pour les tes en EDS Keynes !!

9 02 2010

…1   John Maynard Keynes (1883-1946)

John Maynard Keynes, qui a révolutionné l’économie, au point que ses différents courants se définissent aujourd’hui par rapport à sa pensée, est un pur produit de Cambridge. Il a fréquenté l’élite intellectuelle de cette ville universitaire dès son plus jeune âge. Passionné par la politique, il a pris position sur les dossiers chauds de son temps, notamment en tant que journaliste, mais aussi en tant qu’acteur de la vie économique et politique. Il quitte momentanément l’enseignement à Cambridge pour travailler au Trésor britannique qu’il représente à la conférence de la Paix à Versailles. Formellement opposé aux réparations de guerre que le traité de 1919 impose aux Allemands, il les dénonce dans son pamphlet Les conséquences économiques de la paix (1919). Il démissionne alors du Trésor britannique et revient à Cambridge.

C’est dans le contexte de la crise économique des années 30 qu’il rédige son oeuvre fondamentale : La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936). Mais c’est pendant la guerre, sous le gouvernement de Winston Churchill, que Keynes atteint le sommet de son influence. Ainsi, en 1944, à la conférence de Bretton Woods qui crée le Fonds monétaire international (FMI), il est l’un des principaux architectes du système monétaire international de l’après-guerre.

Sa pensée

S’il fallait résumer la pensée de celui qui a le plus marqué la réflexion économique du XXe siècle, ce pourrait être : « Oui, le marché engendre du chômage involontaire. » Dans son grand oeuvre – La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie –, Keynes avance deux types d’explication possibles pour rendre compte de cette tendance du capitalisme à fonctionner en deçà de ses potentialités :

– une explication radicale, fondée sur l’incertitude du futur, qui pousse les hommes d’affaires à faire montre de prudence et, du coup, à investir moins qu’ils ne le devraient ;

– une explication plus traditionnelle, fondée sur le fait que toute insuffisance initiale de la demande tend à engendrer un cercle vicieux : moins de demande, donc moins de débouchés, donc moins de production, donc moins de salaires, donc moins de demande…

Alors que la deuxième analyse débouche sur une politique économique visant à regonfler la demande défaillante, la première passe par des institutions et des règles capables de réduire l’incertitude de l’avenir. Ces deux lectures de Keynes débouchent donc sur deux rôles assez différents de l’Etat : c’est toute l’ambiguïté d’un personnage brillant, capable de suivre plusieurs idées à la fois sans jamais trancher entre elles. Et c’est ce qui en fait aussi la richesse.

Ses écrits

Les conséquences économiques de la guerre (1919), éd. Gallimard, 2002, dans un volume qui contient aussi Les conséquences politiques de la paix de J. Bainville.

La fin du laissez-faire (1926), Agone éditeur, 1999.

Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), éd. Payot, 1990.

Essais sur la monnaie et l’économie (articles – dont « La fin du laissez-faire » – rédigés entre 1923 et 1931), éd. Payot, 1972.

La pauvreté dans l’abondance (articles – dont « La fin du laissez-faire » – rédigés entre 1924 et 1938), éd. Gallimard, 2002.

Comment payer la guerre (1940), éd. L’Harmattan, 1997.

Pour aller plus loin

« Deux Keynes pour le prix d’une théorie », Alternatives Economiques n° 173, mars 2000.

« Keynes, un social libéral avant l’heure », Alternatives Economiques n° 202, avril 2002.

« John Maynard Keynes ou l’économie au service du politique et du social », Alternatives Economiques n° 220, décembre 2003.

Pour une bibliographie complète, voir le site du Center for Economic Policy Analysis (CEPA)

Alternatives Economiques - Pratique n°21 – Novembre 2005

 

2un cours

1. Keynes et les classiques

 

A – La critique de la théorie classique

Le chômage involontaire est possible

- Deux types de chômage chez les classiques : le chômage frictionnel & le chômage volontaire

- Le chômage pour Keynes résulte d’une insuffisance de la demande globale. L’inflation n’apparaît qu’en période de plein emploi lorsqu’il y a plein utilisation des facteurs de production et qu’en conséquence l’offre est inélastique.

L’offre ne crée pas sa propre demande.

 

B – La réponse de Keynes : le principe de la demande effective

La demande effective composée de la consommation et de l’investissement, est le moteur de l’économie : « Ce sont la propension à consommée et le montant de l’investissement nouveau qui déterminent conjointement le volume de l’emploi et c’est le volume de l’emploi qui détermine de façon unique le niveau des salaires réels ».

Cette analyse explique le paradoxe de la pauvreté dans l’abondance : Plus une communauté est riche plus sa propension marginale à consommer est faible. Dans les société pauvres, en revanche, le plein emploi est plus facile à obtenir ; un faible montant d’investissement suffit à l’assurer.

L’épargne et l’investissement sont nécessairement égaux.

 

C – Les déterminants de la consommation et de la propension à consommer

Le principal facteur objectif de la propension à consommer est le revenu. Ce postulat est connu sous le nom de “loi psychologique fondamentale”.

Les facteurs subjectifs sont les facteurs qui agissent sur les dépenses une fois le revenu fixé. Huit facteurs subjectifs : « précaution, prévoyance, calcul, ambition, indépendance, initiative, orgueil et avarice ».

Tout cela ne signifie pas que les taux d’intérêt n’ait aucun effet sur les montants consommés ou épargnés. Pour Keynes, la hausse des taux d’intérêt n’influencent que marginalement la consommation et l’épargne. En revanche, une hausse des taux d’intérêt défavorise considérablement l’investissement, ce qui est préjudiciable à la production, au revenu, à la consommation, donc à l’emploi. Il faut gouverner les taux d’intérêt afin qu’il détermine le niveau d’investissement le plus favorable à l’emploi : « Si le taux d’intérêt était gouverné de telle sorte que le plein emploi fût toujours maintenu, la Vertu reprendrait ses droits ».

