Terminale :politique de la ville et école à Paris

vous trouverez sous ce lien une vidéo relative aux problèmes de la carte scolaire à Paris

Posted in actualité

terminale La justice sociale, un idéal en débat article d’alter eco

La justice sociale, un idéal en débat par Igor Martinache

01/09/2015 Dossiers Hors-série n°02

La justice sociale est un objectif politique largement partagé, mais elle demeure délicate à définir. Tour d’horizon des conceptions en concurrence.

1. Quelle égalité ?

Pour Alexis de Tocqueville, auteur notamment de De la démocratie en Amérique (1835-1840), la démocratie ne désigne pas seulement un régime politique mais, plus profondément, un état de la société dans lequel ses membres se considèrent d’égale condition. Mais sur quel(s) critère(s) fonder cette égalité ? Trois grandes approches dominent, se distinguant notamment par leur conception de la liberté.

L’approche la moins exigeante est celle de l’égalité des droits. Il s’agit ici simplement de veiller à ce que les règles soient les mêmes pour tous, et donc à exclure toute forme de privilèges propres aux sociétés d’ordres ou de castes. C’est elle que proclame la Déclaration universelle des droits de l’homme du 26 août 1789 et la seule que reconnaissent les libertariens* les plus ardents, comme l’économiste Friedrich Hayek ou le philosophe Robert Nozick. Si le premier considère la justice sociale comme un « vocable vide de sens », il tient malgré tout le marché comme la seule instance impartiale capable de garantir que chacun est récompensé suivant ses mérites. Dans cette perspective, les inégalités peuvent être justes si elles découlent de procédures qui le sont.

Ceux qui prônent l’égalité des chances mettent eux aussi l’accent sur le respect des procédures. Ils n’excluent cependant pas des inégalités de traitement, au moins temporaires, pour corriger des handicaps individuels ou collectifs. Tel est le socle par exemple des politiques dites de « discrimination positive » mises en oeuvre en Inde, aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud pour corriger les effets toujours sensibles d’oppressions du passé. Cette conception de la justice repose également sur une vision compétitive de la société s’accommodant de fortes inégalités de situations.

Seuls les défenseurs de l’égalité des positions considèrent que la justice sociale doit se mesurer à l’aune des positions atteintes et non initiales. Des sociologues ont ainsi pointé1 la confusion entourant la définition du mérite, entre talents « naturels » et efforts personnels, et l’impossibilité de l’isoler d’autres facteurs de réussite arbitraires (héritages économiques ou culturels, environnement institutionnel, chance, etc.). Plus encore, ils avancent qu’une méritocratie** n’est pas seulement impossible mais qu’elle est aussi indésirable. Elle impose en effet à tous une certaine conception de la réussite à l’exclusion d’autres et favorise les « maladies de l’excellence » (stress, burn-out ou dépression). Concédant au mérite un rôle d’aiguillon, Marie Duru-Bellat plaide néanmoins pour que l’on reconnaisse ses multiples dimensions et le fait que « le mérite n’est rien d’autre que ce que la société choisit de rémunérer pour orienter les actions de ses membres ».

2. La justice comme équité

Faut-il alors abandonner l’idée de poser certains principes de portée universelle ? Non, selon John Rawls, qui a développé à partir de la fin des années 1950 une théorie de la « justice comme équité » (Théorie de la justice, Le Seuil, 1997). Il entend en particulier dépasser les approches utilitaristes***, qui considèrent qu’une société juste est celle dont les institutions optimisent la somme des satisfactions individuelles, quitte à sacrifier les libertés de quelques-uns.

Dans la lignée de Kant et de Rousseau, Rawls défend au contraire une approche contractualiste****. Pour déterminer les principes acceptables par tous, il propose de partir d’une situation fictive, la « position originelle », où chacun serait placé derrière un voile d’ignorance, l’empêchant de connaître non seulement sa place dans la société mais également ses capacités naturelles, son caractère psychologique et sa propre conception du bien ou son projet de vie.

