de transmettre avec leur désir d’apprendre; ces deux désirs là, s’ils sont l’un et l’autre indispensables et complémentaires n’en sont pas pour autant superposables. De cela, nous devons être avertis. Mon bonheur et mon désir d’enseigner, aussi vifs et précieux soient-ils ne doivent jamais passer avant le désir d’apprendre de mes élèves.

Questionner le monde avec impertinence

Oui le désir, bien sûr le désir…celui sans lequel rien n’est possible; celui qui permet à mon élève d’oser l’improbable et de se surpasser, qui l’autorise à questionner le monde avec impertinence sans peur des réponses incongrues, qui le pousse à s’y aventurer en dépit des obstacles et des erreurs; celui qui ouvre à l’infini les limites de la créativité et invite à donner de soi sans stratégie de résultat, pour le seul plaisir de se sentir, au cœur et au contact du monde qui l’entoure, pleinement et intégralement en vie avec, chevillé au corps, ce besoin vital et bouillonnant de ressentir et d’éprouver que chaque cellule qui constitue son être est en éveil perpétuel, que rien n’est jamais donné ni acquis pour toujours sous une forme figée. Car c’est bien tout cela apprendre, oser se frotter à l’ordre établi afin d’expérimenter par soi-même un nouveau rapport au monde. La relation au savoir ne peut se penser ni se construire sans rapport au monde, un rapport forcément original, à nul autre semblable, à l’image de la singularité de chaque être humain. On entrevoit bien ici les limites du seul envoyer-recevoir dans l’acte pédagogique. De cela aussi il conviendrait d’être averti: l’enseignant n’apprend rien à ses élèves. Non, je le sais aujourd’hui, je n’apprends rien à mes élèves, mon rôle est ailleurs.  Lire la suite »




Pisa, et après? Refonder les pratiques plus que les programmes

25 02 2014

Côté Mômes On parle beaucoup de résultats, de programme et de refondation, assez peu du cœur et du quotidien de la classe et de l’établissement, de ce qu’il s’y passe concrètement, de la manière dont on permet (ou pas) d’aider nos élèves à mieux apprendre, de la façon dont les équipes travaillent (ou pas) à se donner les moyens d’interroger collectivement le bien-fondé et l’efficacité de ses pratiques pédagogiques. Habile et ingénieuse posture, typiquement française que d’ignorer la poutre de la réalité en s’acharnant sur la paille des promesses qui n’engagent que les autres …

Pour réamorcer ce blog, je vous propose cet article rédigé pour le dossier Pisa, et après? du magazine Coté famille  paru dans la presse ce mois de février 2014. J’y suis interviewée par Laurent Rochut aux côtés de Pierre Frackowiak, inspecteur honoraire de l’éducation nationale et Maryline Baumard, journaliste au Monde dans le cadre de la parution des résultats de l’enquête Pisa.

L.R: Que faudrait-il mettre en œuvre pour que l’école retrouve une dynamique positive et dépasse le seul objectif des résultats?

On connait ce qui fonctionne, de nombreuses enquêtes sur les pratiques en France, en Nouvelle-Zélande, en Inde, en Finlande, en Allemagne et ailleurs mettent en exergue certains invariants que notre système éducatif connait mais a bien du mal à intégrer dans les actes alors qu’ils permettraient d’entrer dans une vraie logique de réussite et d’excellence:

Plus de coopération et d’intelligence collective là où nous fonctionnons majoritairement  sur le rendement individuel et la mise en compétition du travail. Nos élèves, dès l’entrée à la grande école, c’est à dire en CP sont placés les uns à côté des autres, chacun sa chaise, sa table, son livre, son cahier, sa copie, sa note, sa réussite, son échec. Parfois même, afin d’éviter toute collaboration fortuite, on leur demande de dresser des murs entre eux à l’aide de trousses empilées ou de classeurs posés verticalement…On ne leur apprend pas ou peu à travailler, penser et vivre ensemble les uns avec les autres, mais davantage à travailler, penser, et vivre  les uns à côté des autres et le plus souvent, chacun pour soi. Tout le système éducatif est fondé sur ce modèle hyper individualiste et curieusement, il faut attendre d’arriver en milieu professionnel, pour voir enfin s’inverser cette tendance. Et là, faute d’avoir été éduqués et instruits dans un esprit de coopération et d’émulation collective, on est obligé de faire intervenir dans les entreprises, des professionnels de la relation et de la coopération; on met en place des séminaires de team-building et tout cela pourquoi? parce qu’on sait que l’esprit d’équipe, le plaisir et le sentiment d’appartenance sont essentiels pour le dynamisme, l’efficacité et la performance! Mais si on le sait, pourquoi ne pas commencer dès le plus jeune âge?

Plus d’implication et de construction là où nous sommes encore dans un modèle très vertical, transmissif et applicationniste. Dans nos classes, les élèves sont assis toute la journée,  écoutent -en silence si possible- le savoir du professeur, lequel, par la magie des mots et de l’autorité qu’il incarne est sensé se transformer en savoir d’élève;  puis, pour vérifier que le savoir est bien passé du pôle enseignant au pôle élève, ces derniers sont invités à répéter, s’entraîner, exécuter, bien souvent seuls et en dehors du temps scolaire lequel, il faut le reconnaître reste davantage le temps de l’enseignant que le temps de l’élève, le temps de l’enseignement plutôt que celui de l’apprentissage. Les pratiques qui favorisent ce que les anglo-saxons appellent « l’empowerment » à savoir l’éducation au choix, la prise d’initiative, l’engagement, l’expérimentation par l’élève obtiennent de bien meilleurs résultats tout simplement par ce qu’apprendre requiert la mobilisation de toutes les facultés qu’elles soient intellectuelles, psychologiques, sensorielles, sociales, motrices. Donnons plus de temps et d’espace à nos élèves pour s’impliquer, construire et apprendre,  travaillons davantage à développer des contextes d’apprentissages nourriciers et éclosifs et nos élèves apprendront mieux…

Plus de bienveillance et de feed-back positifs, vis à vis du travail, là où dans notre système, Lire la suite »




Réussir sa 1ère classe…(et les suivantes!)

10 07 2012

 

 

 

 

 

« A un moment où la question de la transmission du métier est particulièrement posée, l’ouvrage d’O. Mathon est d’une grande aide pour les nouveaux enseignants. Mais, « réussir sa première classe » est aussi la question que se pose chaque enseignant à chaque rentrée. Car , même après 10 ou 20 ans d’exercice, chaque classe est nouvelle.

François Jarraud

 

  • Se rendre sur le blog « Réussir sa première classe » pour prendre connaissance du sommaire, de la 4ème de couverture, de la préface et des différents articles qui verront le jour au fil de l’été et de l’année à venir.

Parce qu’on a tous débuté un jour et que chaque nouvelle rentrée est une nouvelle première fois, n’hésitez pas à partager et relayer cet article autour de vous!   😉

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Les journées de l’innovation des 28 & 29 mars 2012 à l’Unesco #eduinov

3 04 2012

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[View the story « Journées de l’innovation des 28 et 29 mars 2012 à l’Unesco » on Storify]




La seule urgence, c’est l’amour

21 03 2012

Montauban, Toulouse

A côté du besoin de comprendre, l’urgence, la seule urgence, c’est d’aimer. Aimer sans distinction, sans limite, sans frontière, sans contrepartie, pour qu’une résilience soit possible.

C’est notre folle condition d’homme. Aimer toujours plus au-delà de ce qui nous semble possible, au delà de ce qu’on nous a appris à croire possible.

Accueillir aussi l’intensité de la douleur et du désespoir quand l’un et l’autre s’immiscent dans nos vies avec toute la brutalité dont l’homme est capable. L’intensité de la violence et de la douleur qui nous submerge, lui faire toute sa place, la reconnaître, l’entourer, la crier, la faire vivre, ne pas en nier l’extrême violence. Cette reconnaissance là est indispensable. Elle autorise alors le chemin du deuil sans ouvrir celui de la vengeance.

Face à tant d’incompréhension, face à l’horreur des actes perpétués, la seule urgence, c’est l’amour. Voilà ce à quoi pourrait être destinée quotidiennement une minute de silence dans nos vies, dans nos écoles. Pour qu’une résilience soit possible. A-t-on d’autre choix? Je ne le crois pas. Et si nous avons un choix, c’est celui-là que je choisis parce que c’est le seul que je crois capable de nous permettre de gagner en humanité. La non violence ne suffit pas. L’amour doit être déclaré partout et à chacun. Parce que, c’est le seul antidote contre la haine. L’amour inconditionnel c’est celui qui nous permettrait, malgré la barbarie de certains actes, d’espérer allumer une lueur d’humanité chez celui qui nous a blessés dans notre chair et dans notre cœur.

