« Marseille,la ville sans monument où tout est possible à tout moment ». Blaise Cendras

 

 

« montrer un nouvel art de bâtir qui transforme le mode d’habitat »

Unité d’habitation. Marseille 1952. Maquette. DR. in.Le Corbusier.Poétique, machines, Symboles. Par Alexandre Tzonis. Editions Hazan 2001

 

« S’il est vrai, […], que toute architecture exprime la société qui l’a conçueet qui l’habite, suffit-il comme l’ont cru – ou feint de le croire – les modernes,de modifier les architectures pour modifier les comportements sociaux, de changerla ville pour changer la vie? »

Philippe Boudon,Pessac de Le Corbusier, Dunod, Paris, 1984, 2e édition, p. 188.

« L’aventure des unités d’habitation initiée à Marseille, c’est d’abord l’histoire d’une invention qui puise ses origines dans les utopies sociales du XIXe siècle, bénficie des acquis théoriques des avant-gardes artistiques des années vingt et trouve sa matérialisation dans l’essor économique et technique que va connaître la France au moment de la période de la Reconstruction.C’est aussi l’histoire d’un itinéraire de recherche mené sur la ville et l’architecture du logement collectif par un architecte moderne qui avait décidé de consacrer l’essentiel de son activité de projet à cette question. »

« L’homme habite en poête » Hölderlin

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I)CARTEL DE l’œuvre

  • Titre : L’unité D’habitation de grandeur conforme de Marseille  ou définit, également, comme  « un nouvel ordre de grandeur des éléments urbains » est nommée « La Cité Radieuse ». Les marseillais la nomment familièrement aussi la maison du  Fada.
  • C’est un des 5 exemplaires réalisés, les autres sont  à Rezé ( 1955),  Berlin (1957), Briey ( 1963) et Firminy ( 1965). Ce langage architectural sera repris au Brésil ,au Japon, et en Angleterre, là où la gestion du logement collectif pose problème.
  • Nom de l’artiste:E.C Jeanneret-gris dit Le Corbusier ou Le corbu (car son faciès de profil ressemble à celui d’un corbeau. Son esprit également ?)
  • Métier :?  Il est Peintre/ Architecte /Designer /urbaniste/ sculpteur/ décorateur.
  • Le Corbusier n’est pas seul à réaliser l’unité d’habitation. Il a son atelier et un bureau d’étude (L’ABAT) , soit environ Cents presonnes qui collaborent dans la conception et la réalisation de ce projet important. Constitués d’ingénieurs et de jeunes brillants architectes comme Jean Prouvé et Wogensky, de Vladimir Bodianski  directeur de l’Abat-ingénieur de industrie du bâtiment avec une solide formation dans l’aéronautique-, d’entreprises du bâtiments et des divers corps de métiers artisanaux de la construction, ce groupe mènera à bien, avec plus ou moins de réussite ce projet expérimental et ambitieux pour l’époque.

Qu’est ce qu’un urbaniste?:

L’urbanisme: « science urbaine », »La fabrication de plans destinés à réguler la croissance et l’extension des villes, et de s’asssurer des meilleurs conditions possibles en ce qui concerne le logement, la circulation, l’activité économique, l’enseignement, la vie sociale et culturelle, les loisirs.

L’urbaniste:Architecte, il étudie l’organisation spatiale de l’espace des villes, la gestion des territoires.Il réfléchi sur l’occupation urbaine des logements,transports, zones d’activités économiques.Cette pratique est récente, le mot apparaît en France en 1910; dans la continuité des courants  de réflexion humanistes et hygiénistes sur la ville moderne et industrielle du XIXe siècles. Projet utopique? les urbanistes tentent de créer une cité où il fait bon vivre:cité jardin Howard en U.K (projet libéraliste philanthropique),  phalanstère fouririste, Godin (socialisme), projet Gropius (Bahaus) social -démocratique, ville jardin verticale Le Corbu (projet technocrate planiste) (Charte d’Athènes) en 1930 en France. En 1915, Le Corbu met par écrit ses idées et thèses dans un ouvrage ,un manuscrit: « la construction des villes », premier traité sur la question urbaine .( Déjà , l’architecte débat sur les problèmes de la ville moderne, trop chaotique, insalubre et  développe sa  volonté d’une ville fonctionnelle. Cf. le Projets d’architectures de 1922-le plan voisin- pour Paris  et celui d’une ville de 3 millions d’habitants. »

« L’architecture, c’est une tournure d’esprit et non un métier.  » L.CORBU

« L’architecte, c’est formuler les problèmes avec clarté. » Le Corbusier.

Qu’est ce qu’un architecte?: le concepteur d’un bâtiment, de ses volumes et de l’organisation de son espace intérieur.

Emmeublement: Charlotte Perriand :(designer= concepteur des objets et de l’aménagement intérieur de l’appartement). Elle rejoint l’agence de Le Corbusier dans la fin des années 20 (1927 .Elle s’intéresse au logement social, et conçoit un design non académique tourné vers les nouveaux matériaux, la fonctionnalité, le bien être, les loisirs.Elle fonde L’UAM.

  • Date de réalisation de l’œuvre :  du 14 Octobre 1945  au 14 Octobre 1952. la première date correspond à son édification, la seconde à son inauguration.
  • Dimension : 165m de long sur 56m de Haut sur 24h de Profondeur.
  • Technique et Matériaux : Béton brut. C’est un matériau utilisé en architecture depuis la fin du XIXe siècle. Il est intéressant en architecture pas ses qualités constructives et technologiques; mais également esthétique et visuel pour Le Corbusier. (Cf. Son discours d’inauguration, joint à la fin.)
  • Lieu de création : Marseille.
  • Fonction (destination initiale) : Immeuble   d’habitation.
  • Architecture:  collective.
  • C’est un logement social: C’est un logement destiné à des personnes dont les revenus modestes n’exercent pas une certaine limite.Ils sont crée à l’initiative d’organismes publiques ou privés pour améliorer les conditions de vie des couches populaires, et pallier les difficultés de logement pour ce type de population sur le marché privé.
  • Situation : dans le quartier de St Anne. Édifiée au N°280 du boulevard Michelet, 8è arrondissement près du stade de Foot le Vélodrome.
  • C’est une commande  du ministre de la reconstruction et de l’urbanisme, Raoul Dautry. (1944, création du M.R.U).

« La Cité Radieuse de Marseille a été construite en 1952 et inscrite le 26 octobre 1964 du vivant de l’architecte, puis classée en 1986 et 1995  et bénéficié du label patrimoine du XXe siècle.

  • Les façades ; la terrasse et ses aménagements ; l’ensemble du portique et l’espace qu’il abrite ; à l’intérieur, les parties communes suivantes : le hall d’entrée, les espaces de circulation avec équipements (ascenseurs exceptés) , l’appartement destiné à la visite ont fait l’objet d’un classement par arrêté du 20 juin 1986

  • L’appartement no 50, y compris l’ensemble des éléments conçus pour la cuisine, ont été classé par arrêté du 12 octobre 1995″.

Il est Classé Monument historique   par arrêté du 12 octobre 1986/1995 car il possède une valeur esthétique, historique et patrimoniale.

  •  Que s’est-il passé,le 9 février 2012? Un grave incendie a eu lieu

II)Brève Biographie de L’auteur En quelques dates.Qui était-il ? cf. votre questionnaire.

Édouard Charles Jeanneret dont le pseudonyme est à partir des années 20 Le Corbusier  est est né le 6 octobre 1887 à l a Chaux-de Fond, dans le canton de Neuchâtel , en suisse , et mort le 27 Août 1965 à Roque brune-cap martin. Il est naturalisé Français en 1930. Il participe à la construction de 75  édifices. Il est mondialement connu. Depuis cette année une attention toute particulière est portée sur sa la relation avec le fascisme (propos antisémites dans les années 30), collaboration avec le régime de vichy avec lequel il  veut collaborer urbanistiquement.

  • En 1914 ,Il invente le système de construction dom-ino qui permet de construire plus facilement.
  • Expliquer ce que c’est et Pourquoi facilite t’-il la construction. ?(faire un petit dessin) Son nom vient du jeu. l’architecture est conçue comme un jeu de construction d’éléments préfabriqués qu’il faut assembler: poteaux, plancher. Cette construction permet les 5 points d’architectures qui définiront la modernité corbuséenne de l’architecture: pilotis,mur rideau,toit terrasse, plan libre. Il n’y a plus de murs porteurs. « les poteaux sont en retraits des façades, à l’intérieur des maisons. Le plancher se poursuit en ports- à- faux. Les façades ne sont plus que des membranes légères permettant l’isolation et de larges ouvertures, fenêtre bandeau » (Julia carnapete, 3em2)
  • Les structures porteuses sont des piliers qui permettent d’organiser librement le plan intérieur. (L’espace  intérieur de l’habitat devient flexible et librement aménageable).
  • Ce systhème permet de fabriquer plus facilement et rapidement les logements par la  préfabrication,standardisation des divers éléments constructifs et leur montage aisé, prédéterminé.

1920 IL Invente et commence à travailler sur l’unité d’habitation.

  • -Le Corbusier crée en 1928 le. CIAM (Congrès International d’Architecture Moderne). J’usqu’à la fin (1956) 11 congès se succèdent en différents lieux (pays) :IL représente un regroupement de 28 membres architectes .
  • Ses idées?Il veut promouvoir une architecture et un urbanisme fonctionnel  pour améliorer les conditions de vie dans les villes modernes: habiter, travailler, circuler, se divertir.Mais sa conception d’apurement des ville, pureté, hygiénisme, son culte de l’angle droit contre la courbe, de l’ordre contre le désordre, d’une nouvelle ville machine pour construire un homme nouveau n’est-il pas quelque peu totalitaire?
  • « la nécessité d’une  conception nouvelle de l’ architecture qui satisfasse aux exigences matérielles , sentimentales, spirituelles de la vie présente ».Ils cultivent le fonctionnalisme / le purisme .
  • -1933 : Création de la Charte d’Athènes .

III) Contexte historique.

  • Lors de cette réalisation le président au pouvoir est Vincent Auriol. Pendant ces longues années de constructions , 5 ministres de la construction se succèdent. On retiendra le premier Raoul Dautry plutôt conservateur et  E. Claudius -petit (1949-1953) plutôt moderniste et cultivant les idées Corbuséennes.(E.C-P a une formation artistique, apprenti chez les compagnons, ouvrier ébéniste de 1919 à 1933, il obtient son Capes de dessin en 1934.De 1956 à 1977 ,il dirige la SONACOTRA (société nationale de construction pour les travailleurs.).Il commandera aussi à le corbu aussi un stade, une maison de la culture.
  • A l’époque dans la question urbaine se pose la question se pose,  comme l’explique Bertrand Vaysière, entre continuité architecturale et adeptes de la tabula rasa:( faire table rase de l’architecture passée pour une, ville point zéro nouvelle moderne (le Corbu).

Que se passe t’-il à Marseille, en  France et en Europe?

« Les guerres du xxèm siècle ont provoqués des destruction à une échelle inconnue… »Bertrand Vayssière-Relever la France dans les après guerre-:reconstruction et réaménagement.

Des chiffres:

(300 000 édifices totalement sinistrés+255 bidonvilles (8000 familles à Marseille). »Il manque à la suite de la guerre 34000 logements à Marseille.45% de logements sont surpeuplés (dont 30% en surpeuplement critique),10%  de la population vit dans des locaux insalubres.Le confort est plus que rudimentaire:90% de la population n’a ni baignoire ni douche, 80% pas de WC intérieur et 48% pas d’eau courante. » Histoire des HLM »-union-habitat.

  • IL Y A URGENCE! ! !  C’est l’après guerre ,la France est sinistrée, il y a une pénurie de logements. De nombreuses habitations ont été détruites. Il faut donc réparer mais également reconstruire. Il n’y a pas eu de politique du logement depuis la fin du XIXem siècle. La France est très en retard par rapport à la Grande- Bretagne et l’Allemagne. Il y a une politique de l’état volontariste pour  reloger cette vaste population  « des taudis » et îlots insalubres ».

Les logements sont exigus, insalubres, sans équipements. l’appartement passe de 30m2 à 50m2.

« Le Corbusier apporte une solution nouvelle à ce problème du logement et transforme l’habitat en véritable service publique »E.Claudius-Petit, ministre de la reconstruction.

« Il faut respecter, admirer, choyer les oeuvres du passé, en tirertoutes les leçons, mais n’en jamais  êtres les esclaves, et surtout n’en jamis être les copistes » E.C-P.

  • A quoi Claudius-petit doit s’opposer pendant la longue construction de  l’unité d’habitation,7 ans de galères? A l’administration.Le projet est trop onéreux, hors norme, fantaisiste.Le corbusier doit aussi se retrouver face à des entreprises peu habitées à ce type de travail considérable.

Petit historique: du logement social.

-Fin du XIXès premières politiques du logement social à destination de l’habitat ouvrier.

-1894: loi Siegfried-naissance des HBM (Habitations à Bon Marché.-naissance des sociétés de droit privé de construction et de location d’HBM.

-1903 : naissance du ministère du travail

-1910 :naissance du « droit au logement« :le logement locatif social, nouvelle conquête sociale.

-1912: (loi  Bonnevay du 23 décembre autorise la  création des offices HBM qui deviendra après 45, les H.LM) Elle prévoit des mesures particulières pour les familles nombreuses -1920 à 1939 ,le logement social devient une politique publique.(la loi Sarrault de mars 1928, marque le début de l’intervention directe de l’état+Loi Loucheur en Juillet 1928, financement de 200 000 HBM.Gel des loyers depuis 1914.

1930 premières réalisations d’envergures en logements social. « cité jardin » de Surènes (92), grands ensembles gratte-ciel de Drancy (93).Villeurbanne.

-Sous Vichy: politique urbanistique: prévoir l’aménagement rationnel des villes ( l’état encadre l’effort de reconstruction.(Le Corbusier y participe).

-1944, (15 mars):Conseil national de la résistance: état fort, interventionniste: l’état doit moderniser la société.

-1944,1945- création du MRU (Ministère de la reconstruction et de l’urbanisme)-réalisation d’un plan d’aménagement du territoire.(le plan Marshall américain).

