Un livre de G. Pigead de Gubert, édité chez Ellipses,
trés instructif, intéressant et de qualité!
Son principe est de faire une leçon sur quelques notions du programme de terminale à partir d’un sujet de dissertation bien choisis, et cela en adoptant dans un I une position, pour ensuite la renverser ou en montrer les limites en II.
Cela permet de voir ce qui est attendu dans le I et le II d’une dissertation et comment on passe d’un point de vue à un autre sans pour autant se contredire. Une démonstration qu’on n’est pas condamné à une thèse/antithèse stérile et contradictoire.
Les sujets traités sont – qu’est-ce que c’est que ça la philosophie? – la raison éclaire-t-elle le réel? – l’existence dans le temps remet-elle en cause l’dentité du sujet? – nier la liberté est-ce fuir sa responsabilité? – la culture donne-t-elle naissance à un monde humain? – le vivant peut-il être objet de pensée?Il y a aussi quelques éléments méthodologiques : l’idée que le devoir peut suivre 2 voies pour passaer d’une réponse 1 à une réponse 2:
1. soit partir d’une Réponse 1 en I pour montrer ses obscurités en II : cette clarification amenant à préférer une réponse 2 plus solide : il s’agit de montrer que la réponse 1 n’était finalement adoptée que par paresse, facilité, d’où une philosophie du clair , associé à Leibniz pour qui on ne peut juger sans avoir tout examiner, pour qui on ne peut donc se dispenser de l’effort de penser.
2. soit partir d’une réponse 1 en I et montrer que sa clarté n’est qu’ apparente en II, qu’en somme elle n’avait été adoptée que par peur d’une réponse 2, plus difficle à admmettre. Il s’agit donc de montrer les obscurités profondes en II de la réponse 1 , d’où une philosophie de l’obscur, d’inspiration nietzschéenne, Nietzsche voyant dans le besoin de clarté, un instinct de peur, amenant à réduire les obscurités du réel à une simplicité rassurante au lieu d’affronter la compléxité et l’obscurité du réel.
( c’est donc un plan en 2 parties qui est proposé! Ce qui peut être trés discutable. On peut y préférer un plan en 3 parties sans pour autant tomber sous le joug hégélien et réduire par là le III à une simple synthèse. Il me semble en trois parties permet de bien distinguer en I la R1, en II ses limites pour exposer en III, la R2 résultat de son dépassement par la clarification ou l’acceptation de l’obscur. Cela permet aussi peut-être d’aller encore plus loin en III en analysant les problèmes sous-jacents au problème posé, ce que j’appelle, le ou les présupposés!)
Ceci, c’est selon la seconde voie que la plupart des leçons sont construites ( sauf la 4).
Ce livre défend donc un droit à l’obscur sans obscurantisme! Il est trés nietzschéen et par là trés vivifiant!