Ça semble  impossible, est-ce pour cela qu’on ne doit pas essayer?

Pendant cette minute de silence, de laquelle je n’arrive pas à m’extraire, voilà ce à quoi j’ai pensé. Et voilà à qui j’ai pensé: à ces jeunes soldats, à ces jeunes enfants, à ce jeune père, à ce tueur, à la mère de ce tueur, à ces familles décimées, à notre humanité endeuillée. Oui, j’ai politiquement pêché par amour en associant dans une même déclaration d’amour les victimes et leur bourreau; je l’ai fait intentionnellement parce que sans intention d’amour il n’y a pas de restauration d’amour. Nous avons besoin de restaurer notre humanité, seul l’amour nous y aidera.

Chaque jour, tentons humblement de devenir un peu plus humain, c’est notre folle condition d’homme. Soyons donc fous d’amour.

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Pause…

8 11 2011

Pour des raisons que la raison m’impose, je vais mettre quelque temps Blog Bleu Primaire en pause, pour quelques semaines ou quelques mois, le temps de me centrer et me concentrer sur d’autres tâches professionnelles en cours où l’écriture et l’action sur le terrain sont à la fois très présentes et très pressantes. 

  • écrits et mémoire professionnels et universitaires à valider d’ici la fin d’année scolaire
  • propositions de nouveaux projets éditoriaux à honorer dans les délais
  • conceptions et mises en place de dispositifs formatifs à imaginer et élaborer
  • stages de formation à animer
  • accompagnement d’équipes à suivre sur le terrain

 

Voilà, professionnellement parlant de quoi remplir largement mes journées et mes soirées à venir. Le temps courant et les délais de réalisation se rapprochant, il me faut réduire certains espaces de production pour me rendre plus disponible, plus sereine et donc plus efficace dans ces différents projets, tout en ménageant la sphère privée, personnelle et familiale:  4 enfants, un mari, et tout plein d’amis, c’est une embarcation dont il faut aussi savoir prendre soin 😉

Moins d’articles donc, voire plus pendant quelques temps, telle est la résolution que je viens sagement (me semble-t-il) de prendre. Tout choix implique en contre-partie renoncement et acceptation, c’est ce qu’on nous apprend dès le plus jeune âge, non?

Les commentaires restant ouverts à la discussion et au dialogue, je ne ferme pas cet espace, je m’y mets juste en retrait…Promenez-vous tant qu’il vous plaira dans les pages et les articles ici en ligne, et retrouvons-nous y, si le cœur vous en dit pour y débattre, poursuivre une question ou approfondir un sujet.

Bonne lecture!

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Mon Wise 2011

4 11 2011

 « Alors Ostiane, Goha, raconte-moi! C’était comment, ce devait être quelque-chose, non?

– Euh, que veux-tu dire?

– Et bien Goha, LE sommet, tu y étais non? Tu y étais ou tu n’y étais pas à Doha, au Wise sommet 2011? »

Comment vous dire…cette question, qui m’a été posée à plusieurs reprises ces dernières heures par différentes personnes en différents lieux, vaut à mon avis la peine qu’on s’y attarde, non pas que la réponse oui/non soit d’un grand intérêt pour le commun des mortels, mais davantage parce la question ainsi formulée interroge directement les nouveaux enjeux éducatifs qui nous attendent et nous défient en cette aube du XXI ème siècle.

Etais-je au Qatar les 1, 2 et 3 novembre dernier?

Voilà une interrogation qui reflète exactement les bouleversements phénoménaux qui s’opèrent dans nos vies actuelles, via les multiples fonctionnalités qu’internet nous offre; usages et pratiques numériques qui de fait, transforment radicalement notre relation au temps, à l’espace, au monde, au savoir.

Laissez-moi vous raconter mon WISE 2011, vous en déduirez par vous-même  la réponse que vous souhaiterez apporter 😉

Nous sommes le 28 octobre; via le statut d’un contact et ami facebook, je lis pour la première le mot WISE et découvre ainsi l’existence de cet événement mondial. Intéressée par l’annonce de cet ami, je clique sur le lien qu’il avait inséré à son statut et arrive sur une page web dont le titre « Changing Societies, Changing Education » m’interpelle.

Innovation, éducation, rencontres internationales, futur, défi planétaire, autant d’invitations au voyage…Un clic m’aura donc suffit à prendre mon billet pour Doha.

Image de prévisualisation YouTube

Comme tout touriste qui se respecte, je décidai de faire ma petite enquête, histoire de me saisir de quelques balises et repères indispensables au bon déroulement du voyage. De clics en liens et de liens en clics, je surfai ici et là, tantôt sur une carte du monde, tantôt sur une vidéo, tantôt sur les réseaux sociaux. Dès que je repérais une information intéressante, je l’enregistrais comme « favori » dans mon menu de navigation, histoire de retrouver sa trace plus facilement en cas de besoin. Vous savez, les petits cailloux blanc du Petit Poucet…

28-29-30-31 octobre. 4 jours de préparation pour 3 jours de pérégrination, c’était un peu court mais avais-le choix? Nous étions la veille du grand départ et si je ne voulais pas louper l’embarquement, il fallait bien me rendre au rendez-vous.

Nous sommes le 1 novembre au matin, me voilà installée dans mon cockpit, assise à Paris, la tête au Qatar…les yeux rivés sur mon écran de contrôle : une fenêtre ouverte en plongée directe sur l’amphithéâtre magistral de la Cité de l’éducation de Goha, une autre sur la balise #Wise2011 de mon fil twitter à lire, traduire et décoder les centaines de retours des 1200 participants qu’à mon tour je rediffusais sous forme de RT (re-twitt) ou de statuts Facebook. Messages pluriculturels et enthousiastes d’inconnus qui partageaient avec le monde entier, avec moi, les inspirants échanges qui avaient lieu, là-bas-tout près, au Sommet Mondial pour l’Innovation dans l’Education.

C’était incroyable de recevoir en direct et via divers canaux de connexion les échos, les images, les voix, les interactions, les applaudissements. Superposition d’espaces-temps. Expérience pluri-sensorielle. Je venais d’entrer dans la 4ème dimension. Je pouvais tout à la fois suivre les passionnants débats sur le plateau central, capter et commenter en direct les questions et impressions de l’assemblée, informer mes propres amis et contacts de ce qui se déroulait là-bas sous mes yeux et engager simultanément sur mon mur facebook plusieurs discussions en parallèle.

1, 2 et 3 novembre 2011

Voyage au centre du World Wide Web

3 jours intenses, intellectuellement, physiquement, socialement, émotionnellement.

 Traitement de l’information en instantané, ressentis et émotions en grandeur réelle.

Oui, une drôle d’expérience dans la 4ème dimension. J’étais assise chez moi ici à Paris, mais j’étais au Qatar ; et pourtant là-bas sans y être, j’ai eu l’étrange sentiment de vivre un moment hors du temps, ou plutôt en connexion totale avec cet incroyable temps numérique qu’internet seul est capable de nous offrir.

WISE 2011, 3 jours riches, généreux, ambitieux auxquels j’ai eu la grande chance de participer. 3 jours où experts, gouvernants, professeurs et étudiants, assis à une même table ont réussi cet incroyable exploit de dessiner l’avenir d’un projet mondial : la création d’un Fonds Global pour l’Education dans le monde.

Alors, étais-je à Doha? 

Que signifie aujourd’hui être en un lieu?

Qu’est-ce qu’explorer les chemins de la connaissance à l’heure des nouvelles technologies?

Comment définir le virtuel du réel?

Ce que j’ai vu n’était pas virtuel, ce que j’ai entendu n’était pas virtuel, ce que j’ai vécu n’était pas virtuel. C’était bien réel. Et c’est bien avec cette réalité nouvelle que nous devons nous saisir du formidable enjeu qui s’offre à nous : faire de notre monde, un monde où chaque enfant, chaque famille, chaque petite fille, puisse, non pas seulement accéder mais participer à ce que nous nommons par ce mot simple: l’éducation. L’innovation pourra nous y aider, mais ne nous laissons pas charmer par les sirènes ensorceleuses, l’innovation sans le cœur, sans l’âme, sans le tissage des cultures et le métissage des hommes ne restera qu’un vœu pieu ; pire encore, ce serait un odieux mensonge et une trahison pour l’humanité toute entière à commencer par les plus faibles d’entre nous que de laisser penser que l’outil se substitue aux actes.