 

 

2. L’incitation à investir

 

A – L’efficacité marginale du capital

L’efficacité marginale du capital est le rendement escompté de l’investissement compte tenu de la dépréciation de la machine et des coûts qui résultent de son emploi.

« L’état de confiance » joue un rôle important dans la prévision à long terme. Keynes critique la spéculation et suggère pour l’éviter la création d’une lourde taxe d’État frappant toutes les transactions.

 

B – Le taux d’intérêt

Le taux d’intérêt résulte de la confrontation entre l’offre et la demande de monnaie et non de la confrontation demande/offre de capitaux. « L’épargne et l’investissement sont des facteurs déterminés et non déterminant ». Keynes définit le taux d’intérêt comme « La récompense pour la renonciation à la liquidité ».

La préférence pour la liquidité des agents résulte de trois motifs :

- motif de transaction.

- motif de précaution.

- motif de spéculation.

La demande de monnaie dépend du revenu et du taux d’intérêt. La demande de monnaie est une fonction décroissante du taux d’intérêt.

 

C – La création monétaire stimule l’investissement en période de sous-emploi

Un accroissement de la quantité de monnaie à pour effet de diminuer le taux d’intérêt et d’augmenter l’investissement jusqu’à ce que le plein emploi soit réalisé.

En situation de plein emploi, la création monétaire provoque l’inflation, dans la mesure où tous les facteurs de production utilisés, l’augmentation de la quantité de monnaie ne peut pas accroître le niveau de la production.

3. Le rôle de l’État selon Keynes

 

A – La Politique monétaire de l’État

La politique principale est la politique monétaire. Il faut créer de la monnaie afin de faire baisser les taux d’intérêt. Non seulement cette politique encourage l’investissement, mais elle n’est pas préjudiciable à l’épargne qui ne dépend pas des taux d’intérêt, mais du revenu. Keynes préconise « l’euthanasie des rentiers et du capital oisif ».

Une politique de création monétaire est préférable à une baisse des salaires.

La politique monétaire est nécessaire mais pas suffisante. Il se peut qu’une fois le taux d’intérêt tombé bas, la préférence pour la liquidité devienne virtuellement absolue. La préférence pour la liquidité, rend inefficace la politique monétaire : c’est la trappe à liquidités.

 

B – La relance de l’investissement a un effet multiplicateur

L’investissement a un effet multiplicateur sur la production. En effet, une augmentation de l’investissement entraîne une augmentation de la production de machines, qui entraîne une augmentation des revenus donc une augmentation de la consommation, qui, accroissant la demande, augmente la production, puis le revenuÅ 

L’intervention de l’État est donc d’autant plus efficace que la propension marginale à consommer es élevée ; cette intervention a toutefois des limites :

- effet d’éviction

- risque de défiance pour l’avenir et effets d’anticipations

- l’effet multiplicateur peut profiter à l’étranger

Keynes préconise une « socialisation de l’investissement ». Il suggère que l’État procède lui-même à certains de ces investissements grâce au déficit budgétaire notamment.

 

C – Politique commerciale et politique de redistribution

Keynes témoigne d’une certaine sympathie envers les mercantilistes, et pense qu’il faut soutenir les exportations et limiter les importations, afin de réduire le chômage et les taux d’intérêt. « une absurde compétition internationale est préjudiciable à tous ».

Le problème principal de l’ouverture des économies est la perte d’autonomie de la politique monétaire.

Une politique favorisant la consommation peut être favorable au plein emploi. Il faut selon Keynes, favoriser l’investissement et la propension marginale à consommer. Il faut mettre en place une politique de redistribution qui permettrait d’accroître la demande globale.

Keynes se prononce aussi contre le partage du temps de travail : « nous ne voyons pas de raison valable d’obliger ceux qui préfèrent un supplément de revenus à jouir d’un supplément de loisirs

 

 

 et un article sur la mode !!!

Le « concours de beauté » de John Maynard Keynes

Guillaume Erner

Cet encadré est issu de l’article « Comment se crée une mode »

La prophétie autoréalisatrice (voir ci-contre) fonctionne pour promouvoir un objet unique. En revanche, il apparaît difficile de la mobiliser seule pour lancer ex nihilo une mode. Impossible d’expliquer uniquement par son biais la mode des 4×4 ou le retour des rougets dans nos assiettes. Il faut donc isoler un mécanisme social susceptible d’expliquer une action conjointe – et cependant non concertée – d’un grand nombre d’individus.

Un tel mécanisme existe ; il a été décrit par John Maynard Keynes sous le nom de « concours de beauté ». Imaginons, nous dit J.M. Keynes, une compétition où un jury est censé classer des candidats en fonction de leur plastique. En règle générale, chacun vote en conscience, choisissant le physique qu’il préfère. Mais ici, la règle est modifiée : il s’agit d’opter non pour celui que l’on choisirait mais pour celui que l’on croit que les autres choisiront. À travers cette parabole, J.M. Keynes décrit l’exercice d’anticipations rationnelles auquel se livrent des spéculateurs opérant sur un marché. Le sens commun pense qu’il leur suffit d’acquérir les « meilleurs » titres, autrement dit ceux des entreprises les plus performantes. Pas du tout, rétorque l’économiste : face aux cours boursiers, le sage et l’ignorant sont placés sur un pied d’égalité ; ils ne savent rien ou presque. Dès lors, la bonne solution ne se trouve pas en eux-mêmes mais dans la représentation qu’ils se font des opinions d’autrui. « Conscients du peu de valeur de notre propre jugement individuel est sans valeur, nous nous efforçons de nous en remettre au jugement des autres (…). Nous essayons donc de nous conformer au comportement de la majorité ou de la moyenne. À ce petit jeu, celui qui gagne, c’est évidemment celui qui devine ce que la foule va faire (1). » Le concours de beauté nous enseigne donc qu’il vaut mieux pour sa réputation échouer avec les conventions plutôt que d’essayer vainement de réussir contre elles.

