La joie d’apprendre et le bonheur d’enseigner

11 10 2011

Envie ce matin de partager avec vous cet extrait d’un texte d‘Isabelle Bochet, tiré de l’ouvrage « Les cahiers de l’éducation ». Des mots qui font sens me semble-t-il, et redonnent sens à notre posture éducative. Des mots qui résonnent comme un appel lancé à notre vigilance enseignante. Des mots qui nous engagent dans une réflexion d’une urgente actualité…A l’heure de la mise en œuvre des livrets de compétences et du risque de plus en plus avéré de la marchandisation des savoirs, à l’heure de l’évaluationnite aiguë et du  mal-être de nos élèves et de nos enseignants, ce texte apparaît comme une belle invitation au discernement. Retrouver le sens des choses essentielles: retrouver la joie d’apprendre et le bonheur d’enseigner.

« On peut se demander ce qu’est, au plan de l‘enseignement, une éducation par pression, ou encore par dressage.

J’y verrais volontiers un enseignement qui donnerait la priorité à l’acquisition de savoir-faire et au montage d’automatisme: ceux-ci permettent de réussir tel ou tel exercice sans même vraiment réfléchir et semblent une sécurité, mais c’est au prix du risque de la pensée! La nécessité incontestable de ces savoir-faire ne doit donc pas masquer leur caractère relatif: tout automatisme, dans l’existence humaine, a pour fonction de libérer l’esprit pour autre chose, non de l’étouffer ou de l’anesthésier.

Je me demande parfois si nous ne faisons pas trop de ces savoir-faire une fin, alors qu’ils ne sont que des moyens. Les élèves eux-mêmes nous y incitent en cherchant des recettes, des moyens de réussir à tout coup. Mais si les élèves privilégient la sécurité, n’est-ce pas parce que nous ne leur avons pas assez donné le goût d’un certain risque, d’une invention au plan de la pensée? N’est-ce pas aussi parce qu’ils sont victimes de la pression sociale? L’importance donnée aux notes tue par avance toute forme d‘initiative qui risquerait d’être moins payante.

Il serait bon de les libérer, ne serait-ce qu’un peu de ce souci, et de ne pas perdre de vue que la finalité de notre enseignement va bien au-delà de la réussite du baccalauréat. […]

Bien des questions pourraient être posées ici. Laissons-nous, par exemple, suffisamment d’espaces de silence pour permettre l’appropriation personnelle (y compris pendant nos cours) ? Ne nous laissons-nous pas entraîner parfois, en, raison même des programmes, par la boulimie des connaissances? Discerner l’essentiel du secondaire s’avère une priorité, si nous voulons ménager des espaces pour la réflexion personnelle.

Comment susciter, d’autre part, le désir et la joie d’apprendre? Qu’inventer pour créer à nouveau un élan? Quelles initiatives laisser aux élèves pour leur permettre la joie d’une découverte personnelle?

Isabelle BOCHET, agrégée de philosophie, auteur, professeur au centre Sèvres et à la Faculté de philosophie de l’Institut Catholique de Paris

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La fable des animaux républicains

22 09 2011

 


Britt- Marie Barth            André de Perreti

Hier, dans le cadre de la rentrée des formateurs de l’ISP-Faculté d’éducation, j’ai eu la grande chance de participer à une journée de réflexion collective autour d’un thème majeur, celui de l’évaluation des compétences. Matinée inaugurée par Britt-Mari Barth et animée par André de Perreti. Il serait trop long pour moi d’écrire un compte-rendu rendu complet de cette journée, et trop fastidieux pour vous d’en lire le contenu. Ainsi, j’ai choisi de vous raconter une histoire. Un regret cependant, je ne peux que vous transmettre le texte par écrit alors que j’aurais tant aimé enregistrer la voix de ce grand Monsieur de…95 ans!

Il était une fois…

Un jour, les animaux décidèrent de faire quelque chose pour résoudre les problèmes du monde moderne. Ils organisèrent donc des élections, et un ours, un blaireau et un castor furent désignés membres de la Commission d’Enseignement.

Un hérisson fut engagé comme professeur. Le programme scolaire consistait à courir, grimper, nager et voler, et, afin de faciliter l’enseignement, l’on décida que toutes ces disciplines seraient obligatoires.