Dans une telle situation, chacun privilégierait nécessairement deux principes à tout autre : le « principe de liberté » suivant lequel « chaque personne a un droit égal à un schème pleinement adéquat de libertés de base égales pour tous, qui soit compatible avec un même schème de liberté pour tous ; et dans ce schème, la juste valeur des libertés politiques égales, et celle-là seulement, doit être garantie » et un « principe de différence » qui pose que « les inégalités sociales et économiques doivent satisfaire à deux conditions : elles doivent être liées à des fonctions et à des positions ouvertes à tous, dans des conditions équitables des chances, et elles doivent procurer le plus grand bénéfice aux membres les plus désavantagés de la société ».

Ces principes sont eux-mêmes organisés suivant un ordre de priorité absolue où le critère suivant n’est examiné que si le précédent est satisfait. Le respect des libertés de base vient ainsi avant l’égalité des chances, laquelle est elle-même devant le fait que toute inégalité de position ne peut se justifier que si elle profite à tous, et en particulier aux plus défavorisés. Le concept de justice ainsi défini, s’appliquant à la structure de base de la société, constitue le socle indispensable de toute démocratie – que Rawls prend aussi soin de distinguer de la méritocratie -, sans empêcher le déploiement en leur sein de conceptions particulières de la justice ou du bien.

Au début des années 1980, le juriste Ronald Dworkin va développer une approche de l’union sociale distincte de celle de Rawls. La justice y réside dans le fait de réduire au maximum l’arbitraire, entendu comme tout ce qui ne relève pas de choix individuels. Pour en esquisser les institutions, il imagine deux dispositifs théoriques. Le premier est une vente aux enchères fictive, où seraient proposées toutes les ressources désirables de l’existence et où chaque participant disposerait du même pouvoir d’achat. A la fin, chacun doit préférer son propre panier à ceux de tous les autres, ce que l’auteur qualifie de « test de l’envie ». De même, pour compenser l’inégale répartition des handicaps naturels, Dworkin imagine un système d’assurances fictifs dont les paramètres seraient fixés en demandant aux individus combien ils seraient prêts à payer pour être couverts contre le risque d’être affectés par ces derniers. Dans cette conception compensatrice de la justice, les inégalités résultantes seraient toutes justes, dans la mesure où elles ne résulteraient que d’arbitrages individuels, entre travail et loisirs, ou de prise de risque, par exemple, et non des circonstances.

3. Une égale capacité à choisir notre destin

Le travail de l’économiste Amartya Sen est un des prolongements majeurs de la théorie rawlsienne. Selon lui, la justice réside d’abord dans la résorption des « injustices intolérables », comme l’esclavage, et dans l’égalisation des « capabilités », soit l’accès à un ensemble d’états et d’aptitudes (santé, éducation, logements…) qui permettent de réaliser son projet de vie. Il s’agit ainsi d’aller au-delà des libertés formelles pour se préoccuper des libertés réelles.

Bien que Rawls ou Sen se disent attentifs à la pluralité des valeurs, les auteurs regroupés sous l’étiquette de « communautariens » dénoncent l’individualisme sous-jacent à ces théories libérales. Ils font valoir que nous sommes chacun déjà inscrits dans des groupes culturels différents au sein d’une même nation qui nous transmettent un certain nombre de valeurs et de fins auxquelles il s’agit de reconnaître une égale valeur, sous certaines conditions.

La globalisation des enjeux économiques, culturels et écologiques donnent une dimension planétaire au débat sur la justice sociale. Marie Duru-Bellat rappelle1 qu’en considérant le monde comme un seul pays, l’indice de Gini* y est de 0,7, soit plus que celui des pays les plus inégalitaires. 60 % de notre revenu dépend du pays où l’on naît, et 20 % de notre origine sociale, ce qui relativise fortement la notion de mérite.

