glacier montagne

Pédagogie de projet, pédagogie des sommets ?

Avec ma sœur, quand on marche, on aime bien classer les randos en fonction de leur ratio effort-récompense. Ainsi, une rando avec 900 mètres de dénivelé, 5 h de montée, et une arrivée dans le brouillard, aura un ratio plutôt négatif, alors qu’une balade plutôt plate autour d’un lac dans le Jura, avec 3 supers points de vue, aura un ratio ultra positif. (Il existe aussi le cas de la rando qui grimpe pendant des heures avec un panorama parfait à 360°C, et là, vous avez un ratio magique!)

Eh bien, pour les projets pédagogiques, je trouve qu’il en va de même : on peut les classer dans deux catégories :

– ceux qui demandent beaucoup d’efforts, et qui peuvent avoir un résultat incroyable, comme par exemple l’année où j’ai écrit une pièce de théâtre moi-même pour une classe de 6e, puis que j’ai mis en scène avec 2 collègues, avec décors, accessoires, costumes, 2 représentations, alors que ce n’était même pas prévu  dans les projets de l’établissement !

– ceux qui demandent moins d’énergie, moins de temps, avec un résultat très satisfaisant en fin de parcours : et c’est de cette deuxième catégorie dont je vais vous parler aujourd’hui !

Faire un projet pédagogique avec le meilleur rapport investissement/temps/résultats

Mes conseils :

  • S’associer avec un.e collègue fiable et connu.e.

Il faut que ce soit quelqu’un qu’on connaît bien, qui a la même manière de fonctionner que soi. La différence c’est enrichissant, oui, mais cela va faire basculer votre projet dans la catégorie « rando avec beaucoup de dénivelé »!

  • Prévoir un nombre de séances limité pour réaliser le projet.

Il s’agit de bien le faire comprendre aux élèves : « vous avez 4 séances, et c’est tout ».
Effet « course contre la montre » galvanisant garanti ! Et soyez intraitable : non, aucun travail à finir chez soi.

  • Avoir des objectifs de séances très précis.

Donnez un objectif clair par séance. Soyez réaliste, ne prévoyez pas trop. L’idée est que tout le monde doit avoir le temps de finir dans le temps imparti. Vous pouvez toujours prévoir une activité bonus pour les plus rapides.

  • Faire travailler les élèves en binôme.

Pourquoi ? Parce que le nombre de deux évite l’effet « travail de groupe où un élève fait tout le boulot », et en même temps … cela divise par deux le temps d’évaluation !

  • Laisser les élèves choisir leur binôme.

Une façon de leur laisser de la liberté, tout en leur rappelant que leur choix aura des conséquences puisque le travail sera noté.

Et en pratique, ça donne quoi ?

Projet interdisciplinaire Art – Français : Concours Fantastiques Nouvelles !

Avec les 2 classes de 4e que nous avons en commun, ma collègue d’arts plastiques et moi  avons lancé ce projet-concours sur 4 séances : 2 h en français, 2 h en Arts Plastiques.
Pour la partie français, il s’agissait d’inventer et d’écrire une nouvelle répondant aux codes du fantastique (étudiés dans une séquence, juste avant). Le travail devait être rendu sous forme de fichier texte dans l’ENT.
Pour la partie Arts Plastiques, les élèves devaient créer un photo-montage angoissant pour illustrer leur nouvelle, grâce à un logiciel de traitement d’image.

Une fois les travaux ramassés et évalués, nous avons tout imprimé et exposé au CDI. Les élèves ont ensuite fait des affiches pour inviter le reste du collège à venir voter pour leur texte ou leur image préféré. Ensuite, avec ma collègue documentaliste, nous avons dépouillé les votes, et à l’issue d’une petite cérémonie, les heureux gagnants sont repartis avec un exemplaire du Horla de Maupassant adapté en BD.

Bilan : le format « concours » a été très stimulant. Les réalisations sont évidemment inégales selon les binômes, mais tout le monde a joué le jeu. Concernant la charge de travail, ce qui m’a pris le plus de temps ce fut finalement… les allers-retours à l’intendance pour m’assurer que les BD pour les récompenses avaient bien été commandées et qu’elles arriveraient à temps !

 

Une chronique de Cécile Thivolle

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