Jeanne Séguin

3 09 2012

Jeanne SÉGUIN

(1895- † après 1959)

 Jeanne SÉGUIN a enseigné français et histoire-géographie dans l’Yonne de 1921 à 1926, à l’École normale d’institutrice d’Auxerre, établissement qu’elle dirige ensuite de 1936 à 1939.

Nous remercions monsieur Chiron qui nous a révélé cette auteure et à qui nous devons la plupart des renseignements ci-dessous.

« L’an 1895, le 4 novembre à 5 heures du soir /…./ A comparu Théophile Virgile Léon SÉGUIN, 26 ans, instituteur, domicilié à La Ferté-sur-Aube (52) /…./ a présenté un enfant de sexe féminin, né à 3 heures, de lui déclarant et de Marie Célénie Appoline GUINOT, institutrice, âgée de 23 ans, son épouse /…./ a donné les prénoms de Jeanne Augusta Emilie./…/Témoins Léon WEIRICH, instituteur, 37 ans, Auguste GILBERT, 32 ans, épicier…. » [Pas de mention marginale.]                                                      [Archives départementales de Haute-Marne]

 

Jeanne Séguin est née le 4 novembre 1895 à La Ferté-sur-Aube, en Haute-Marne, aux limites de la province de Bourgogne ; fille d’un couple d’instituteurs, elle resta célibataire.

Elle fréquente l’École primaire supérieure soit de Chaumont, soit de Wassy ; elle suit les cours de l’École normale de 1911 à 1914. Après une année d’enseignement dans la Haute-Marne, elle fait une année supplémentaire d’École normale à Melun pour devenir professeur d’École primaire supérieure.

De 1919 à 1921 elle enseigne dans l’Ecole Primaire Supérieure d’Illiers (aujourd’hui Illiers-Combray par hommage à Proust) en Eure-et-Loir. Elle est professeure à l’École normale d’Auxerre où elle enseigne dans « un enthousiasme communicatif » le français avec l’histoire-géographie durant l’ensemble des années scolaires allant de la rentrée 1921 à l’été 1926.

Elle part en formation à Saint-Cloud d’octobre 1926 à juillet 1927 (afin de pouvoir ultérieurement postuler pour une direction d’école normale). Elle reprend pour deux ans son poste à Auxerre, puis part pour l’École normale de filles de Tulle où elle reste quatre années scolaires. Sur la proposition d’un inspecteur général, elle prépare les normaliennes à faire face à leur sortie à des classes uniques mixtes devenues alors nombreuses dans ce département.

De 1936 à 1939 elle a la direction de l’École normale de filles d’Auxerre où elle se charge de cours de pédagogie et sociologie. Madame Fraysse (épouse d’Antonin Fraysse, natif de la Côte d’Or à qui on doit de nombreux manuels de français et de géographie) étant nommée inspectrice générale à la rentrée 1936 par le nouveau ministre Jean Zay, Jeanne Séguin prend sa suite à l’École normale de filles de Beauvais. Elle rentre ainsi dans l’académie de Paris, ce qui est un atout capital pour pouvoir un jour être nommé inspecteur primaire de la Seine, dont le traitement est nettement supérieur aux directeurs d’école normale et encore plus largement à celui d’un inspecteur primaire de province. Pour cela, elle aura encore deux marches à franchir la direction de l’École normale de Rouen (alors connue sous un autre nom) entre 1941 et 1945 et l’inspection primaire d’Argenteuil dans la Seine-et-Oise entre 1945 et 1948.

Elle reste inspectrice primaire de la Seine pendant onze ans, prenant sa retraite le 30 septembre 1959. Durant de très nombreuses années scolaires elle passe ses vacances à  Bourbonne-les-Bains en Haute-Marne (au carrefour de la Haute-Saône et des Vosges) puis après la fin de la Seconde Guerre mondiale à Chaumont.

Sa production en matière d’outils didactiques est composée d’une histoire et géographie intitulée Département de l’Yonne fruit d’une collaboration avec Léon Dubreuil alors inspecteur d’académie de l’Yonne (puis de la Côte d’Or) parue en 1928, Ma première encyclopédie abondamment illustrée par Hélène Poirié[1] éditée en 1957 chez Larousse et un livre de lectures choisies Pour nos filles cours moyen, fin d’études (la mixité dans les écoles primaires n’est définitivement installée qu’en 1969).

Dans ce dernier ouvrage de 348 pages, son avant-propos pointent que les femmes jouent un rôle de plus en plus important dans la société et qu’il s’agit dans cet ouvrage de  « [permettre] aux filles une première prise de conscience de leurs tâches et de leurs responsabilités futures, car un champ toujours plus vaste s’ouvre à l’activité féminine sans que celui des obligations familiales cesse de lui appartenir en propre ». Elle annonce que les textes proposés sont empruntés aux meilleurs auteurs classiques et modernes. Les titres des chapitres sont : héroïsme féminin, grands-mères et tantes, exploratrices, mères, épouses… Parmi les auteurs on note : Saint-Exupéry, Ramuz, Duhamel, Régine Pernoud, Colette, Séverine, Sainte Soline, Colmont, Marguerite Audoux, Eve Curie, Pearl Buck, Colette Yver, Anna de Noailles, Alexandra David-Neel, Tcheng Cheng (avec deux textes dont un sur une enfant chinoise qui se fait régulièrement bander les pieds), Charles Ab Der Halden (pour Les Propos de M. Boneuil).

 [La plupart des informations avancées ici sont tirées du dossier professionnel de Jeanne Séguin déposé aux archives nationales et côté F 17/27156.]

 

 

Bibliographie :

Jeanne Séguin, Pauline Millet, Pour nos filles, recueil de lectures, illustrations Hélène Guignebert, Larousse, 1957, 348 pages

 

  Jeanne Séguin, Ma première encyclopédie, ‎Larousse, 1957 grand in-4 (24,5 x 29,5 cm), plats illustrés en couleur, 81 pages, abondamment illustrée en couleur par Hélène Poirié ‎

Jeanne Séguin, Pauline Millet, Pour nos filles. Recueil de lectures. Cours moyen, Classe de 7e, Classes terminales du 1er degré. Larousse Librairie Paris1956, 348 pages couleur, 13 x 19. (Matières : lecture, vocabulaire, expression orale et écrite.)

Léon Dubreuil, Jeanne Séguin, Le Département de l’Yonne, 1928


[1] « Hélène Poirié s’est éteinte discrètement le 25 décembre 2009 à l’age de 95 ans. Elle pratiqua le métier d’illustratrice en parallèle de son métier de professeur de dessin à l’éducation nationale. Elle vivait dans la région parisienne et habita toute sa vie dans la maison familiale où elle était née. Amoureuse de l’Italie et de sa peinture, de la Toscane et des Baux-de-Provence, elle laisse à ceux qui l’ont connue, le souvenir d’une dame déterminée et de grand caractère. Il ne reste que peu de traces de son œuvre, quelques affiches, des encyclopédies illustrées, et rien que des bons souvenirs pour les écoliers des années 50 et 60 qui ont pu rêver devant ses images. Elle n’a pas eu d’enfants et pourtant nombreux sont ceux qui se sentiront orphelins de cette grand-mère aux doigts de fée. » [oncle Michel]


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