Evolution du coefficient de Gini

Contrairement aux « étatistes », pour qui le cadre national demeure l’échelle pertinente de la solidarité, les penseurs « cosmopolitistes » (Amartya Sen, Thomas Pogge) considèrent qu’il faut appliquer au niveau global les principes de justice qui organisent la distribution des libertés et des biens primordiaux. Marie Duru-Bellat appelle à prendre au sérieux la question de la décroissance, c’est-à-dire de la finitude des ressources. Resterait enfin à inventer les espaces de délibération collective où pourraient s’élaborer les règles concrétisant ces principes.

……………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Dans Sphères de justice (1983), Michael Walzer défend ainsi une approche de l’ »égalité complexe ». Les biens sociaux à répartir sont pour lui investis de significations et de modes de fonctionnement différents qui renvoient à des sphères d’activité distinctes qui doivent être autonomes les unes des autres, comme le marché, la politique ou la religion. Pour Walzer, une distribution inégale peut être légitime dans certaines sphères, et l’injustice réside surtout dans la prétention à convertir la valeur d’un bien d’une sphère à l’autre, par exemple son patrimoine économique en influence politique. Les diverses approches communautariennes ont à leur tour été attaquées, notamment par certains tenants du marxisme. En accompagnant les revendications à une égale reconnaissance des identités collectives, nationalistes, « ethniques » ou sexuelles, elles auraient éclipsé les luttes contre l’exploitation et pour une redistribution***** plus juste des ressources matérielles.

Répartition du revenu global en France par tranche de niveaux de vie en 2011, en %

Pour Nancy Fraser, l’opposition entre politiques de reconnaissance et politiques de redistribution est cependant un leurre, le véritable clivage passe entre politiques correctrices, qui ne s’attaquent qu’aux symptômes, et politiques de transformation, qui visent à modifier la structure sociale. Ainsi, il ne s’agit pas, comme le préconisent les tenants du multiculturalisme, de reconnaître une égale dignité à toutes les identités, mais au contraire de les déconstruire pour éviter leur essentialisation en attribuant un statut égal à leurs membres. La justice sociale réside d’abord, pour elle, dans la possibilité de chaque membre de la société de participer à parts égales aux interactions qui la constituent, et en particulier aux délibérations par lesquelles se détermine le bien commun. On retrouve ce faisant l’accent que Rawls mettait sur les libertés politiques et le « pluralisme raisonné » promu par Sen, pour qui l’approfondissement de la justice sociale est inséparable de celui de la démocratie.

  • 1. Voir entre autres Le mérite contre la justice, par Marie Duru-Bellat, coll. Nouveaux débats, Les Presses de Sciences-Po, 2009, et Les places et les chances. Repenser la justice sociale, par François Dubet, La République des idées-Le Seuil, 2010.

* Libertariens

Penseurs qui ont en commun d’ériger la liberté individuelle en valeur politique suprême et qui s’opposent notamment à l’existence de l’Etat.

** Méritocratie

Société dans laquelle toutes les places et les biens sont répartis en fonction du seul mérite de ses membres.

*** Utilitarisme

Doctrine philosophico-économique qui se préoccupe avant tout des conséquences des actions sur le bien-être des agents.

**** Contractualisme

Doctrine philosophique qui envisage la société comme un contrat passé entre les différents individus qui la composent.

***** Redistribution

Dispositifs de prélèvements et de prestations qui modifient la répartition primaire des revenus. On distingue la redistribution verticale, qui atténue les inégalités de richesse, et la redistribution horizontale, qui s’exerce de catégories épargnées par un risque vers celles qui le subissent (bien portants vers malades, actifs vers retraités, etc.).

Posted in actualité

Protégé : RC travail emploi des tableaux et schema et ancien cours …. Terminale …

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Posted in actualité, Cours TERMINALE, RC Travail Emploi

Protégé : suite de cours TES

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Posted in actualité

Protégé : premiere ES schema

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Posted in actualité

Protégé : Keynes Terminale

Cet article est protégé par un mot de passe. Pour le lire, veuillez saisir votre mot de passe ci-dessous :

Posted in actualité

Pauvreté TER

Suite de cours. Sur la Pauvreté relative.