-5 mars 1945 à l’assemblée  Claudius-petit affirme: »Ou bien la France recommencera son passé,reconstituera un musée toc (…) sa tradition?Elle est de tenir Compte des événements, de tenir compte des possibilités, de tenir compte des matières nouvelles, et de construire des villes jeunes ou l’homme sera réconcilié avec la nature » Journal officiel,assemblée consultative,débat.(tiré du texte de B.Vayssière.)Eugène Claudius-Petit définit 3 priorités:remise à niveau des loyers+amélioration du patrimoine ancien (loi de 48)+industrialisation des technique+ reprise de l’initiative privé dans secteur bâtiment.

-1948: loi du 18 juin 1848: mise en place d’une véritable politique de reconstruction d’aménagement.Il faut résorber la crise du logement.( développement de la politique moderniste=hygiène,ensoleillement, »zoning ».Création de l’allocation logement et maintien dans les lieux des locataires.

1947-1950: les HBM deviennent les HLM=habitation à loyer modéré.(loi 3 décembre 47) relance du programme HLM.

-1950- 1953  aux années 70 =Le plan COURANT (nom du ministre prévoit la construction de 250 000 logements par ans.500 000 en 1970.Loi du 6 Août 53 droit des pouvoirs publiques élargit en matière d’expropriation.l’état lance une série de concours auprès des architectes pour construire vite et moins cher: industrialisation de la construction, réduire coût et délais. Projet des « grands ensembles »Création en 15 ans de 2,2 millions de logements. ce sont LES TRENTES GLORIEUSES »=période de prospérité (omnipotence de l’état)=État providentiel est promoteur immobilier.(prise en charge)De 1950 à 1975  dans cet « âge d’or de la construction » 7millions de logements sortent de terre.

-1974: début de la crise économique (pétrolière)/ fermeture des frontières à l’immigration. Échec des « grands ensembles ». (France 50 millions habitants, 16 millions de mal-logés..

-1975 :les Français rêvent (75% aspirent à la maison individuelle) et non à des logements collectifs+ le parc HLM vieillit mal.

-1981: violence urbaines aux cités des Minguettes .-1990 violence urbaines à Vaulx en velin-2005 violence urbaine Clichy -sous -bois +…) multiplication des problèmes en banlieue.

De nombreuses lois et dispositifs son proposées pour régler les problèmes des banlieues: loi solidarité et renouvellement urbain 2000 – Loi de rénovation urbaine 2003-loi pour l’égalité des chances en  2006- plan espoir banlieue 2008.

-1991: Création du ministère de la ville– pour une politique de la ville.

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1946, Raoul Dautry, ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme lui confie la réalisation d’un « immeuble sans affectation individuelle » à Marseille. C’est dans ce cadre de crise que Le Corbusier expérimentera, sous des angles très divers (habitat, techniques de construction,  politique sociale, urbanisme), ses conceptions  modernistes . »l’état sollicite Le Corbusier pour construire un nouveau type d’habitat social. Habiter, travailler, se cultiver le corps et l’esprit, circuler sont donc les quatre fonctions-clé présidant à la conception du bâtiment.« 

III Contexte social:

« Marseille manque cruellement de logements sociaux, 32000 familles sont sans abri en 1945 »

  • Le Pays connaît le Baby boom, c’est à dire: une forte croissance démographique.La France va passer en 20 ans de 40 à 50 millions d’habitants.
  • La France connaît la désertification des campagnes car les habitants quittent les campagnes pour la ville.
  • La France connaît une multiplication des travailleurs migrants -et des populations rapatriées après la décolonisation en Indochine,Maroc, Tunisie et Algérie- (Mais la crise conduira à la fermeture des frontières en 1974).
  • Qu’est -ce que « les trente glorieuses » (mot inventé par Fourastier pour caractériser cette période? Ce sont les 30 ans jusqu’à la crise de 1974 qui caractérisent une forte croissance industrielle, économique, de la consommation des ménages, le plein emploi, et le progrès technique; une vaste période d’optimisme, chacun aura le confort moderne avec  « les grands ensembles ».
  • Quelles sont les conséquences de cette situation sur les villes ? Une concentration forte de la population dans les villes nécessite de chercher des réponses architecturales  et urbanistiques pour les loger . On  créer de nouveaux espaces en périphérie des villes  de nouvelles banlieues, dans « les champs à Bétrave ».
  • A qui s’adressait l’unité d’habitation de Marseille? 1) les sinistrés de la guerre, 2 ) les prolétaires du vieux-port à reloger après  les destructions 3) Des employés et agents de maîtrise. Face à la difficulté de loger , on y logea finalement des cadres administratifs affectés.

III Contexte artistique :

Le Corbusier fait partie du « mouvement moderne » nommé, aussi , »style international » dans sa conception d’une architecture aux codifications universelles.Il se caractérise dans la tradition du mouvement hollandais de STIJL et du Bauhaus allemand par l’utilisation de volumes et de formes simples et géométriques, épurées, usant de matériaux  et techniques modernes ( métal, acier, béton, verre). Il cultive la fonctionnalité et la rationalisation de l’espace. C’est un art total qui ne se résume pas à l’architecture, mais part des objets quotidiens comme une tasse,  le mobilier,une chaise, l’aménagement intérieur et extérieur du logement jusqu’au plan de la ville entière. C’est un art profondément social qui tente de créer une société nouvelle, pour un homme nouveau.

IV DESCRIPTION

Ce Bâtiment est un immeuble de forme parallélépipédique de  132 m de long , de 56 de hauteur  et de 24 de large, construit sur pilotis conçu sur le principe d’une ville verticale de 17 étages contenant plus de 1600 personnes.

  • Situation topographique« Les quartiers d’habitation doivent occuper désormais, dans l’espace urbain, les emplacements les meilleurs tirant parti de la topographie,faisant état du climat, disposant de l’ensoleillement le plus favorable et de surface verte le plus favorable et de surfaces vertes opportunes »Charte d’Athènes (1933)-SOLEIL+NATURE+ESPACE-
  • Il est construit selon l’axe héliothermique (la course du soleil).Le bâtiment est orienté est-ouest, en fonction du  paysage marseillais, la mer à l’ouest et la montagne à l’est.Il ne possède pas de logement au nord ,car ils seraient orientés vers le  bruit du grand boulevard Michelet et souffriraient du fort Mistral. La résidence est positionnée  obliquement  à l’ axe de circulation.Même si aujourd’hui , elle semble en plein milieu urbain , dans le projet initial , elle est conçu pour un vaste parc de 3 hectares 1/2 qui permettait d’ancrer la population dans la nature, et de pouvoir accéder aux nombreux équipements -loisirs qui devaient y être construit. A savoir les terrains de fooft. Le Corbusier accordait beaucoup de place à l’emplacement de ses construction, le configuration topographique recherchée sur le plan masse devait être le meilleur pour le bien être des habitants.

LE BAS DU BATIMENT.

Le bâtiment n’est pas fixé au sol , il est surélevé par 36 pilotis de 7m écartés de 8.8 m sur une table de béton armée de (135m x 24m).

  • Quelle innovation apporte une de ces 5 inventions de l’architecture de Le Cornu :Le pilotis? Elle permet la circulation sous le bâtiment, de profiter de cet espace (garer son scooter), le regard est dégagé, il y a continuité visuelle du paysage et de la nature.Enfin elle permet d’éviter des logements au sol (le rez- de- chaussé est souvent humide et ne possède pas d’intimité dans les immeubles traditionnels.Les pilotis en architecture, libère celle-ci du mur-porteur.Les murs de la façade peuvent devenir des murs écrans permettant plus d’ouverture à la lumière.
  • Qu’est ce que « le sol artificiel? Pourquoi l’appelle- t’-on ainsi? Quelle est la fonction de ce « sol artificiel? C’est comme le sol naturelle sur lequel se pose traditionnellement  un bâtiment mais la résidence est en hauteur de ce sol. C’est une table de béton à 8m du sol naturel, un sorte de galerie  machines possédant des équipements nécessaires au bon fonctionnement de l’unité d’habitation. (Il reçoit le système de canalisation des eaux usées, l’évacuation des vides ordures…).32 compartiments à l’intérieure se succèdent.
  • Quelle est la particularité de l’entrée de l’immeuble? Il y a une seule entrée pour forcer les rencontres, elle  donne sur un espace de vie sociale. Le hall est le lieu de la rencontre entre les habitants-(expositions temporaires, présence d’un Kiosque à journaux, d’un bureau de postepermettent cette socialité rechechée par l’architecte.

LE MILIEU DU BATIMENT

L’ossature portante conçue comme structure d’accueil de « l’habitat cellule ».

  • Qu’est ce qu’une ossature en architecture? C’est la structure, le squelette, la charpente du bâtiment que l’on pourrait opposer à la peau, l’enveloppe. En Béton armée dans ce bâtiment elle permet de porter, d’assurer la stabilité du bâti ,car elle reçoit les charges.Tandis que la façade devient un mur rideau, une voile béton qui permet de vastes ouvertures (baies).
  • Comment sont disposés les logements-cellules. Pourquoi parle t’-on de casier de bouteille?Ils sont disposés dans l’ossature après sa construction.Imbriqués tête bêche, à l’intérieur comme des bouteilles dans un casier.(Cf schéma).
  • Les planchers, les murs,le plafond de chaque cellule logement sont indépendants de l’ossature.L’interstice est travaillé pour pouvoir une bonne insonorisation et isolation entre les appartements. Éviter les nuisances du bruit et le froid.

Les appartements? ,  Création  d’une typologie d’appartements standards?

  • Combien y a- t-‘il  de logements dans la cité? Il y a 337 appartements différents de 23 types, séparés par des rues intérieurs. l’appartement type est en duplex  : c’est un appartement constitué de deux nivaux reliés par un escalier intérieur. Ils sont « montant ou descendant » selon que l’entrée soit au niveau supérieur ou inférieur.

« Le travail commun des architectes et des designer modernistes produira un habitat et des intérieurs rationalisé mais ultra permissifs et profondément viables » Charlotte Perriand.

« Un nombre minimum d’heure d’ensoleillement doit être fixé pour chaque  logis. »  Charte D’Athènes 1933

  • En quoi les appartements sont différents et nouveaux? Le Corbusier et ses designers, comme Charlotte Perriand, apportent une surface supérieur de 40 à 50% à ceux de l’époque.ils sont plus grands. D’une pièce, sombre, humide, froide, sans isolements ,male équipée où la famille vit l’une sur l’autre,  sans les équipements nécessaires- (1952, 40% des logements sans eau potable, 94% sans toilette, 87% sans salle de bain)-l’on passe à des logements constitués de modules différents, chacun à son espace privé parents/ enfants: les espaces sont flexibles (ex: panneau de la chambre des enfants.), rationalisés, pratiques.(On gagne de l’espace, la cuisine  tout équipée permet d’avoir tout à disposition sous la main) Le lieu est très confortable et entièrement équipé.(w.c, salle de bain…équipements de la cuisine, eau chaude, chambre avec salle d’eau privative, lavabos dans les chambres des enfants, chauffage au double vitrage, un évier broyeur, un vide ordure, un frigo, une cuisinière électrique avec hotte aspirante et service de livraison).Ils sont conçus pour ressembler à une maison individuelle avec une pleine lumière grande baie vitrée du salon .Chaque niveau possède une terrasse ouverte sur le paysage.(On peut voir les îles du Frioul  la mer à l’ouest et le parc à l’est). Chaque appartement est comme une petite maison individuelle.
  • Le dispositif d’habitation se fait sur trois étages, 2 appartements séparés par un couloir (le haut d’un appart+moitier de deux appartements et le bas d’un appartement par un jeu d’imbrication.
  • L’appartement est constitué de 3 modules préfabriqués =1) une entrée et son couloir d’accès + la cuisine + la salle commune(salon)//2)Chambre parentale+salle de bain+toilette// 3) deux chambres d’enfants. Ces modules sont combinatoire selon grandeur famille ou célibataire.
  • Le mobilier intérieur directement crée (par les designers, ceux qui conçoivent le mobilier intérieur, Jean prouvé et Charlotte Perriand) est simple et standardisé.=(production en série  à partir d’un prototype standard.l’espace est fonctionnel spatieux (rationalisation des rangements /meuble passe plat, »cloisons flottantes », mobiles)
  • Le Corbusier visita la Chartreuse de Florence quand il était étudiant, la cellule monacale lui donna des idées pour les possibilités à l’époque de l’habitat ouvrier où les portes de placards deviennent des tables et où les espaces de rangements se trouvent encastrés dans les murs.Le principe de la modularité dévoilée en 1934 par  Perriand et L’UAM, puis de la préfabrication en 1935.(construction sur mesure à l’écart du site  même des éléments l’ouvrage.) furent largement repris dans la conception des intérieurs modernes.

Le Corbusier conçoit un appartement type pour une famille type (idéale) dans les années 50.Une famille mononucléaire où la maman est au centre du foyer avec la cuisine, le papa au travail.Le Corbusier pense que seul l’architecte à la connaissance , la capacité de concevoir le logement d’éduquer les populations en vue d’une vie familiale meilleure. La famille ne choisit que les rideaux, bibelots…

:« Moi, j’ai replacé la famille dans le temple. La famille c’est ce qu’il y a de plus beau. C’est par le choix d’un minimum de moyens qu’on arrive à satisfaire pleinement tous les idéaux »

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Elles est un jeu de grilles orthogonales. Chaque appartement possède son balcon.Sur les murs latéraux des balcons, Le Corbusier dispose des couleurs primaires. On penserait retouver à un tableau de Mondrian.(le modernisme recherche l’art total, la synthèse des arts.)

LES COULOIRS?

Dans la rue à mi-hauteur côté mer que découvrons- nous? Une vraie rue de village avec ses commerces de proximité (superette Casino, 1954), coiffeur, mercerie, hôtel restaurant (en 1961)+cabinet médical+ crèche (en 1962) + bibliothèque, cinémathèque. C’est un lieu de rencontre avec sa belle baie vitrée qui ouvre sur le paysage.

C’est pratique? Oui, car tout est à disposition sans se déplacer. (points négatifs: cela enferme l’homme dans le seul bâtiment devenue cité autarcique) Or, avec le développent de la voiture, les habitants sortent pour aller dans les gd supermarchés.

Comment sont les couloirs?  larges pour éviter la claustrophobie , sombres, car  ce sont des espaces transitoirs, les portes sont colorées. la lumière éclair, seulement, les boîtes à lettre qui se trouvent au niveau des ascenseurs, espace de rencontre.. Ils sont comme les rues horizontales  de cette ville verticale, chacune donnent sur les cellules maisons. Elles sont desservies par les « métros » verticaux (ascenseurs).