C’est ainsi que Gordon Brown a conclu son magnifique discours. No more speeches, let’s walk the talk, let’s march to do it

Non, ce n’était pas virtuel, c’était bien réel.

  • Un second qui vous en fera vivre la clôture  (le chapitre 6 vous conduira directement au discours de Gordon Brown.)

Et pour terminer ce billet, quelques phrases-clés glanées au fil du web et qui ont ponctuées ces 3 journées.

« Dans le futur, plutôt que des écoles, créons des holistic learning village »

Parole de proviseur: « Chez nous la voix des enfants est entendue: avant d’être institué, j’ai passé un entretien avec mes élèves. » ça se passe au…Danemark

« Notre plus grand problème reste notre incapacité à insuffler à la génération future l’idée qu’elle est capable de changer le monde » Richard Noble

« Productivity in learning is what it takes to transfer efforts in to results. » Agree?

‘ »Accéder à l’éducation n’est pas une fin en soi, pouvoir y contribuer en est une. »

« Horizon pour 2030: favoriser l’émergence de communautés autonomes d’apprenants.’

« Nous avons besoin d’un Printemps de l’éducation. »

« Ce n’est pas parce qu’un gouvernement est responsable de l’éducation qu’il a le monopole de cette responsabilité. » Burt

« L’enjeu de l’apprentissage par les compétences n’est pas tant de préparer nos enfants à l’économie de marché mais plutôt de leur apprendre à penser résolution de problèmes. »

« Depuis 2 jours, expérimente l’exercice du RT branchée sur les balises @diversifier et #wise2011 en direct du sommet international de Goha »

« Un « prix Nobel » de l’éducation attribué pour la première fois http://t.co/j4HtgtHV »

« Pour suivre en direct de #Wise2011 l’arbre de l’innovation de François Muller http://t.co/h6REY5RM »

« Les enfants habitent dans des maisons, pas dans les écoles, les parents font partie du dispositif d’apprentissage, l’apprendre n’appartient pas à l’école. »

« Too many holy cows in education. » Agree but…who are they?…

« Gordon Brown lance un appel pour la création d’un fonds mondial dédié à l’éducation. »

Parole d’étudiant: « L’espace classe n’est plus suffisant, nous avons besoin de nouveaux espaces nomades pour continuer d’apprendre par nous-mêmes et entre nous. »

« En face du toujours plus de technologie il n’y a pas forcément du mieux apprendre. La techno présente dans mon téléphone portable peut bien m’envoyer sur la lune, mais il faut bien que quelqu’un (moi? un tuteur? un professeur? un ami?) allume l’étincelle qui mette le feu aux poudres. »

« WISE is an eminent forum to listen and exchange ideas. It is also a community of different visions on the future of education. »Luc Chatel

« Pour accompagner la persévérance des enseignants et encourager la prise de risque que peut comporter la posture innovante, il faut leur donner les moyens personnels et collectifs de développer leur compétences professionnelles. »

Even without being there, I could feel the WISESpirit. Thank for all the tweets I received from #Wise2011

Open space, open mind, open thinking, open learning, etc. Certains termes parlent mieux dans certaines langues et sont difficilement traduisibles 😉

let’s march to do it!

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Une chose et son contraire

26 10 2011

Peut-on…

Apprendre une chose et son contraire?

Oui, l’annonce d’une naissance sera toujours suivie d’un faire-part de décès…

Aimer une chose et son contraire?

Oui, le doux et l’amer…

Désirer une chose et son contraire?

Oui, décrocher les étoiles en restant les deux pieds sur Terre…

Penser une chose et son contraire?

Si vous avez besoin de quelque chose, appelez-moi, je vous dirai comment vous en passer. (Coluche)

Dire une chose et son contraire?

Oui, lorsqu’on n’en pense pas un mot…

Faire une chose et son contraire?

Oui, pour la paix, faire la guerre…

Démontrer une chose et son contraire?

La mort est un état de non existence. Ce qui n’est pas n’existe pas. Donc la mort n’existe pas. (Woody Allen)

Être une chose et son contraire?

Oui, être soi-même son mon meilleur ennemi!

Démonstration faite, il ne me reste qu’à poser une dernière question…

Mais alors…Peut-on également enseigner une chose et son contraire?

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L’école entre Autorité et Zizanie

22 10 2011

Fiche de lecture:

 

Titre: L’école entre Autorité et Zizanie

Rédaction: collectif d’auteurs-chercheurs au Laboratoire Innovation, Formation, Éducation (LIFE) de l’Université de Genève: Michèle Bolsterli, Danielle Bonneton, Andreea Capitanescu, Monica Gather Thurler, Olivier Maulini, Alain Muller,Philippe Perrenoud, Lorraine Savoie-Zajc, Etiennette Vellas.

Illustrations: De nombreux et savoureux dessins de Barrigue et de Mix et Remix viennent illustrer la réflexion et émaillent avec un humour à la fois  fin et percutant les propos des différents auteurs.

Démarche générale de l’ouvrage: L’école, tout le monde en parle. Chacun de ceux qui s’y sont assis ou qui y ont enseigné, y a vécu une expérience singulière. De cette expérience particulière va naître toute sorte de représentations, de « vérités personnelles » que l’on est tenté de brandir comme autant de slogans ayant valeur de vérités universelles. De cette hétérogénéité d’expériences dont chacune se revendique comme modélisante, naissent de nombreux conflits, de récurrents affrontements idéologiques, d’inefficaces tiraillements structurels, de multiples incompréhensions menant à la peur, au blocage et inexorablement à un immobilisme pernicieux dont tout le monde se plaint mais que chacun alimente à sa façon. Cet ouvrage tente de dépasser les clivages habituels en œuvrant collectivement pour une meilleure compréhension de la complexité des choses autour d’un outil simple, un abécédaire s’organisant autour de 26 mots-clefs illustrant les controverses et les enjeux éducatifs du monde actuel.

La finalité de l’ouvrage: faire du lecteur un acteur averti, un maillon fort au sein d’un système complexe, un professionnel responsable de l’organisation apprenante dont il est lui-même un élément central et moteur.


26 chapitres donc, dont j’ai extrait 26 citations. Le choix de ces dernières n’est pas neutre; comme tout choix, il reflète quelque-chose de soi-même. Dans le cas présent, j’ai souhaité extraire de cet ouvrage des éléments de réflexion qui d’une part, font écho à des pratiques professionnelles mise en œuvre dans le cadre de mes actions de formation, et d’autre part alimentent et structurent la rédaction de mon mémoire professionnel. De nombreux éléments de sociologie des organisations s’y trouvent impliqués et rejoignent ainsi le cadre théorique dans lequel je situe ma réflexion actuelle.

Voici donc un abécédaire-restreint de l’ouvrage cité ci-dessus.