Essayez d’en faire une note.

le script

 

Contexte : Le 14 septembre, le Secours Populaire publiait un baromètre de la pauvreté en France. L’association constate une “explosion” du nombre de personnes venant demander de l’aide.

Face au drame de la précarisation et du décrochage social, que signifie être pauvre aujourd’hui ? La réponse est loin d’être évidente.

La pauvreté, c’est quoi ?

Selon la définition du Conseil européen, en 1984, sont considérées comme pauvres « les personnes dont les ressources (matérielles, culturelles ou sociales) sont si faibles qu’elles sont exclues des modes de vie minimaux acceptables de l’État membre où elles vivent ».

– Cette définition ne permet pas de mesurer statistiquement la pauvreté !

Le calcul de l’Insee

Pour mesurer la pauvreté, l’Insee détermine un « seuil ».

=> Ce seuil est équivalent à 60% du revenu médian, soit, en 2015, 1 015 € par mois. Les personnes gagnant moins sont considérées comme “pauvres”.

LSV : Le revenu médian, à ne pas confondre avec le revenu moyen, qui est la moyenne de tous les revenus – partage la population étudiée en deux parties égales : il y a autant de Français au-dessus du revenu médian, qu’en-dessous.

De quoi parle-t-on ?

Ces 1 015 € correspondent à la totalité des revenus disponibles pour une personne par mois (salaire, chômage, prestations sociales, etc.). On parle de “niveau de vie”.

Pour calculer le niveau de vie d’un individu au sein d’un foyer, la notion d’unité de consommation (UC) est utilisée :

Un adulte compte pour une UC, les autres personnes du foyer de plus de 15 ans pour 0,5 unité chacun.

Un enfant de moins de 14 ans compte pour 0,3 unité.

Ex : 2 parents et 2 enfants de moins de 14 ans constituent 1+0,5+0,3+0,3 = 2,1 unités de consommation

Pour obtenir ensuite le niveau de vie du ménage, on fait la somme des revenus, que l’on divise par le nombre d’UC.

PAPL : La statistique utilise la notion d’UC, car le regroupement de deux individus au sein d’un ménage ne correspond pas aux charges de deux ménages individuels. Par exemple, en cuisinant pour deux personnes, on utilise moins d’électricité que pour cuisiner deux fois pour une personne.

La pauvreté ainsi définie touche 14,2 % des Français.

Donc si vous gagnez le SMIC (1 149 € nets), vous n’êtes pas forcément “pauvre” ; et ce même si vous habitez tout seul à Paris et que votre loyer est de 700 €.

Pauvreté et pauvreté

« Ce calcul de la pauvreté est critiqué car, pour certains, il ne prend pas en compte toutes les dimensions du problème. »

Le calcul de l’Insee correspond à une “mesure monétaire relative”. Il est critiqué car :

=>la pauvreté est mesurée en fonction de toute la population.

Par exemple : si les riches deviennent moins riches, le revenu médian et donc le seuil de pauvreté vont baisser. Il y aura donc statistiquement moins de pauvres, alors que leur situation n’aura pas changé.

=> les comparaisons entre pays ne sont pas pertinentes.

Par exemple : un pays « A » où l’ensemble des habitants a le même niveau de vie (600 € par mois) sera considéré comme ayant 0 % de taux de pauvreté, tandis qu’un pays « B » de même niveau de vie moyen où l’habitant le plus pauvre a un niveau de vie de 1 000 €, mais où il existe de plus fortes inégalités, pourrait avoir par exemple un taux de pauvreté de 20 %…. Pourtant, les non-pauvres du pays « A » seraient tous pauvres dans le pays « B » !

La pauvreté peut aussi se mesurer autrement :

=> Utiliser la mesure monétaire absolue

Par exemple, aux USA, le seuil dépend du minimum nécessaire pour se nourrir. S’il faut au minimum 300$ par mois pour manger correctement, le seuil de pauvreté est alors fixé à 900 $ (3 fois plus).

=> la mesure de la pauvreté en tant que privation (ou “mesure en conditions de vie”). Seront considérées comme “pauvres” les personnes qui sont privées de certains biens et services.

