collègues qui trinquent avec des tasses de café

Un café ? … Je vœux bien !

Il s’en dit des choses autour d’un café

Les mains se joignent autour de la tasse pour en ressentir la chaleur.

Les dernières gouttes finissent de s’écouler dans la verseuse. Le rythme de leur chute ralentit.

Les conversations s’apaisent, se détendent et l’on oublie le temps d’un instant … que la récré est presque terminée.

Un café, comme un thé d’ailleurs. Qu’importe la boisson pourvu qu’elle nous procure l’ivresse… d’être réunis. 

Alors, on se laisse aller. Et ces instants suspendus, deviennent de petites éternités.

C’est le moment de refaire le monde, de changer le système, de regretter le passé autant qu’on le critique. Chacun devient ministre de l’éducation.

C’est le moment de s’échanger les recettes, parler du petit dernier qui arrive à la maternelle, du grand qui est rentré en fac. Organiser les vacances, parler des projets,… l’humain pointe derrière la fonction.

Mais en ce moment, c’est particulier. La période est singulière

C’est l’heure des vœux, des bonnes résolutions. Les « dry january » sont de retour, les chaussures de sport sont de sortie lors des joggings pour éliminer les excès.

Des vœux, j’en ai plein pour les autres ! Les meilleurs bien sûr…

Et pour moi, qu’est-ce que je souhaite ?

Me voilà plein d’entrain. Bien décidé à aborder cette année du bon pied.

Et ça commence bien… car mon souhait le plus fou vient d’être exaucéBon « le plus fou » j’exagère un peu, mais ça tient tout de même du petit miracle. 

Jugez plutôt : toutes les réunions et rencontres parents-profs sont annulées jusqu’à fin janvier. Enfin, presque toutes (il nous fallait tout de même bien consacrer deux heures de notre soirée pour l’autoévaluation de l’établissement).

Étrange non ? Me voilà donc à souhaiter ne plus voir mes collègues. Moi qui les apprécie pourtant, je me vois heureux de retrouver du temps pour faire mon travail ou avoir une vie familiale.

Le revers de la médaille, c’est l’annulation des formations. Moi qui était, pour le coup, heureux de retrouver mes collègues en présentiel (si, si, ça existe toujours) pour des conférences et une visite de labo. 

Mais comme, décidément, je suis bourré de paradoxes, cette annulation  m’arrange aussi. Moi, le formateur, qui n’ai pas encore eu le temps de retrouver mes collègues pour bien construire nos interventions. Avec tout de même un soupçon d’inquiétude de voir ces dernières passer en distanciel.

Il me reste encore bien d’autres souhaits pour cette année

Certains sont encore loin de leur aboutissement comme par exemple disposer de matériel informatique totalement opérationnel… heureusement l’année est encore longue. Mais soyons positifs (à défaut de le découvrir au détour d’un test PCR) : cela nous permet d’apprécier à sa juste valeur la chance que nous avons d’être ainsi suréquipés. Car, quand tout ou presque fonctionne, c’est toujours un moment de grande joie qui tend à l’extase.

Bien sûr j’en aurais tellement à formuler pour la photocopieuse… Un compte illimité pour mes photocopies ! Pas de panne quand, 5 min avant le DS, on se lance dans l’impression du sujet…

Des souhaits pour nos élèves :

Qu’ils soient motivés, sérieux, bons tout simplement. Mais ce serait alors un monde sans profs où n’importe quel cours numérique ferait l’affaire. Heureusement la machine est encore bien loin de ce qui fait notre cœur de métier.

On peut cependant souhaiter que nos élites soient plus nombreuses à prendre conscience de ce qu’est réellement le métier d’enseignant. 

Quelles sont mes bonnes résolutions ?

  • Garder la motivation en dépit des classes qui se chargent, des groupes qui disparaissent, des élèves de plus en plus hétérogènes.
  • Continuer à voir l’élève dans cette masse de rentabilité.
  • Avoir encore la satisfaction de les avoir vu progresser (en dépit de mon enseignement). 
  • Garder le rythme, enchaîner les cours, les préparations, les corrections, les réunions sans s’effondrer.
  • Prendre du plaisir en cours.

Tant de choses sont à souhaiter mais finalement, au quotidien, quand tout va mal et que la journée est difficile, il reste un lieu où se ressourcer.

C’est autour d’un café…avec les collègues.

Alors que peut-on me souhaiter cette année ?

Du courage (certaines mauvaises langues diront de l’inconscience) ? De l’abnégation (certains parlerons d’esclavagisme) ? 

Serais je encore prof si je ne les avais déjà ? Non !

En définitive, cette année, je n’ai qu’un seul vœu.

Qu’on me laisse prendre mon café, tranquille, en salle des profs, avec mes collègues.

 

Une chronique de Damien THOMAS (Prof qui en « vœux », mais caféinomane qui s’ignore ?)

damienthomas2

prof de SVT en lycée, tout m’intéresse, de la Discipline Non Linguistique (pour moi l'espagnol) en passant par l'AP, il y a tellement de choses à explorer.

Un petit commentaire ?