La parabole du concours de beauté modélise la situation dans laquelle nous sommes tous – fabricants, distributeurs ou consommateurs – face à l’exercice de prévision des tendances. Dès lors, celles-ci s’organisent autour de deux paradoxes. Tout d’abord, l’imitation dans ce domaine n’est pas un comportement étrange propre aux suiveurs : elle est au contraire la règle. En état d’incertitude, cette attitude est même complètement rationnelle : elle est la seule adaptée pour anticiper ce que seront les tendances. Deuxième conséquence : dans le domaine de la mode, spéculer c’est imiter. C’est pourquoi une mode est structurellement vouée à éclipser toutes les autres. L’ensemble du marché s’organisera pour répondre à la demande supposée et contribuera, dès lors, à l’amplifier.

NOTES

(1) J.M. Keynes, « The general theory of employment », Quarterly Journal of Economics, vol. LI, 1937 

Le « concours de beauté » de John Maynard Keynes

Guillaume Erner

Cet encadré est issu de l’article « Comment se crée une mode »

La prophétie autoréalisatrice (voir ci-contre) fonctionne pour promouvoir un objet unique. En revanche, il apparaît difficile de la mobiliser seule pour lancer ex nihilo une mode. Impossible d’expliquer uniquement par son biais la mode des 4×4 ou le retour des rougets dans nos assiettes. Il faut donc isoler un mécanisme social susceptible d’expliquer une action conjointe – et cependant non concertée – d’un grand nombre d’individus.

Un tel mécanisme existe ; il a été décrit par John Maynard Keynes sous le nom de « concours de beauté ». Imaginons, nous dit J.M. Keynes, une compétition où un jury est censé classer des candidats en fonction de leur plastique. En règle générale, chacun vote en conscience, choisissant le physique qu’il préfère. Mais ici, la règle est modifiée : il s’agit d’opter non pour celui que l’on choisirait mais pour celui que l’on croit que les autres choisiront. À travers cette parabole, J.M. Keynes décrit l’exercice d’anticipations rationnelles auquel se livrent des spéculateurs opérant sur un marché. Le sens commun pense qu’il leur suffit d’acquérir les « meilleurs » titres, autrement dit ceux des entreprises les plus performantes. Pas du tout, rétorque l’économiste : face aux cours boursiers, le sage et l’ignorant sont placés sur un pied d’égalité ; ils ne savent rien ou presque. Dès lors, la bonne solution ne se trouve pas en eux-mêmes mais dans la représentation qu’ils se font des opinions d’autrui. « Conscients du peu de valeur de notre propre jugement individuel est sans valeur, nous nous efforçons de nous en remettre au jugement des autres (…). Nous essayons donc de nous conformer au comportement de la majorité ou de la moyenne. À ce petit jeu, celui qui gagne, c’est évidemment celui qui devine ce que la foule va faire (1). » Le concours de beauté nous enseigne donc qu’il vaut mieux pour sa réputation échouer avec les conventions plutôt que d’essayer vainement de réussir contre elles.

La parabole du concours de beauté modélise la situation dans laquelle nous sommes tous – fabricants, distributeurs ou consommateurs – face à l’exercice de prévision des tendances. Dès lors, celles-ci s’organisent autour de deux paradoxes. Tout d’abord, l’imitation dans ce domaine n’est pas un comportement étrange propre aux suiveurs : elle est au contraire la règle. En état d’incertitude, cette attitude est même complètement rationnelle : elle est la seule adaptée pour anticiper ce que seront les tendances. Deuxième conséquence : dans le domaine de la mode, spéculer c’est imiter. C’est pourquoi une mode est structurellement vouée à éclipser toutes les autres. L’ensemble du marché s’organisera pour répondre à la demande supposée et contribuera, dès lors, à l’amplifier.

NOTES

(1) J.M. Keynes, « The general theory of employment », Quarterly Journal of Economics, vol. LI, 1937

 

 

A – La Politique monétaire de l’État

La politique principale est la politique monétaire. Il faut créer de la monnaie afin de faire baisser les taux d’intérêt. Non seulement cette politique encourage l’investissement, mais elle n’est pas préjudiciable à l’épargne qui ne dépend pas des taux d’intérêt, mais du revenu. Keynes préconise « l’euthanasie des rentiers et du capital oisif ».

Une politique de création monétaire est préférable à une baisse des salaires.

La politique monétaire est nécessaire mais pas suffisante. Il se peut qu’une fois le taux d’intérêt tombé bas, la préférence pour la liquidité devienne virtuellement absolue. La préférence pour la liquidité, rend inefficace la politique monétaire : c’est la trappe à liquidités.

 

B – La relance de l’investissement a un effet multiplicateur

L’investissement a un effet multiplicateur sur la production. En effet, une augmentation de l’investissement entraîne une augmentation de la production de machines, qui entraîne une augmentation des revenus donc une augmentation de la consommation, qui, accroissant la demande, augmente la production, puis le revenuÅ 

L’intervention de l’État est donc d’autant plus efficace que la propension marginale à consommer es élevée ; cette intervention a toutefois des limites :

- effet d’éviction

- risque de défiance pour l’avenir et effets d’anticipations

- l’effet multiplicateur peut profiter à l’étranger

Keynes préconise une « socialisation de l’investissement ». Il suggère que l’État procède lui-même à certains de ces investissements grâce au déficit budgétaire notamment.