Ex : Selon Eurostat, une personne est pauvre si elle n’a pas accès au minimum à 4 de ces 9 biens/services/capacités :

Etre capable de payer son loyer ou son emprunt hypothécaire
Pouvoir chauffer suffisamment pour son logement
Partir une semaine en vacances par an
Manger une fois tous les deux jours un repas avec viande, poisson ou équivalent végétarien
Faire face à des charges financières imprévues
Avoir un téléphone (y compris le téléphone mobile)
Avoir un téléviseur couleur
Avoir une machine à laver
Avoir une voiture
Ampoule : Les questions étant les mêmes pour l’ensemble des pays d’Europe, une comparaison internationale est alors plus facile qu’avec la notion de pauvreté relative (qui dépend du revenu médian du pays).

La France, mauvais élève ?

« Selon la mesure prise, les résultats peuvent changer. »En prenant en compte la notion de privation calculée par Eurostat, « seulement » 4,5% des Français sont alors considérés comme pauvres, contre 14,2% selon l’InseeMais si on applique le calcul réalisé par l’Insee, l’Espagne et la Bulgarie sont dans la même situation. Ce qui ne reflète pas la réalité des deux pays.

L’évolution dans le tempsSelon Eurostat, la pauvreté régresse en France depuis 2004.

Selon l’Insee, la pauvreté progresse en France.

En réalité, le taux calculé par l’Insee reflète surtout que les plus riches sont encore plus riches. Ce qui fait grimper le revenu médian et par conséquent le seuil de pauvreté. Ce n’est pas forcément la pauvreté qui progresse, mais bien les inégalités.

Indice de Gini :

C’est un indicateur synthétique d’inégalités de salaires (de revenus, de niveaux de vie…). Il varie entre 0 et 1. Il est égal à 0 dans une situation d’égalité parfaite où tous les salaires, les revenus, les niveaux de vie… seraient égaux. A l’autre extrême, il est égal à 1, dans une situation la plus inégalitaire possible, celle où tous les salaires (les revenus, les niveaux de vie…) sauf un seraient nuls. Entre 0 et 1, l’inégalité est d’autant plus forte que l’indice de Gini est élevé.

Cet indicateur progresse en France depuis les années 90.

SOURCES :

Captain Economics, Etes-vous pauvre ? Mesures de la pauvreté et impact sur le taux de pauvreté, 17 juin 2015

Eurostat, taux de privation matérielle grave

Observatoire des inégalités, Les seuils de pauvreté en France, 12 décembre 2017

Mediapart, Le taux de pauvreté en France est désormais supérieur à celui des Etats Unis… 14 septembre 2017

Insee, Niveaux de vie en 2015, 12 septembre 2017

Le Monde, Une personne sur sept sous le seuil de pauvreté en France : comment comprendre ce chiffre, 8 septembre 2016

Les Echos, Éradiquer la pauvreté, une ambition pour la France, 27 juin 2017

Les Echos, la pauvreté prend racine en France, 14 septembre 2017

Secours Populaire, 11e baromètre Ipsos.SPF 2017, 14 septembre 2017

Slate, Comment mesure-t-on la pauvreté ? (et quelle est la différence avec la précarité ?) 10 juin 2015

Contenu : Pierre Silvain
Graphisme : Boris Chabilan

Posted in actualité

pédagogie inversée cours de EA chap 2 du theme 1 TES

sous ce lien ce chapitre

et sous celui ci les fiches educ scol

Posted in actualité

vidéo sur le chômage de longue durée terminale

vidéo sur le chomage de longue durée

 

 

 

Posted in actualité

Analyses sur le marché du travail. Terminales. A lire.

Agir sur le marché de l’emploi
Les organisations privées comme publiques évoluent dans des écosystèmes qui ont un impact majeur sur les contraintes internes et donc sur les conditions de travail. C’est là que résident les autres marges de manœuvre. L’amélioration du travail dépend d’un système social plus vaste où sont imbriqués le droit du travail, la protection sociale et les politiques de l’emploi, l’âge de la retraite, les assurances maladie, le taux d’activité des femmes, des jeunes, des seniors, le travail au noir, etc. De ce constat découle une évidence : il n’est pas possible de réformer le travail sans réformer aussi les cadres juridiques, économiques et sociaux dans lesquels les relations sociales sont encastrées.

