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Le petit journal des profs

Look(s) de profs

Une leçon de style !

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La semaine dernière, j’ai appris que c’était la Fashion Week. J’ai eu du mal à résister à l’appel de l’actu, même si « prof » et « fringues » sont des mots qui ne vont pas si bien ensemble. Encore un post polémique, je préviens, même si, au sein de notre rédaction, il semble y avoir un sacré vivier d’enseignants « groovy »…

J’ai pu observer au fil des années que, niveau look, une salle des profs, c’est pas tellement la fashion week : entre le prof qui met le même pull blanc toute la semaine qui a viré au gris le vendredi, le butt cleavage* involontaire d’un ou d’une telle (beaucoup la jouent « plombiers » sans même le savoir), le collègue en costard bien chic qui casse le sérieux avec une cravate un jour Mickey, un jour Donald, je vais pas tous les citer…

Quand je fais mes courses de fringues pour le boulot et que je me prends à choisir un bleu canard qui me sort un peu du noir d’ex-lycéenne gothique, je revois ma prof d’anglais de première, au look British un peu caricatural. C’est dur de se forger un look, une image fidèle à nos valeurs et qui ne nous desserve pas. Le tailleur pour faire « strict », je le tiens à peine un mois avec l’impression de porter un costume de Halloween. J’ai horreur de porter des vestes, même si, pour certains recruteurs-relookeurs et je ne sais qui d’autre, les épaules représentent l’autorité… Tant pis, j’ai les épaules larges dans tous les sens du terme !

Un look de prof, c’est déjà un look qui ne nous met pas en danger (je parle pour les dames en particulier). À mon avis, il est judicieux d’éviter le décolleté plongeant quand on ramasse un papier par terre, la robe trop courte qui décrédibilise, le jean-baskets qui fait trop cool. Plus subtil encore, la robe qui est transparente portée mais qui n’en a pas l’air dans le magasin peut créer de grands moments de solitude face à un tableau blanc, le jean pas cher même avec des talons bien chics peut se révéler un faux ami car la braguette s’amuse à descendre toute seule (tout ça, c’est du vécu). « M’dame, vot’ pantalon ! », m’avaient crié des « petits sixièmes », pendant mon année de stagiaire. La préparation de vêtements la veille en même temps que notre cartable n’est pas un luxe si nous voulons que notre tenue ne soit pas un stress aussi important que l’énième paquet de copies en retard (j’en connais une d’ailleurs, euh, stop !). D’ailleurs, si un prof est un peu « fashion » sans l’être trop et même sans marques, parfois, ça ne passe pas très bien en SDP, ça fait shopping addict ou snob, ça peut sous-entendre matérialiste ou superficielle, limite pas bon prof… Mais il faut accepter d’être looké et compétent, ce n’est pas une tare mais quelque chose de rare !

Après, quand on parle style et autorité, si vous voulez mon humble avis, « l’autorité, c’est le charisme et le charisme, c’est être soi-même » (un soi-même politiquement correct en lieu scolaire, s’entend). Alors, oui au jean mais pas troué (on le garde pour le week-end !), oui à la robe sympa mais pas trop sexy, non à tout ce qui nous éloigne de nous-même. « Si ça vous plaît, ça vous va », dit la it-girl British Alexa Chung. Pourtant, je ne cautionne toujours pas quand certains collègues l’appliquent à certaines tenues : une robe éponge ou une cravate aux imprimés nunuches ne va à personne, ni aux sœurs Kardashian ni à Beckham, du moins, j’en suis presque sûre, rien que de les imaginer, je me marre. Ce que certains de mes chers collègues ne savent pas, c’est que j’aimerais bien les relooker et qu’ils auraient peut-être vachement la classe !

Une chronique de Frédérique

* Littéralement : décolleté de fesses.

Commentaires

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  • Merci à tous pour vos nombreux commentaires. Je me suis beaucoup amusée à écrire cet article et l’autre jour, en plein shopping boulot, j’ai vérifié que deux robes étaient correctement doublées pour éviter la catastrophe… Oui, on peut aimer Gossip Girl et Baudelaire, Shakespeare aussi, la trigonométrie aussi etc. Quant au syndicalisme, on peut être militant et stylé, parole de syndiquée ! A bientôt les collègues. Et tentons des candidatures aux « Reines du shopping »…

  • Je me suis parfaitement reconnue dans cet article. Mes deux premières années d’enseignante j’ai eu des grands moments de solitudes face à mon armoire:j’avais 24 ans et un style très détendu.
    Lors de ma première rentrée j’avais investi dans une garde robe très sérieuse de professeur, j’étais une véritable caricature. Au bout de quelques mois je n’en pouvais plus , j’avais l’impression d’être un imposteur.J’ai finalement réussi à trouver un équilibre entre les deux , renvoyer l’image qu’on attend d’un professeur et exprimer mon individualité à travers les détails : un chapeau, un sac original.

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