Le canard battait tout le monde à la nage, même son professeur, mais il était très médiocre quand il s’agissait de voler et complètement nul à la course. C’était là en fait un si mauvais élève qu’on décida de lui donner des leçons particulières : il devait donc courir pendant que les autres allaient nager. Cet entraînement meurtrit tellement ses pieds palmés qu’il obtint à peine la moyenne à l’examen de natation.

L’écureuil grimpait mieux que quiconque, avait toujours la meilleure note en escalade, 18 sur 20. Voler, par contre, lui déplaisait profondément car le professeur exigeait qu’il saute du haut de la colline, alors que lui préférait s’élancer de la cime des arbres. Il se surmena tant qu’au bout d’un certain temps, il n’obtint plus que 8 en escalade et 6 à la course.

L’aigle était une forte tête que l’on punissait très souvent. Il éclipsait tous les autres quand il fallait grimper aux arbres, mais ne voulait utiliser que sa propre méthode. On décida donc de le mettre dans une classe d’observation.

  Le lapin était tout d’abord le champion de course à pied, mais les heures supplémentaires qu’on lui fit faire à la piscine finirent par lui donner une dépression nerveuse.

A la fin de l’année scolaire, une anguille prodige, médaille d’or de natation, et qui savait aussi grimper, courir et même voler un peu, obtint la meilleure moyenne dans toutes les disciplines. Elle fut donc désignée pour prononcer le discours de fin d’année lors de la distribution des prix.

Creuser des galeries ne figurant pas au programme scolaire, la taupe ne put aller en classe. Elle n’eut donc d’autre choix que d’envoyer ses enfants en apprentissage chez le blaireau. Plus tard, ils s’associèrent avec les sangliers pour fonder une école privée, et celle-ci eut beaucoup de succès 😉

 

  • Morale de cette histoire?

Le propre d’une fable n’est-il pas d’en donner le sens sans avoir à l’expliciter davantage?

Néanmoins, pour ceux qui veulent creuser la question et en savoir plus sur la genèse et l’histoire de cette fable, je vous invite fortement à vous rendre sur le site Diversifier de François Muller, grand ami d’André de Perreti et fidèle disciple.

Une autre manière d’illustrer ce propos, avec d’autres personnage…

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Evaluations nationales, cru 2011

17 01 2011

C’est parti! Ce matin et pour une durée d’une semaine, les 730 000 élèves scolarisés en CM2 sur tout le territoire et au-delà, vont être soumis aux évaluations nationales, cru 2011; évaluations mises en place, petit rappel, depuis l’an neuf.

De quoi s’agit-il exactement?

Il est question de vérifier, en français et en mathématique (le reste n’ayant guère d’importance), si les acquisitions ont bien été acquises par tous et au même moment (souci d’équité), à savoir, avant la clôture du programme (ben oui, sinon ce serait trop facile!)

Étant de joyeuse humeur ce matin et souhaitant rester le plus neutre possible face à une telle absence de sens éthique et éducatif, j’ai fait le choix de laisser la parole à d’autres, en vous proposant sur ce sujet ma petite revue de presse:

A lire donc ce matin à propos de des évaluations nationales des élèves de CM2:

  • Ce qu’en dit le site officiel Education.gouv
  • Ce qu’en pensent les adeptes de SOS éducation
  • Un rappel nécessaire pour le cas des enfants sourds, dyslexiques, dyspraxiques et handicapés moteurs sur le site de l’académie de Poitiers
  • Les résultats 2010, le calendrier 2011, les mises en gardes de l’ICEM sur le site d’Epee ouvaton.org
  • Des parents qui se mobilisent contre ces évaluations, un article de Pablo René-Worms du journal Le Point
  • Le point de vue de la FCPE à écouter sur France Info
  • L’article de François Jarraud, rédacteur en chef du Café Pédagogique
  • Les réflexions d’Eveline Charmeux sur son blog l’amie scolaire
  • Et moi  dans tout ça, qu’est-ce que j’en pense?
    Ceux qui suivent ce blog depuis quelque temps, me connaissent. Les autres auront sans doute deviné

    Allez, c’est parti!

    Top chrono!

