suite de conversation entre prof ..sur l’école reproductrice

6 06 2008

le coût des retards scolaires: voila un article assez long sur la question  en voila un passage significatif

[...] Question finale – la plus intéressante peut-être : pourrait-on éliminer ces problèmes de décote liée au retard scolaire en abolissant complètement les redoublements de la maternelle à l’université ? La réponse est oui, en théorie, car le retard scolaire ne révèlera rien au delà de l’intervention d’un éventuel accident « excusable ». Il restera cependant une distribution sous-jacente, imparfaitement observable, des talents et aptitudes des individus. Si donc on « bradait » les diplômes pour limiter au maximum les redoublements, les salaires des jeunes diplômés baisseraient inexorablement, car un diplôme signalerait alors un diplômé en moyenne moins talentueux. Si on maintient le niveau des diplômes et qu’on interdit le redoublement, les salaires des diplômés monteront par rapport aux non-diplômés ou aux diplômés de niveau inférieur, les effectifs inscrits aux divers niveaux varieront. On peut imaginer une réponse du marché socialement valable : l’accès à l’université étant redevenu plus difficile, le niveau moyen des étudiants qui s’arrêtent au niveau bac montera, donc le salaire de ces bacheliers se réévaluera ; cela aura pour contrecoup d’accroître les incitations de ceux qui auraient abandonné leurs études secondaires à essayer d’avoir le bac, diminuant le taux de sortie sans diplôme.[...]




un prof combien cela gagne ..suite de conversation entre profs

2 06 2008

Les enseignants du primaire et du secondaire représentent aujourd’hui entre 3,5% et 4% de la population active occupée, soit environ 1,5% pour le primaire et un peu moins de 2,5% pour le secondaire (Tableau 1). Ces proportions sont à peu près identiques à celles que l’on observait voilà vingt-cinq ans, au début des années 1980. De fait, le nombre d’enseignants du secondaire et du primaire a augmenté à peu près au même rythme que l’ensemble de la population occupée au cours des vingt-cinq dernières années, leur groupe social gardant finalement une importance très stable dans le pays.

Au cours de la même période, le paysage social s’est pourtant assez profondément transformé. On le sait, les industries traditionnelles ont reculé brutalement, au profit de nouveaux secteursdes services, employant un salariat de cols blancs en moyenne bien plus qualifié. Entre 1982 et 2005, la part des cadres et professions intermédiaires du privé dans la population active occupée a gagné près de 10 points, passant de 16,8% à 26,4%. Au cours de cette période, il s’est ainsi créé près 3 millions d’emplois de cadre et profession intermédiaire du privé, contre environ 500 000 emplois de cadre et profession intermédiaire du public (dont 100 000 à peine pour les enseignants).

Du point de vue des enseignants, les décennies récentes ont été celles d’une réduction quantitative des groupes sociaux communément classés comme plus modestes qu’eux (ouvriers et employés), et d’une forte expansion des catégories généralement classées comme autant, sinon plus favorisées qu’eux (cadres et professions intermédiaires du privé). Cette évolution a incontestablement contribué à une forme de banalisation, sinon de déclassement,  des métiers enseignants. Dans le même temps, les nouveaux emplois de cadre et de profession intermédiaire du privé (notamment dans les entreprises de services) ont perdu les protections et avantages naguère associés au statut de cadre. Cette seconde évolution compense en grande partie la première et contribue à maintenir l’attrait objectif des carrières enseignantes, commeva le révéler l’analyse qui va suivre de l’évolution des hiérarchies salariales au cours des deux dernières décennies.la suite là :

les enseignants , leur rémunération , et leur niveau de vie:1982 2005 ..