A.Biget – Une pratique de la pédagogie de groupe dans l’enseignement instrumental

Posted by on 7 juillet 2016

Une pratique de la pédagogie de groupe dans l’enseignement instrumental
Arlette Biget

Au sein de cet ouvrage, Arlette Biget commence par nous expliquer les motivations qui l’ont poussée à se tourner vers la pédagogie de groupe. Les raisons sont diverses et à mon sens tout à fait compréhensibles par une grande majorité des professeurs d’instrument. Tout d’abord dans le but de casser la routine qu’impose un cours individuel, mais surtout, et c’est là où insiste A. Biget, c’est sur la durée des cours individuels. En effet, pour elle, le cours individuel est une course au temps, il n’y a pas d’échange, aucune compréhension et aucun développement de la personnalité de l’élève.
Une fois les cours collectifs amorcés, les points essentiels d’un cours de musique émergent enfin : l’écoute, l’ouverture, la responsabilité. Le professeur n’est plus le seul modèle, les références sont multipliées tout comme l’audience, les gens pour qui les élèves vont interpréter leurs morceaux. Enfin les échanges se créent et les cours se suivent mais ne se ressemblent pas.

L’une des premières règles est que malgré le fait qu’il y ait un groupe d’élèves, il faut faire en sorte que le cours s’adresse à chacun, que le cours soit utile à chaque personnalité, à chaque individualité.

Pour la constitution d’un groupe, A. Biget préconise un effectif idéal de 3 élèves. Au sein d’un groupe de trois élèves il y aura systématiquement un élève plus fort que les deux autres. L’élève le plus doué stimulera les deux autres et cela apportera de la vie au groupe. Enfin et surtout, à la différence avec un groupe de deux, il y aura moins de rivalité, moins d’affrontement voire de lassitude. Il est suggéré que le groupe devra être composé d’enfants du même âge avec des personnalités différentes. La durée d’un cours collectif ne change pas par rapport aux cours individuels, les durées s’additionnent, ce qui offre plus de temps à tous et plus de contenu pour chaque élève.

A.Biget nous parle aussi des jeux dans les cours collectifs. Il y a 4 types de jeux : les jeux de compétitions, les jeux de chances, les jeux de simulacre (ou d’imitation) et les jeux de vertiges (résistance, vitesse..). Ces quatre types de jeux, et les jeux en général, permettent de stimuler le groupe. Ils permettent également, s’il y a alternance des type de jeux, de faire en sorte que ça ne soit pas toujours les mêmes qui gagnent. Par exemple, si l’élève le moins « avancé » du groupe gagne à un jeu de chance ou de vertige, il y trouvera satisfaction et stimulera peut-être une future progression. Cette progression générant une nouvelle stimulation pour l’élève qui se sentait le plus à l’aise…

À partir du 3e cycle, le groupe peut se permettre d’être plus important car le professeur connaît mieux ses élèves, les différentes personnalités mais également car les élèves se sentent plus concernés. À ce niveau, les cours collectifs permettront une meilleure acquisition d’une sonorité adaptée à sa propre personnalité, sa propre interprétation, et les comparaisons seront les bienvenues. Le travail en groupe permettra également aux élèves, avec une bonne répartition, de travailler ou simplement d’avoir entendu une sonate en entier, ou encore tout un recueil de pièces. À l’inverse, il sera aussi de possible de varier les répertoires et d’offrir à chacun de meilleures connaissances des styles et des différentes esthétiques. Malgré tout, les cours collectifs à ce niveau pourront être alternés plus régulièrement avec des cours individuels car l’élève pourra en sentir la nécessité mais également car le professeur ou l’élève voudra cibler et travailler de manière plus approfondie une difficulté ciblée. Pour des grands élèves et les plus intéressés, cela permettra, en quelques sortes, de les initier au métier de professeur de musique.

Enfin, dans les cours collectifs l’oreille est nettement plus sollicitée que dans les cours individuels. La pédagogie de groupe permet d’accélérer et de diversifier l’apprentissage des rythmes comme des dynamiques, des nuances, des différents timbres, des diverses interprétations possibles.

Pour conclure selon Arlette Biget et Claude-Henry Joubert, la pédagogie de groupe n’est pas une obligation et il n’y a pas une méthode, il y a notre méthode. Cependant les cours collectifs réuniront 4 activités essentiels à la réussite d’un cours de musique :
-écouter le professeur (sur des conseils techniques..),
-jouer devant les autres et pour les autres,
-écouter activement permettant l’observation, la compréhension, la découverte
-échanger, débattre, se forger une opinion, une conception, aiguiser son sens critique.

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