    Pour les presbytes, cliquez sur l’image, vous y verrez plus clair 😉

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Questions d’apprentissage

1 11 2010

J’ai 10 ans, j’ai 15 ans, j’ai 35 ans, j’ai 90 ans…

Pourquoi est-ce j’apprends?

Pour qui est-ce que j’apprends?

Comment est-ce que j’apprends?

Avec qui est-ce que j’apprends?

Qu’est-ce que j’apprends?

Pour en faire quoi?

Et au final…est-ce que véritablement j’apprends?


Qui peut me dire quels ont été mes apprentissages?

Un maître? Un ami? Un parent? un collègue? Un inspecteur?

Et sur quelles grilles de lecture se fondent-ils? Sur quels critères?

Un contrôle? Une évaluation? Un certificat d’étude?

N’y a-t-il donc d’apprentissages que visibles?

N’y a-t-il donc d’évaluations que formelles?

La somme de nos apprentissages se résumerait-elle un unique diplôme?

La preuve de ces apprentissages serait-elle incarnée par le seul statut social ?

La réussite personnelle ne serait-elle que la suite logique de la réussite scolaire?

Et cette même réussite scolaire serait-elle le seul fruit de mes apprentissages scolaires?

Et si nous revenions au point de départ?

Et si nous revenions là où tout a commencé pour chacun d’entre nous?

Pour lui, pour toi, pour elles, pour vous, pour moi…

J’ai 90 ans, j’ai 35 ans, j’ai 15 ans, j’ai 10 ans…

Je viens au monde, je respire, je sens, je ressens, je vois, je goûte, je touche, je vis, j’ai peur, j’aime, je ris, je pleure…

J’apprends!

Mais oui bien sûr j’apprends, je le sais, je l’expérimente chaque seconde, je le découvre à chaque instant, je ne peux le prouver par aucun document officiel, je ne sais encore ni lire, ni écrire ni parler mais comment serais-je là aujourd’hui si je n’avais appris par moi -même toutes ces choses qui font la vie et qu’aucun professeur ne m’a jamais ni appris, ni demandé?

Ou si rarement…

La vie n’a-t-elle donc aucun rapport avec l’apprentissage?

Et si l’école peinait tant à enseigner parce que justement elle avait perdu le sens de ce qu’apprendre signifie?

Et si elle peinait tant à transmettre parce que justement elle avait perdu de vue ce que seule  la vie est capable d’enseigner?

  • Un texte en réponse aux multiples injonctions d’évaluations quantitatives chiffrées, orthonormées, désincarnées.

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    Réunion de parents

    18 09 2010

    AgendaTraditionnel rendez-vous de début d’année, la réunion de parents constitue un deuxième élan pour consolider la bonne mise en route de la vie de classe.

    Réunion d’information certes,  mais également point d’ancrage d’un partenariat éducatif essentiel à la réussite des élèves et à la cohésion du groupe. Il s’agira d’aborder les points suivants:

    • présentation personnelle et professionnelle
    • composition de la classe et accueil des nouvelles familles
    • retour général sur la première prise de température du groupe-classe
    • emploi du temps hebdomadaire et organisation d’une journée type
    • premiers rituels mis en place
    • consignes d’ordre méthodologique
    • explicitation des règles de vie
    • aperçu du panorama des points de programme
    • projets particuliers et sorties envisagées
    • type de pédagogie utilisé
    • mode d’évaluation
    • espaces réservés à l’accompagnement personnalisé des élèves
    • disponibilités pour les entretiens individuels avec les familles
    • conseils relatifs à l’aide attendue des parents
    • autres, divers, questions…

    Des mots-clés: soutien, confiance, contrat, travail, groupe, apprentissage, autonomie, régularité, rythme, ambiance, exigence, respect, partenariat.

    Pour ce qui me concerne, ma réunion aura lieu mardi soir et l’essentiel des échanges portera sur le nouveau mode d’évaluation des élèves; en effet, nous passons d’un bulletin scolaire assorti de moyennes chiffrées à un guide de suivi des acquis des élèves. Plus de notes donc mais un repérage précis des différentes compétences à acquérir au cours de l’année. Ce nouvel outil de lecture du parcours scolaire de l’enfant devrait permettre à chacun (enseignant-parent-enfant) de mieux suivre et comprendre les progrès réalisés et les difficultés persistantes dans une logique de construction progressive des savoirs.