Et une fois de plus, les propositions ne manquent pas. Ici aussi, elles émanent d’horizon divers. En gros, trois positions se retrouvent : celles des libéraux, des socio-démocrates et des alternatifs.

La vision libérale du marché du travail postule que le marché fait tout au mieux et qu’il faut avant tout le rendre plus libre et flexible. Si le libéralisme n’a plus vraiment le vent en poupe ces derniers temps, force est de constater qu’il a des arguments. C’est dans les pays les plus libéraux que le taux de chômage est le plus bas. On aura beau jeu de rétorquer que c’est aussi dans ces pays que les conditions de travail sont les moins favorables.

Une autre vision plus réformiste tente de concilier la performance et le maintien de la protection sociale. Les économistes Philippe Aghion et Élie Cohen, associés au juriste Gilbert Cette, ne proposent rien moins que de « changer de modèle » (Smilie: 8). Ce nouveau modèle repose sur l’impulsion d’une nouvelle phase de croissance fondée sur l’innovation, la réforme en profondeur de l’État, de la formation initiale et professionnelle. Le modèle de référence est celui des pays du Nord de l’Europe qui, à l’image de la Suède, de l’Allemagne, du Danemark, ont réussi à combiner croissance et faible taux de chômage tout en assurant la protection sociale et la mobilité professionnelle.

Une autre option, enfin, est défendue par ceux qui pensent que le retour à la croissance est un mythe. C’est le cas de Dominique Méda, pour qui le retour à une croissance forte et durable n’est ni possible ni souhaitable. La « mystique de la croissance » lui apparaît comme dévastatrice : elle conduit à poursuivre cette folie du « toujours plus » qui atteint ses limites et finit par épuiser les ressources naturelles comme les ressources humaines. La richesse et le travail ne sont pas tout dans la vie. Il faut donc réorganiser la société et les vies personnelles : partager les richesses et partager le travail. C’est dans cette optique que se situent les tenants du slow management.

Entre ces trois visions – libérale, réformiste et alternative –, toute une gamme de solutions intermédiaires peut être imaginée. Denis Clerc pense qu’il est possible de faire baisser le chômage sans coût supplémentaire pour les entreprises et la collectivité. Bernard Gazier plaide pour des marchés transitionnels entre activité, emploi et formation, qui permettraient de mieux gérer les passages entre deux emplois, ce qui correspond autant aux exigences du marché du travail qu’aux aspirations personnelles.

• Les modèles à l’épreuve

Il est des pays où la réforme du marché du travail se pose dans des conditions toutes différentes. C’est le cas pour ces pays « modèles » où règne le quasi-plein emploi, comme l’Allemagne ou l’Autriche (dont le taux de chômage pour 2014 se situe autour de 5 %). D’autres font des envieux avec des taux inférieurs à 8 % (Grande-Bretagne, Danemark, Hollande, République tchèque). Mais comment font-ils ?

Ces « modèles » nous invitent à aller voir de plus près. Ainsi, pour ce qui est du modèle allemand, dont on vante le système de la cogestion, celui de l’apprentissage et des Länder décentralisés, c’est surtout la réforme du marché de l’emploi (les lois Hartz des années 2000) qui aurait permis de faire baisser le chômage durablement, avec pour revers de médaille, la réduction des pensions de retraite et le report de l’âge du départ à la retraite à 67 ans, le déremboursement des prestations médicales et la hausse des cotisations sociales, ainsi que la baisse des indemnités de chômage (de 32 à 12 mois) et la multiplication des « minijobs ». C’est aussi à ce prix que le chômage a pu se maintenir à un niveau assez bas.