 

C – Politique commerciale et politique de redistribution

Keynes témoigne d’une certaine sympathie envers les mercantilistes, et pense qu’il faut soutenir les exportations et limiter les importations, afin de réduire le chômage et les taux d’intérêt. « une absurde compétition internationale est préjudiciable à tous ».

Le problème principal de l’ouverture des économies est la perte d’autonomie de la politique monétaire.

Une politique favorisant la consommation peut être favorable au plein emploi. Il faut selon Keynes, favoriser l’investissement et la propension marginale à consommer. Il faut mettre en place une politique de redistribution qui permettrait d’accroître la demande globale.

Keynes se prononce aussi contre le partage du temps de travail : « nous ne voyons pas de raison valable d’obliger ceux qui préfèrent un supplément de revenus à jouir d’un supplément de loisirs




cahier de textes de terminale

9 02 2010

certains d’entre vous peuvent ils me dire si le cahier de texte du lycée fonctionne ..merci de poster un commentaire




le chomage en Europe

1 02 2010

Le taux de chômage des 16 pays de la zone euro continue de grimper au mois de décembre, et franchit un palier jamais atteint depuis la création de la zone.

Le taux de chômage de la zone euro comme de l’UE à 27, poursuit sa hausse. Sous l’effet de la crise, il a franchi au mois de décembre 2009 la barre des 10% pour la zone euro, un niveau jamais atteint depuis sa création en 1998. Le taux de chômage sur cette zone s’élevait en novembre dernier à 9,9%, et à 8,2% en décembre 2008. Au sein de l’Union européenne à 27, le chômage croît également, s’établissant à 9,6% en décembre contre 9,5% le mois précédent.

Au total, ce sont donc 4,628 millions de chômeurs supplémentaires qu’enregistre l’Union européenne à 27, particulièrement touchée par la crise sur le front de l’emploi, depuis décembre 2008.

La Belgique (8,2% de chômage en décembre), le Luxembourg (6,2%) et l’Allemagne (7,5% de chômage seulement, en partie grâce au recours massif au chômage partiel) sont les pays les moins impactés par le chômage, tandis que la Lettonie (22,8%), l’Estonie (15,2% au troisième trimestre 2009) et la Lituanie (14,6 au troisième trimestre 2009 également), battent les records européens de hausse sur un an.

Avec 10,0% de chômage en décembre 2009, la France se situe en revanche exactement dans la moyenne de la zone euro.




l’interim en Allemagne

27 01 2010

Schleker est la première chaîne de drogueries en Europe (4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2008 et plus de 30.000 salariés), dont on trouve les enseignes dans bien des villes allemandes. Ces jours-ci Schlecker défraie la chronique non pour ce qu’elle vend mais pour des motifs tenant à la gestion de ses ressources humaines. Le comportement de cette entreprise est révélateur des conséquences de la déréglementation du marché du travail intervenue ces dernières années et des abus qu’elle provoque. En cela, on peut parler d’un « syndrome Schlecker ». Lire l’article




la réforme du programme de la classe de seconde

27 01 2010

en débat ….à écouter et à voir  et même à lire




alternatives économiques de janvier …Le CHOMAGE

27 01 2010

 

2010, priorité à la lutte contre le chômage

Nicolas Sarkozy l’a assuré le 25 janvier 2010 : “Dans les semaines ou les mois qui viennent, vous verrez reculer le chômage”. Hélas, la méthode Coué risque de ne pas suffire face à la probable hausse du chômage qui nous guette. Cette envolée sans précédent nécessiterait une mobilisation générale, comme l’an dernier pour les banques. Mais pour l’instant, on ne voit rien venir…

3,8 millions de chômeurs étaient inscrits à Pôle emploi (1) en octobre dernier, 700 000 de plus qu’en décembre 2007. Au cours des trente dernières années – les “Trente Piteuses” qui ont succédé aux “Trente Glorieuses” -, le pays a déjà connu quelques moments où le chômage a été encore plus important qu’aujourd’hui, mais jamais il n’avait été confronté à une hausse aussi brutale et rapide que celle que nous sommes en train de vivre. Et selon les prévisions actuellement disponibles, c’est loin d’être fini : bien que l’économie française soit sortie de la récession depuis déjà neuf mois, 2010 devrait encore être marquée par une nouvelle hausse sensible du chômage. En effet, la reprise est très lente et l’activité n’est toujours pas revenue au niveau d’avant la crise. Les entreprises qui avaient souvent fait le dos rond au coeur de la tempête ajustent désormais leurs effectifs à la baisse.

Ce retour du chômage de masse vient briser un rêve: celui de voir le papy-boom résoudre la question sans qu’il soit nécessaire désormais que les décideurs politiques s’occupent activement de l’emploi. On s’en souvient: Nicolas Sarkozy avait même réussi à se faire élire en 2007 grâce au slogan “travailler plus pour gagner plus”, sans que personne ne s’inquiète vraiment du fait que le “travailler plus” des uns puisse signifier “travailler moins” pour d’autres.

Dans un tel contexte, le retour du chômage de masse risque d’avoir, au-delà même des importantes difficultés qu’il impose à ceux qui le subissent directement, un effet particulièrement délétère sur une société française dont la cohésion sociale était déjà très fragilisée. En désespérant en particulier une jeunesse qui s’était prise à croire que les papy-boomers allaient enfin lui céder la place en masse sur le marché du travail. Le chômage pourrait bien aussi tuer la reprise économique elle-même, car il risque d’avoir raison de la consommation des ménages, qui avait bien résisté jusque-là et tirait l’activité.

