Comment lutter contre la pauvreté… aux États-Unis ?

Reprenons ici l’excellente question d’Antoine (encore ?!) : est-il vrai que un américain sur huit vit sous le seuil de pauvreté ? Que proposent les démocrates et les républicains pour lutter contre cette pauvreté ?

Tout d’abord, oui, c’est vrai, aux Etats-Unis, près d’un habitant sur huit vit au-dessous du seuil de pauvreté, soit 36,5 millions de personnes en 2006 (dernier chiffre donné par le U.S Census Bureau). Mais il faut remarquer que ce taux de pauvreté a légèrement reculé, pour la première fois depuis dix ans, à 12,3% de la population en 2006 contre 12,6% l’année d’avant (37 millions de pauvres). Mais dans le même temps, le nombre de personnes vivant sans assurance médicale a augmenté, atteignant 47 millions en 2006 soit 15,8% de la population contre 44,8 millions en 2005 (15,3%). Et c’est surtout sur ce point que démocrates et républicains s’opposent : le système d’assurance maladie.

 

Pour être, une fois encore, très schématique, disons que les Républicains ne croient pas à l’État providence qui aide tout à chacun. Pour eux, l’initiative privée prime avant tout. S’ils ne stigmatisent pas complètement l’initiative privée (on est tout de même aux États-Unis), les Démocrates tentent régulièrement de poser la question du rôle de l’État : doit-il s’occuper plus directement des citoyens ? Lorsque Bill Clinton était président (1993-2001), son épouse (alors proche conseillère) avait déjà proposé, en coulisses, de l’aider à mettre sur pieds un véritable système de santé, en s’inspirant du modèle européen. C’était pour elle une première étape pour traiter la pauvreté dans le pays. Ce fut un échec.

Dire aujourd’hui quelles seront les grandes orientations que LE candidat démocrate et LE candidat républicain défendra est un peu tôt… Chaque candidat à l’investiture à ses idées et c’est à son parti de les approuver ou non. Par exemple, hier soir mardi 26 février, les deux prétendants à l’investiture démocrate ont affiché leurs différences sur presque tous les sujets, à l’occasion de leur dernier débat télévisé sur la chaîne NBC avant les primaires du Texas et de l’Ohio.

 

Les deux candidats se sont mutuellement accusés de déformer, voire de falsifier leurs propositions. « Le sénateur Obama a dit constamment que j’obligerai les gens à souscrire une assurance-maladie qu’ils puissent se le permettre ou pas. Ce n’est pas vrai », a dit Mme Clinton. La sénatrice de New York affirme que le plan d’assurance-maladie de M. Obama laisserait quinze millions de personnes sur le carreau : « Je conteste cela. Je pense que ce n’est pas fondé », a répliqué le candidat. Nous n’en saurons pas plus pour le moment. Les idées sont en phase de présentation.

Pour en savoir un peu plus sur ce dernier débat, voir l’article que le journal Le Monde lui a consacré. Je vous conseille l’extrait vidéo qui vous y est proposée. En V.O, certes, mais bon… Cela ne peut que vous faire du bien !

  6 comments for “Comment lutter contre la pauvreté… aux États-Unis ?

  1. Yaqine (3eB)
    27 février 2008 at 19:25

    Pourquoi les deux candidats démocrates s’affrontent-ils d’une manière aussi violente devant les médias ? Franchement, ça fait pas sérieux…

  2. 27 février 2008 at 19:45

    Tout simplement parce que les résultats sont très serrés et que les candidats sont passionnés… Et que devant les caméras, on doit être combatif, sinon, on perd ! C’est la loi du genre ou de l’image, comme tu veux…

  3. Joelle
    5 mars 2008 at 00:37

    C’est très bien ce que vous faites avec votre Blog.
    Je vous dis bonne continuation et bon courage.
    Une collègue
    Joëlle

  4. 5 mars 2008 at 01:56

    Merci beaucoup Joëlle pour vos encouragements. Bonne lecture à vous !

  5. Juliette
    19 janvier 2009 at 14:34

    La main d’œuvre américaine avec l’immigration est pourtant des plus flexibles (certains migrants cumulent 2 emplois, d’autres exécutent des tâches subalternes mal-rétribuées), je ne comprends pas pourquoi la pauvreté est aussi forte.

  6. 19 janvier 2009 at 18:52

    Flexibilité ne signifie pas forcément plein emploi. Au contraire, cela rime parfois avec précarité, car la flexibilité fonctionne dans les deux sens, côté employé ET patron…

Laisser un commentaire