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Êtes-vous vieux ?

Vous n’êtes pas les seuls !

Il ne s’agit pas ici de s’étendre sur mon alopécie naissante, les rides qui se dessinent à la commissure de mes lèvres, ou bien, (encore pire je pense) un nouveau président qui est plus jeunes que moi (d’un an certes, mais plus jeune…).

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Non, non, je parle ici d’« être vieux » dans le « métier » bien sûr !
Je m’en suis rendu compte tout récemment, mais vous, peut-être êtes-vous aussi touché par la SPP : la « sénilité professorale précoce » ?

Les symptômes sont sans appel !

La consultation peut commencer.
Voici une liste non exhaustive des signes que j’ai pu identifier.
Il y a, tout d’abord, quelques signes avant-coureurs (qui auraient pu me mettre la puce à l’oreille).
Par exemple, il y a 5 ans, lors du CA, nous avions eu le rapport de fonctionnement de l’établissement communiqué au Rectorat, dans lequel une page était consacrée aux ressources humaines : nous y étions classés notamment par âge et, à ma grande surprise, – avec mes 36 ans – je me trouvais basculé dans la catégorie « senior » (la limite étant fixée à 35 ans)…

Un autre signe (sans ambiguïté non plus) : suite au départ de mes deux collègues (mutation et retraite), je me retrouvais le plus vieux de l’équipe (« ils les prennent de plus en plus jeunes les néoprofs décidément »).

Suivent ensuite les signes d’une « sénilité » bien installée (il faut être réaliste, hélas…) :
des expressions d’anciens combattants jaillissent au milieu de mes conversations :
« Avant les élèves étaient plus… étaient moins… »
« On n’avait pas de problème avec les portables »
« Dans la précédente réforme… »
« On n’avait pas tous ces soucis avec le réseau pédagogique, on installait les logiciels que l’on voulait comme on voulait »
« Quand j’ai commencé… »
« On n’avait pas tous ces moyens… »

« Sénilité » qui procure, cependant, quelques avantages :
Les surveillants ne vous demandent plus pourquoi vous traînez dans le couloir, ou de vous ranger correctement (souvenir de ma première rentrée…).
Vous gagnez en autorité naturelle :
– avec les élèves d’abord (enfin normalement), quoique sur ce point cela dépend de vos élèves : en maternelle ou en primaire , vous êtes déjà « vieux » ;
– avec les collègues : lorsque vous parlez en réunion, on vous écoute (en tous cas au début…) ;
– avec les parents enfin : ils ne mettent plus en doute votre compétence ou votre expérience (tout du moins ceux avec qui vous n’êtes pas allé au collège).
Passer dans le bureau du chef ou discuter avec l’inspecteur ne vous génère plus la même anxiété, car vous connaissez les rouages du systèmes (et certains d’entre eux ont été vos collègues).

Autre signe : vos élèves.

Ou plutôt vos anciens élèves !

Car si pour nous le temps semble repartir en arrière à chaque rentrée, certains marqueurs nous ramènent parfois brutalement à cette réalité du temps qui passe :
il y a d’abord cette ancienne élève qui vient faire un stage dans votre établissement (puis quand on fait les comptes, ils sont plusieurs à s’être succédé).
Cette remplaçante d’italien qui vient vous voir dans la salle des profs et vous annonce que vous l’avez eue comme élève : « effectivement, je ne t’avais pas reconnue ».
De bons souvenirs puisqu’a priori ça s’est bien passé, mais « c’était il y a combien de temps déjà ? »

Oui vraiment je peux le dire, avec tous ces symptômes : « j’suis vieux ! »

Enfin, pas tant que ça !

Car j’ai toujours l’envie de faire des choses, d’avancer.

Pas vraiment encrouté dans mon quotidien, j’ai toujours (enfin je crois) cette petite flamme, cette étincelle, qui me fait dire : « après tout je suis pas si vieux que ça » !

Et vous, êtes-vous vieux?

 

Une chronique de Damien Thomas (Un prof de la « vieille école » ?)

Commentaires

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Damien Thomas

Professeur de S.V.T. au Lycée, j'aime toucher un peu à tout :
enseignements d'explorations, sections euros, AP, PP, coordination de la discipline préparation de sorties de voyage et parfois ... je fais cours.
Bref un quotidien de prof.

commentaire

  • Avec 37 années d’ancienneté au compteur, je n’ai plus la fraîcheur de la dernière marée…
    Et depuis, que la nouvelle équipe gouvernementale a eu l’idée lumineuse de supprimer les EVS, je dois faire seul le travail de deux… et je n’y parviens pas. En serais-je capable avec 30 ans de moins ? Rien n’est moins sûr. Cette pensée pourrait me rassurer.
    Mais je viens de m’aviser que l’un de mes premier élèves, F. qui avait déjà 12 ans au CM2, est devenu papa très jeune (à 18 ans). Ses enfants ont eu l’âge d’être parents. Je serais donc susceptible, si j’étais encore en maternelle, de recevoir bientôt les petits enfants de F.
    Cela fait tout de même un curieux effet. Gloups !