Dans ces conditions, on s’attendrait logiquement à une “mobilisation générale”, à ce qu’on fasse feu de tout bois pour arrêter le flot du chômage. D’autant que nos gouvernants n’avaient pas hésité l’an dernier à faire preuve d’un volontarisme quasiment sans limite pour empêcher l’écroulement du système financier. Or pour l’instant, rien ou presque. Il n’y a certes aucun remède miracle, mais on connaît nombre de moyens éprouvés pour limiter les dégâts: réduction du temps de travail, emplois aidés, emplois publics… Mais la mise en oeuvre à grande échelle de ces moyens impliquerait que Nicolas Sarkozy renonce à nombre de ses promesses de campagne. Et pour l’instant, il s’y refuse encore.

 

Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques



pour les terminales Chômage inflation préoccupations des français

27 01 2010

le chomage et l’inflation inquiètent les français

Le moral des consommateurs français s’est légèrement amélioré en janvier mais leur regain d’inquiétude sur le chômage et l’inflation pourrait peser sur leurs dépenses dans les mois à venir. L’indicateur résumé de l’opinion des ménages sur la situation économique s’est redressé d’un point, à – 29, le chiffre de décembre ayant été révisé à – 30, contre – 31 en première estimation, selon l’enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages publiée mercredi par l’Insee. Les économistes s’attendaient à une stabilisation du moral des ménages, dont le rebond amorcé à l’été 2008 s’était accéléré entre août et novembre 2009 avant de marquer le pas en fin d’année dernière.

“Les Français ont conscience qu’une première étape de la crise a été franchie, mais ils savent également que les mois qui viennent s’annoncent plutôt éprouvants”, observe Alexander Law, économiste au cabinet d’études Xerfi. Si la consommation des ménages a bien tenu en 2009, comme l’ont montré les chiffres publiés mardi sur les dépenses en produits manufacturés, les inquiétudes demeurent vives pour 2010, prévient-il. “Après avoir fortement progressé au quatrième trimestre 2009, avec le boom des achats automobiles porté par la prime à la casse, la consommation des ménages devrait enregistrer un contrecoup début 2010″, prévient Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas.

HANTISE DU CHÔMAGE

Si les ménages se montrent plus optimistes sur l’évolution de leur niveau de vie et un peu plus enclins à effectuer des achats importants, ils sont, en revanche, plus inquiets sur l’évolution de l’emploi et des prix. “Pour la première fois depuis juin, les ménages sont plus nombreux à anticiper une augmentation du chômage”, souligne l’Insee.

Le nombre de demandeurs d’emploi pour le mois de décembre 2009 doit être publié à 18 heures alors que Nicolas Sarkozy s’est voulu rassurant lundi soir sur TF1 en estimant que dans les semaines et les mois qui viennent le chômage reculerait en France. Le secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez, a pour sa part évoqué une “bonne” tendance en décembre sur le front du chômage. Ces indications sont toutefois intervenues après la période de conduite de l’enquête de conjoncture réalisée du 4 au 19 janvier auprès d’environ 2 000 ménages.

Les Français perçoivent aussi un léger regain d’inflation, le solde d’opinion sur l’inflation passé augmentant par rapport à décembre (+ 3 points) et les anticipations en matière d’inflation future se dégradant nettement (+ 5 points). “L’année dernière, les prix ont augmenté de 0,1 % seulement mais cette année nous attendons une progression, certes modeste, de 1,1 % qui retirera mécaniquement un point de pourcentage au pouvoir d’achat, de sorte que ce dernier pourrait baisser”, prévient Alexander Law….




27 janvier …65 ans après la libéralisation du camp d’Auschwitz- Birkenau

27 01 2010

ce jour la commémoration de la libération des camps d’Auschwitz et de Birkenau par l’armée rouge

un mot du Pape

mais aussi d’autres articles …L’hommage du monde aux victimes d’Auschwitz
la condition humaine apres Auschwitz
 où Le grand rabbin de France Gilles Bernheim se demande si, soixante-cinq ans après la libération du camp, le monde actuel est plus civilisé que celui de l’avant-guerre.

Et le Problème de la disparition des vestiges

et la parole contre l’extermination

Ne pas témoigner, c’est risquer de ne pas transmettre, mais témoigner, c’est aussi ajouter au désastreux effet de cumul et inscrire la Shoah dans le périmètre de l’imaginable. Le récit de l’extermination des juifs est un défi à la littérature.

“Nos larmes et nos souffrances noyées dans un océan de notes !” : tel est le cri qu’arracha un jour à un survivant la contemplation de l’indispensable et inexorable accumulation des travaux historiques sur la Shoah. Pour essentiels qu’ils soient, les ouvrages de pure historiographie laissent parfois au rescapé une impression de malaise. Comme si sa voix était recouverte avant même d’avoir été entendue. Comme si le savoir et les documents s’apprêtaient à glacer, pour toujours, l’émotion et la sympathie si difficilement gagnées sur un silence pesant depuis 1945.

Quand la seconde guerre mondiale se termine, ils ne sont déjà plus que 2 500 déportés juifs de France (sur 75 000) à revenir des camps d’extermination. Mais”déportés raciaux”, comme on les appelle alors, ceux qui seraient à même de faire la chronique du désastre sont alors noyés dans la grande masse des”autres”(40 000), ceux qui reviennent des camps dits”ordinaires”. Tous retrouvent un pays traumatisé par la défaite et l’Occupation, une population qui n’a de cesse d’oublier au plus vite l’une et l’autre. Les survivants arrivent, en outre, dans un temps où la guerre froide commence à brouiller les repères, et où, quelques mois seulement après leur libération, les récits du calvaire paraissent déjà appartenir à un autre âge.

