Louis Eugène Bérillon

21 11 2013

 

 

Louis Eugène BÉRILLON

(1827- ?)

 Louis Eugène Bérillon, né le 10 juin 1827, à Maligny (89), d’une famille bien implantée dans ce terroir. Son frère, Bernard Germain sera maire de Maligny ; destitué à cause du gouvernement d’ordre moral instauré par Mac Mahon en 1873, il est soutenu par les habitants qui impriment une pétition titrée : « Comme quoi les habitants de Maligny ne sont pas du tout contents que l’ordre moral ait révoqué leur maire et comme quoi ils établissent par des faits, bons à conserver pour l’histoire locale, qu’on n’a pu le révoquer que pour ses opinions libérales ».

Louis Eugène est un temps instituteur à Saint-Fargeau (annuaire de l’Yonne 1854) ; en 1869, il est dit ex-instituteur de Saint-Fargeau, selon les pages d’introduction de la 10e édition de son ouvrage. Il fait publier avant 1862 « La Bonne Ménagère Agricole – Simple notion d’économie domestique – A l’usage des Écoles de Jeunes Filles ».

Cet ouvrage fut abondamment utilisé dans les écoles de province et connut une dizaine de rééditions -la dixième édition est datée de 1889-.

 L’écrivaine, Colette, le cite plusieurs fois dans ses œuvres : Pléiade T. I, p. 193, 263-265, 1285-1286. Elle brocarde allégrement l’introduction de l’ouvrage dans Claudine à l’école :

 « Ô Bérillon, que tu as amusé les sales petites filles dont j’étais. Ta préface, nous la mimions en la déclamant. Marie Belhomme ?[…] tendait au ciel ses mains de sage femme et apostrophait […] la jeune fille des champs, […] ‘repoussez comme détestable la pensée de vous éloigner de vos parents et de la maisonnette où vous êtes née ! Si vous saviez à quel prix celles dont vous enviez le luxe ont acheté la soie et les bijoux dont elles se parent’ ! […]

_ dix francs la nuit, interrompait Anaïs, je crois que c’est le prix à Paris ! »

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Bibliographie : La Bonne ménagère, Louis-Eugène Bérillon, ed. Albert Gallot, Auxerre, 1889

Quelques Côtés de la vie publique à Guerchy à la fin du XVIIIe siècle, par Louis-Eugène Bérillon (1887)

 

C’est sans doute la notoriété que lui a donnée Colette qui lui a valu un reprint récent par la librairie Hachette :

« La Bonne Ménagère agricole, ou Simples Notions d’économie rurale et d’économie domestique : Parution : 01/05/2013, Collection : Savoirs et Traditions : Agronomie et Agriculture ; EAN : 9782012861350 ; Prix : 15.40 € ttc ; nombre de pages : 334

Date de l’édition originale : 1888

Ce livre est la reproduction fidèle d’une œuvre publiée avant 1920 et fait partie d’une collection de livres réimprimés à la demande éditée par Hachette Livre, dans le cadre d’un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, offrant l’opportunité d’accéder à des ouvrages anciens et souvent rares issus des fonds patrimoniaux de la BnF.  »

 

On notera que Louis Eugène Bérillon est le père du médecin Edgar Bérillon, auquel Paul Camille Dugenne consacre l’article ci-dessous, sans citer qu’il fut un patriote très excessif pendant la Grande Guerre. En effet, il publie ses théories sur la « Bromidrose fétide » ou encore « la Polychésie » de la « race allemande » (auxquelles Guy Betchel consacre un chapitre de son ouvrage: « Délires racistes et savants fous », Plon, 2002).

 

BÉRILLON Justin, Edgar, Eugène

° Saint-Fargeau, 23 V 1859 ; † Paris, 6 III 1948.

– Docteur en médecine, élève de Bouley, Retterer, Perrier, Milne-Edwards, Dupont-Pallier, Paul Bert, Brown-Sequard et Roux. Il apporte dans le domaine de l’hypnotisme une méthode scientifique intéressante. Fonde (1846) l’Institut psychophysiologique qui devient l’École de Psychologie; il est nommé secrétaire général du premier congrès international de l’hypnotisme (1889) et du second (1900) ; il est directeur de l’École et de la Revue de psychologie appliquée. Il poursuit ses travaux jusqu’en 1939. Il est encore président de nombreux congrès de psychologie, fondateur de la Société de psychothérapie et de celle de psychologie comparée. Il pose comme doctrine de base : objectivité, plus scrupuleuse expérimentation. Il publie en 1884 sa thèse : La dualité cérébrale et l’indépendance fonctionnelle des deux hémisphères cérébraux d’où découle une science la Cryptognose qui a pour but d’évaluer la valeur psychologique d’un individu. Il met en valeur les maladies du jugement, négligées par la plupart des psychologues et dégage l’idée fondamentale que le cerveau est doué de sa fonction mimétique, contrôlant toutes les fonctions de notre organisme et dont l’abolition débouche sur l’hystérie.

– Étudiant la « malléabilité mentale », il dote la psychothérapie de deux moyens efficaces : le réflexe verbo-auriculo-ducteur, qui assure la maîtrise de soi et de la psychothérapie graphique : deux voies qui ne sont ni développées ni perfectionnées ; ne considérant l’hypnotisme que sous son aspect individuel, on n’a pas étudié les « formes d’hypnotisme social et politique, si bien utilisées par l’Allemagne hitlérienne et plus récemment par l’islam et par la publicité ».

= Le Concours de l’agrégation en médecine et son remplacement par l’institution des privatdocents (1895) –L’Hypnotisme et orthopédie mentale Hypnotisme et suggestion, théorie et application pratique (1891) –Hypnotisme expérimental. La Dualité cérébrale et l’indépendance fonctionnelle des deux hémisphères cérébraux […] (1884) – L’Œuvre  scientifique de Paul Bert (1887) – Premier congrès international de l’hypnotisme […] en 1889 (1889).

[La, DBF / Lacroix, BN]


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