LE HAUT DU BÂTIMENT?

  • Que découvrons-nous au dernier étage?Le toit Terrasse.Il est différents des toits traditionnels qui sont en pente en occident. Plus proche des toits orientaux , il est utilisable comme espace de vie comparable avec ses grandes cheminées au pont d’un bateau transatlantique. Que découvrons nous dans cet espace? Que permet -il? Il y a de nombreux équipements collectifs. Dans l’avant projet ce niveau était réservé à l’installation d’un service de santé très complet comprenant un dispensaire de consultation de soins d’urgence, une garderie d’enfants, une salle d’opération et d’accouchement, des chambres pour malade sur la façade sud. cette proposition utopique n’aura pas de suite.On a d’autres équipements: une école maternelle et sa cour de récréation, une piscine, une gymnase,un théâtre en plein-air….
  • Le toit terrasse est réparti en 3 zones d’activités: 1) culturelle (école maternelle+auditorium+ théâtre de plein air) 2) pour le sport (petite piscine)+gymnase+piste d’athlétisme (tout autour)3) Loisirs solarium+ banc pour profiter du paysage.
  • C’est le lieu de rencontre des associations (manifestations festives), lieu sociale et collectif.

Aujourd’hui l’espace sportif (gymnase) plus terrasse est devenu culturel. (expos, installations modernes  in situ comme Buren, Xavier Veillan.

Cet espace est un magnifique belvédère :(de l’italien bellevue) car il permet d’observer visuellement le magnifique panorama de Marseille. « Le belvédère en architecture est un élément architectural de forme rotonde ou pas (ici nous avons un rectangle oblongue) au dessus du toit d’une demeure pour en admirer la vue. »Wikipédia

C’est une « agora » :au sens traditionnel de « place » dans la cité, lieu de rencontre entre les habitants, avec la rue centrale. c’était  la place mercantile et politique dans l’antiquité. lieu d’associations , cet espace peut être défini comme agora mais ce n’est pas la seule fonction.

Quel jeune Designer d’origine marseillaise a racheté en 2013 le gymnase pour en faire un immense espace d’exposition la fondation MOMA (Marseille Modulor)?: ORA ITO.

V) DESCRIPTION PLASTIQUE.

« C’est la mise en pratique de la synthèse des arts…Il joue avec la plasticité du béton, mais aussi avec l’espace,les couleurs,  l’ornement, la lumière, l’ombre, la sculpture sur son  toit compte sur le ciel, la mer au loin.C’est un projet artistique complet ». Anne- Marie Fèvre-« Le Corbusier Béton, mais pas si brut », Libération,2013.

LE MODULOR ET ET LA QUETTE DES JUSTES PROPORTIONS:UNITE D’HABITATION DE GRANDEUR CONFORME: UN HABITAT A LA MESURE DE L’HOMME.

« Faites pour des hommes, faites à l’échelle humaine » Discours inaugural de la  cité radieuse.1954 « cet animal …doit pouvoir s’écrouler tout à son aise dans l’espace de sa maison »Le Corbusier

« C’est un langage des proportions qui rend compliqué le mal et simple le bien » Einstein, déclaration sur le Modulor, université de Princeton.

Le Corbusier obtient à titre  honorifique de doctor honoriscosa en mathématique et philosophie de Zurich pour ses 20 années de recherche sur les proportions.

  • Pourquoi Le Corbu qualifie la cité radieuse « d’unité d’habitation de grandeur conforme »? Car elle possède les dimension parfaites et adaptées pour que l’homme se sente bien.Toutes les dimensions du bâtiment, les couloirs, logements, mobilier (dimension des pièces, organisation de l’espace intérieur) sont  construites à partir d’une grille en relation avec le corps humain , module de départ.
  • Le Corbu crée en 1933 le modulor? C’est quoi cette invention? Une « unité de normalisation » qui permet une combinaison illimitée de mesures afin de fournir une construction harmonieuse. C’est un système de mesure basé sur les dimensions du corps.
  • Cette mesure correspond aux proportions du corps humain type (un homme d’1m83, le bras levé 2m26) son homme de Vitruve à lui, et du nombre d’or.Cette proportion harmonieuse a déjà par le passé été utilisée dans l’architecture antique comme le  PARTHENON. Le Corbusier, lors d’un voyage en Grèce étudiant, avait admiré ce bâtiment.Le respect de cette mesure permet de crée un bâtiment aux proportions harmonieuses pour un cadre de  ergonomique.

la largeur d’un appartement et d’une rue=2 X Modulor=1m83x2=3m66. Hauteur appart=2m26. Or 3m66/2m26=1,6194= Nombre d’or.

MATERIAU LE BETON ARME/ BETON BRUT (cf. texte inauguration de le Corbusier, ci-dessous, dans les textes à votre disposition.    « LE PICASSO DU BETON »

 « L’architecture, c’est, avec des matériaux bruts, établir des rapports émouvants« . L.Corbu

« Puissent nos bétons si rudes révéler que sous eux, nos sensibilités sont fines » L.CORBU

« Le Corbusier , béton mais pas si brut » Libération, Anne- Marie Fèvre. »

  • Le matériau principal utilisé est le Béton brut. Ce choix est motivé par le fait que la construction métallique était trop onéreuse, c’est une pratique qu’il connaissait bien-il avait travaillé avec Gustave Perret le maître et génie  de ce matériaux architectural. Cette expériense  lui  avait permis de découvrir les grandes qualités techniques et plastiques de ce matériaux moderne.Le Corbusier laisse le béton apparent, et ne le cache pas derrière un emplâtre.le coffrage est une structure provisoire en planche pour maintenir le béton pendant qu’il durcit.Il laisse dès traces, d’où l’emploi habituel d’un revêtement pour les cacher.
  • Contrairement à la doxa (opinion commune) qui ne trouvait pas ce matériaux noble, digne d’être regardé avec ses imperfections et son caractère brut (apparition des marques de coffrag-pour le Corbusier c’est un matériau émotif qui possède de véritables qualités plastiques.
  • Peut on dire que cette façon de considérer ce matériau peut faire entrer le Corbusier dans le style Brutaliste, mouvement radical britannique de 1955  avec ses trois règles fondamentales?: Oui , il en a les caractéristiques 1) lisibilité totale du plan, 2) exposition claire de la structure 3) mise en valeur du matériau  apparent brut :béton, acier, brique laissé brut de décoffrage.
  • +Formes arides, sans fioritures et anguleuses+ production de masse vite et pas cher (sur ce dernier point on ne peut pas placer le Corbusier).

VI INTERPRETATION/ OBJECTIFS DE L’ARCHITECTE.

  • Quelle est l’ambition de l’architecte? Lancer un nouveau programme d’habitat à l’image de l’industrie ,une ville entière , une « ville radieuse » dans tous les sens du qualificatif. Cité de la joie, ville du bonheur, lumineuse: une cité qui sera un phare pour l’architecture, mais aussi une architecture pour la lumière. Elle apporte le soleil, la lumière source de vie à chaque habitant tout comme elle est une sculpture dans le paysage « le jeu magnifique des volumes sous la lumière. »
  • Quel est son but? Donner à l’homme de la deuxième civilisation machinique un habitat, créer des logements confortables,sains, fonctionnels, spacieux, lumineux, en contacte avec la nature, dans lequel l’habitant ressentira un sentiment de bien être. Recrée in situ une vie communautaire , un vivre ensemble dans un bâtiment ville magistral, rigoureux.

Le corbusier pense changer utopiquement les relations sociales et impersonnelless des grandes villes , en créant un potentiel communautaire, il crée les infrastructures potentielles du social, « du vivre ensemble » avec cette volonté politique que l’habitant prenne en charge activement ce type de relation plus humaine.

«  Le corbusier crée un parc pour le pique-nique et les réunions des club sont crées et gérés par les occupants : bibliothèque, cinéma, chorale, musique, théâtre, sport (foot, volley, boules, tennis, ping-pong), club de jeunes.réation de l’Association des Habitants de l’Unité d’Habitation Le Corbusier Marseille, à l’initiative.des  habitants, le 14 Janvier 1953. Les statuts mentionnent :« la création et le développement de liens d’amitié entre les habitants de l’Unité,« l’organisation d’activités collectives sur les divers plans social, culturel, artistique,sportif, etc.,« la défense, dans tous les domaines, des intérêts de ses membres toutes les fois queles intérêts mis en cause sont liés à la qualité d’habitant de l’Unité,« la participation, suivant une forme et des modalités à déterminer, des habitants del’Unité à la gestion matérielle, morale et de tous ordres de cette Unité, de ses dépendanceset prolongements de toute nature, dans une atmosphère de haute compréhensionmutuelle avec toutes les personnalités et organismes qui se trouvent ou se rouveront y être intéressés directement et indirectement. »

VIII) RECEPTION DE CETTE ARCHITECTURE

« C’est un « cube de béton ! » « Sinistre boîte de la Corbusier! », » C’est une cage à béton destinée à formater l’humain »; « c’est fasciste, totalitaire! » « c’est dangereux pour la santé! » le corbusier c’est « le lénine du béton armé! ».

« Ce projet vedette, parce qu’exceptionnel dans le panorama de l’architecture française du XXe siècle, a fait l’objet de nombreuses controverses,la critique l’ayant considéré comme étant soit réactionnaire, voire totalitaire, soit avant-gardiste parfois même futuriste ! ».

  • Quelles sont les critiques vis à vis de cet ouvrage?:On ne comprend pas la typologie toute nouvelle de ce bâtiment.  On reproche à  l’époque son manque de salubrité, son caractère trop totalitaire, tout est organisé pour un homme type. On parle de cube triste. le logement social collectif type tour est très récent (1930) et concevoir la ville collective verticale également.
  • Pourquoi l’appelle- t’-on « la cité du fada« ?: Car elle ne pouvait avoir été conçue que par un fou pour y loger des fadas. Elle n’était pas comprise.
  • Êtes-vous d’accord?:…………………………………………………………………………………………………
  • Quelles sont les réactions des habitants? Ils sont heureux par l’accès au confort, un style de vie   fonctionnel, lumineux,pratique, conviviale qu’apporte cette résidence.. »Il fait bon vivre chez Le Corbu! »
  • ET VOTRE REACTION A VOUS?Que pensez -vous du projet? du bâtiment? V ous plaît-il? Expliquez pourquoi?Aimerais-vous vivre dans ce lieu? Pourquoi?
  • Est ce toujours le même type de population qui y vit? Au départ ce projet, e, terme d’occupation des lieu est un échec, les logements locatifs deviennent rapidement en accès à la propriété privé, ce qui change le projet populaire initiale (utopie collective réelle?).Seule l’école restera publique. Aujourd’hui c’est une classe aisée qui s’y intéresse, adepte de « le Corbu », cadres supérieurs, artistes, intellectuels, enseignants, professions libérales… le prix d’achat est assez élevé.
  • POINT POSITIFS ET NEGATIFS quand on vit dans cette unité?Il fait trop chaud dans le salon le matin et chambres le soir+Chambres d’enfants manquent de largeur+ difficulté à loger du mobilier plus moderne+ chauffage fonctionne mal+la convivialité  s’émousse, il n’est plus adapté au modes de vies plus individualiste

IX) INFLUENCE DE LE CORBUSIER:?

Ex:MARLY-LE ROI -Yvelines (78)-Les grandes terre-1955-58-Architect Marcel Lods-1500 logements

-Rationalisation des espaces intérieurs (chacun à une fonction), séparation nuit/jour.

-Cuisine fonctionnelle.

-Gestion de l’ensemble des immeubles par la copopriété sur la base bénévolat militant (comme unité d’habitation).

-Unité de voisinage: parc collectif-terrains de sports, 9 squares-parc de stationnement-école, centre commercial.

Other municipalities - Delcampe.fr

CRISE DE L’HABITAT DES BANLIEUX, DES ARCHITECTURES MODERNISTES, CRISE DE LA VILLE.

« TOUT CELA C’EST LA FAUTE Â CORBU! »

« TOUT CELA EST LA FAUTE A LA CHARTE D’ATHENES! »   ou

AUX ORGANISMES HLM!

 photo Tillon.

  • Qu’est devenu ensuite le projet de le Corbusier avec la création architecturale « des grands ensembles » après la guerre?:…

« Au mitan des années 50, apparurent d’étranges formes urbaines. Des immeubles d’habitation de plus en plus longs et de plus en plus hauts, assemblés en bloc qui ne s’intégraient pas aux villes existantes.Ces blocs s’en différenciaient ostensiblement et parfois comme systhématiquement, s’en isolaient.Ils semblaient faire ville à part . Et surtout ils ne ressemblaient pas à ce qu’on  vait l’habitude d’appeller ville. Et leur architecture et qui aussi, était tellement déroutante.On les nommé « grands ensembles ». Cornu Marcel, Libérer la ville,Bruxelle,1977,  Casterman,P.60

« C’est ainsi que chaque grande ville de France prend à coeur de construire son grand ensemble, réponse jugée adéquate à la pénurie de logements qui sévit après guerre.Le grand ensemble est l’application stricte du fonctionnalisme au secteur du logement, en reprenant les principes hygiénistes qui condamnent les cours intérieures.Avec leur architecture brutale et leur absence d’espaces communs qui induit un mode de vie férocement individualiste, les grands ensembles font l’objet de critiques dès l’époque de leur construction…Or le caractère à long terme le plus dommageable des grands ensembles,c’est bien leur spéciamisation exclusive, leur fonction de logement qui exclut commerces,entreprises et équipements publics.(…)la séparation spatiale des fonctions urbaines se révèle porteuse de plus de ségrégation que d’efficacité. »Ricardo Bofill et Nicolas Véron,L’architecture des villes,P122,

Les grands ensembles en 1950 ,une utopie à loyer modéré? pour Gropius l’architecte du Bauhaus, ce type de logement, de construction représente « le type idéal de l’établissemen humain », sur le papier ou dans le réel? Les grands ensemble n’étaient-il pas la création d’un démiurge architecte regardant l’aménagement du territoire à vol d’oiseau. Marcel Cornu en 1977 semblaient déjà souligner l’un des symptomes du problème » grand ensemble »-sa difficile intégration dans le tissus urbains traditionel, dont-il semble s’opposer comme noyau autonôme. (les futurs ghétos).  Sans équipements  ces proljets sonts ils encore des ville? ou de simples villes dortoires enclavées?