Bientôt, leur voix lasse et puis se perd. Déjà, les éditeurs renâclent à publier les premiers récits. C’est en Argentine et en yiddish qu’Elie Wiesel fera, pour la première fois, paraître Et le monde se taisait, ce texte qui fera ensuite le tour du monde sous le titre la Nuit (paru en France en 1958). La première édition de Si c’est un homme, de Primo Levi (réédité en Pocket), n’excède pas deux mille cinq cent exemplaires, en 1947, et six cents invendus disparaissent dans une inondation à Florence. En France même, quel aura été l’audience des témoignages les plus bouleversants sur Auschwitz que furent par exemple Sans armes et sans bagages, de Louise Alcan, ou Pour que la terre se souvienne, de Léon Wells ?

Et puis veulent-ils tous témoigner ? Peuvent-ils tous briser ce silence à l’abri duquel il est aussi possible de rebâtir, ce silence qui demeure, chez beaucoup, peuplé de terribles fantômes ? Certains sont hantés par l’impossibilité de vivre avec ces souvenirs sans les porter au-dehors d’eux par l’écriture, mais la majorité des rescapés n’écriront jamais. Les mots ne sont pas toujours à la mesure de ce qu’ils relatent, et David Rousset, dès 1947, prenait conscience de l’implacable solitude du témoin.“Les hommes normaux ne savent pas que tout est possible, écrit-il dans l’Univers concentrationnaire (réédité par Hachette en collection”Pluriel”). Même si les témoignages forcent leur intelligence à admettre, les muscles ne suivent pas. (…) La mort habitait parmi les concentrationnaires toutes les heures de leur existence. Elle leur a montré tous ses visages. Ils ont touché tous ses dépouillements (…) Ils ont cheminé des années durant dans le fantastique décor de toutes les dignités ruinées. Ils sont séparés des autres par une expérience impossible à transmettre.”

Solitude de ceux qui parlent, solitude de la très grande majorité qui se tait. Car beaucoup se renferment dans le mutisme, ou bien réservent leurs souvenirs aux camarades de l’”autre planète”, seuls prêts à les écouter et à les comprendre. Comment partager avec ceux qui n’y étaient pas les expériences d’un monde où les médecins ont pour rôle de tuer, où l’on envoie des prisonniers-esclaves creuser des boyaux de mines menacés par le grisou sans casque, avec des flammes à l’air libre, où la moindre défaillance physique entraîne non la compassion mais la chambre à gaz ?

En France, le tissu associatif au sein duquel se conserve la mémoire reste largement dominé par les déportés communistes. A cette époque, le camp-type est Buchenwald et non Auschwitz. En Israël, où un habitant sur trois est, en 1949, un rescapé du génocide, une mémoire officielle de la Shoah se met en place (mémorial de Yad Vashem au début des années 50, loi sur la journée de la Shoah). Mais on cherche à mettre l’accent sur l’héroïsme et la résistance juive autant, sinon plus, que sur le martyre lui-même, et la foule des victimes se voit parfois reprocher de s’être“laissée mener comme des moutons à l’abattoir”, selon l’expression du poète sioniste et résistant du ghetto de Vilna, Abba Kovner. Le danger d’une histoire sans hommes.

Si le temps et surtout certaines oeuvres majeures comme le Shoah de Claude Lanzmann, ont permis de percer, par endroits, la barrière de sang et de silence qui séparait le témoin de l’espace public, le témoignage du génocide est demeuré une tâche prométhéenne. Ne s’agit-il pas, comme le montre Shoshana Felman dans un très beau texte sur le travail de Claude Lanzmann, de rendre compte d’un pan d’histoire conçu d’avance comme un “événement sans témoin, événement dont le projet même est, historiquement, l’oblitération littérale des témoins” (1) ?

Seule la présence du témoin permet pourtant d’éviter que l’extermination des juifs soit aujourd’hui exclusivement considérée du seul point de vue des bourreaux, de façon abstraite, comme un simple résultat de procédures administratives et bureaucratiques, comme une question de technique… Le témoin ou le témoignage d’époque n’a pas pour fonction de faire revivre les morts. Il permet plutôt d’éviter que le récit de l’extermination ne se métamorphose en histoire sans hommes, que le savoir purement historiographique ne dégénère en processus psychologique de mise à l’écart faiblesses sur lesquelles la taraudante menace négationniste ne tarderait pas à planter son drapeau. Mais comment faire droit à cette parole qui, l’âge, la force et le nombre des survivants aidant, se fait de plus en plus ténue et difficile à entendre ? Que deviendront la mémoire et l’histoire de la Shoah quand les témoins auront disparu ? L’université Yale, aux Etats-Unis, et son antenne française, dirigée par Annette Wieviorka, s’occupent activement de recueillir sur cassette vidéo les récits de ceux qui n’ont pas écrit. Souvent ces entretiens filmés sont bouleversants. Mais quelle sera leur diffusion ? Quel sera leur public ?

Un sondage Louis Harris effectué, en octobre 1993, pour l’American Jewish Committee, révélait que 5 % des Français interrogés estimaient “possible que l’extermination des juifs par les nazis n’ait jamais eu lieu” (contre 7 % des Anglais et chiffre inquiétant entre tous, 22 % des Américains). Cependant, 67 % de ces mêmes Français disaient avoir déjà entendu cette affirmation. Il est par ailleurs troublant que seuls 45 % des sondés français s’accordent sur le chiffre approximatif le plus proche de la réalité de 6 millions de victimes juives.

