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L’habit ne fait pas l’élève…

… enfin pour l’instant

Tout ce qui touche à l’école, de près ou de loin, m’interpelle au quotidien. Aussi, j’ai bondi à en perdre mes écouteurs quand j’ai entendu la nouvelle à propos de ces élèves chinois, qui, pour une expérience pilote semble-t-il, étaient vêtus de vêtements intelligents. Lesdits habits, munis de capteurs et d’une intelligence artificielle dont j’ignore à peu près tout, ont pour mission, entre autres, d’alerter le jeune élève. Si son attention baisse et qu’il s’endort, aussitôt une alarme retentit pour le rappeler à l’ordre. Idem s’il s’éternise entre deux salles de classe, ou pire, s’il choisit le mauvais chemin. J’ai d’abord cru à une blague.

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Juste une blague ?

Mon ami Momo, qui va devenir célèbre à force d’être cité dans cette rubrique, a réussi à faire croire à ses élèves qu’il allait avoir, sous peu, des vêtements qui le rendraient transparent. Ainsi, ses élèves ne verraient plus que sa tête et Momo pourrait écrire au tableau sans les empêcher de prendre leur cours. C’est une blague qu’il entonne à chaque fois qu’un élève lui demande : « Euh, pardon m’sieur, vous pouvez vous décaler siouplait ? ». Pour ajouter du crédit à son propos, à la façon d’un journaliste d’une chaîne d’info en continu omnisciente, il précise que la technologie utilisée est à base de caméras et d’écrans souples qui, une fois enfilés, renvoient tout ce qui est caché par mon incroyable Momo. C’est vrai qu’il est plutôt « balèze » comme disent ses amis. Bon, c’est juste une blague et c’est vrai que ce n’est pas terrible d’abuser de la crédulité de nos jeunes apprenants. Soucieux de ne laisser personne dans l’ignorance, Momo désamorce presque aussitôt son propos en indiquant qu’il s’agit d’un canular : c’est une astuce de scouts que donnaient autrefois les formateurs d’enseignants pour détendre l’ambiance quand les contenus sont quelquefois durs d’accès et qu’on a passé une heure trente de grande concentration.

« S’il n’y a pas de marché, il n’y a pas de produit. »

Et ben je vous l’dis, mon Momo, il s’est pris une gifle quand il a entendu cette nouvelle. Même s’il ne m’a pas cru immédiatement, il a consulté l’article en question et ça l’a estomaqué. En fait, il s’est demandé si le pire était de penser à de telles âneries, ou alors de tenter d’utiliser l’objet. Qui du concepteur ou de l’utilisateur est à blâmer ? Il paraît qu’en économie, un dicton dit : « S’il n’y a pas de marché, il n’y a pas de produit. ». Dès lors, je suis abasourdi par l’existence de tels projets. Alors oui, vous me direz : « Dis à Momo de pas s’inquiéter, chez nous ça se passera jamais, on craint rien. ». Euh, c’est sûr ça ? Parce que j’ai l’impression qu’on aspire pas mal de mauvaises idées venues d’ailleurs alors même que notre stock local est déjà abondant. Après tout, je vois déjà la noblesse associée au produit : « Avec la chemise Cafardable, votre enfant sera attentif en classe et ses capacités en seront décuplées ! ». Ah ! Vous voyez ! Si on vous avait dit en 1990 qu’il n’y aurait plus de cabines téléphoniques dans trente ans, vous auriez pouffé. Maintenant, à part à Londres où ils les ont gardées parce qu’elles sont rouges et « so british », on n’en voit plus beaucoup.

La question qui se pose dès lors c’est : jusqu’où irons-nous ? Tous les progrès se valent-ils ? Je n’ai pas la réponse, et, toute proportion gardée, j’avoue que l’introduction généralisée des tablettes individuelles dans les collèges et lycées me laisse au minimum songeur, au pire inquiet. L’étape d’après pourrait être celle d’un enseignant doté d’intelligence artificielle, mais bon, ça a déjà été écrit je crois, par un certain George O.

 

Une chronique d’Octave

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