  • AUTORITÉ: « De l’argument d’autorité (soumission), à l’autorité de l’argument (raison), il y a plus qu’un renversement: un projet pédagogique au cœur du projet démocratique. » Olivier Maulini p23
  • BUREAUCRAIE: « Débureaucratiser à bon escient, c’est notamment cesser de penser que les solutions trouvées au centre sont bonnes pour tous les établissements et une fois pour toutes. C’est gérer le système scolaire sans feindre de croire que toutes les écoles sont semblables, c’est prendre en compte leur différences, identifier ce que chacune sait bien faire. Il importe aussi de n’imposer que des principes généraux, un programme-cadre, des objectifs, puis de laisser chaque établissement faire au mieux, en acceptant de rendre compte de son autonomie. » Andreea Capitanescu, p25
  • CONSTRUCTIVISME: « …l’éducateur doit pouvoir trouver chez l’enfant son premier allié. » Etiennette Vellas, p 27
  • DIDACTIQUE: « Le temps de l’enseignement s’écoule alors tranquillement, sans que le temps d’apprentissage ait même commencé. » Alain Muller, p32
  • ENFANT-AU-CENTRE : « … ce n’est ni l’élève, ni le savoir, ni le maître qu’il convient de mettre au centre, mais bien les apprentissages, les obstacles rencontrés et la recherche de la meilleure manière de les surmonter. » Andreea Capitanescu, p35
  • FATIGUE: « La fatigue résulte souvent d’un divorce entre le projet et le mandat, le travail réel et sa reconnaissance explicite, la pratique des professionnels et le discours de l’institution. » Philippe Perrenoud, p 37
  • GALÈRE: « L’antithèse d’une école galère c’est une école qui sait naviguer sur les eaux tumultueuses de l’éducation. C’est une école qui a su identifier, avec ses acteurs, le port que cette équipe souhaite atteindre. L’école n’est plus une galère lorsque les acteurs retrouvent du sens dans leurs actions et prennent plaisir à apprendre et à aider à apprendre. » Lorraine Savoie-Zajc, p39
  • HONTE:  « C’est de cela que l’école, collectivement, pourrait et devrait avoir honte: ne pas savoir, ne pas vouloir, ne pas oser s’organiser, se réorganiser pour que tous apprennent pendant qu’il est temps, laisser se développer des processus d’exclusion au vu et au su de tous, sans prendre le taureau par les cornes. » Philippe Perrenoud, p43
  • ILLETTRISME: « Insistons sur le fait qu’apprendre à lire et à écrire, ce n’est pas seulement acquérir un ensemble de techniques, mais changer son rapport à la culture écrite, au langage, et, plus largement, au monde, le langage étant une voie d’accès à celui-ci. » Alain Muller, p46
  • JEU: « L’étymologie en témoigne: en grec, le mot skholê signifia d’abord loisir, puis loisir consacré à l’étude; en latin, ludus (qui a donné le mot français ludique) avait pour sens à la fois amusement enfantin, jeu, plaisanterie et…école. Platon disait déjà: Laissez les leçons prendre la forme du jeu. » Michèle Bolsterli, p47
  • KRACH: « Le krach économique ne tombe pas du ciel. Il résulte du jeu incohérent des acteurs, il sanctionne ceux qui ont joué avec le feu. Dans l’école, l’effondrement serait du même ordre: personne ne le veut, mais tous y contribuent, en rejetant bien entendu la faute sur les autres… » Philippe Perrenoud, p 51
  • LAXISME: « Dans l’école nouvelle, disait Claparède, les enfants ne font pas ce qu’ils veulent, ils veulent ce qu’ils font. Quand il a du sens, leur travail est intense. Il sollicite la créativité, l’inventivité, la rigueur, la précision, le sérieux, la discipline, bref, l’engagement de chacun dans les activités auxquelles la classe doit s’atteler. » Olivier Maulini, p 53
  • MESURE: « En regard des enjeux éducatifs, la note scolaire paraît un outil bien dérisoire. L’affirmation qu’elle est « démocratique » parce que tous les parents la comprennent est sans fondement. Toutes les expériences de scolarité sans note montrent que les parents peuvent être informés de façon plus nuancée, interactive, bref plus intelligente et moins traumatisante pour ceux dont les enfants sont en difficulté. » Danielle Bonneton, p57
  • Niveau: « Ce que montrent les enquêtes internationales, c’est qu’il faut sortir des fausses contradiction. Les pays qui font l’effort d’intégrer et de former tous les élèves ne nivellent pas par le bas. Ils progressent sur chaque plan, y compris celui de l’élite. » Olivier Maulini, p 60
  • OBJECTIFS: « Cette année, mon objectif est d’atteindre mon objectif »

illustration par Mix et Remix, Philippe Perrenoud, p 61

  • PÉDAGOGIE: « Éduquer et instruire, c’est mettre en présence un sujet singulier, ses croyances et ses représentations culturellement ancrées, avec un savoir et des règles de vie relevant d’une certaine universalité. Ici, encore, le pédagogue refusera de jouer l’un contre l’autre, mais tentera d’articuler leur opposition, car il sait qu’un savoir ou une règle de vie, aussi universels soient-ils, même s’ils se dressent en fin de compte contre des croyances et représentations initiales d’un sujet singulier, se construisent d’abord à partir d’elles. » Alain Muller, p 65
  • QUALITÉ: « On peut parier que seuls parviendront à élever durablement la qualité de leur enseignement les systèmes qui en feront l’expression d’une préoccupation et d’une vision collectives plutôt qu’une arme utilisée par la bureaucratie contre les acteurs. » Monica Gather Thurler, p70
  • REDOUBLEMENT: « L’impuissance de l’école à construire des réponses positives au problème de l’échec ne contrarie pas, au contraire, ceux pour qui l’échec des uns paraît la condition de la réussite des autres. » Danielle Bonneton, p 73
  • SAVOIR: « Nos sociétés sont, de plus en plus, des sociétés du savoir. Le travail, la recherche, la technologie, la formation, tout contribue au développement presque exponentiel des connaissances. La sphère du connu grandit, et à sa surface grandit ce qu’il nous reste à connaître. » Olivier Maulini, p74
  • TRANSMISSION: « La nature se transmet naturellement, mais la culture se transmet culturellement. C’est à dire qu’elle ne s’inocule pas, on ne l’inculque pas. La transmission des savoirs est une visée, mais elle n’est pas spontanée.  » Olivier Maulini, p 78
  • UTOPIE: « Conserver le souffle de l’utopie sans cesser de plier l’action aux conditions de réel, tel est le défi des pédagogues! » Etiennette Vellas, p82
  • VERBIAGE: « La formation initiale et continue des enseignants cherche aujourd’hui, presque partout, à former des praticiens réflexifs. pour développer les possibilités de réfléchir sur ses actions pédagogiques, l’enseignant doit pouvoir mettre des mots sur ce qu’il fait, sur les questions qu’il se pose, sur ses raisonnement s et ses gestes professionnels. Les moyens qu’il se donne relèvent de la didactique, de la psychologie cognitive, de la psychanalyse, de la sociologie, autant de disciplines dont il faut en partie assimiler le langage. » Michèle Bolsterli, p 84
  • WEB: « Aucune activité humaine ne se réduit à la technologie, mais toutes l’intègrent. » Olivier Maulini, p 86
  • X-FILES: « Le véritable changement ne peut être conduit à partir de connaissances et de procédures existantes, il ne peut être décidé et garanti par décret. Il ne se réalise qu’au prix d’une véritable expérimentation, de nouvelles découvertes, de multiples ajustements des manières de penser au sein des organisations et des communautés scolaires. » Monica Gather Thurler, p91
  • YAKA: « Entre pensée magique et obsession de tout maîtriser d’avance, il importe de trouver un moyen terme. Pour qu’une action collective visant à changer les pratiques puisse faire la différence, faire progresser les uns et les autres, contribuer à améliorer sensiblement les apprentissages des élèves, il faut qu’elle s’inscrive dans la zone proche de développement des principaux acteurs concernés. »  Monica Gather Thurler, p94
  • ZIZANIE: « En fin de compte, ne sèment la zizanie que les acteurs durablement exclus du processus de décision et dont le seul recours est donc de troubler le jeu. Le pilotage négocié, au centre et dans les établissements, vise à transformer les conflits en débats et le chacun pour soi en recherche méthodique de compromis acceptables […] Apprendre à écouter, à argumenter, à négocier, à chercher des accords équitables, à vivre et à décider ensemble n’est donc pas un programme réservé aux enfants… » Philippe Perrenoud, p97

Le plus de l’ouvrage: A la fin de chacun des chapitres, les auteurs nous invitent à nous engager plus loin dans la réflexion en citant 3 ou 4 auteurs et ouvrages ciblés en fonction de la problématique traitée. Précieuses sources documentaires à explorer personnellement et collectivement dans une démarche d’apprentissage transformationnel (pléonasme?)… 😉

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Projet d’alphabétisation en Côte d’Ivoire

20 10 2011

Le taux d’analphabétisme en Côte d’Ivoire avoisine les 52%. Les couches sociales les plus atteintes par ce fléau sont les femmes avec 67%. Or, la pauvreté ne peut être efficacement combattue si le taux d’analphabétisme est élevé.

Je suis partie en tant que volontaire pendant 3 mois sur une mission de solidarité internationale qui débuta en septembre 2010. Sur place j’ai travaillé sur une mission d’alphabétisation avec une organisation locale

Aujourd’hui, j’ai besoin de vous pour cette aventure; réussissons ensemble à agrandir ce centre d’alphabétisation et à le rendre autonome.

Oriane, 24 ans

En soutenant le projet d’Oriane, c’est un village entier que vous soutenez. Je la soutiens parce que c’est un beau projet, parce que c’est une femme au service des femmes, parce que c’est ma nièce aussi…Ne sommes-nous pas tous responsables de l’humanisation du peuple des hommes? Prenez quelques secondes pour découvrir son projet d’alphabétisation au cœur de la Côte d’Ivoire.