Il en va ainsi de tous les modèles, qu’il s’agisse des modèles d’organisation, de management ou de société : ils possèdent tous la vertu de montrer que l’horizon n’est jamais bouché et qu’il existe toujours plusieurs voies possibles. Mais les modèles ont souvent aussi des revers plus ou moins dissimulés par ceux qui les promeuvent. Rien n’est plus facile que de construire un monde idéal à l’aide de quelques arguments, de quelques chiffres significatifs et d’exemples vertueux.

Les modèles aident à penser et à agir. Mais il faut aussi les comparer, les exploiter, les confronter à la réalité et enquêter à leur propos. Entre les belles utopies désincarnées et le fatalisme du TINA – « there is no alternative » –, il existe sans doute des marges de manœuvre. Améliorer le travail, est l’un des grands enjeux humains et organisationnels de ce début de XXIe siècle. Il en va de la santé et du bien-être de tous. Les pistes, on l’a vu, ne manquent pas. À nous maintenant de les explorer, de les tester et peut-être d’en inventer d’autres.

 

———————————-…………..-.-..-…-….-….-…..-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-
10 propositions pour le bien-être
En février 2010, était publié un rapport commandé par le gouvernement français sur le bien-être au travail (9). Parmi les 10 propositions visant à améliorer la santé psychologique au travail, figuraient les points suivants :

• Impliquer la direction dans la santé psychologique des salariés

• Intégrer le facteur humain dans l’évaluation de la performance

• Donner aux salariés les moyens de se réaliser dans le travail (en restaurant des espaces de discussion et d’autonomie dans le travail)

• Impliquer les partenaires sociaux dans la construction des conditions de santé

• Former les managers sur la façon de diriger les équipes et les hommes

• Prendre en compte l’impact humain dans les changements

• Ne pas laisser le salarié seul face à ses problèmes (nécessité d’un accompagnement)

Jean-François Dortier

 

 

 

-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.-.–..-.-.-.-.-.-.-.-.-..-.-.-.-.-.-.–..-.-.-.-.-.-..-.-.-.-.-.-

Manager par le don : Marcel Mauss, nouveau gourou du management ?
L’un des derniers avatars de l’humanisation des relations de travail est le management par le « don ». Marcel Mauss, nouveau gourou du management ? On pourrait le penser si l’on s’en tenait à quelques publications récentes qui font de la théorie du « don/contre-don » un nouveau paradigme des relations de travail (10). L’idée est au fond assez simple. Le contrat de travail entre un salarié et l’entreprise semble se résumer à un échange marchand – travail contre salaire. Or, sauf dans les cas extrêmes du salaire à la pièce, un autre contrat se noue lors du recrutement, qui est implicite : le salarié « s’engage » dans un travail sans trop compter son investissement. Il est prêt à se « donner » bien au-delà de ce que son contrat stipule explicitement. En retour, l’employeur est prêt à « offrir » de bonnes conditions de travail, au-delà de ce à quoi le droit l’oblige. Derrière l’apparent donnant-donnant se cache un « don/contre-don ». Du moins, quand la relation de confiance s’est instaurée. Le contrat de travail n’est pas un échange purement utilitaire et calculé, il contient une « poignée de main invisible » selon l’expression de l’économiste Arthur Okun, qui veut que chacun soit prêt à aller au-delà de ce qui est signé pourvu qu’en retour, l’autre consente au même engagement (11).
Le bon manager doit prendre pour acquis ce don invisible s’il veut nouer des relations et pas simplement gérer des carrières et des contrats ou mesurer des performances. Les tenants de cette nouvelle approche aiment présenter cela comme une « révolution ». Le don/contre-don est pourtant vieux comme le monde : il se retrouve chez les populations des îles Trobriand étudiées par Bronislaw Malinowski comme dans l’entreprise du XXIe siècle. On l’a un peu oublié, c’est tout.
Jean-François Dortier

 

 

 

 

—————————————————————————————————-
Mots clés.
conditions de travail -management- santé -changement -emploi -stress- marché du travail- travail- humanisme -sociologie du travail -psychologie du travail- risques psychosociaux- bien-être.
————

Posted in COURS TES, travail emploi