    Sur ce sujet, lire également l’article « Évaluer, un mot à la mode »

    Et vous, votre réunion de début d’année, vous l’envisagez de quelle manière?

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    Evaluations nationales

    9 05 2010

    A trop vouloir enseigner on perd de vue l’essentiel, l’apprentissage.
    A trop vouloir contrôler on perd de vue l’essentiel, le temps de l’apprentissage.
    Demain commencent les évaluations nationales pour tous les écoliers de France inscrits en CE1.

    Je pense à eux, à leurs familles, à leurs enseignants…

    En PDF les questionnaires de mai 2009


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    Dictée N°1

    10 12 2009

    Ça y est…nous sommes prêts! Noël arrive et en guise de cadeau de fin de trimestre, notre première dictée aura lieu vendredi! Dictée d’apprentissage donc puisqu’il s’agit d’une première fois cette année, mais dictée d’évaluation également car elle couronne trois mois de pratiques orthographiques diverses et variées. Il faudra donc tenir compte de ces deux paramètres lors de l’analyse des erreurs et des réussites.

    Pourquoi si tard? s’interrogeront certains.

    Pourquoi?

    Je répondrais par cette autre formule: une dictée…pour quoi faire?…

    Au stade où en sont les élèves, il s’agit de:

    • évaluer certains apprentissages précédents considérés comme « pré-requis »
    • transférer quelques-unes des notions travaillées en activités décrochées
    • valider l’acquisition de premiers réflexes orthographiques
    • proposer une nouveauté pédagogique (si si! Les élèves l’attendent avec impatience!)
    • rebondir sur d’éventuels problèmes persistants
    • découvrir de nouveaux défis linguistiques ou organisationnels…et mettre au point une méthodologie de relecture (outil transversal indispensable à construire avec eux)

    Le texte d’une petite dizaine de lignes maximum (5 pour certains 10 pour d’autres) mobilisera les points de programme suivants:

    Conjugaison: le présent de l’indicatif des verbes des trois groupes, utilisation de la forme pronominale

    Grammaire: la ponctuation, les types et formes de phrase, l’accord sujet/verbe dans la phrase simple et dans la phrase complexe (juxtaposition et coordination).

    Orthographe lexicale: lettre muette en fin de mot

    Champ lexical: l’école et la récréation

    Nous avons déjà travaillé ensemble en guise de préparation sur les attendus notionnels de l’exercice. Les élèves sont donc au courant de ce qui sera évalué. Pas de surprise ni de piège afin de limiter ni l’écart entre le réalisable et l’évaluable.

    Organisation de la séance:

    • étape 1: Qu’est-ce qu’une dictée? A quoi ça sert? Comment s’y prend-on? Il essentiel de mettre les élèves en projet d’apprentissage en leur donnant la possibilité de verbaliser l’action à venir et d’envisager les critères de réussite.
    • étape 2: Lecture du texte, validation de la compréhension globale et fine. On ne peut demander à un élève d’écrire un texte qu’il ne comprend pas. Imaginez-vous prendre sous la dictée un texte de Chinois ou de Tchèque!
    • étape 3: Mise en situation. Chaque phrase sera lue en entier puis découpée en unités syntaxiques  mémorisables. J’écoute, je comprends, je saisis, j’écris. La dictée n’est pas une course contre la montre mais une reconstruction textuelle.
    • étape 4: Relecture orale en fin de dictée. Vérification de la ponctuation et des mots oubliés ou transformés.
    • étape 5:  Travail de réécriture.  A cette étape là, tout reste à faire….De nombreuses compétences se trouvent simultanément activées. Il faut se donner le temps de tricoter, détricoter et re-tricoter les mailles du texte.
    • étape 6: Auto ou co-évaluation. Certains pourront appréhender seuls cette étape, d’autres auront besoin de négocier leurs propositions avec un camarade ou avec l’adulte. Cette phase est une véritable phase de recherche.
    • étape 7: Je vous raconterai la suite dans un prochain épisode!



    Un schéma-bilan

    10 11 2009

    Cliquez sur l’image pour agrandir la fenêtre!