Merci pour elle(s)

  • Pour en savoir plus, je vous invite en un clic, à vous rendre directement  sur le site
  • N’hésitez pas à diffuser largement autour de vous, auprès de vos proches, sur vos réseaux sociaux …

Il faut tout un village pour éduquer un enfant (proverbe africain)

Make it happen :-)

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Mémoire et procrastination

14 10 2011

Du rôle essentiel de la procrastination…

Combien de semaines? Combien de nuits blanches ont-elles été nécessaires pour parvenir à coucher sur le papier les toutes premières semences de ce qui devrait un jour donner naissance à ce qu’on appelle, dans le cadre de la formation, un écrit de mémoire professionnel(le)?

Combien d’allers-retours cérébraux, de courts-circuits neuronaux, combien de combats intérieurs auront-ils été nécessaires pour me sentir capable d’affronter ce matin, ce premier face à face physique, concret, réel entre moi et moi? Entre ma mémoire, mon mémoire et moi…

Prendre une feuille vierge, choisir deux, trois ou quatre crayons de couleurs et se laisser porter. Nous sommes vendredi 14 octobre, il est 10h du matin, il fait beau dehors et le soleil inonde mon bureau par la fenêtre entrebâillée.  Enfin, m’y voilà. Portée par qui? par quoi?

 

C’est drôle l’écriture tout de même, voilà des mois et des mois que je griffonne dans ma tête, que je gomme, que je rature, que je recommence, que j’efface, que je déchire, que je jette. Un jour exaltée, le lendemain désespérée. Comment m’y prendre? comment trier? comment commencer…si je ne cesse de recommencer. Tant de sujets m’intéressent, tant de projets m’attendent, et encore tant à apprendre également.

Pourtant, allez savoir pourquoi, ce matin, je suis enfin parvenue à lever ce lourd rideau qui obstruait mon esprit et laisser couler le flot d’images mentales qui se sont, comme par magie, déposées sur le papier sous la forme de mots! La procrastination a fait son œuvre…

Bon, ok, ce n’est qu’un tout tout premier jet de l’ébauche d’une pensée en construction…mais tout de même…Le plus difficile, je crois, c’est de commencer.

Pour commencer, il faut oser, il faut choisir…

Tiens, curieusement, il se trouve que le thème même de ce mémoire portera sur la notion de choix.

En partant de l’hypothèse qu’il ne peut y avoir d’apprentissage sans choix, il faudra nécessairement s’interroger sur la nature de ces choix, leurs différentes fonctions, leurs limites également, puis par effet ricochet, se demander quelle(s) place(s) on lui confère dans notre enseignement et dans nos dispositifs formatifs. Se poser la question de notre propre relation à l’apprentissage demeure centrale, considérant que tout enseignant, comme tout formateur, n’en reste pas moins un apprenant au long cours, un professionnel en formation permanente.

Il faudra bien évidemment tout d’abord cerner ce qu’on entend derrière le terme de choix.

Bon, et bien voilà pour aujourd’hui. Bien entendu, si vous aviez des suggestions de lectures, des propositions d’articles, des contributions personnelles et professionnelles à proposer en lien avec ce sujet, n’hésitez pas à m’en faire part. Je suis preneuse d’idées, de conseils, de pistes méthodologiques, etc.

Au fait, la procrastination, c’est quoi?

C’est un peu ça…

Procrastination from ism studios on Vimeo.

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La joie d’apprendre et le bonheur d’enseigner

11 10 2011

Envie ce matin de partager avec vous cet extrait d’un texte d‘Isabelle Bochet, tiré de l’ouvrage « Les cahiers de l’éducation ». Des mots qui font sens me semble-t-il, et redonnent sens à notre posture éducative. Des mots qui résonnent comme un appel lancé à notre vigilance enseignante. Des mots qui nous engagent dans une réflexion d’une urgente actualité…A l’heure de la mise en œuvre des livrets de compétences et du risque de plus en plus avéré de la marchandisation des savoirs, à l’heure de l’évaluationnite aiguë et du  mal-être de nos élèves et de nos enseignants, ce texte apparaît comme une belle invitation au discernement. Retrouver le sens des choses essentielles: retrouver la joie d’apprendre et le bonheur d’enseigner.

« On peut se demander ce qu’est, au plan de l‘enseignement, une éducation par pression, ou encore par dressage.

J’y verrais volontiers un enseignement qui donnerait la priorité à l’acquisition de savoir-faire et au montage d’automatisme: ceux-ci permettent de réussir tel ou tel exercice sans même vraiment réfléchir et semblent une sécurité, mais c’est au prix du risque de la pensée! La nécessité incontestable de ces savoir-faire ne doit donc pas masquer leur caractère relatif: tout automatisme, dans l’existence humaine, a pour fonction de libérer l’esprit pour autre chose, non de l’étouffer ou de l’anesthésier.

Je me demande parfois si nous ne faisons pas trop de ces savoir-faire une fin, alors qu’ils ne sont que des moyens. Les élèves eux-mêmes nous y incitent en cherchant des recettes, des moyens de réussir à tout coup. Mais si les élèves privilégient la sécurité, n’est-ce pas parce que nous ne leur avons pas assez donné le goût d’un certain risque, d’une invention au plan de la pensée? N’est-ce pas aussi parce qu’ils sont victimes de la pression sociale? L’importance donnée aux notes tue par avance toute forme d‘initiative qui risquerait d’être moins payante.

Il serait bon de les libérer, ne serait-ce qu’un peu de ce souci, et de ne pas perdre de vue que la finalité de notre enseignement va bien au-delà de la réussite du baccalauréat. […]

Bien des questions pourraient être posées ici. Laissons-nous, par exemple, suffisamment d’espaces de silence pour permettre l’appropriation personnelle (y compris pendant nos cours) ? Ne nous laissons-nous pas entraîner parfois, en, raison même des programmes, par la boulimie des connaissances? Discerner l’essentiel du secondaire s’avère une priorité, si nous voulons ménager des espaces pour la réflexion personnelle.

Comment susciter, d’autre part, le désir et la joie d’apprendre? Qu’inventer pour créer à nouveau un élan? Quelles initiatives laisser aux élèves pour leur permettre la joie d’une découverte personnelle?

Isabelle BOCHET, agrégée de philosophie, auteur, professeur au centre Sèvres et à la Faculté de philosophie de l’Institut Catholique de Paris

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C’est quoi encore le problème?!

27 09 2011

A vos agendas! Ou plutôt, devrais-je dire: à vos télécommandes!

Ce soir, sur Arte, sera diffusé un documentaire inédit sur la relation école-famille. L’ironie du calendrier a voulu que ce film soit programmé le soir même du jour de la première grande mobilisation du monde enseignant en cette rentrée scolaire 2011-2012…Les enseignants dans la rue: effet communication de masse assuré mais effet communication dialoguée assez restreint.

Pied de nez ou acte manqué? Il n’en demeure pas moins qu’on ne peut nier que cette délicate relation se construit également par le biais de cette réalité concrète vécue par les familles lors de ce genre de situation. D’où ce petit billet du jour.

« Bon, et ce matin, je fais quoi, moi?

Et surtout je fais comment avec mon fils sur les bras, avec ma fille en vadrouille?

Et puis, c’est quoi encore le problème?

Et oui…C’est quoi le problème?

Entre ce que l’on croit, ce que l’on présuppose, ce que l’on a entendu dire sur le trottoir de l’école d’en face et ce que l’on ignore totalement par manque d’information et abus de désinformation, l’espace laissé aux familles au libre vagabondage d’un imaginaire fantasmagorique très fécond est bien souvent la première source d’incompréhension, de quiproquo voire de conflits potentiels.

Nous, professionnels de l’éducation sommes bien au fait des réalités qui nous contraignent au quotidien, mais les parents, qui vivent d’autres réalités dans d’autres espaces ne sont pas susceptibles de connaître et donc de comprendre le pourquoi du comment d’un mouvement de grève et de protestation. Ce n’est pas parce qu’ils déposent tous les jours leurs enfants au portail de l’école ou qu’ils signent les cahiers de correspondance de leur collégien qu’ils sont censés savoir ce qui se passe réellement à l’intérieur de cette école, de ce collège, de ce lycée, de cette boite noire qu’est encore bien trop souvent l’établissement scolaire. D’où représentations, fantasmes, impatience, exaspération, colère…

« C’est quoi encore le problème »

Alors voilà, en vrac et dans le désordre, voici donc quelques éléments problématiques:

1/ Les problèmes vus du côté des élèves:

  • rythmes scolaires inappropriés = fatigue
  • classes surchargées = écoute personnelle refusée
  • accueil inadéquat des enfants à besoins particuliers = violence psychique et physique
  • disparition progressive du personnel spécialisé = aide spécifique impossible
  • locaux et matériel inadaptés = climat de vie scolaire perturbé
  • incohérence des évaluations en général et des évaluations nationales en particulier = rupture de confiance
  • inadéquation des programmes = incompréhension
  • mise en concurrence face à l’idée de réussite scolaire = stress

Bref, un non respect des spécificités physiologiques, psychologiques et cognitives de l’enfant et un manque de prise en compte des différentes étapes liées à son bon développement entrainant de fait un sentiment de solitude, d’exclusion et d’abandon d’un grand nombre d’entre eux qui se sentent au quotidien, blessés dans leur intégrité physique et intellectuelle et rejetés par l’ensemble des adultes et des quelques camarades, plus normés qu’eux.

