Points d'interrogation dessinés sur un tableau noir

Organiser un débat en classe…

…. Un quoi ? Un débat …. en CM1 ? Pour la semaine du climat ?

En fait je blague, dans ma classe on débat toutes les semaines, ou presque. Comment ? Grâce aux conseils d’enfants. Chaque vendredi se tient notre conseil coopératif, pendant lequel on discute, et cela fonctionne bien pour les élèves : ils se sentent plus impliqués et plus respectueux des règles de vie.

Voilà comment je procède.

Les élèves ont toujours à disposition dans la classe une boîte avec des petits papiers ; sur ceux-ci des intitulés : « je propose » , « je félicite » , « je remercie », « je veux parler de », « mon problème est ». Quand un élève le souhaite il utilise un de ces papiers, il écrit son nom ou laisse son billet anonyme et le place dans la boîte dédiée. Le vendredi, le conseil s’ouvre par la désignation d’un président et d’un secrétaire. Le secrétaire note les décisions, le président donne la parole. Ce dernier peut être assisté par un maître du temps si plusieurs sujets importants sont à traiter. Bien sûr il y a des règles de prise de parole, on peut utiliser un bâton de parole, au besoin.

De fait, je suis plutôt en retrait, l’objectif de cet exercice est de donner la parole aux élèves et de les laisser discuter entre eux. Même si parfois le président a besoin d’aide. Dans ces conseils est abordé tout ce qui touche au fonctionnement de la classe et de l’école, comment bien ou mieux vivre ensemble. Ainsi, par exemple, le sujet du foot à la récréation peut-être amené via un « je propose ». C’est un exemple de débat fréquent en classe. Le débat va s’enclencher entre ceux qui sont « pro foot » et d’autres qui disent que ça prend de la place dans la cour et qu’on risque de se prendre un ballon dans la tête, etc. L’objectif ensuite est de trouver des solutions ensemble, faire des compromis. Le foot, d’accord mais sur un terrain bien délimité, sur une partie de la cour seulement, avec un arbitre, certains jours …

Ainsi si je veux moi aussi aborder un sujet ou lancer un débat, je peux utiliser le conseil coopératif.

Pour rythmer ou encadrer le débat, je peux utiliser des timers. Certains sujets doivent être abordés en 3 minutes, sablier en main, ou peuvent être discutés sur un temps plus long et plus visuel pour tous, chronomètre au tableau. Cela stimule les conversations. Comme les élèves ont l’habitude de discuter, de débattre de certains sujets, qui certes ont trait à l’école et à son fonctionnement, ils ne sont pas déstabilisés quand on aborde des sujets plus vastes. La semaine du 11 octobre c’est la semaine de l’éco mobilité, certains élèves mettront peut-être un billet pour en parler, ou moi. Les élèves discuteront sûrement de comment venir à l’école, de pourquoi utiliser tel moyen de transport, des alternatives à la voiture… Le but n’est pas de culpabiliser l’enfant qui n’a pas le choix mais de le faire réfléchir et de partager de l’expérience.

Enfin, pour cette semaine du climat, je vais pour sûr mettre un billet «  je veux parler de » : « quels liens entre notre thème de classe et le climat ? » Notre thème de classe cette année est le tissu, de son origine naturelle à la production (passé textile du Nord) et à la surconsommation. Bref, j’aimerais faire émerger le lien entre surconsommation de vêtements et réchauffement climatique. Pour clore leur débat, je finirai avec une capsule vidéo sur l’itinéraire d’un jean et je leur parlerai de la fête de la Science.

Ainsi, l’habitude de discuter et de débattre est plutôt ancrée dans ma pratique de classe. Plus généralement, le conseil coopératif me permet aussi de détecter des soucis dans l’école que je n’aurais pas vu (violence dans la cour, soucis à la cantine, etc.…), c’est un bon moyen pour évaluer notre vivre-ensemble et, rien que pour cela, je vous invite à le tester en classe.

Une chronique de Sophie Dupré

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