L’impression de surcharge, de déjà vu et de redite produite par les témoignages est trompeuse. Elle ne correspond ni au public, qui demeure, à quelques exceptions près, tristement limité, ni à ce que les éditeurs publient des centaines de manuscrits qu’ils reçoivent. Certains de ces manuscrits, à les entendre, ne possèdent pas les qualités minimales que l’on attend d’un livre commercialisé. Pour beaucoup, l’édition de ce genre d’ouvrages continue à s’apparenter à un acte militant, à la conviction que “la Shoah n’est pas seulement l’affaire des juifs et des fédérations de déportés”, comme l’explique François Gèze, PDG de La Découverte.

Rares sont les témoignages parus récemment dont la diffusion a excédé les mille exemplaires et Si tu t’en sors, de Nadine Heftler, a été considéré comme un assez beau succès avec… 3000 ventes. Encore ce texte, écrit dès le retour de déportation, a-t-il mis près de quarante ans avant d’être accepté par La Découverte.“Le témoignage, résume Nicolas-Jean Sed, directeur littéraire aux Éditions du Cerf, pose un problème éthique insoluble : il y a un droit au témoignage, un droit à ce que cette parole-là accède à l’espace public. En ce domaine, je n’ai pas de politique. Seul commande le devoir de publier. Ici, on ouvre une tribune à l’histoire abyssale de la souffrance humaine, seul lieu où il n’est pas indigne de penser. C’est tout.” Quant aux témoins qui se sentent pressés par le temps et l’offensive négationniste, ils sont écartelés par ce que Nicole Lapierre, directeur de recherche au CNRS (2), nomme l’“aporie du témoignage”. Car ne pas témoigner, c’est risquer de ne pas transmettre, mais témoigner, c’est aussi ajouter au désastreux effet de cumul et inscrire la Shoah dans le périmètre de l’imaginable. La solution consiste-t-elle à trouver des mots neufs ? A inventer ce que certains appellent une”poétique”du témoignage ?

Comme le signale Annette Wieviorka dans Déportation et Génocide, paru chez Plon en 1992, le rescapé français qui veut témoigner est en effet “privé de toute référence”. A l’inverse de la littérature yiddish ou de celle du Goulag,“ce qui frappe c’est (…) l’absence de matrice littéraire, due d’ailleurs à l’étrangeté d’un phénomène, celui du camp de concentration, totalement extérieur à la culture politique et littéraire française”. Charlotte Wardi, professeur de littérature à l’université de Haïfa, elle-même rescapée, dénonce par avance l’esthétisation de la Shoah. Pour cette femme, qui n’a pas voulu témoigner, sinon pour les membres de sa propre famille, la tentation de “faire du beau avec la Shoah” est dangereuse (3). Mais le beau n’est pas la seule définition de l’art, comme le rappelle un extrait de Ravensbrück et ses commandos, d’Elisabeth Will : “Seul un récit qui serait une oeuvre d’art saurait restituer, dans son évocation ramassée et poignante, ce que fut véritablement notre existence en enfer.”

Le débat, qui engage de profondes remises en cause d’ordre esthétique autant qu’éthique, n’est toujours pas clos. Reste que de nombreux témoins tiennent à souligner la précision de leur narration pour en revendiquer le caractère historique.“Je ne suis pas romancière, déclare ainsi Nadine Heftler. Je me suis seulement contentée de me remettre dans les événements, depuis que la Gestapo a frappé à ma porte jusqu’à la fin de la guerre.”

Bien qu’il possède l’absolue légitimité de la souffrance vécue, le récit du déporté demeure pourtant, aux yeux des historiens, l’expression individuelle d’un malheur collectif. Il est susceptible de distorsions, ainsi que le remarque l’historien Raul Hilberg.“Bien que je me sois assez peu servi des témoignages, affirme-t-il, mais ils m’ont fait commettre des erreurs.”

“LA NOTION DE DEVOIR”

La solution se trouve peut-être dans la spécialisation du témoignage, qui rejoint ainsi une des tendances actuelles de l’historiographie de la Shoah. Dans sa préface au livre de Christopher Browning, Des hommes ordinaires, Pierre Vidal-Naquet rapporte la méthodologie de cet historien américain qui a suivi l’itinéraire meurtrier du 101e bataillon de réserve de la police allemande, à une quête de “signes”, de“traces”, de“pistes”, qui apparaissent dans les plus petites cellules d’acteurs du mouvement historique. Le même Browning s’impatiente en s’écriant avec quelque agacement : “Non expliquer n’est pas excuser, comprendre n’est pas pardonner.” En serrant de plus en plus près la diversité des expériences individuelles, en analysant plus particulièrement tel ou tel aspect de la vie concentrationnaire comme ce fut le cas, récemment, pour la Musique à Terezin, de Joza Karas (Gallimard,”Le Messager”, 1993) , le témoignage et l’histoire finissent par se rejoindre pour nous faire entendre cette vérité terrible, qui est encore loin d’être admise, mais à laquelle il faut bien se résoudre : la Shoah n’a pas eu lieu sur une “autre planète”. Des hommes l’ont exécutée, d’autres hommes l’ont subie. Même recherche de l’individuation chez les éditeurs. “Nous privilégions les manuscrits qui apportent quelque chose qu’on ne trouve pas ailleurs”, note Nicolas-Jean Sed. Ainsi de ce récit d’une rafle dans un sanatorium, par Jo Amiel (la Rafle, Cerf, 1993), ou de l’extraordinaire Journal 1940-1942, du journaliste juif Jacques Biélinky, lui-même déporté (Cerf, 1992). Tel est aussi le cas de la Fumée de Birkenau, témoignage qui, outre ses qualités littéraires exceptionnelles, restreint l’objectif sur le Lager des femmes à Auschwitz.