2/ Les problèmes vus du côté des enseignants:

  • suppression de la formation initiale = violence faite aux jeunes néo-titulaires
  • injonctions paradoxales à tout va = confusion
  • réformettes successives au petit bonheur la chance = exaspération
  • déficit d’accompagnement des équipes éducatives = sentiment d’abandon
  • inexistence de gestion des ressources humaines = démotivation
  • manque de stabilité des équipes en place = désengagement
  • pression de plus en plus forte face à la notion de réussite scolaire = stress

Bref, un non-respect tant de la personne que du professionnel, un manque de soutien au niveau des équipes d’établissement entrainant de fait, là aussi, un sentiment de solitude, d’impuissance et de culpabilité des enseignants face à l’exclusion d’un nombre de plus en plus conséquent de jeunes considérés par le système comme inaptes au système. Car oui, pour la grande majorité d’entre nous, faut-il le rappeler,  nous avons choisi ce métier, cette fonction, cet engagement humain non pour exclure, cloisonner, sectoriser, niveler, formater, dresser des futurs lauréats mais pour ouvrir des chemins, soutenir des passions, élargir l’accès aux savoirs, rendre  belle l’expérience de l’apprentissage, aider au surpassement de soi et non des autres, faire grandir la personne qu’est l’élève, dans toutes ses dimensions et pas seulement dans sa dimension de futur rouage économique au service du marché économique.


Notre grand malheur en fin de compte -c’est ainsi que je le ressens, et c’est ainsi me semble-t-il qu’une grande partie d’entre nous le ressent également- notre problème donc, c’est que nous sommes partie intégrante du problème; plus que de simples maillons, nous incarnons ce système, nous le servons, nous l’exploitons même. Au lieu de servir l’enfant, oui, nous servons le système. Et c’est ce qui à mon sens devient le plus insupportable. C’est la cause de nombreuses démissions, de nombreuses dépressions, de nombreuses démobilisations. D’où la mobilisation de ce jour. Les enseignants se mobilisent pour éviter la démobilisation générale.

Il me semblait important aujourd’hui, d’exprimer cela aux familles, pour qu’elles comprennent, pour qu’elles soutiennent ou au contraire pour leur laisser le choix de ne pas être d’accord, en connaissance de cause.

Mais revenons-en au point de départ de cet article. La relation parents-profs…

Petit retour en arrière: en juin dernier, Isabelle Cottenceau, journaliste et réalisatrice pour Arte, me contacte en vue de me rencontrer. En effet,  à l’occasion de la préparation de cette émission, et en marge du film lui-même, elle souhaitait recueillir le témoignage de plusieurs acteurs de terrain. Une manière de mener l’enquête au plus près du réel. A la fois enseignante, maman d’élève et formatrice sur ce thème délicat, j’ai en effet quelques idées sur la question. Modeste contribution, certes, mais contribution de terrain. Ainsi, nous avons longuement échangé au soleil autour d’un petit café. Et je l’avoue, ce soir, je suis impatiente de voir et d’écouter le résultat de son reportage.

Je constate en passant, que l’affichette humoristique (voir ci dessus) que je lui avais laissée en souvenir de notre café-rencontre a fait mouche puisqu’elle est en parti reprise dans le titre d’une des séquences de l’émission.

Ce soir il sera question, entre autre chose, du projet de l’école Pajol que j’ai eu par ailleurs l’occasion de rencontrer lors de mes pérégrinations formatives. Une équipe éducative située dans le quartier de la goutte d’or, dans le 18ème arrondissement de Paris. Cet établissement, de par son projet innovant en matière d’accompagnement éducatif fait partie des établissements qui entrent dans le cadre de l’article 34 de la loi d’orientation pour l’avenir de l’école promulguée en 2005. Ce statut particulier donne le droit à l’école d’expérimenter et de mettre en place une organisation particulière au plus proche de ses besoins, c’est à dire au plus proche des besoins des familles qui lui ont donné leur confiance et confié leurs enfants, nos élèves.

Au cours de l’émission, nous voyagerons également en Allemagne. Et pour finir, en fin de soirée, Philippe Meirieu débattra sur le sujet de la relation parents-profs avec un autre invité d’honneur venu d’Allemagne, Christan Füller

En guise de conclusion et d’invitation pour aller plus loin:


Alors, à ce soir 😉

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Des outils pour mieux apprendre

26 09 2011

« A partir de travaux et d’expériences développés en Europe de l’Est puis aux Etats-Unis et en Australie, le « mieux-apprendre » propose une approche théorique et pratique en cohérence avec la personnalité de celui qui apprend et la personnalité de celui qui transmet.
Cette approche s’appuie autant sur un bon sens parfois oublié que sur les travaux de chercheurs et de pédagogues. Elle fait découvrir qu’apprendre n’est pas forcément une question de mémoire, de prédispositions ou d’intelligence. Il s’agit surtout de mieux utiliser nos facultés naturelles à travers un processus et un environnement adaptés.
A travers des outils simples, cette approche plus naturelle du fait d’apprendre permet de (re)trouver plaisir, confiance en soi, et une meilleure relation à soi-même et aux autres. » Source: Mieux-apprendre.com

Dans le cadre de ma formation au titre universitaire de formateur, entamé début 2009, et en parallèle des actions de formation que je mets en place à la demande d’équipes d’école ici ou là, il m’est demandé de suivre un certain nombre de modules obligatoires délivrés par les organismes institutionnels comme le CEPEC de Lyon, l’ISP-Faculté d’éducation de Paris et son homologue, l’IFUCOM d’Angers.

Ainsi, formation et pérégrination sont deux mots que je vis et expérimente depuis quelques mois déjà. Je dirais même plus, l’un ne va plus sans l’autre, ils sont devenus indissociables, ce qui n’est pas pour me déplaire, je l’avoue.

Pour autant, le monde de la formation ne s’arrêtant pas aux frontières de l’éducation nationale ni à celui des instituts missionnés, j’ai décidé cette année d’opter également pour un parcours professionnel élargi, en marge des chemins traditionnels. C’est ainsi que depuis quelques temps, je me suis penchée sur les travaux de Bruno Hourst et de son équipe du Mieux Apprendre.

 

 

S’intéresser à l’étude des intelligences multiples, à l’approche des techniques de lecture active ou encore à celle des stratégies de mémorisation, c’est s’intéresser d’un peu plus près à tout ce qui touche à l’apprentissage, et donc à l’enseignement, dans une optique d’ouverture, de mobilisation et de développement des ressources et des compétences propres à chacun; ressources souvent mal exploitées car ignorées.

Chaque apprenant est doté de circuits cognitifs qui lui sont personnels. Mieux les connaître et mieux se connaître, c’est faire le pari d’une optimisation des savoirs-faire de chacun en vue de la mise en place d’une pédagogie différenciée qui optera, non pas sur la démultiplication des « niveaux » d’apprentissage, mais plutôt sur un apport diversifié d’approches facilitant une meilleure prise en compte des particularités et des parcours de chacun. Tirer le meilleur parti de la diversité dans une démarche pédagogique, tel est l’enjeu.

C’est ainsi que jeudi et vendredi prochain, j’ai la grande chance de participer aux ateliers proposés par Bruno Hourst et son équipe. Deux jours entiers consacrés aux techniques du Mieux apprendre, ce serait dommage de passer à côté, vous ne trouvez pas 😉

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La fable des animaux républicains

22 09 2011

 


Britt- Marie Barth            André de Perreti

Hier, dans le cadre de la rentrée des formateurs de l’ISP-Faculté d’éducation, j’ai eu la grande chance de participer à une journée de réflexion collective autour d’un thème majeur, celui de l’évaluation des compétences. Matinée inaugurée par Britt-Mari Barth et animée par André de Perreti. Il serait trop long pour moi d’écrire un compte-rendu rendu complet de cette journée, et trop fastidieux pour vous d’en lire le contenu. Ainsi, j’ai choisi de vous raconter une histoire. Un regret cependant, je ne peux que vous transmettre le texte par écrit alors que j’aurais tant aimé enregistrer la voix de ce grand Monsieur de…95 ans!

