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La boîte à perdus

Limiter les pertes

J’ai insisté auprès des élèves et surtout de leurs parents dès le premier jour de classe, par le truchement de la lettre de bienvenue au CP, adressée à moitié aux parents et à moitié aux enfants : chaque crayon à papier, chaque crayon de couleur, chaque tube de colle devra porter le prénom de l’élève – a minima, ses initiales – dans le pire des cas, une pastille de couleur ou une marque quelconque mais singulière dont l’enfant devra se souvenir. Et tout cela dans un seul but : LIMITER LES PERTES DE MATÉRIEL.

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Parce que la gestion du matériel fait partie des apprentissages du CP, bien entendu.

 

Mais surtout, surtout, parce que la perte, la casse, les échanges voire le vol sont des sources de confusion, de bruit, bref de bazar dans la classe.

 

Les parents ont dû trouver ça fastidieux ou bien même excessif mais j’ai remis une couche à la réunion de rentrée : les élèves qui ont du matériel marqué à leur nom le conservent toute l’année. C’est scientifiquement prouvé. (Ce n’est pas toujours vrai).

L’inventaire

Certains ont joué le jeu alors en fin d’après-midi, quand les cerveaux sont rincés et qu’il n’y a plus qu’à nettoyer la classe pour faciliter le travail de la dame de ménage (c’est toujours une dame) et parce qu’il faut bien ramasser ses affaires, nous faisons l’inventaire de ce qui jonche le sol.

 

Nous rendons à César ce qui appartient à César, et à Rayan et Fathia ce qui appartient à Rayan et Fathia.

 

On peut le faire parce qu’on y lit leur prénom dessus.

Naissance de la boîte

Et puis il y a pas mal de petites choses que personne ne réclame. Au début je les mettais dans une barquette, mais la barquette a été vite remplie. Je l’ai remplacée par une boîte à chaussures que j’ai désignée comme boîte aux objets trouvés, sans forcer mon imagination. L’élève distrait passe devant et retrouve parfois (rarement) un outil égaré. Parfois aussi, je pense, il récupère un outil qui n’était pas initialement le sien. Je ferme les yeux sur ces menus larcins.

 

Un jour, Cherin, a affublé cette petite boîte du joli nom de « boîte à perdus ». J’ai trouvé cela mignon. Ce n’est pas toujours mignon, ce que dit Cherin, surtout quand elle est en colère. Il sort de sa bouche parfois des choses qui ne sont pas de son âge. Elle a mordu un CM2 dans la cour l’autre jour. Mais quand elle me parle de la boîte à perdus, là, je lui pardonne tout.

 

La boîte à perdus sert aux enfants perdus, ceux dont les parents n’ont pas prêté attention à mes recommandations sur le nommage des petits outils de la trousse. C’est un fonds de roulement, une caisse collaborative, un fond de caisse de roulement collaboratif.

 

Bref. C’est la boîte à perdus.

Une chronique de Papa Lion

Commentaires

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Vincent Lion

Vincent Papalion, professeur des écoles en ZEP qu'on appelle à présent REP et qu'on appellera HELP, un jour. Pas de recette miracle sinon l'opiniâtreté et le sens de la dérision. Et l’amour du métier, bien entendu. Allez les enfants, au travail !

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  • Cela fait des années que je fournis (en location gratuite) les élèves en crayons de couleurs, crayons de papier, stylos, et autres. Le stock est constitué par les « perdus », avec l’aide de la dame de service (sur plusieurs classes). Les collégiens ne prêtent guère d’attention à leurs affaires et, pour beaucoup, les parents rachètent.

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