    Via le blog de Cyroul

    Des mots-clés

    écriture web – publication – format – accueil – convivialité – navigation – mise à jour – activité – référencement – moteur de recherche – fréquentation – visibilité – flux rss – réseaux sociaux – popularité – contact

    Je profite de l’occasion  pour vous mettre à contribution…

    N’hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos suggestions.

    Blog Bleu Primaire est en ligne depuis presque deux ans, une phase d’évaluation semble nécessaire et vous en êtes les premiers utilisateurs, alors…à vos commentaires!




    Evaluer…un mot à la mode

    19 01 2009

    Évaluer: estimer, donner de la valeur…vraiment?

    Pourtant, bien souvent, l’évaluation se concrétise en classe par la notation, le verdict, la sanction, la mesure selon un barème identique pour tous là où les besoins sont toujours individuels. Quel élève peut affirmer qu’il en sort, non seulement valorisé, mais également davantage conscient de la trajectoire qu’il lui reste à suivre? Quel parent peut réellement percevoir les progrès effectués ou les difficultés précises qui subsistent? Quel enseignant peut réaliser, à partir de la seule note, les grands axes à définir pour mettre en projet chacun de ses élèves?…Pas grand monde en définitive…et certainement pas les fameux 15 % d’élèves en échec scolaire à la sortie du primaire!

    Non, pour être honnête, personne ne peut se satisfaire d’un pareil outil de triage.

    Oui, pour être honnête, j’ai été élève, je suis maîtresse, je suis maman, et je peux vous avouer une chose: les notes ne m’ont jamais éclairée sur le « comment avancer ». Car c’est bien cela qui doit primer, n’est-ce pas ?

    Élève, elles me terrorisaient ou me glorifiaient mais ne m’aidaient nullement à prendre conscience du chemin parcouru et des étapes suivantes à franchir. Parent, elles m’exaspèrent ou me flattent mais ne me parlent ni de mon enfant, ni de ses capacités, ni de ses compétences ni des manques qui persistent. Enseignante, elles me font perdre du temps et ne me permettent  aucunement d’accompagner et de guider efficacement mes élèves.

    Alors, pourquoi je continue de noter???

     » -…car j’ai été élevée ainsi, car le système est ainsi fait, car mes collègues le font, car curieusement les parents et les enfants le demandent, car je n’ai encore rien trouvé ou expérimenté de plus simple, de plus efficace, de plus parlant.

    – Mais enfin, Ostiane, me hurle Gimini Criquet dans le tréfonds de ma conscience, rien n’est simple en pédagogie, tu le sais bien, alors ne te cache pas derrière de fausses bonnes mauvaises raisons!

    – Aïe, tu me fais mal aux oreilles, ne crie pas ainsi, je ne suis pas sourde, et puis tu te répètes… »

    Évidemment, vous me direz et je serai en accord avec vous, chacun a besoin de repères clairs et définis afin de visualiser les objectifs et les notions en jeu, de comprendre les besoins et de se projeter vers des objectifs ciblés et pertinents. Oui. Évidemment. Et l’enseignant éprouve ce même besoin, cette même nécessité! Mais ne peut-on enfin penser la classe autrement? Ne peut-on enfin écouter les chercheurs et s’inspirer des méthodes qui existent ça et là. Tout le monde en parle! Cette question de l’évaluation est omniprésente en formation continue, en salle des profs, sur le trottoir, à la sortie des classes, et même ces dernières semaines, dans les médias!

    Quand aurons-nous le courage et l’honnêteté de nous y atteler, en conscience, en pensée, en action et en équipe!

    Malheureusement, on ne pourra sereinement ni envisager ni parler d’évaluation positive en classe tant que persisteront, venues de l’extérieur des pressions infondées et inopérantes mettant en place des mécanismes sinon de compétitivité, du moins de comparaisons malsaines.

    Alors quoi?

    Quand, comment, pourquoi évaluer?

    Qui ou quoi évaluer?

    Voici, en guise de modeste conclusion, quelques mots-clés qui permettent, au quotidien de donner un sens à l’évaluation. Car s’il n’a jamais été question de la supprimer, il est grandement temps de la penser autrement.