-l’objectif initiale? Le projet de départ était louable, créer une mixité sociale dans un cadre d’une architecture moderne fontionnelle ,hygiéniste.La  construite de façon tayloriste et infustrielle devait permettre comme la voiture et le frigo un accessibilité à tout à chacun à l’habitat. Mais un logement n’est pas un bien de consommation taylorisé comme les autres.

C’est ,également, un choix ambivalent! voire Schyzo de la part de l’état, nécessité fait loi?…En 1953, l’état français, avec le ministère de la reconstruction lance ce grand programme, mais son ministre en même temps , Pierre Sudreau dans ses déclaration remet en cause ce type d’habitat standardisé, sa salubrité psychique- (lancement d’une étude en 1956).Il se dit « heurté« , … »par de flagrantes erreurs architecurales » « qui dans un pays comme le notre, réputé pendant des siècles pour son bon goût, de la mesure et d’harmonie…puisse être saccagé par le gigantisme excessif de certaines constructions…véritables murailles de béton…pesante uniformité, la répétition n’implique pas forcément l’absence d’architecture.Lorsque les préoccupations techniques primes toutes les autres…Les grands ensembles ne doivent pas devenir des machines à répétitions d’erreurs et d’horreurs. »( Délégation interministérielle à la ville 2001,Les grands ensembles entre histoire et mémoire, p.6).

« Les grands ensembles » une vision dénaturée, une hérésie?. C’est une reprise de la Charte d’Athènes (créer un modèle urbain idéal) sans les moyens et le temps, ceci avec la nécessité de l’industrialisation, d’une production de plus en plus massive. C’est une architecture sans architectes? sans concepts comme l’exlique Yves Lion urbaniste et architecte, témoin de ces années là. Une architecture de mauvais urbanistes-architectes. Non, bien sure, il y avait au départ de  certains de ces projets de bons architectes: Lods, Dubuisson, Labourdette, Lopez.Mais certains d’entre eux se sont révélés être de vraies catastrophes. La Charte d’Athènes influence pendant 20 ans l’architecture, son dogmatisme  est remis en question dans les années 60.Elle ne correspond plus à la seconde moitier du XXem siècle. Échec du concept de zonage, cette séparation de la ville en fonction de zones indépendantes. La ville se révèle finalement un « organisme plus complexe que s’est réseaux régulateurs sur le papier de la Charte (trop simplistes) .IL s’y  mélange un grand nombre de fonctions qui ne peuvent se limiter à 4: habiter, circuler, travailler, divertir. »La ville change et permettre une connectivité.Le système était trop simpliste dans sa façon de répondre à la complexité urbaine.

  • Qu’est ce qu’un « grand ensemble »: »aménagement urbain comportant plus de bâtiments isolés sous forme de barre ou de tour construit sur le plan masse… »Ministère de la culture ». Autre définition complémentaire. »Masse de logements agencés ensemble-cette organisation n’est pas la seule conséquence d’un plan masse, elle repose sur la présence d’équipements collectifs. Le grand ensemble apparaît comme un habitat relativement autonome édifiés en un brefs laps de temps… »Yves Lacoste , géopolitologue « le grand ensemble à une » capacité de minimum 500 logements.(Limite fixé par la ZUP en 1959.)

« Le comble est que les grands ensembles sous-utilisent l’espace tout en donnant à leurs habitants une sensation d’entassement!Les même personnes qui avaient pu cohabiter ailleurs ne pouvaient plus se supporter ici:les problèmes que l’on classe sous la rubrique du racisme se ramènent souvent à une question de voisinage,devenu impossible dans un tel cadre; La vie sociale la plus élémentaire se révélait impossible dans ces grands ensembles. En particulier parce que les habitants se voyaient privés de de toute possibilité d’y travailler: les petits métiers, dont beaucoup subsistaient dans les bidonvilles, n’avaient pas place au pied des tours conçues pour remplir une fonction unique Nombre de ces locataires devinrent des assistés à vie. »(…) »Les spécialistes n’ont cessé depuis de se répandre sur le malaise des banlieues, mais certaines évidences ont continué de leur échapper:à commencer par le fait que l’urbanisme rendait impossible l’appropriation de l’espace par ses habitants…l’urbanisme  prévoyait une une utilisation performante de l’espace sans pitié pour ceux qui ne trouvaient pas de place dans la machine infernale du salariat. Les cité- dortoirs avaient été conçues pour des habitants ayant une occupation professionnelle et une voiture. Il se trouve qu’à Marseille l’achèvement des grands programmes de construction H.L.M coïncida avec la crise industrio -portuaire et la montée consécutive du chômage au sein de la population ouvrière, en particulier des jeunes »Le paysage contemporain de la ville de Marseille-Aux origines de l’avant-dernière destruction (1960-2005)Allessi Dell’Umbria-Revue Agone-numéro 38-39/2008 -« Villes et résistances sociales ».

  • Pourquoi, pour « les grand ensembles », parle- t’-on de « cage à lapin? Quels sont les points négatifs? Pourquoi cela ne fonctionne plus depuis les années 70.Quelle est l’image du grand ensemble du coté de l’habitant? Pourquoi au départ projet utopique  lancé par la france -à grand renfort de propagandes (cartes postales, photographies, publications, expositions)-« les grands ensembles » sont  devenus un échec?
  • Comment on- t’-elles été concues? Yves Lion  architecte témoin de cette  époque, dans son intervention à la Cité de l’architecture et du patrimoine-« la transformation des grands ensembles »-  raconte

« On est aujourd’hui face à une situation très grave…On se trouve face à un problème où on est pas techniquement désarmé, financièrement on sait presque le faire, Faut-dire que la rénovation d’un grand appartement dans un grand ensemble ça coûte 15 000 euros, on fait pas grand chose, ça peut coûter juqu’à 90 000 euros on fait beaucoup….Il faut valoriser le bien…se pose le problème politique qu’il est tellement simple de se débarasser du problème en éliminant tout, comme il est très simple à une époque de concevoir les grands ensembles d’une manière expéditive »..jeune architecte en 1962. »Je n’entend parler que de productivité…j’étais surpris de voir que tout ceci ne faisait pas l’objet de conception…Cette espèce de désinvolture, on choisit les terrains là où c’est le plusf facile , l’expression sur les champs de patate de bétrave de manière à avoir le terrain vierge pour pas avoir de problèmes de conception à la construction de ces bâtiments…Désinvolture…Le principale trésor est la population qui y vit…la tradition de l’architecture , c’est la transformation,le détournement…Les grands ensembles sont pas finis , il y a encore de la place du potentiel…avec le souci d’aller au delà de ce qui est présent.(…) La décision politique est très lente(…) La principale réponse il faut apporter un changement de niveau social…embourgeoiser (l’attractivité) nouveaux logements, les transports (arriver du tramway),c’est possible de changer. » »IL FAUT S’OCCUPER DES GENS, (passif colonial).

« Cette logique productiviste  implique pour être optimisé d’opérer sur des superficies considérables,c’est à dire sur des terres agricoles:trouver de grands terrains à bas prix nécessite de s’éloigner des centres urbains et de s’établir en marge des anciens noyaux villageois. »…entre les débuts des années 1950 et la fin des années 1970, la possession de la voiture reste marginale pour les catégories sociales qui résident dans ces quartiers.Quand aux transports collectifs, ils sont rarement programmés avants plusieurs décéninies…On par très tôt de » cités dortoirs » pour désigner l’effet d’une des orientations majeures qui président à l’aménagement »moderne » du territoire français, le « zoning ».(…)C’est ainsi que , à partir de 1961, sont crées « des programmes sociaux de relogement », nouvelles HLM à normes réduites.Dans ce cadre là seront crées les premiers IST (« immeubles sociaux de transition »)les fameuses « cités de transit » qui seront en région parisienne…les pemières pièces de ce qui est en train de devenir un « habitat dépotoir » vers lequel les services sociaux et les organismes vont orienter leurs familles à problème.Ce traitement discriminatoire qui est réservé aux fractions les plus vulnérables de la classe ouvrière-dont font partie de façon croissante les travailleurs immigrés maghrébins…va devenir la matrice de l’exarcerbation des tensions et conflits de concurence entre les différentes fractions de la classe ouvrière.(traitement inégal entre ouvriers  français et Maghrébins,algériens)(…)A présent, aussi bien droite qu’à gauche les municpalités des villes de banlieue disent vouloir « en finir avec les ghettos »en favorisant « la mixité sociale. »(…)déjà dans les débats des années 1960 à 1970, et elle ressurgit en 1991 lors du débat qui entourre le vote de la loi d’orientation sur la ville (LOV).Cette loi contraint vise à contraindre les communes à construire des logements sociaux:…la dispersion des populations pauvres et immibgrés sur l’ensemble du territoire…la cause de la lutte « contre les guettos »…casser les ghettos »Alexandre Achrafieh-Socialisme international-Histoire des banlieues populaires

  • Comment est ressentie la banlieue des grands ensembles GRIS+MONOTONE+REPETITIVE+LAID+ SALE les GRAFFITI+ l’insécurité+la SEGREGATION+la BRUTALITE+la CRISE SOCIALE+ L’ISOLEMENT (mal desservi par les transports.)
  • 1) Son caractère inesthétique, la Laideur de sa couleur grisaille comme une prison, sa forme trop anguleuse et trop peu décorative et répétitive.
  • 2) Sa mauvaise gestion de l’espace et sa carrance en terme d’infrastructure  .Il y a de grands espaces non-utilisés non investis et pourtant sentiment de concentration, d’ entassement.(On reproche la carence d’équipements, le manque de diversité de ces derniers, malgré le 1% qui était prévu pour chaque construction. Ce ne sont pas des zones dynamiques avec commerces, entreprises, mais plutôt des villes dortoirs.
  • Manque de liaison de transports. A Marseille,  les transports publiques manquent dans les quartiers nord .On a privilégié le déplacement des cadres et non des ouvriers.(un peu plus proche de chez vous pouvez  faire la comparaison entre la ville du Raincy etClichy-sous-bois.
  • 3)SA VETUSTEE:Construit vites fait par des grandes entreprise du BTP , ils sont dures et chers à entretenir. Ils se dégradent vite.(dès les années 60, 5 ans après), Dégradation dû  ,aussi, au mal être des jeunes (dés-errance).
  • Difficulté à vivre avec 500 voisins.
  • 4) La crise économique .la crise et le chômage, crée un contexte de précarité et de délinquance.
  • 5) Logique discriminatoire du territoire (« habitat dépotoir » dans « banlieue dépotoire » pour un certain type de la population.(regroupement dans certaines communes rouges, répartition inégale des immigrés « populations encombrantes » pour les préfecture (mode d’apréhension colonial.)=Ghetto.
  • 6)le désir des gens a changé.Individualiste, on rêve d’un pavillon et plus de vie collective.(Départ des classes moyennes vers la pavillonnaire. Perte de mixité. Les grand ensembles deviennent le lieu de  concentration de la précarité et du désespoir. Ville sans horizons l’architecture  n’ouvre pas visuellement sur l’espace, un horizon, ce sont des villes sans horizons.

Exemples de grands ensembles? Les 4000 à la Courneuve (93), ou la quartier de la Rouvière à Marseille (9em) construit par Xavier-Arsene HENRI., Le Haut du  Lièvre  sur la crête à (Nancy) 3000 logements (1954) par Bernard Zehrfuss, l’une des plus longue barre de France.

Le quartier du Haut du Lièvre en 1967, photo aérienne, colorée, propagande   photographique de l’état pour vendre le projet.

UN LIEU pour VIVRE?

Drancy (Seine-Saint-Denis), Cité de la Muette
Eugène Beaudouin, Marcel Lods (Architectes) ; Eugène Mopin (Ingénieur)
Construite de 1931 à 1935, la cité de la Muette occupe une place particulière dans l’histoire de l’architecture : elle est en effet le premier grand ensemble d’habitation (1200 logements) à être construit à partir d’éléments standardisés préfabriqués en série

  • Échec des grands ensembles: quelle solution? Le retour aux pavillons, aux cités jardins?
  • La circulaire ministérielle 21 mars 73 . Loi Guichard ministre de l’équipement, du logement et des transports interdit désormais toute construction de plus de 500 unités et recommande de diversifier les zones d’habitation.
  • Loi Barré 1977: déplacement de la priorité de l’aide à la construction collective au ménages: la politique de l’habitat pavillonnaire est désormais favorisée.
  • QUELLES SOLUTIONS POURLES GRANDS ENSEMBLES? LES CLASSER AU PATRIMOINE? « La question de la patrimonialisation des grands ensembles – dont Bruno Vayssière a été longtemps un des seuls défenseurs  se pose aujourd’hui.
  • ou les DESTRUIRE? changer l’ image des cités d’habitat social?« Le « grand ensemble » fait de la résistance », expliquait l’architecte Jean-Patrick Fortin, un des animateurs de Banlieues 89.

« .Convertit? mixer?démolir? rénovation partielle  (cache- misère) ou profonde pour lutter contre l’enclavement, redonner une nouvelle qualité de vie à ses quartiers? Des milliards ont été investis.Cultiver UNE POLITIQUE DE LA VILLE BASSEE SUR LA MIXITE SOCIALE./CULTIVER UNE IMAGE DES QUARTIERS SENSIBLE PLUS POSITIVE/

On fait la publicité (photographiques, médiatique) des émolitions partielles ou massives  comme celles entreprises par la rénovation urbaine version ANRU.-Exemple citée des 4000 en 2010.(Agence nationale pour la rénovation urbaine).

« La Duchère et le Haut du Lièvre sont aujourd’hui présentés comme des réussites de la rénovation urbaine. »

Beaucoup d’espace vides à potentiels à investir: recréer une densité sociale  fonctionnelle, lieux d’activités.(entreprises instllation).

Références:Archives INA: SarcelleS Construction des grands ensembles en 1960

Archives INA: Destruction des tours à la Courneuve en 2004

XX)PROBLEMATIQUE -L’ART ET LA VILLE-

En quoi les projets d’urbanisme des Années 50-70 constituent une rupture sociale et esthétique?(cf. Au dessus les « grands ensembles ». Qu’y a til de nouveau dans les projets urbains des années 50 comme l’unité d’habitation, et les grands ensembles?Comment aménager l’espace urbain dans la recherche politique et sociale du « vivre ensemble » la maison du fada?-l’urbanisme et l’architecture comme projet politique.La question de l’habitat collectif, le rapport à la rue.

Le Corbusier et la ville- EN QUOI LE CORBUSIER REVOLUTIONNE ET INTERVIENT DANS LA VILLE? INTERVENTION HUMANISTE OU TOTALITAIRE?