Il était une fois…

Un jour, les animaux décidèrent de faire quelque chose pour résoudre les problèmes du monde moderne. Ils organisèrent donc des élections, et un ours, un blaireau et un castor furent désignés membres de la Commission d’Enseignement.

Un hérisson fut engagé comme professeur. Le programme scolaire consistait à courir, grimper, nager et voler, et, afin de faciliter l’enseignement, l’on décida que toutes ces disciplines seraient obligatoires.

Le canard battait tout le monde à la nage, même son professeur, mais il était très médiocre quand il s’agissait de voler et complètement nul à la course. C’était là en fait un si mauvais élève qu’on décida de lui donner des leçons particulières : il devait donc courir pendant que les autres allaient nager. Cet entraînement meurtrit tellement ses pieds palmés qu’il obtint à peine la moyenne à l’examen de natation.

L’écureuil grimpait mieux que quiconque, avait toujours la meilleure note en escalade, 18 sur 20. Voler, par contre, lui déplaisait profondément car le professeur exigeait qu’il saute du haut de la colline, alors que lui préférait s’élancer de la cime des arbres. Il se surmena tant qu’au bout d’un certain temps, il n’obtint plus que 8 en escalade et 6 à la course.

L’aigle était une forte tête que l’on punissait très souvent. Il éclipsait tous les autres quand il fallait grimper aux arbres, mais ne voulait utiliser que sa propre méthode. On décida donc de le mettre dans une classe d’observation.

  Le lapin était tout d’abord le champion de course à pied, mais les heures supplémentaires qu’on lui fit faire à la piscine finirent par lui donner une dépression nerveuse.

A la fin de l’année scolaire, une anguille prodige, médaille d’or de natation, et qui savait aussi grimper, courir et même voler un peu, obtint la meilleure moyenne dans toutes les disciplines. Elle fut donc désignée pour prononcer le discours de fin d’année lors de la distribution des prix.

Creuser des galeries ne figurant pas au programme scolaire, la taupe ne put aller en classe. Elle n’eut donc d’autre choix que d’envoyer ses enfants en apprentissage chez le blaireau. Plus tard, ils s’associèrent avec les sangliers pour fonder une école privée, et celle-ci eut beaucoup de succès 😉

 

  • Morale de cette histoire?

Le propre d’une fable n’est-il pas d’en donner le sens sans avoir à l’expliciter davantage?

Néanmoins, pour ceux qui veulent creuser la question et en savoir plus sur la genèse et l’histoire de cette fable, je vous invite fortement à vous rendre sur le site Diversifier de François Muller, grand ami d’André de Perreti et fidèle disciple.

Une autre manière d’illustrer ce propos, avec d’autres personnage…

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L’autorité, une question de limites

20 09 2011

Être l’autorité, avoir de l’autorité, faire autorité. Trois expressions couramment employées.

L’exercice de l’autorité en classe, qu’il s’agisse du respect de la loi, de la norme, de la morale ou encore de celui du statut, se rapporte bien évidemment aux exigences du cadre collectif bien particulier qu’est l’école. Pourtant, au-delà du cadre, il se confronte toujours et avant tout à la personne qu’on est, au filtre du « je » intime, social ou professionnelle qui nous fonde au plus profond de nous-même.

Ma collègue d’en face ne supporte pas le mouvement, je ne supporte pas le silence. Celui d’à côté tolère les retards, je les accepte très mal. Le maître de mon fils se fait tutoyer, mes élèves doivent m’appeler Madame.  Un enfant ne fait pas ses devoirs, il les fera plus tard, restera à la récréation ou sera sanctionné par une heure de retenue? etc. Les exemples de dissonances sont multiples et récurrentes à l’école. Il n’y a qu’à entrouvrir la salle des profs et écouter les avis des uns et des autres… Qui a tort? qui a raison? Y a-t-il de bonnes réponses et de mauvaises réponses?  Existe-t-il des règles d’or inaltérables à définir collectivement, une fois pour toute? Force est de constater que cette question de l’autorité, qui ne date pas d’hier, ni d’avant-hier d’ailleurs, reste une question centrale à l’école, en famille mais aussi au bureau, dans le métro, sur le trottoir, à la télé, et  jusque dans nos pires cauchemars.

A chacun selon ses limites, ses valeurs, ses représentations, ses peurs. Une journée d’école est jalonnée de mille et un micro-événements vécus par certains comme de simples perturbations et par d’autres comme de véritables infractions. De l’anecdote sans conséquence à la faute caractérisée…du léger écart de conduite à la transgressionl’exercice de l’autorité n’est pas chose aisée.

Je vous propose un petit jeu. Voici une liste non exhaustive de perturbations courantes à l’école. Je vous propose d’en choisir UNE et une seule. Celle que vous considérez comme fortement dérangeante dans votre pratique de classe. Une fois choisie, je vous invite à exprimer ce qui vous conduit, vous, à considérer cette « perturbation » comme insupportable et enfin, et si vous en êtes d’accord, à nous raconter une situation qui s’y rapporte et que vous avez vécue.

NB: L’objectif ici n’est pas de se répondre les uns les autres et d’entamer une discussion à bâtons rompus mais plutôt, à tour de rôle, de s’exprimer librement sur ce qui nous pose un problème d’acceptation et donc nous conduira d’une manière ou d’une autre à exercer notre autorité. Tolérance, bienveillance et écoute ne sont-ils pas des mots que nous rabâchons à longueur de journée à nos enfants et nos élèves? Témoignages en direct, à vous la parole 😉

 

Liste non exhaustive de perturbations courantes

D’après l’ouvrage de Bruno Robbes L’autorité éducative en classe. 12 situations pour apprendre à l’exercer, ESF éditeur

 

  1.         l’élève qui ne croise jamais votre regard
  2.         l’élève qui vous regarde droit dans les yeux
  3.         l’élève qui se retourne sans arrêt vers ses voisins de derrière
  4.         l’élève qui utilise systématiquement les affaires du voisin
  5.         l’élève qui n’a pas ses affaires pour travailler
  6.         l’élève qui garde son blouson, sa casquette ou son foulard en classe
  7.         l’élève qui graffite sur ses cahiers
  8.         l’élève qui manipule continuellement des objets
  9.         l’élève qui se balance sur sa chaise
  10.         l’élève qui n’apprend jamais ses leçons
  11.        l’élève qui se déplace sans demander l’autorisation
  12.        l’élève qui ne lève pas la main pour demander la parole
  13.        l’élève qui mange ostensiblement des bonbons
  14.        l’élève qui arrive régulièrement en retard
  15.        le garçon qui refuse de s’assoir à côté d’une fille
  16.        la fille qui s’habille à la manière d’une ado
  17.        l’élève qui tient des propos racistes
  18.        l’élève qui en classe refuse d’exécuter une tâche
  19.        l’élève qui fait des bruits de bouche, de succion
  20.        l’élève qui parle tout seul en classe
  21.        l’élève qui se lève à la sonnerie sans attendre votre signal
  22.        l’élève qui insulte ses camarades
  23.        l’élève qui fait passer des petits mots en classe
  24.        l’élève qui triche

Quelques liens pour aller plus loin:

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Question de rythmes

30 08 2011

Chi va piano, va sano

Et pourtant, à quelques jours de la rentrée…

Plannings, emplois du temps, rythmes scolaires…

Gestion des agendas, des activités, des rendez-vous…

La rentrée, qu’elle soit scolaire, professionnelle, ou « simplement » familiale, est toujours un moment délicat…

Et si nous commencions par un petit sketch de remise à niveau?

Bonne rentrée à tous :-)

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Excusez-moi, je suis un peu essoufflé !
Je viens de traverser une ville où tout le monde courait.
Je ne peux pas vous dire laquelle…
Je l’ai traversée en courant !
Lorsque j’y suis entré, je marchais normalement,
Mais quand j’ai vu que tout le monde courait…
je me suis mis à courir comme tout le monde sans raison !

