L’escrime à l’école : est-ce un crime ?

Une activité sportive pleine d’atouts

Les mousquetaires, d’Artagnan, Zorro et le célèbre rondouillard sergent Garcia… Ces noms vous évoquent sans doute, hormis des souvenirs d’enfance qui vous rappellent que vous vieillissez, les belles aventures des héros à la fine lame. Tandis que notre « renard rusé qui fait sa loi » signe en 3 coups de lame bien portés d’un grand Z ses ennemis et le chef de la sécurité locale, d’Artagnan s’oppose, quant à lui, à l’autorité du Cardinal de Richelieu…

escrime

Quoi ? Mais ce sont des actes de délinquance ! Des hors la loi ! Quelle violence ! Et vous voulez enseigner ça à l’école !?

Du calme ! Laissez-moi vous…

Et vous voulez que les enfants s’affrontent deux à deux dans un combat d’opposition munis d’une arme ? Ooooooh mon Dieu !!

Tout à fait, c’est d’ailleurs ce que disent les textes officiels : « conduire ou maîtriser un affrontement collectif ou interindividuel ». Après, vous pouvez préférer le tennis, le badminton ou que sais-je ?

Mais avouez tout de même que pour le côté « fun », « rebelle », l’image du héros masqué ou des justiciers équidés ajoute à cette discipline un côté motivant parce que authentique auprès de nos élèves issus de la génération des robots « transformers ».

3, 2, 1, Zorro ! Mise en garde ? N’ayez pas peur…

Cette pratique en milieu scolaire, tout comme en club, répond bien sûr à des règles de sécurité très strictes. Les « mouscolaires » sont donc soigneusement équipés d’un masque et d’une veste. Le choix de l’arme reste adapté à leurs capacités et à leur âge puisque de l’épée, du sabre ou du fleuret, ils seront bien évidemment équipés d’un fleuret en plastique souple qui leur assure protection et confiance.

En plus, l’équipement est trop stylé ! Ce qui permet même à quelques enfants plutôt timides, de se mettre dans un jeu de rôle libérateur de leurs capacités enfouies.

 

 

 

L’atout escrime

Ce jeu d’opposition (car heureusement il reste un jeu et non une occasion rêvée de « régler son compte »), apporte un souffle nouveau à la pratique sportive d’opposition 1 contre 1.

En effet, en faisant de l’escrime, on pratique l’EMC à forte dose ! L’enseignement moral et civique, bien que présent dans l’esprit fair-play que demande la pratique de chaque sport, dépasse dans le domaine sportif un taux record, remplissant alors de bonheur l’enseignant qui ne manque jamais une occasion pour transformer ses petits élèves en de bons citoyens de demain.

Pourquoi ?

À chaque fois que l’escrimeur va tirer (c’est ainsi que l’on dit « pratiquer un assaut lors d’un combat d’escrime »), chaque tireur doit effectuer un salut très particulier en signe de respect de son adversaire puis de l’arbitre.

Ciel, vie, terre… Fleuret à la main, masque en place, bien droit dans sa position il décolle son fleuret du sol vers le ciel (il dit « ciel »), place ensuite la coquille du fleuret sous son menton (il dit « vie ») puis revient au sol (il dit « terre »).

Ce salut en 3 temps, à la fois signe de respect pour la personne envers qui on engage le combat rappelle également ces preux chevaliers qui, sans savoir le sort qui leur serait jeté, s’en remettaient à Dieu : ils savaient pertinemment être venus du ciel pour vivre et revenir à la terre par la mort.

À la fin de chaque assaut, les adversaires se remercient obligatoirement l’un l’autre en se serrant la main (celle opposée à la tenue de l’arme) avant de se quitter. Encore un beau geste de respect et de considération de l’autre. Parfois même une belle leçon pour tenter de calmer ou maîtriser les frustrations liées au sentiment de défaite : « J’ai perdu mais… je salue ».

 

 

Atout : cœur

Ce sport de valeurs, mobilise des valeurs de respect mais non seulement. Il est bon pour les émotions du cœur mais aussi pour travailler le souffle lorsque l’action s’accélère. Ainsi le courage, la maîtrise de soi sont mis à l’épreuve. Tandis que l’anticipation, la tactique et la précision sont sollicitées en permanence. L’escrime exige aussi de la souplesse, des réflexes et une rapidité d’exécution des mouvements qu’il est bon de travailler auprès de nos élèves en déperdition..

Atout : pique

Et puis, entre deux adversaires de combat, il y a une place d’un autre ordre : l’arbitre.

Au regard des textes officiels, l’arbitre : « assume un rôle spécifique », « respecte et fait respecter les règles », « assume un rôle et des responsabilités ».

Dans la pratique de l’escrime, les élèves jouent tour à tour le rôle de l’arbitre. Chacun se trouve donc confronté à une prise de responsabilité et de décision, un jugement propre lié simplement à l’observation du combat et au respect des règles.

L’arbitre effectue une série de 3 gestes qui permettent la mise au combat : « en garde, prêts ? allez ! »

Qui a piqué en premier ?… Pas simple alors de ne pas succomber au regard masqué suppliant de son camarade quand, de l’autre bord, on vous « jure sur ma tête que j’ai touché d’abord ! »

À lui de juger… ou de succomber… mais quoi qu’il en soit, l’arbitre est le chef d’orchestre du combat.

 

 

 

Atout : carreau

L’escrime est une discipline très… disciplinaire. Eh oui, on ne peut pas faire n’importe quoi face aux autres et avec le matériel.

D’abord les règles de sécurité : pas d’arme à la main sans masque sur la tête, déplacements en marchant, pose au sol du fleuret à la fin des combats…

Ensuite, le respect du matériel : les masques sont correctement reposés au sol et surtout les vestes repliées correctement à la fin de la séance. Quelle épreuve pour des élèves qui savent à peine nouer leurs lacets et ranger leur case !

Mais, juré, ils s’appliquent et y parviennent !

Chacun, de toute façon, a intérêt à se tenir à carreau sinon… sanction ! Le maître d’armes ne rigole ni avec la sécurité ni avec le respect !

 

 

 

 

L’aventure escrime vous tente-t-elle ?

 

 

 

 

              

 

Dans ce cas, vous avez plusieurs solutions : vous rapprocher d’un maître d’armes d’un club d’escrime de proximité (ils ne demandent généralement pas bien cher de la séance) ou soyez inventifs, munissez vos élèves de bouteilles plastique d’eau (vides bien sûr !), en guise de fleuret et… armez-vous de patience !

Une chronique de Claire Maurage

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