« …Le corbusier ,est né à La-Chaux-deFonds (Suisse) en 1887.De ce pays montagnard où il passa sa jeunesse, il aura gardé toute sa vie une certaine méfiance vis-à vis de la spécificité de la vie urbaine.Il n’ya ni rues ni places dans les villages de montagne,où le froid oblige à rester replier dans son chalet pendant la majeur partie de l’année:Le Corbusier a toujours fait passer les intérieurs avant les espaces publics,  et la vue qu’on a depuis la fenêtre d’un immeuble avant l’aspect général du bâtiment lui même.Dès ses premières oeuvres éclate l’évidence de ce souci constant de l’espace intérieur,de sa commodité.(…) Le sentiment tragique de l’hostilité de la nature, le besoin permanent de l’affirmation promothéenne du pouvoir de l’homme ont donné naissance chez Le Corbusier à ses bâtiments puissants et inoubliables que sont la villa Savoye à Poissy et la « cité radieuse »de Marseille… »(…)Toutefois,cette exigence d’autonomie se mue en force déstructurante lorsqu’elle est appliquée à l’urbanisme, et plus seulement à l’architecture.Niant la diversité des grandes villes,Le Corbusier a multiplié les plans d’urbanismes monotomes,par exemple pour Paris, Saint-Dié,Alger,Berlin,Moscou où s’accumulent les barres monumentales et les tours héroïques disséminées comme au hasard sur l’emplacement de la ville ancienne.Le splendide isolement et la fierté hautaine corbuséenne se transforme en anonymat et en inhumanité, lorsqu’ils sont transposés à l’échelle d’une ville tout entière. »Ricardo Bofill et Nicolas Véron,l’architecture des villes,Edit.Odile Jacob,1995,P118 et 119.

  • Qu’est ce que la Charte d’Athènes de 1933-( signature Le Corbusier (1941))?: c’est le texte fondateur du « style moderne » dit »style international.
  • IL  constate une ville chaotique, en désordre, c’est une menace  pour l’humain car  elle est non géométrisée,  ne respecte aucune règle.  ILs Admient de la ville rectiligne. Création de la » ville-outils ». Il faut animer la ville chaotique de l’esprit géométrique »L.C
  • Ils propose 95 points sur la planification et la construction des villes. Sujets: tours  d’habitations/ séparation entre zone résidentielles et transport/ préservation des quartier historiques/violence des intérêts privés. AIR- SOLEIL-VERDURE (arbres) pour tous. 12% habitation/88%verdure/Constructions en hauteurs/ condamnation de la rue/ fin de la proprété privé.
  • (Point 95): « l’intérêt privé sera subordonné à l’intérêt collectif ».
  • Elle préconnie des équipements collectifs, des espaces libres autour des bâtiments qui accueille les activités collectives de la jeunesse.
  • Organisation de la ville en 4 zones indépendantes selon 4 fonctions.

Vivre HARMONIEUSEMENT, avec EPANOUISSEMENT. la ville moderne est conçue selon 4 fonctions humaines: HABITER/CIRCULER/SE DIVERTIR/ TRAVAILLER.

« La rue courbe est le chemin des ânes, la rue droite le chemin des hommes, la rue courbe est l’effet du bon plaisir, de la nonchalance, du relâchement, de la déconcentration de l’animalité. la droite est une réaction, une action, un agissement,l’effet de domination sur soi , elle est saine et noble. »Le Corbusier

Création de la ville à partir du standard humain.

  • Quelle est la conception de la ville chez le Corbusier? A quoi ressemble une ville de le CORBU? Peut -on parler de villes utopiques ou dystopique? projet humaniste ou totalitaire? (fasciste). Son architecture est-elle proche de l’esthétique totalitaire? L.C créateur de prisons radieuses? Il faut reconstruire totalement la ville moderne.L.C a un projet universelle, universaliste de l’urbanisme.LE CORBU ARCHITECTE DU BONHEUR?

« Les conceptions défendues par Le Corbusier sont celles de la ville radieuse,lumineuse, organisée, fonctionnelle dans laquelle l’homme moderne se réalisera .À un monde technologiquement nouveau doit correspondre une architecture résolument différente : ouverte, verticale, géométrique, industrialisée et totalement repensée. La ville doit séparer les fonctions de travail, de commerce,de transport, de réseaux, d’habitat et de loisirs. Et c’est pourquoi, loin du monde industriel et des nuisances des transports, les unités d’habitation seront regroupées dans les zones d’espaces verts qui seront les lieux des loisirs et de la détente. »

  • Quel était sont projet  de » ville radieuse » (1930)? Ce sont des villes satellites condensées en plusieurs immeubles Verticaux espacés de 300m  entourées d’espaces verts. Elle n’a pas été réalisé car trop coûteuse. Ex projet de la ville de Meaux, commencement à Firminy (une église avec l’unité). Réalisation concrète en Inde.
  • principes  urbanistiques directeurs :

1)Classement des fonctions « zonage » .

2) multiplication des espaces verts.

3) Rationalisation de l’habitat collectif

dyn007_original_520_388_pjpeg_2649770_d6df95d0ac39587133ec8538c2fd0eea« L’automobile détruisait la ville, l’automobile la sauvera » .L.C

« …le modèle de ville que présente le plan voisin est achevé donc intouchable;sa cohérence ne s’accommode pas du moindre écart au schéma proposé.La ville fonctionnaliste est un objet défini et construit une fois pour toutes,et, qui, ne supportant pas l’altération du temps,doit être soit maintenu scrupuleusement tel quel,soit détruit complétement.Contrairement, par exemple, au plan de Cerda pour Barcelone ou au réseau d’avenues du préfet Hausmann,il n’est pas un cadre souple destiné à accueillir et relier des réalisations futures:Il est un système complet et inflexible, sans dimension temporelle interne, à prendre ou à laisser. »Ricardo Bofill et Nicolas Vérdon, l’architecture des villes,ED.Odile Jacob,1995,P.120.

Quels sont ses grands projets urbanistiques? » Ville contemporaine de 3millions d’habitants (1922) et « le plan voisin pour Paris » en 1925.=(raser complètement le vieux Paris sur quatre arrondissements pour ériger une armée de gratte-ciels géants. Cf. ci-dessous maquette à l’exposition des Arts Déco de 1925. )  BRUTAL! Non! 3513641393_be9ca61156

Projet de Paris, « Plan voisin.

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Projet ville de 3 millions d’habitants.

« raser le centre de Paris entre l’île de la Cité et Montmartre pour la livrer sans entrave à la circulation automobile (la pollution n’a pas encore été « inventée »). » L’espace s’organise autour de deux autodromes géants de 120 mètres de large qui traversent la capitale d’est en ouest et du nord au sud, se prolongent au-delà et se connectent au réseau national et européen. La population trouve refuge dans dix-huit gratte-ciels cruciformes (ou « villes-tours ») censés contenir 500.000 à 700.000 personnes, le tout entrecoupé de jardins. Ponts et plateformes permettent aux flux automobiles de s’écouler sans garde-fou. La Défense + la dalle d’Argenteuil en plein Paris, ou le triomphe absolu d’une architecture « pure, nette, propre, saine ». Laurent .B (Blog de la jamais contente)-cauchemar-7/08/2011.

Ce  sont des projets surtout théoriques Heureusement ,(raser la moitier de Paris? Vivre dans ces grilles construites sur ses plans?

principes:Exaltation d’un noyaux central (travail)+ augmentation de la densité+rationalisation de la circulation+ extension des espaces verts.

3 types d’édifices:Gratte ciel cruciforme au centre+immeuble de 6 étages à redents+ immeubles villa (en périphérie- future unité d’habitation. + batîments services communs.

Décongestionner les centres ville+ tout en accroissant la population+ accroissement automobile, création de grands axes de circulation  est-ouest, nord – sud (sur plusieurs niveaux: inférieur poids lourd,normale, rue.

+ Accroissement espaces verts (multiplication des plantations).

« La ville est un outil de travail.
Les villes ne remplissent plus normalement cette fonction. Elles sont inefficaces : elles usent le corps, elles contrecarrent l’esprit.
Le désordre qui s’y multiplie est offensant : leur déchéance blesse notre amour-propre et froisse notre dignité.
Elles ne sont pas dignes de l’époque : elles ne sont plus dignes de nous.
Une ville !
C’est la mainmise de l’homme sur la nature. C’est une action humaine contre la nature, un organisme humain de protection et de travail. C’est une création.
Conséquence des tracés réguliers, la série.
Conséquence de la série : le standard, la perfection (création des types).
[…] Le terrain biscornu absorbe toutes les facultés créatrices de l’architecte et épuise son homme. L’œuvre qui en résulte est biscornue -par définition- avorton bancal, solution hermétique… »
Le Corbusier, « La ville comme jeu des formes sous la lumière » in Les Symboles du lieu, l’habitation de l’homme (L’Herne, Paris 1983)

« La fondation d’un nouvel ordre architectural et idéologique va promouvoir chez Le CORBU une sorte « d’eugénisme architectural », fortement lié à la construction d’un « homme nouveau » et à la recherche d’un ordre social parfait. »

LE CORBUSIER UN PROJET HUMANISTE OU TOTALITAIRE // UTOPIQUE OU CONTRE-UTOPIQUE (Dystopie)?L’urbanisme est porteur d’idéologie. Peut-être porteur de symbolique celui du pouvoir. ( Projet Germania- Berlin, d’ Hitler et Albert Speer).  Dans tout grand projet urbain n’y-a t’-il pas une composante de violence latente?

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Dôme de Germania-Berlin.

« 1920 -30 les régimes fascistes voulaient construire un monde nouveau, régénéré, virile, hiérarchisé, autoritaire, machininique. »Dès 1937.

« le Corbusier réduit l’habitation à sa bête raison d’être, range les hommes dans des « machines à habiter », des « boîtes à foyer » uniquement faites de pilotis, de proportions et de vitres.(.Par sa brutalité formelle et la primauté du collectif sur l’individu, cette vision d’apocalypse n’est pas sans rappeler les projets architecturaux des régimes totalitaires..) »

« L’architecture est une mise en ordre chacun bien alligné et en ordre hiérarchique occupe sa place ».Le Corbu.

  • Propos antisémites + publication de ses théories dans des revues contre la démocratie.L.C participe temporairement au gouvernement de Vichy (livre récent de Xavier de Jarcy « Le Corbusier un fascisme français ».
  • L.C projet d’améliorer la vie harmonieuse . Or l’architecte qui veut construire le bien être universel ne devient-il pas le guide suprême de l’harmonieux du  troupeau.Il a la vérité,il montre « le point de vue du vrai » mais surtout théorique (projet de villes) connaît-il vraiment le réel de l’objet. L’urbaniste ne devient-il pas un éleveur d’humain?
  • En voulant créer le bonheur est-ce qu’on ne crée pas l’inverse?(une conception de la vie bonnes qu’ont cultivés les utopistes de puis Thomas MORE (XVI siècle, les socialistes du XIXes des villes ouvrières: Owen, Fourier, Cabet= rationaliser les comportements/ recherche de l’hygiène/Installer une nouvelle forme d’organisation sociale meilleur par l’urbanisme/ l’industrie permet la réalisation. Cela peut devenir un humain machine dans une ville machine. Perte de tout espace de décision et de liberté.
  • L.C veut créer une « race solide, belle et saine » un Homme nouveau, un homme Type(?)L’apport n’est il pas trop dogmatique, inhumain. (l’homme type, la famille type n’existe pas). La maison à habiter ne conditionne- t’-il pas l’esprit, n’impose tel pas de rentrer dans un moule?
  • Classer la population urbaine (repérer les inutiles).
  • Apurer la ville; rechercher une société ordonnée, rationnelle, virile , hygiéniste, fonctionnelle.
  • Haine de la courbe cultive la droite.
  • Création d’une ville comme machine à habiter/ création d’un mode universel. Or la machine à habiter est ce humain , vivable?. « cité radieuse » est- ce Si radieux. »la cité radieuse fait appel à la violence afin de plier l’humain aux dimensions inflexibles de son édifice monumental »
  • La conception d’un habitat fonctionnel et techniciste, utilitaire est-elle suffisante pour habiter?.( crise actuelle n’est ce pas une crise d’habitation?)
  • Ne retrouvons nous pas certaines dérives que rencontra certains totalitarisme (nazisme), mais aussi les contre-utopies dont parle Orwell (1984), Huxley  (le meilleur des mondes).

TEXTES pour réflechir sur le thème.

 

1) A l’époque de la construction de Le corbusier et des projets « des grands ensembles », en contrepoint, il y a le discours du philosophe , la conférence de M.Heidegger du 5 août 1951, « Bâtir, habiter, penser » dans le cadre du colloque « L’homme et l’espace », et le second « l’homme habite en poête » reprise des mots du poête allemand Hölderline posant l’habitation en terme ontologique. Qu’est-ce qu’habiter? Quand est-il par rapport à ce qui est la question qui est celle de l’être? Habiter ce n’est pas être logé, avoir un logement. il ne peut se réumer à « la possession d’un logement ». le logement c’est un contenant sans l’être. les « grand ensembles » logent, donnent une « habitation à lieu » et non une « habitation à l’être ». Ne manque t’il pas l’ architecte philosophe? »

« Les bâtiments donnent une demeure à l’homme, il les habitent et pourtant il ne les habite pas si habiter veut dire que nous occupons les lieux.A vrai dire dans la crise présente du logement, il est déjà rassurant d’en occuper un ,des  bâtiments à visage d’habitation fournissent sans doute les logements aujourd’hui, les demeures peuvent même être bien comprises, faciliter la vie pratique être d’un prix accessible, ouvert à la lumière et au soleil: mais ont-elles en elles de quoi de quoi  nous garantir qu’habitation à lieu » Martin Heiddeger.

