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Conseils aux débutants !

Et aux autres ?

L’exercice est périlleux, mais, le temps d’une chronique je vais oser donner un regard tranché et peut-être utile sur le métier d’enseignant. Vous aurez noté les précautions oratoires que je prends. C’est que le sujet est sérieux, largement rebattu, et, qu’en la matière, il n’y a pas de recettes miracles… sinon, j’aurais été repéré, et, à l’heure qu’il est, je ferais de la formation dans les ESPE de France, ou encore mieux, j’aurais un MOOC suivi dans toute l’Europe. Non, je blague ! Plus sérieusement, il semble y avoir un petit kit de survie de l’enseignant, un couteau suisse du professeur.

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Teacher made in Hollywood

Lors d’une leçon d’anglais, en France, et c’est important de préciser le pays, l’intervenant nous a dit que l’une des clés pour parler l’anglais, c’était d’y croire, de se « la jouer » nous a-t-elle dit, de se prendre pour un acteur hollywoodien, pourquoi pas. Il faut tenter de parler en y mettant les « one again » très stylés et non pas penser, comme c’est le cas de beaucoup de Français, que mal parler l’anglais est un triste sort qui nous est réservé, comme si la génétique nous avait retiré cette faculté. Bien sûr, cela ne nous dispense pas d’apprendre la syntaxe, les structures grammaticales, le vocabulaire, mais cela nous met dans un bain anglophone, une immersion, et l’on n’a pas l’impression de parler le pénible anglais scolaire que trop de téléfilms ont caricaturé, s’agissant des Français en particulier. Nos voisins suédois ou espagnols se posent moins de questions et ne complexent pas sur l’anglais, en tout cas pas sur leur accent. Sauf que, quand ils parlent anglais, ils ne se disent pas : « Tiens, je suis en train de parler anglais ».

Commencer par y croire

Le parallèle avec le métier d’enseignant en général, quelle que soit la discipline, pourrait relever de cette même maxime. Le jeune professeur a besoin d’y croire, de s’approprier le  costume  et non l’armure. Ses études, ses diplômes, son concours d’enseignement lui offrent autant d’atouts dont il n’a pas à rougir. Alors, oui, il doit apprendre à gérer une classe, mais une bonne partie de cette gestion se fait à l’oral. L’objectif pourrait donc être d’arriver en cours, non pas sûr de soi, encore que, mais sûr de son savoir et du message que l’on veut délivrer pendant ladite séance de cours. Le métier d’enseignant se révèle être un métier de représentation et la présence se gagne par le discours que l’on tient. Ainsi, le format de l’adulte en face des élèves n’impose rien, de sorte qu’une jeune femme fluette peut avoir un auditoire attentif quand un colosse masculin peut être chahuté pendant sa séance. Le contenu délivré, et la ferveur que l’on mettra pour le présenter, seront pour beaucoup dans l’attention de l’audience. Certes, quand la classe est difficile, même l’enseignant charismatique se heurte à des résistances, mais il ne flanche pas, parce qu’il sait qu’une partie de son discours sera entendu. C’est un travail de longue haleine, et je sens certains d’entre vous dubitatifs : « C’est ça, j’aimerais bien le voir celui-là devant ma classe de collégiens agités, il ferait moins le malin ! ». Pourtant, je reste convaincu qu’il faut planter le clou de la connaissance, en tout cas essayer, sans désespérer. Aussi, pour tous les jeunes collègues qui doutent, ou les moins jeunes, soyez convaincus que l’énergie que vous mettez à développer vos cours, vos activités, vos leçons, n’est pas vaine. Y croire, c’est faire la moitié du chemin, aux élèves de faire l’autre moitié. Dans cette période de doute légitime partagée, l’enseignant doit se replacer au cœur du sytème éducatif. Après tout, pas plus tard qu’hier, j’ai entendu sur les ondes françaises que les Français étaient satisfaits de leur école, contrairement à ce que pensent les professeurs, souvent prompts à se dévaloriser à tort.

Et surtout, l’enseignant ne doit pas se laisser déprécier, ni par ses élèves, ni par leurs parents, ni par leur proviseur (surtout pas !), sans pour autant être obtus : Boileau dirait, polissez vos séances, polissez les encore et les repolissez…il le dirait mieux !

Une chronique d’Octave

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elise

Rédac'chef enthousiaste !

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