    1/ pertinence/transparence/compréhension: le contenu d’une évaluation doit être en étroite relation avec le contenu travaillé en classe; il doit être explicite pour l’élève et pour les parents; la forme et les consignes ne doivent pas être sources d’incompréhension

    2/ régulation/adaptation/différenciation: les résultats d’une évaluation doivent permettre à l’enseignant de réguler les apprentissages et leurs rythmes en fonction des différents besoins révélés

    3/ communication/progression/construction: en aval et en amont de toute évaluation, il y a le souci permanent d’échanger, de mettre en lumière les points d’appui et les points à travailler, de mettre en projet un élève, un groupe, un enseignant

    Pour terminer, je souhaite partager avec vous, comme une invitation à la réflexion, quelques exergues venus d’ailleurs.

    « Il faut que l’enfant sache ce qu’on attend de lui » COUSINET

    « L’évaluation doit rester un outil de régulation, intervenir lorque rien n’est joué, qu’on peut encore agir. » PERRENOUD

    « L’évaluation est moins un problème de mesure que de dialogue. » CARDINET

    Sur ce sujet, quelques textes et sites à visiter, riches en matière (réflexion/action)

    http://www.pedagopsy.eu/dossier_evaluation.htm

    http://www.charmeux.fr/evaluer.html

    http://francois.muller.free.fr/diversifier/index.htm

    http://www.meirieu.com/ECHANGES/pepinster_evaluation_pratiques.pdf

    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2009/01/19012009Accueil.aspx

    http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=4204


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    La démarche « portfolio »

    15 11 2008

    Une démarche d’apprentissage qui doit…

    « permettre à chaque apprenant d’accéder à son excellence propre »

    Une démarche qui amène l’enseignant à se poser deux questions majeures…

    1 qui travaille en classe…les élèves ou le maître?

    2 évaluer…qui, quoi quand et comment?

    Une démarche qui propose à l’élève de construire et de prendre conscience de sa progression.

    – j’ai des points faibles et des points d’appui

    – je choisis mes priorités en fonction de besoins incontournables

    – je me fixe des défis mesurables

    – je collecte des outils et des éléments utiles en fonction de mes objectifs

    – je sélectionne les plus pertinents

    – je mets en place

    – je présente

    – je co-évalue avec l’adulte

    – je compare mes points faibles et mes points d’appui à ceux de départ

    ….et soit je reprense mon défi, soit je passe à un autre défi…quant à mes réussites, elles sont visibles, point besoin de note pour les mesurer!

    Bon, vive la formation…Et maintenant…Je fais quoi avec tout ça?…la révolution à l’école? Chouette! Non, plus sérieusement, je commence par le commencement.

    Première étape, je construis mon propre portfolio … »numérique »… je m’y colle, je joue le jeu de l’élève-enseignant…sur une année scolaire, cela me semble raisonnable. Après, nous verrons bien…Rien ne sert d’aller trop vite, même si l’on est pressé d’arriver! Mieux vaut vivre de l’expérience de l’intérieur. En se mettant soi-même en situation, il est plus facile d’appréhender les possibilités et les limites d’une telle pédagogie. C’est également une façon de précéder l’élève dans la démarche pour mieux le seconder par la suite.

    J’ai bien entendu une foule de questions en tête. Des doutes, des peurs.

    – Et mon rôle dans tout ça?

    – Et comment gérer dans toutes « les matières » le suivi individualisé de 30 élèves?

    – Et quid du collectif et des fameuses leçons?

    – Et comment intégrer cette pédagogie dans un vrai projet d’école?

    – Et comment les parents vont-ils réagir?

    – Et les collègues du collège, vont-ils s’y retrouver?

    D’ailleurs, cette nuit, grosse insomnie…

    Maintenant, pour ne rien vous cacher, je compte bien sur mes gentils et fidèles lecteurs pour me faire part, le cas échéant, de leurs aventures (abouties ou non) dans ce domaine! Vous savez, le fameux label du webpédagogique…parce que la connaissance…ça se partage!

    Enseignants ayant pratiqué cette pédagogie, parents l’ayant vécue à l’école ou en milieu professionnel, j’attends vos témoignages, vos remarques, vos éclairages!

    Je terminerai en remerciant chaleureusement Lofi pour sa longue intervention sur le forum hier, en réponse à mon appel à témoins! MERCI.