On retrouve sous les mots du philosophe qui réfléchissa dans son oeuvre sur la société technique, les  mots  modernistes et progressistes et fonctionnalistes de le corbusier et de la « Charte d’Athènes » sur l’habitat . Le philosophe comprend que l’urgence que provoque la crise du logement, a conduit à des solutions rapides à court terme,mais ne peut être qu’ un apanacé provisoire. »prix accessible…lumière, …soleil  Le bien être de l’homme est -il possible si en amont n’est pas pensé ce qu’est le rapport entre l’habiter et l’être, cette question de l’enracinement. l’habitat peut-il se réduire à un outil, une fonction? Heidegger montre qu’habiter c’est « être au monde »

« Etre homme veut dire : être sur terre comme mortelle. C’est à dire habiter. L’homme est pour autant qu’il habite »P.173  « Le trait fondamental de l’habitation est( le) ménagement » M.H

Etre et habiter sont inconciliables. Pour « l’être pour la mort » qu’est la condition de l’homme, elle « désigne son lieu de  séjour » et la mise en sureté « l’être de l’homme » épargner, prendre soin (« être enclot dans ce qui nous est parent ») , s’inscrire sur terre entre le ciel et la terre, le divin et le temps. Or comment ménageons nous notre séjour? en Batissant.

« Soigner et construire, tel est le « bâtir » (bauen) au sens étroit. »M.Heidegger

« Bâtir est déjà de lui même habiter » préserver l’habitation qui est déjà là. On habite avant de bâtir.

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Extrait du communiqué de presse de la mairie de Marseille : « L’esthétique de cette cathédrale

de béton brut de 50.000 tonnes montée sur 17 portiques de 7 m de haut, connue à Marseille comme la « cité du fada », divise toujours les passants. Mais la majorité de ses 1.500 habitants est intarissable sur le plaisir de vivre dans ses appartements, spacieux, silencieux et lumineux.« On enregistre dix candidatures pour un appartement », assure Christine Billon, présidente de l’association des locataires, gardienne de l’esprit « Corbu ». Ce symbole de l’architecture modernede l’après-guerre, classé pour partie à l’inventaire des monuments historiques en 1986,est aussi l’un des bâtiments les plus visités de la ville. »

Les 5 points de l’architecture modernecorbuséenne

?Pilotis : en béton armé,Se substituent aux murs porteurs.Suppriment les locaux humides.

?Transforment le rez-de-chaussée en un espace dégagé, public, lieu de rencontre.Le jardin peut passer sous le bâtiment.

?Plan libre :Ce ne sont plus les murs (murs porteurs, dits de refend) qui portent mais les poteaux.Donc plus de liberté dans l’agencement des volumes. Les murs peuvent être mis où on veut.

?Façade libre :Les poteaux sont en retrait des façades.Comme elle ne porte plus, elle peut se faire très mince.

?D’où murs légers.Et parfois murs entièrement en verre, avec structure métallique (utilisé par Art Nouveau).

?Fenêtre en longueur :Laisse entrer la lumière à flots.Rendue possible par la structure poteaux-dalles, qui supprime la contrainte des linteaux),

?Toit terrasse :renoncement au toit traditionnel en pente espace gagné pour vue et soleil : jardins, solariums, piscines…

——————————————————————————————————————Ricardo Bofill et Nicolas Véron, l’architecture des villes,Edit.Odile Jacob,1995. »Après l’effervéscence théorique du début du siècle, le fonctionnalisme,qui ne cherche que l’efficacité technique, s’impose peu à peu comme le courant hégémonique de la pensée sur la ville.Dès le début des années trentes, il n’y a place en Europe que pour deux approches.La première est le fonctionnalisme,lequel trouve bientôt sa traduction ultime dans la Charte d’Athènes, un document rédigé en Grèce lors du IVe Congrès international d’architecture moderne en 1933, et largement inspiré par Le Corbusier…la seconde la réinterprétation monumentale et vide de sens de l’urbanisme traditionnel, est bientôt mise en oeuvre en Europe occidentale (en témoigne le palais du Trocadéro en 1937) mais surtout de façon systématique par les régimes totalitaires de Berlin, Rome, Moscou.P118

 

« Edifiée entre 1945 et 1952, la « Cité radieuse » aux façades rythmées par des loggias multicolores fait référence aux paquebots transatlantiques. Prenant la forme d’un village vertical avec ses neuf étages de 135 mètres de longueur et de 56 mètres de haut, elle est construite effectivement sur le principe de la verticalité. S’opposant à la ville horizontale dévoreuse d’espace, elle favorise la pénétration de la lumière. Le système constructif retenu dit « du casier à bouteilles » consiste à aménager des appartements à l’intérieur d’une ossature de poteaux et de poutres en béton armé.Sur dix-sept niveaux, des duplex traversant d’est en ouest pour suivre la course du soleil sont effectivement imbriqués les uns dans les autres. L’unité d’habitation est fondée sur le modulor : gamme de mesure harmonique, il combine une figure standard de 2,26 mètres aux proportions harmonieuses du nombre d’or.Répartis en vingt-trois types, les 337 appartements ont une surface de 40 à 50 % supérieure à celle des H L M et bénéficient encore d’une double orientation. Tous les nombres définis par les suites du modulor sont encore repris dans les mesures à l’intérieur des appartements, qui sont accessibles par 6 longs couloirs baptisés « rues intérieures ». Un soin particulier est porté à l’insonorisation : chaque porte est éclairée à la différence des couloirs intérieurs, laissés volontairement sombres pour dissuader le bavardage entre les habitants ! Dans ses étages centraux, la cité marseillaise comprend également des bureaux et divers services commerciaux : épicerie, boulangerie, café, hôtel, librairies spécialisées … Placés dans les couloirs, des glacières et des boîtes de dépôts à provisions permettent aux habitants d’être ravitaillés chaque matin.
Elle inclut aussi un lieu de convivialité créé sur le toit, comportant gymnase, théâtre de plein air, maternelle, pataugeoir et plage. »

Polémique autour de la « Cité du Fada »

« Présentant une foule d’innovations, cette unité d’habitation marseillaise déchaîne des passions. Surnommée la « maison du fada » par quelques journalistes malintentionnés, elle est aussitôt l’objet d’une vive critique : au lieu d’être un lieu d’épanouissement, la cité radieuse est vite identifiée à une boîte, son habitat uniforme engendrant répétition et tristesse. Dans les colonnes du New Yorker, on la qualifie de « the Marseille’s Folly ». Le village vertical, révolutionnaire et utopique, avec ses rues intérieures et ses aménagements est également vite apparu comme une négation de la ville et de ses équipements. Les grands principes corbuséens, de fait dénaturés, vulgarisés ont été ensuite appliqués à tort et à travers. Certains accouchèrent d’ailleurs de l’hérésie de certains grands ensembles. « ….

Mais doit-on attribuer à notre architecte tous les maux de l’explosion urbaine ? Face à des villes grossissant de 1 000 personnes par jour, il a tout simplement voulu apporter des solutions aux problèmes immenses qui surgissaient. Le modèle marseillais proposé en 1945 par Le Corbusier diffère entièrement des « cages à lapins » dont il n’est pas l’inventeur.

Classée monument historique depuis 1986, la cité radieuse est candidate à une prochaine labellisation de l’Unesco. En 2007, elle est même entrée au Palais de Chaillot, à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine : un appartement type de l’unité d’habitation y est reproduit à l’échelle de l’original. Pas besoin d’aller à Marseille pour visiter l’appart’modèle du Corbusier !

  • Propos de Le CORBUSIER Le Corbusier dans la revue « American Architect », 1936.« Le premier : fournir dans le silence, la solitude et face au soleil, à l’espace, à la verdure, un logis qui soit le réceptacle parfait d’une famille. Le second : dresser face à la nature du Bon Dieu, sous le ciel et face au soleil, une œuvre architecturale magistrale, faite de rigueur, de grandeur, de noblesse, de sourire et d’élégance ».

  • Objectifs initiaux du Corbusier dans la « Ville radieuse ».« Faite pour des hommes, faite à l’échelle humaine, dans la robustesse des techniques modernes, manifestant la splendeur du béton brut, pour mettre les ressources sensationnelles de l’époque au service du foyer ». Discours inaugural du Corbusier à la cité radieuse de Marseille.« Dans ce village vertical de 2000 habitants, on ne voit pas son voisin, on n’entend pas son voisin, on est une famille placée « dans les conditions de nature »-soleil, espace, verdure. C’est la liberté acquise sur le plan de la cellule, l’individu, le groupe familial, le foyer. Au plan du groupe social, c’est un bénéfice des service communs confirmant la liberté individuelle ».Citation de Le Corbusier gravée sur l’un des murs de la cité radieuse de Berlin. « Il faut inventer, décréter les travaux de paix. L’argent n’est qu’un moyen. Il y a Dieu et le Diable – les forces en présence. Il est encore temps de choisir, équipons plutôt que d’armer. Ce signe de la Main ouverte pour recevoir les richesses créées, pour distribuer aux peuples du monde, doit être le signe de notre époque ».

« Unité d’habitation, Marseille, France, 1945

Adresse de Le Corbusier à M. Claudius-Petit Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme, à la remise de l’Unité d’Habitation de Marseille le 14 octobre 1952 :

Monsieur le Ministre,

J’ai l’honneur, j’ai la joie, j’ai la fierté de vous remettre « l’Unité d’Habitation de Grandeur Conforme »,

Première manifestation aujourd’hui d’une forme de l’Habitat moderne,

Commandée par l’Etat, libre de toute réglementation.

La première pierre fut posée le 14 octobre 1947. L’inauguration a lieu aujourd’hui le 14 octobre 52; la concordance de ces dates est entièrement fortuite.

Je remercie l’Etat français d’avoir provoqué cette expérience. Je remercie tous les Ministres de la Reconstruction (au nombre de sept) qui nous ont aidés. Je remercie M. Claudius Petit, Ministre depuis des années, courageux et clair, pour sa sympathie indéfectible.

Je dis merci à mes collaborateurs, ouvriers et entrepreneurs – à ceux qui nous ont aidés et non pas à ceux qui se sont mal conduits.

Merci à mes amis et collaborateurs directs, tous ici présents, ma véritable famille spirituelle, – les jeunes de mon équipe, admirables de dévouement; Wogenscky, mon adjoint; Ducret, mon administrateur; les dames de mon secrétariat; mes dessinateurs, architectes et ingénieurs, sans la probité desquels jamais une telle œuvre n’aurait pu aboutir. Ils ont eu la confiance, la foi, et ont apporté leur passion qui seule renverse les obstacles.

L’œuvre est là: « l’Unité d’Habitation de Grandeur Conforme » érigée sans règlements – contre les règlements désastreux. Faite pour les hommes, faite à l’échelle humaine.

Faite aussi dans la robustesse des techniques modernes et manifestant la splendeur nouvelle du béton brut.

Faite enfin pour mettre les ressources sensationnelles de l’époque au service du foyer – cette cellule fondamentale de la société. »

La première pierre avait été posée en présence des autorités le 14 octobre 1947 et devant un maigre public qui doutait parfaitement de la validité de l’entreprise. Atmosphère glaciale et ironique. Sur le terrain, une machine Benoto en train… de faire des trous, des puits allant jusqu’à 15 m, traversant des alluvions et recherchant le sol ferme.

La commandé avait été passée, vers 1946, par M. Raoul Dautry, premier Ministre de la Reconstruction française. L’apparition du thème de l’Unité d’Habitation remonte à une première vi site à la Chartreuse d’Ema en Toscane en 1907. Ce thème est dans mes plans de 1922 au Salon d’Automne : une Ville Contemporaine de 3 millions d’Habitants : « les Immeubles-Villas ». Il réapparaissait au Pavillon de l’Esprit Nouveau en 1925. II ne cessait de me hanter à travers toutes les études sans commande qui furent poursuivies inlassablement durant trente années (les plans d’urbanisation de grandes et de petites villes, etc … ).

A la Libération, l’actualité était pressante. En effet, on allait pouvoir passer à la réalisation. Deux plans sont faits (deux très beaux plans) : l’Urbanisation de la ville de Saint-Dié, l’Urbanisation de La Rochelle-La Pallice.

Ici, les Unités d’Habitation de Grandeur Conforme sont la clef de la conception. L’urbanisme change précisément à cause de la présence et des ressources des Unités d’Habitation de Grandeur Conforme.

Un vrai miracle! Le Plan de Saint-Dié enthousiasme chacun. II est vrai qu’il est plein de bienveillance pour les vivants, plein de politesse à l’égard des paysages et nourri d’une beauté plastique puissante, symphonie de la géométrie et de la nature conjuguées. Une musique des formes. Ce Plan de Saint-Dié est adopté d’enthousiasme aux U.S.A. sans que je l’aie su; une admiration amicale l’a considéré comme un témoignage de la renaissance française après guerre et l’a exposé, sous forme d’agrandissements de grande taille, dans les villes des Etats-Unis et du Canada. Pendant ce temps, les responsables du M.R.U. (Ministère de la Reconstruction), la mairie, les grandes familles, les petites familles, les ouvriers, les syndicats, la C.G.T. après une première période d’euphorie, repoussent avec horreur le Plan de Saint-Dié: « Vous n’allez tout de même pas nous obliger à habiter de pareilles casernes! »

Le Plan comprend 8 Unités de Grandeur Conforme chargées d’abriter les 20.000 habitants dont les maisons ont été systématiquement détruites en trois jours par l’occupant. Ces Unités remplaceront tout simplement la ville par des édifices ordonnés de façon inconnue jusqu’ici et apportant, chacun à ses 2500 habitants… ce que Marseille-Michelet offre aujourd’hui à ses locataires venus de tous les milieux sociaux.

Ces locataires de Marseille, laissés à eux-mêmes dans l’immeuble inauguré le 14 octobre 52, n’ont pas tardé à se constituer en association, véritable communauté verticale sans politique, destinée à la défense de ses intérêts et au développement de sa valeur humaine, etc … Les statuts de l’association ont pour objet :

a) la création et le développement de liens d’amitié entre les habitants de l’Unité,

b) l’organisation d’activités collectives sur les divers plans social, culturel, artistique, sportif, etc…

c) la défense, dans tous les domaines, des intérêts de ses membres toutes les fois que les intérêts mis en cause sont liés à la qualité d’habitant de l’Unité,

d) la participation, suivant une forme et des modalités à déterminer, des habitants de l’Unité à la gestion matérielle, morale et de tous ordres de cette Unité, de ses dépendances et prolongements de toute nature, dans une atmosphère de haute compréhension mutuelle avec toutes les personnalités et organismes qui se trouvent ou se trouveront y être intéressés directement et indirectement.

A La Rochelle, ce fut la même aventure, mais ourdie dans le silence, étirée à longueur de temps…

Je suis toujours Urbaniste en chef de la ville de La Rochelle-La Pallice (du moins, on ne m’a pas donné mon congé), mais depuis 1947 (cinq années) je n’ai jamais été convoqué et j’en sais assez pour penser que l’on construit une autre ville que la mienne.