Serge Klarsfeld, lui, privilégie les témoignages et les documents d’époque. Ceux-ci constituent à ses yeux un “appel, au-delà de la mort, de ceux qui n’ont pas survécu”, comme ces lettres expédiées de Fresnes et de Drancy par Louise Jacobson, lycéenne de seize ans, assassinée à Auschwitz. C’est dans ce but que l’association Fils et filles de déportés travaille à l’établissement de la liste des 11 000 enfants juifs français de moins de dix-huit ans qui ne sont pas revenus d’Auschwitz avec, au moins, pour chacun d’entre eux, l’adresse de départ et une photo. Serge Klarsfeld constate, en outre, qu’il existe toutes sortes de témoignages. La déposition de police en est une comme celle de ce capitaine de gendarmerie qui a frappé de sa cravache un enfant de sept ans. Son discours sur la diffusion des livres qu’il édite tranche sur le pessimisme des éditeurs “classiques” (son Mémorial de la déportation des juifs de France a été tiré à 10 000 exemplaires, et le Calendrier de la persécution des Juifs de France, 1940-1944, éphéméride relatant les étapes de la Shoah en France, bourré de photos inédites, de lettres et de documents d’archives, à 3000). Serge Klarsfeld étend la notion de devoir aux lecteurs à qui il incombe, d’après lui, d’aller à la rencontre de ces textes souvent éprouvants.

D’autres récits devraient, avec le temps et surtout avec la fin de la focalisation exclusive sur les attitudes de résistance ou de combat, trouver des oreilles de plus en plus attentives ; ainsi des témoignages de la “zone grise” dont parlait Primo Levi dans son dernier texte, Naufragés et rescapés (Gallimard, 1989). Parus en fragments dans une livraison récente de la revue les Temps modernes (no 550), les souvenirs d’Adam Czerniakow, président du conseil juif du Ghetto de Varsovie, permettent de retrouver la voix de tous ceux qui cherchèrent à retarder la fin de ceux dont ils avaient la charge, au prix d’atroces compromis (Czerniakow finira par mettre fin à ses jours, le 23 juillet 1942, alors que commence la déportation massive des juifs de Varsovie vers le camp d’extermination de Treblinka). Entendra-t-on celle de ce membre de la police juive du ghetto d’Otwock, Calel Perechodnik, qui vient de paraître en Pologne sous le titre Suis-je un meurtrier ? (éditions Karta-Institut d’histoire juive de Pologne) ? De même que l’historiographie d’un événement comme la Shoah remet en question le tranquille précepte que Spinoza livre au philosophe,“ni rire, ni pleurer mais comprendre”, de même le témoignage de la Shoah représente un défi à la littérature, dont il ébranle toute les catégories traditionnelles d’évaluation. Il se tient dans une sphère à part de l’écrit, une sphère dévorante, proposant une expérience limite à la lecture, et au lecteur une relation qui s’apparente à un devoir.

 Raphaëlle Rérolle , Nicolas Weill




du l’usage du cahier de textes

27 01 2010

je vous rappelle que le chahier de texte est en ligne et compte tenu des changements intervenus en cours de SES en classe de premiere ES  le travail est donné sur le cahier de textes à cette adresse

En entrant votre nom ou votre classe puis la matière  par exemple pour les élèves  pemière ES (en cause plus haut ) voila le travail à faire pour ce jour….

c’est à la maison que les élèves devront faire le travail , d’étude de textes .




suite de la conversation de cet après midi

25 01 2010

voila De quoi réfléchir à la conversation que nous avons du écourter cet après midi ….

pour les présents mais aussi pour ceux intéréssés par les problèmes de religion vous pouvez écouter l’émission ou la podcaster  

Laïcité : rupture ou accomplissement du fait religieux ?  
  Depuis quelques années, depuis en réalité l’anniversaire de la loi de 1905, la laïcité est redevenue un point de crispation du débat public. En 2008, les propos du président de la République décrétant la supériorité du prêtre sur l’instituteur, ont déchaîné les passions – et Dieu sait comme elles peuvent être vives en France sur ce sujet.
A l’époque, personne n’a penséà Ferdinand Buisson pour éclairer différemment le débat. En lisant le dernier livre de Vincent Peillon, on se dit que c’était une erreur. Ferdinand Buisson est celui que Jean Baubérot présente ni plus ni moins comme le « théoricien de la laïcité ». Né en 1841, auteur d’un célèbre Dictionnaire de Pédagogie, Ferdinand Buisson prend uneplace éminente dès lors que les républicains s’installent au pouvoir et, en tant qu’inspecteur général de l’instruction publique, travaille avecJules Ferry à la préparation des textes qui vontinstituer l’écolelaïque. Il a également à son palmarès d’avoir été président de la Ligue des Droits de l’Homme et del’Association nationale des Libres penseurs. Et pourtant, nous apprend Vincent Peillon, cet homme-là, cet anticlérical affirmé, a toujours postulé avec forcela nature religieuse de l’homme, une dimension que non seulement la République ne devait pas renier, maisà laquelleelle devait faire droit. Ainsi la laïcité n’était pas, à ses yeux, une rupture avec les religions mais bien plutôt, à travers la sécularisation, leur accomplissement.
Incroyable découverte, ou redécouverte, que ce sens et ce contenu, oubliés, de la laïcité. Il y avait là en effet matière à un livre. Y a-t-il pour autant dans l’œuvre de Buisson de quoi saisir le monded’aujourd’hui ? L’oubli dans lequel elleest tombée n’est-il pas la simple rançon deson obsolescence ?