À un moment, je courais au coude à coude avec un monsieur.
Je lui dis :
— Dites-moi… Pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?
— Parce qu’ils le sont ! Vous êtes dans une ville de fous ici… Vous n’êtes pas au courant ?
— Si, Si, des bruits ont couru !
— Ils courent toujours !
— Qu’est-ce qui fait courir tous ces fous ?
— Tout ! Tout ! Il y en a qui courent au plus pressé. D’autres qui courent après les honneurs… Celui-ci court pour la gloire… Celui-là court à sa perte !
— Mais pourquoi courent-ils si vite ?
— Pour gagner du temps ! Comme le temps, c’est de l’argent, plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
— Mais où courent-ils ?
— À la banque ! Le temps de déposer l’argent qu’ils ont gagné sur un compte courant… et ils repartent toujours courant, en gagner d’autre !
— Et le reste du temps ?
— Ils courent faire leurs courses… au marché !
— Pourquoi font-ils leurs courses en courant.
— Je vous l’ai dit… parce qu’ils sont fous !
— Ils pourraient tout aussi bien faire leur marché en marchant… tout en restant fous !
— On voit bien que vous ne les connaissez pas ! D’abord le fou n’aime pas la marche…
— Pourquoi ?
— Parce qu’il la rate !
— Pourtant, j’en vois un qui marche !
— Oui, c’est un contestataire ! Il en avait assez de courir comme un fou. Alors il a organisé une marche de protestation !
— Il n’a pas l’air d’être suivi ?
— Si, mais comme tous ceux qui le suivent courent, il est dépassé !
— Et vous, peut-on savoir ce que vous faîtes dans cette ville ?
— Oui ! Moi j’expédie les affaires courantes. Parce que même ici, les affaires ne marchent pas !
— Et où courez-vous là ?
— Je cours à la banque !
— Ah !… Pour y déposer votre argent ?
— Non ! Pour le retirer ! Moi je ne suis pas fou !
— Mais si vous n’êtes pas fou, pourquoi restez-vous dans une ville où tout le monde l’est ?
— Parce que j’y gagne un argent fou !… C’est moi le banquier !…

Raymond DEVOS

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L’enfant et son éducation, 3ème édition des journées scientifiques de l’Université de Nantes

24 08 2011

En guise de pré-rentrée, je souhaitais partager avec vous le contenu d’une table ronde…

Une table ronde, animée  par David Pouilloux, rédacteur en chef de Nantes Métropole, a conclu la 3e édition des Journées Scientifiques de l’Université de Nantes. Les deux conférenciers invités – Roger LÉCUYER et Agnès VAN ZANTEN – Jean-Christophe ROZÉ, chef du service de médecine néonatale au CHU de Nantes, Catherine CHOQUET, adjointe au Maire de Nantes en charge de la petite enfance, de la santé et des personnes handicapées et Agnès FLORIN, professeur en psychologie de l’enfant et de l’éducation à l’Université de Nantes ont ainsi pu répondre aux questions du public sur le thème de l’enfant.

Source web: les journées scientifiques de l’université de Nantes

Après écoute du lien audio (joint ci-dessous), voici déclinés, en guise de sommaire, les différents sujets évoqués lors du débat qui a fait suite à l’exposé des chercheurs, entre le public présent à ses journées scientifiques et les conférenciers en charge de la diffusion de leurs savoirs.

1. sur l’accompagnement scolaire:

  • le développement de collectifs de parents dans le domaine de l’accompagnement scolaire
  • le rôle de l’activité citoyenne et de la mise en réseau des inter-connaissances via le tissus social et environnemental
  • le dialogue entre les familles, l’école et les différentes institutions partenaires
  • la  question de la stabilité des équipes d’établissement

2. sur la fatigabilité du jeune enfant:

  • l’appétence innée du jeune enfant pour le savoir
  • les effets de la compétition scolaire et de la sur-stimulation
  • la nécessité d’identifier et de respecter les signaux d’auto-régulation, par le très jeune enfant lui-même, de sa capacité d’engagement attentionnel
  • les vertus de l’ennui et l’importance de l’imagination dans le développement cognitif de l’enfant

3. sur le lien entre le travail des chercheurs et les mises en pratiques sur le terrain:

  • le regard porté sur l’enfant semble avoir sensiblement évolué dans le domaine médical depuis 2 décennies
  • certaines contingences budgétaires et politiques rendent difficile le transfert sur le terrain des conclusions des chercheurs
  • le rôle et la position des médias dans la diffusion des rapports et des enquêtes des chercheurs
  • la quasi absence de connexion entre le domaine de la recherche et celui de la formation initiale et continue des professionnels de l’enfance

4. sur la méthodologie employée par les chercheurs auprès des très jeunes enfants:

  • l’observation des réactions faciales de l’enfant face aux stimuli extérieurs
  • la durée de fixation du bébé sur l’objet interrogé

5. sur la question du repérage du potentiel des enfants et de leur accompagnement scolaire:

  • la nécessité de prendre en compte l’évolution du contexte de scolarisation
  • la problématique de l’orientation dans un système de massification de l’enseignement
  • le défi de la double prise en compte de la massification de l’enseignement et de la personnalisation des parcours
  • l’importance d’apprendre de l’expérience d’autres systèmes éducatifs
  • l’impact de l’expérimentation de certains enseignants mettant en place des pratiques innovantes

6. sur la mixité sociale:

  • l’enjeu des politiques locales et sociales
  • la nécessité d’une cohérence sur le long terme pour lutter contre le concept de l’entre-soi
  • la question des responsabilités collectives et individuelles
  • la problématique des reproductions sociales

7. sur la responsabilité éthique du chercheur:

  • les effets pervers d’une vulgarisation mal maîtrisée de la recherche et de son interprétation
  • le développement de la mise en place, par les familles, de stratégies d’évitement scolaire et social
  • les dérives de sur-investissement de certains parents et de certaines institutions scolaires
  • la nécessité d’une explicitation directe par les chercheurs eux-mêmes des résultats de leurs travaux
  • la responsabilité des médias dans le choix des sujets et leur présentation au grand public

8. sur la question des fonctions sociales de l’école:

  • la réalité de l’existence de la fonction sélective de certaines disciplines désignées comme royales
  • le renforcement de filières annexes purement instrumentalisées
  • les effets néfastes sur les jeunes d’une conception purement utilitariste des disciplines vues comme seuls éléments de sélection

9. sur l’évolution de la recherche dans le domaine de la psychologie de l’enfant:

  • la  découverte de la psychologie du nourrisson par Piaget en lien avec sa capacité à manipuler des objets qu’il voit
  • les nouvelles théories et les apports plus récents de la recherche en matière d’inné et d’acquis ont fait évoluer le concept de constructivisme
  • la théorie nativitse ainsi que la mise en lumière des apprentissages pré-nataux reposent la question de la place de l’activité perceptive dans l’apprentissage

10. sur l’appétence et le goût d’apprendre, la motivation et l’envie:

  • le décalage entre l’existence innée de l’envie d’apprendre chez le jeune enfant et sa perte progressive à l’école jusqu’à son effondrement au collège
  • la question de la valeur du savoir dans nos sociétés dites développées
  • les capacités extrêmes d’apprentissage chez le prématuré de 32/33 semaines
  • le concept de résignation apprise présente dès les premières années d’école en réponse à la nature normative de l’école
  • le manque de prise en compte des intelligences multiples à l’école française
  • le problème des décrocheurs visibles et des invisibles

En guise de conclusion;

  • la nécessité d’une mixité humaine, d’une mixité des activités et d’une mixité des savoirs
  • l’importance de la reconnaissance réciproque de chacun des professionnels des chercheurs, enseignants, éducateurs, etc.
  • les paradoxes d’une école qui valorise l’effort et qui sélectionne, en fin de parcours, les élèves en fonction de leurs capacités mises en réserve
  • la place de la personne dans le collectif et le rôle du collectif vis à vis de la personne

Il ne s’agit là, évidemment que d’une prise de notes, un compte-rendu personnel et forcément réducteur des différents points exprimés lors de cette table ronde; pour en approfondir le contenu, je ne peux que vous inviter à écouter dans son intégralité, sa retransmission audio. Excessivement intéressant!

Bonne rentrée!

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Vacances imaginaires

3 07 2011

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux »

Marcel Proust

Une image, comme un timbre sur un dernier post’,

comme une invitation à poursuivre sur d’autres rivages,

à la recherche d’un temps perdu qu’on cherche à retrouver.

C’est dans cet esprit que pour clore cette année,

je vous souhaite à tous de merveilleux voyages!

Bonnes vacances :-)


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