Le Plan de La Rochelle-La Pallice comportait aux lieux utiles la présence de cinq Unités d’Habitation de Grandeur Conforme. A l’ouest, était l’adorable vieille ville; à l’est, le Port de La Pallice, intensément moderne, en eau profonde; au milieu, au bord de la mer, les Unités d’Habitation debout.

Pour Saint-Dié comme pour La Rochelle il n’y avait eu qu’un hic: l’Unité de Marseille n’avait pas encore été inaugurée, elle n’avait pas même été commandée! Vous mesurez que l’imagination n’estpas le fort des ministères, ni des mairies, ni des conseils municipaux, ni des associations de sinistrés, ni des syndicats de toutes natures. L’imagination est une grâce des dieux qui vaut, aux rares qui en sont dotés, d’inlassables coups de pied au derrière durant toute leur vie.

La réalisation de l’Unité de Marseille aura apporté à l’architecture contemporaine la certitude d’une splendeur possible du béton armé mis en œuvre comme matériau brut au même titre que la pierre, le bois ou la terre cuite. L’expérience est d’importance. II semble vraiment possible de considérer le béton comme une pierre reconstituée, digne d’être montrée dans son état brut. II était admis que l’aspect du ciment était triste, que sa couleur était triste. Cette opinion est aussi fausse que de dire qu’une couleur est triste, en soi. Une couleur ne vaut que par son voisinage.

L’Unité de Marseille fut construite au long de cinq années difficiles, dangereuses, dans une coordination constamment bouleversée par des circonstances hétérogènes; par des entreprises non harmonisées entre elles; avec des ouvriers indifférents les uns aux autres, même dans un seul corps de métier. Par exemple, les cimentiers de béton armé et les charpentiers des coffrages exécutèrent leur travail en s’imaginant que les malfaçons seraient, selon l’usage, rattrapées à la finition à la taloche, ou au plâtre, ou à la peinture. Des malfaçons évidentes éclataient en tous lieux du chantier!

Heureusement, nous n’avions pas d’argent!

Longtemps, je me suis demandé comment faire face à ces malfaçons, comment les cacher, les rectifier. Même avec de l’argent le problème paraissait insoluble. II était certain qu’en enduisant le béton de mortier, de ciment taloché ou de plâtre, les malfaçons n’auraient point été corrigées. Et la peau, l’épiderme de l’édifice eût été terni.

Sur le béton brut on voit le moindre incident du coffrage: les joints des planches, les fibres du bois, les nœuds du bois, etc… Eh bien, ces choses-là sont magnifiques à regarder, elles sont intéressantes à observer, elles apportent une richesse à ceux qui ont un peu d’invention.

Combien de visiteurs (et très particulièrement les Suisses, les Hollandais, les Suédois) me disaient: « Votre maison est belle, mais comme c’est mal exécuté! » Je leur répondais; « Vous, qui allez voir les cathédrales, les châteaux, vous n’avez donc pas observé la taille brutale des pierres, les défauts avoués ou que l’on a exploités habilement? Vous ne regardez donc pas quand vous visitez les choses de l’architecture? Quand vous regardez des hommes, des femmes, vous ne voyez donc pas qu’ils ont des rides, des verrues, le nez de travers, des accidents innombrables? Est-ce qu’il vous est arrivé de rencontrer dans vos promenades la Vénus de Médicis en chair et en os, l’Apollon du Belvédère? Les défauts, c’est humain, c’est nous-mêmes, c’est la vie de tous les jours. Ce qui importe c’est de passer outre, c’est de vivre, c’est d’être intense, de tendre à un but élevé. Et d’être loyal! »

Alors il m’est venu des idées et devant la plus féroce des malfaçons de l’Unité de Marseille: la main courante de la rampe qui monte sur le toit à la salle de repos des enfants, – devant cette malfaçon atroce, j’ai dit: « J’en ferai une beauté par contraste, je trouverai la contrepartie, j’établirai un dialogue entre la rudesse et la finesse, entre le terne et l’intense, entre la précision et l’accident. Et je conduirai ainsi les gens à observer et à réfléchir.» C’est de là qu’est venue la polychromie violente, claironnante, triomphante des façades de Marseille – grâce à beaucoup de courage et grâce à un produit nouveau, magnifique: le matroïl.

J’ai réussi encore à obtenir du Ministère un mince crédit pour payer un cimentier, un Sarde, qui connaît son métier et qui comprend ce que parler veut dire en métier de cimentage. Car le ciment est tué par l’imbécillité et non par des nécessités techniques. II y a des usages de mauvais goût et il y a des ouvriers de’ mauvais goût. Dans une pareille aventure il m’a fallu une énergie inlassable pour obtenir que l’Etat français paie un ouvrier cimentier en qui j’ai confiance, apte à recevoir des ordres directement de moi, et capable de les comprendre. Je lui ai désigné certains lieux du bâtiment où il fallait que la truelle joue comme le ciseau du sculpteur « en taille directe ». Alors, le miracle s’est accompli, les contrastes ont joué. Avec un complément de couleurs et l’apport de la truelle on a réalisé la splendeur du béton brut!

J’ai dit à mes contradicteurs (Suisses, Hollandais ou Suédois): « Vous avez déjà vu un cerisier en fleurs, un pommier en fleurs? Voici l’écorce rude, brune et noire, creusée, pleine d’aspérités; voici les fleurs éclatantes comme la joue d’une belle jeune fille. Toutes deux « jouent ensemble » l’écorce et la fleur, etc., etc … » La vie offre sans cesse de semblables occasions d’observer. Mais les gensn’observent pas, ils regardent la Vénus de Médicis et l’Apollon du Belvédère, œuvres discutables à certains points de vue, et ils oublient de voir que la vie est un jeu et que le contentement vient, non pas d’une considération passive des choses, mais d’une bataille gagnée contre… n’importe quoi ou tout ce que vous voudrez!

Orientation générale

Erigée dans la verdure au milieu d’un vaste parc de 3 hectares et demi, baignée de lumière et de soleil, l’Unité d’Habitation est orientée est-ouest et ne comporte aucune ouverture vers le nord, côté du mistral. Mesures: 165 m de longueur, 24 m de profondeur, 56 m haut. Le bâtiment est construit sur pilotis. Le sol est libre et voué aux piétons. Parking d’automobiles et pistes réservées de vélos.

Le « terrain artificiel » contient les machines pour l’air conditionné du bâtiment, la machinerie des ascenseurs et les diesels. L’édifice groupe 337 appartements de 23 types différents, depuis le petit appartement pour le célibataire, ou pour le couple sans enfants, jusqu’au grand appartement pour familles de 3 à 8 enfants. Les appartements sont groupés par deux, imbriqués tête-bêche au long des corridors d’accès appelés: « rues intérieures » situées dans l’axe longitudinal du bâtiment. La première caractéristique de l’appartement-type est d’être construit sur deux étages comme une maison particulière. Les appartements sont isolés l’un de l’autre par des boîtes de plomb (isolation phonique).

La salle commune bénéficie des deux hauteurs d’étage mesurant 4 m 80 sous plafond. Un vitrage de 3 m 66 de large et de 4 m 80 de haut fait apparaître le magnifique paysage. Les équipements de la cuisine font corps avec l’appartement. Ils comportent: une cuisinière électrique à trois plaques et un tour, un évier à double bac, dont l’un forme vide-ordures automatique, une armoire frigorifique, une grande table de travail, des placards et casiers et une hotte d’aspiration des vapeurs de cuisine, raccordée à la ventilation générale. L’Unité est desservie par 5 rues intérieures superposées. A mi-hauteur du bâtiment (niveau 7 et 8) se trouvent la rue marchande du ravitaillement (services communs), comportant: poissonnerie, charcuterie, boucherie, épicerie, vins, crémerie, boulangerie, pâtisserie, fruits, légumes et plats cuisinés. Un service de livraison dans les appartements. Un restaurant, salon de thé, snack bar, permettant de prendre des repas. Des boutiques: Salon de lavage, repassage, pressing et teinturerie, droguerie, coiffeur, de plus un bureau de poste auxiliaire, tabacs, journaux, librairie et dépôt de pharmacie. Sur la même rue intérieure se trouvent les chambres d’hôtel.

Au dernier étage (17e niveau): une crèche et une « maternelle » en communication directe par plan incliné avec le jardin sur le toit-terrasse réservé aux enfants. Ce jardin possède une petite piscine pour enfants. Toit-terrasse formant jardin suspendu et belvédère et comprenant: une salle de culture physique, une place d’entraînement et d’exercices en plein air, un solarium, une piste de course à pied de 300 mètres, un bar-buffet etc. »

 

File:Roof level of Unite d'Habitation, Marseille.jpg

Le toit-terrasse de la Cité radieuse.

File:Paysage depuis la terrasse.jpg

Paysage depuis la terasse.

Fichier:Cheminée du bateau citée radieuse.jpg

Cheminée du bateau citée radieuse.

Carte d’identité:

« Si on ne réussit pas avec

un support pareil on est les rois des cons. »

 

  • « Cité des étoiles »
  • Architecte:Jean Renaudie (grand prix national d’architecture en 1979)

    Jean Renaudie a peu construit, peu écrit et n’a pas enseigné,

    cependant Il a légué une oeuvre architecturale d’une grande richesse dont Givors peut témoigner.

    Il fonde l’atelier d’architecture Montrouge en 1960

    avec Pierre Riboulet, G. Thurnauer et J. L. Veret.

    A Givors, Jean Renaudie a repris les recherches qu’il avait

    développées avec succès à Ivry : une imbrication de volumes

    géométriques basés sur la diagonale du carré et une combinatoire

    des éléments constituant l’ensemble

     

    Le programme a été défini par la ville et la SONACOTRA

    “C’est du logement social

    15 à 20% plus cher que les cages à lapin parce que les terrasses ne

    sont pas financées.”

    En rognant sur le budget des défauts furent

    inévitables : l’économie sur la qualité des matériaux et des

    équipements, la construction hâtive, les prestations médiocres, la

    mauvaise qualité des raccords de béton, celle des menuiseries en

    bois, la déficience du chauffage, le vieillissement prématuré du

    système électrique, etc

     

    Les travaux démarrent le 1

    er décembre 1976, grâce aux fonds

    d’aménagement urbain, pour un délai de 20 mois, après décision du

    conseil municipal, et s’achèvent en septembre 1979. L’inauguration

    a lieu en 1982 après la mort de Jean Renaudie

    Les logements sont livrés par tranches, entre 1978 et 1980. Les

    premiers sont loués alors que les derniers sortent à peine de terre.

    Tous sont occupés en 1981.

    à l’opposé de la

    plupart des bâtiments modernes construits depuis 30 ans (tours de 15 ou

    30 étages, barres de 100 mètres de long, volumes à géométrie

    rectangulaire, « boîtes » séparées les unes des autres, terrain presque

    toujours plat), met à mal la Charte d’Athènes.

    Le vandalisme des grands

    ensembles est inexistant, malgré quelques « tags ». Quant au devenir des

    espaces communs, la satisfaction d’habiter les « étoiles » se limite à la

    disposition d’un appartement unique et aux terrasses. Les espaces

    collectifs sont souillés, dégradés, détournés de leur usage naturel

    L’architecture ne crée pas des

    conditions sociales, mais sous la pression socio-économique, chaque

    individu peut valoriser ou dévaloriser l’image qu’il se donne de son

    habitat. Pourtant l’architecture n’est pas « innocente », elle est capable de

    favoriser ou de contrarier certaines pratiques sociales.

    “j’habite ici depuis 10 ans et chaque jour je découvre quelque chose de

    nouveau.” Le Vieux Givors, franchement moderne, a mis en valeur un site

    historique, cette colline qui a fait un retour dans la ville et qui l’a amplifiée.

    Givors, grâce aux étoiles de Renaudie et à sa politique de réhabilitation

    du centre a perdu son image de bourgade industrielle, noircie par les

    hauts fourneaux. Renaudie a donné la notorié

     

     

    Le permis de construire a été déposé en juillet 1974 et l’avis

    favorable n’a été obtenu qu’en septembre 1975, et le dossier marché

    a été déposé en mars 1976.

  • La mairie qui s’était vue allouée 4 millions et demi de francs a eu

    pour 20 millions de dépenses, et s’est retrouvée avec un déficit

    énorme. Camille Vallin, le maire a pu trouver 18 millions de prêts

    supplémentaires du ministère dans le cadre de la résorption de

    l’habitat insalubre et pour le soutient d’une opération en centre ville.

    La municipalité a pu aussi profiter de crédits privilégiés (1% en 45

    ans).

  • La cité comporte deux cent sept logements HLM en location et en accession. 370 logements, ainsi que des commerces et équipements publics dont un théâtre, une crèche, une médiathèque

    Un premier programme prévoyait la réalisation de 350 logements

    dont 250 logements locatifs HLM, 50 HLM en accession et 50 en

    accession CFF, quelques immeubles étaient conservés notamment

    en façade, 2.500 m² de commerces et un café-brasserie étaient

    intégrés aux immeubles, des équipements publics (bibliothèque,

    halte-garderie, foyer pour les anciens), des rues et des places

    publiques. Ce programme a été modifié plus tard

    Jean Renaudie a, quant à lui, réalisé 207 logements sur les 374, soit

    31 PSI, 26 HLM en accession, 64 HLM en location et 86 PLR.

     

    il s’agit de construire de l’habitat social

    sans dépasser les plafonds HLM

    un seul marché pour contrôler les

    prix, car on l’aura compris, il s’agit de construire de l’habitat social

    sans

    La participation active de la population givordinne

    la population

    donne son avis et ses remarques sont tenues en compte par les

    architectes pour le plan masse.

    un questionnaire a été remis à la population,

    pendant la fête

    du vin nouveau des photos du Vieux Givors, les différentes étapes

    du plan masse de 1968 à 1973 ont été exposées

    50% des personnes

    interrogées voulaient des immeubles bas, les autres 50% voulaient

    des immeubles hauts, et d’une manière générale les personnes

    interrogées désiraient des terrasses, des décrochements, des

    petites places, des promenades pour piétons, des commerces, des

    équipements, et le rejet des voitures hors du quartier

  • de construire un nouveau quartier qui fasse corps

    avec la ville et qui joue à nouveau le rôle de centre qu’il avait dans

    l’histoire de Givors

    « je suis à la porte de la vie »

     

     

En 1967, le Vieux Givors est assimilé à un « bidonville vertical en dur » par le Ministère de l’Equipement, etCamille Vallin, le maire de la commune, décide la destruction du quartier après quelques essais infructueux de réhabilitation,

 

  • Objectif:« il n’y a pas d’architecture innocente » affirmait l’architecte.Pouson tier do responsabilité vis à vis des futurs habitantsDans les années 1960 se pose la question de la réhabilitation du Vieux Givors, constitué de plus de 200 maisons vétustes, tout en permettant le maintien de la population qui y réside. L’enjeu était de construire des logements neufs qui soient financièrement accessibles, sans pour autant défigurer le paysage par une construction trop massive.
  • Maquette réalisée par Jean Renaudie, exposée à la Mostra de Givors.

restitue l’imbrication des fonctions et des cheminements des villes anciennLa cascade de logements es

la complexité des villes

anciennes avec leurs imbrications de fonction, leurs cheminements

favorisant les relations humaines.

 

“refuser les ghettos en modifiant la répartition sociale, rendre plus

attrayant le centre de la commune à vocation industrielle par des

parcs et des lieux de promenade, modifier la circulation et les

stationnements.”

 

 

“Essayer de faire un morceau de ville qui soit le plus vivant possible

en face de la mairie et qui ait une personnalité.”

“Bien intégrer ce morceau de ville au site… Accrocher le bâtiment

sur les pentes de la colline Saint Gérald, en la considérant avec les

ruines du château comme l’un des éléments forts de ce site, la faire

entrer à tout prix dans l’organisation du centre.”

“Ne pas appliquer la méthode de l’appartement type. Faire en sorte

que les logements soient différents les uns des autres.”

“Donner à chacun de ces logements une surface de terrasse-jardin

sans règles définies pour la répartition.”

 

quatre grands axes :

  • Refaire un fragment de ville le plus vivant possible,
  • Intégrer au mieux celui-ci dans son environnement,
  • Faire en sorte que tous les logements soient différents les uns des autres,
  • Donner à chaque logement une surface de terrasses jardins, sans règle définie pour leur répartition

Jean Renaudie veut se défaire des théories de la

Charte d’Athènes, en particulier de l’idée de juxtaposition,  »

« dans la

ville il n’y a pas d’objets simples, chaque élément ne prend son sens

que dans sa combinaison, dans un ensemble plus vaste… La ville

est un organisme complexe dans lequel des programmes différents

se combinent comme dans la ville ancienne modelée par le temps et

que nous trouvons vivante, mais avec des formes nouvelles. Les

différentes fonctions s’imbriquent les unes dans les autres. “La ville

est le lieu qui doit permettre l’épanouissement des relations

humaines”, la ville doit pouvoir évoluer, “la ville est une combinatoire,

où a tous les échelons d’organisation, s’établissent sur une structure

complexe des phénomènes de communication dans tous les sens

“Pour moi, il ne peut y avoir de bonnes solutions que

dans la mesure où elles tiennent compte d’une certaine complexité

car les relations sociales en milieu urbain ne sont jamais simples et

jamais juxtaposées les unes des autres. Elles s’interpénètrent et se

superposent.”

“La complexité n’est pas une maladie, c’est le signe même de

l’évolution. Par contre la juxtaposition apporte souvent des solutions

qui par leur complication gratuite ou très spéciale, empêche toute

possibilité d’évolution.”

CRITIQUE DE LA CHARTE D’ATHENES

“Cette théorie de l’urbanisme moderne recevant dans les milieux

d’architecture l’appellation de méthode de zoning, est issue de la

théorie des CIAM et de la Charte d’Athènes.”

De manière simpliste Jean Renaudie dénonce les coupables de la

crise des grands ensembles : c’est Le Corbusier, le fonctionnalisme,

la Charte d’Athènes, le rejet global des traditions, la condamnation

de ces « irremplaçables structures » de la ville que sont la rue et l’îlot.

La Charte, ce sont quatre fonctions élémentaires séparées : habiter,

travailler, circuler, cultiver le corps et l’esprit. Dans cette critique des

ensembles modernes qui dénotaient une méconnaissance de la

réalité urbaine,

« il n’y a pas d’architecture du tout ou

très peu dans la production actuelle, celle-ci est remplacée par de la

construction avant tout spéculative. »

ce désir constant

et peut-être utopique de favoriser la vie commune des habitants,

dans un souci de convivialité et de plaisir de vivre ensemble

 

 

 

« Il rejette tout formalisme et tout typologisme qui risqueraient de l’enfermer dans une répétition aliénante, il s’acharne à, sans cesse, faire surgir « du nouveau » dans les relations subtiles qui s’édifient entre les individus et les formes urbaines dans lesquelles ceux-ci vivent. Il associe la complexité des relations humaines et de la ville avec la singularité de chaque individu pour concevoir une architecture qui ne répète jamais et qui s’enrichisse des différences qu’elle accueille »

« (…) La recherche de structure doit tenir compte de la transformation, de l’évolution dans le temps, de la disparition, de la naissance de nouvelles fonctions et s’appuyer, non seulement sur la diversité humaine, mais aussi sur son caractère de mobilité. »J.

Comment cultiver dans la diversité une cohérence? par la structure il est capable de produire un ensemble qui prend acte de la diversité des individus, sans concevoir une simple justaposition d’éléments. Il veut créer une différence non programmée.(diff de Le Corbu)

d’aboutir à une

combinaison complexe de tous les

éléments du programme (logements, équipements) qui constituent

ce quartier et

éviter leur juxtaposition simpliste,

de multiplier les

espaces publics

et les possibilités de cheminement des habitants,

y compris à des niveaux différents, tenir compte du

site et intégrer

son élément fort que constitue la colline avec les ruines du château

à cette réorganisation du centre ville en exploitant au mieux le relief,

en tirant parti des pentes, en fournissant la meilleure orientation

possible aux logements – c’est une réponse aux contraintes de ce

site et à son exploitation –

rechercher une architecture qui

permette la production d’espaces diversifiés au maximum

(perspective novatrice au niveau des formes, des volumes et des

matériaux.)

 

 

 

 

Une architecture sans angle droit contrairement aux « grands ensembles », trop monotones.ent

Contrairement au monolithe paralipédique  des 4000 de la courneuve, l’organisation du batîment de Renaudie prend la forme d’une étoile qui se démultiplie d’où son nom.

Contrairement aux appartements tous similaires danss les grands ensembles dans la cité de Renaudie chacun des logements sont différents.

Ces tangentes sont autant de chemins à parcourir. On évalue comment organiser tel espace en le liant intimement non avec un usage défini mais avec des possibilités d’usages, passant de l’un à l’autre, vérifiant tout ce que telle ou telle direction offre de transparence, d’échappée, de mouvement ou au contraire d’arrêt, d’opacité, de recoin. Ces déambulations dans les multiples possibilités qu’offre ce système géométrique permettent de se confronter au concret d’une composition et d’une combinaison d’espaces et d’usages. Nous sommes loin du fonctionnalisme réducteur intimant à une pièce une fonction unique et une localisation entre quatre murs : le lit ici, la télé là, la table au centre… »

Location vacances appartement Givors: séjour

Appattement 63m2, avec 2 chambres et trois terrasses.(photo actuelle).

EQUIPEMENTS COLLECTIFS

On trouve aussi un

commissariat, et des commerces (coiffeur, brasserie, Caisse

d’Epargne, BNP, PTT, etc…)

Dans le nouveau quartier, les surfaces publiques sont importantes et

jouent un rôle prépondérant dans la réorganisation.

La Bibliothèque Municipale, qui remplace l’ancienne de 30 m², a une

surface totale de 1.160 m², elle comprend une partie réservée aux

adultes, une réservée aux enfants et une discothèque, le tout sur

deux niveaux. Un hall important accueille des expositions, ouvert sur

les arcades au fond de la place Henri Barbusse. Les salles de

lecture donnent sur des terrasses-jardins, utilisables par beau

temps. La Bibliothèque rejoint le Théâtre en passant par-dessus la

rue Puits Ollier. Le Théâtre dispose d’un hall de réception de 50m² et

d’une salle de 220m² pouvant recevoir 250 personnes environ. Une

salle de réunions de 77 m² d’accès indépendant vient compléter

l’ensemble. Il a fallu des trésors d’ingéniosité acoustique pour

préserver la tranquillité des logements où la salle est encastrée. Cet

ensemble modeste sert aux associations culturelles de Givors et aux

jeunes compagnies régionales, les gens viennent de la plaine pour

aller au théâtre. La Crèche Eugènie Cotton, réalisée à l’extrémité de

la place du Suel et au rez-de-chaussée d’un bâtiment d’habitation,

 

 

FORME DES LOGEMENTS

La solution architecturale aboutit à une imbrication des volumes sur

les bases d’une géométrie qui utilisent les directions diagonales et

permet une grande variété de surface, de formes, de volumes et

d’espaces, sur une trame de 5 mètres par 5 mètres. Les immeubles

tout en angle s’attachent à exploiter au mieux le relief de la colline et

à saisir la meilleure orientation. Le soin apporté à la sculpture des

volumes, la lumière, l’aménagement de percée visuelle, une fenêtre

étroite sur un rocher “crée une cosmogonie, un univers à sa façon.”

Mais le plan désarticulé, la complexité dans la distribution intérieure

sont source de malaise, de difficultés à se repérer Jean Renaudie

remet en cause les critères concernant la partie jour, la partie nuit, la

place de la cuisine par rapport à l’entrée. Ainsi les surfaces investies

de plusieurs manières, l’usage peut en évoluer avec les moeurs.

Chaque logement a fait l’objet d’une étude particulière, le logement

de chaque famille sera différent de celui des autres et l’impression

de vivre dans un appartement type comme dans la plupart des

logements collectifs disparaîtra. Ces logements ne se veulent pas

plus difficiles à meubler que ceux plus traditionnels, les formes

n’imposent pas d’avoir un style plutôt qu’un autre : les contraintes

pour caser son mobilier se révèlent porteur de liberté, donnant libre

cours à la fantaisie de l’habitant, qui est rendu acteur de son habitat

et non plus consommateur. “Il faut réfléchir sur ses besoins et sa

façon d’habiter” nous dit un locataire. C’est la base du mécanisme

d’appropriation, mécanisme sociologique cher aux architectes. “Le

fait qu’il soit unique, puisqu’il n’y a jamais deux plans intérieurs

similaires, favorise l’appropriation du logement par son occupant.”

 

Contrairement à Le Corbusier qui conçoit sont logement cellule  type pour une famille type, nucléaire , pour des besoins types déterminés , chez Renaudie il n’y a pas de famille idéale, chaque appartement est unique car il n’y pas deux familles identiques, l’habitant s’approprie l’espace désormais fluide, semi-ouvert aux frontières poreuses. La famille de 1970 est différente de celle qui vivait dans la machine à habiter de la cité radieuse; pourquoi séparer l’espace jour et nuit, l’organiser autour de la cuisine.

Rapport entre l’architecture et la nature chez Le corbusier et Renaudie.

Givors,Rhônes (69), cité des étoiles. Jean Renaudie. 1974-1981

 

“Les terrasses rendent

la ville plus gaie…” Les terrasses-jardins prolongent les logements à

l’extérieur et donnent en partie l’impression d’habiter une maison

individuelle. Vraies pièces de séjour destinées à l’activité du

jardinage, l’habitant qui a toute liberté obéit à ses goûts et à son

inspiration : prendre le petit-déjeuner sur l’herbe, bronzer sur la

pelouse, passer son week-end en relax dans son jardin « les

« les

terrasses amènent la campagne en centre ville ». L’habitant jardinier

prend conscience qu’il participe lui-même, directement, librement à

l’élaboration du décor du Vieux Givors. C’est aussi une autre façon

de vivre son immeuble, en ayant des contacts normaux avec les

autres habitants, les terrasses ont un objectif de sociabilité par les

terrasses-jardins, le dialogue peut plus facilement se nouer. Et enfin,

ce jardin favorise l’appropriation du logement qui s’identifie à une

maison individuelle.

 

 

 

« les terrasses verdoyantes des uns forment le toit des autres.

Tous les logements bénéficient d’une terrasse, de la partie

basse de la ville jusque sur les pentes, les volumes s’organisent de

façon à créer une succession continue de terrasses qui descendent

en cascade, créant ainsi une sorte de « domaine visuel public. »

L’apport de 35 cm de terre végétale permet la culture de plantes, et

les bâtiments deviennent un vaste jardin.

 

Les terrasses jardins de large amplitude (45 degrés) en forme de proue qui  prolongent   l’appartement permettent à chaque famille de profiter de son propre jardin, de son petit coin de nature ensoleillé. l’architecte travail sur la transition entre l’extérieur et l’intérieur, le dedans et le dehors et intègre l’architecture au reste de la ville.elle s’intègre avec le chateau au dessus, la colline, qu’il relie à la ville. Il prend en compte les données topographiques.D’un balcon à l’autre , il y a possibilité pour les habitants de tisser des liens.

Chez le Corbusier l’espace naturel se trouve au sol entre les unités d’habitation, dans le parc de 3 hectars; il se fait collectif. L’appartement possède aussi une terrasse loggia qui se prolonge au delà du logement. le toit terrasse se veut un lieu d’activité collectif multifonctionnel et polyvalent.

 

CHEMINEMENTS

Reprenant l’ancienne implantation des maisons, Jean Renaudie a

ménagé des rues et des passages, cheminements piétonniers

publics afin de multiplier les occasions d’échanges. Cheminements

intérieurs, escaliers ouverts à tous. “Est-il public ou privé celui-là : le

voici qui passe à travers une maison, il « traboule » comme on dit à

Lyon. Les traboules, chères à la tradition lyonnaise, qui gravissent la

colline, offrent des buts de promenades”. “Escaliers publics, jusqu’à

la terrasse supérieure publique, ils traversent le bâtiment. Il n’y a rien

d’utile mais les gens qui ont envie de monter ne verront pas leur

bâtiment de la même façon.” La sensation de grimper sur le dos de

son immeuble apporte une pratique nouvelle de son logement, et,

est porteuse de liberté. Jean Renaudie veut aussi apporter la notion

d’humour dans l’architecture, ainsi il explique que « l’architecture

manque d’humour parce que les architectes ont peur des choses

Ces espaces

publics qui devaient être ce que les habitants en feront, “espaces

publics à vivre crées par les habitants eux-mêmes (linge, plantes )”

sont aujourd’hui compromis par l’insécurité, il y a des sas avec

interphone, des grillages.