les liens avec la crise de 29…Avec la crise, les théories keynésiennes sont remises au goût du jour

18 10 2011

là un article de la Dépeche 

Avec la crise, les théories keynésiennes sont remises au goût du jour

Réguler le capitalisme sans porter atteinte à l’autonomie de l’entreprise privée et refuser l’idée que les marchés s’autorégulent, tel est le credo de Keynes, l’un des penseurs économiques les plus influents du XXe siècle, auteur de la « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie ».

« Keynes a bâti sa théorie en partant de l’hypothèse que les marchés dysfonctionnaient et que le dysfonctionnement des marchés impliquait, pour que l’économie capitaliste puisse tenir debout, une intervention publique », selon Jean-Paul Fitoussi, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

« Or, ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’on a un dysfonctionnement majeur des marchés » et que cela « a amené naturellement à une intervention publique qui a été massive », constate l’économiste.

Pour Keynes, dans un contexte de crise, l’Etat doit adopter une politique monétaire avec injection de liquidités et baisse des taux d’intérêt.

Il doit aussi relancer la demande grâce en particulier à un accroissement des investissements publics et la redistribution des revenus au profit des classes aux ressources les moins élevées.

Des recettes qui reviennent en vogue dans les cabinets ministériels: le ministre des Finances britannique Alistair Darling a indiqué dimanche que la Grande-Bretagne allait augmenter ses dépenses publiques, suggérant le choix d’une approche keynésienne, en engageant des projets de grande envergure notamment dans le logement, l’énergie et les petites et moyennes entreprises.

Toutefois, pour Edwin Le Héron, président de l’Association pour le développement des études keynésiennes, toute relance conjoncturelle « part dans le vide ».

« Il faut séparer deux choses, souligne-t-il. Il y a d’une part un certain nombre de personnes qui disent qu’il faut re-réguler le capitalisme, qu’il faut changer la structure du capitalisme (…). Il y en a d’autres qui disent qu’il y a une politique de relance de l’économie réelle, avec des plans de relance conjoncturelle ».

« Les deux peuvent apparaître comme des idées keynésiennes », mais « j’ai tendance à penser que ce qui me semble keynésien, c’est une refonte structurelle du capitalisme », estime-t-il.

L’annonce de la réunion d’une série de sommets pour élaborer et appliquer les réformes du système financier international va dans ce sens. Mais « la fenêtre est très étroite » selon M. Le Héron, qui souligne les réticences des Américains à réformer un système issu des accords de Bretton Woods de 1944 et qui étaient centrés sur le modèle américain.

Plus optimiste, M. Fitoussi juge que « tous les pays actuellement sont à la recherche de bonne régulation, parce que la crise n’a épargné » personne. Si tout le monde a ressenti l’urgence de la régulation, tous ne sont pas d’accord sur ses modalités, note-t-il, faisant notamment allusion aux pays européens.

« In fine l’Europe a été capable de s’accorder sur un plan, la zone euro, et l’UE ensuite a été capable de s’accorder sur un plan global de sauvetage du système financier », rappelle M. Fitoussi. »Cela implique que peut-être les pays européens pourraient s’accorder sur un plan global de régulation des marchés », estime-t-il.




le diplome ‘arme des faibles ‘?

23 10 2010

thème  du rapport entre études et emploi

ce qui donne le titre a cet article est cet article là :

http://www.democratisation-scolaire.fr/spip.php?article72&PHPSESSID=b08ed2bcc9a18fc1e046872c0bfeae90

Le livre est publié dans la collection dirigée par J.P. Terrail aux éditions La Dispute. Il se situe dans un courant qui insiste sur l’importance du rapport aux savoirs des élèves et notamment dans l’accès à la culture écrite (Terrail, Rochex et Bautier sont souvent cités dans le livre). Il insiste sur l’importance de l’école pour les élèves qui n’ont que l’école pour accéder aux savoirs. Il rappelle aussi (page 76) que de nombreux travaux sociologiques remettent en cause le thème de la « démission parentale » qui est pourtant un élément important du sens commun des enseignants.

Poullaouec remet en cause la thèse du « handicap socio-culturel » et il rappelle que cette thèse « disculpe par avance l’institution scolaire de toute responsabilité dans la genèse des inégalités scolaires » (p. 87). Il lui oppose cette citation de P. Bourdieu « En omettant de donner à tous, par une éducation méthodique, ce que certains doivent à leur milieu familial, l’école sanctionne donc des inégalités qu’elle seule pourrait réduire ».

Le livre souligne aussi l’importance de l’enseignement secondaire en ce qui concerne la réussite ultérieure. En ce sens on peut dire que si l’enseignement secondaire n’est pas une propédeutique à l’enseignement supérieur, il aggrave les inégalités sociales :

« Une fois à l’université, la réussite des bacheliers ne dépend plus que de la qualité de leurs parcours antérieurs : si beaucoup d’étudiants d’origine ouvrière échouent en premier cycle universitaire, c’est avant tout parce que leur scolarité dans le secondaire ne leur a pas permis d’obtenir un bac général dans de bonnes conditions » (p. 55)
Ce livre prend donc à contrepied les critiques post-modernes ou « artistes » de l’école. Ces critiques qui dénoncent les savoirs, les apprentissages méthodiques, les disciplines scolaires. Et ce livre rappelle opportunément que pour les faibles (c’est-à-dire les victimes de la domination économique, sociale et culturelle) l’école est ou pourrait être, une composante de l’émancipation. A condition qu’elle se consacre à sa mission, conduire les élèves à réaliser des apprentissages, à s’approprier des savoirs.

d’autres articles sur ce thème  du rapport entre études et emploi

un article important d’INSEE première  en format pdf là …>

Diplômes et emploi IP1313 oct 2010 (2)

et enfin cet article  de Daniel Martinelli, Corinne Prost, division Emploi, Insee   Le domaine d’études est déterminantpour les débuts de carrière

Résumé

Le devenir professionnel des jeunes est lié à leur niveau de diplôme mais dépend aussi beaucoup de leur spécialité de formation. Ainsi, les jeunes titulaires de CAP et de BEP de la production s’insèrent mieux que certains diplômés du supérieur. De même, les titulaires de DUT-BTS industriels ont souvent des débuts de carrière plus favorables que les titulaires de masters en lettres et sciences humaines. Pour les niveaux de diplôme allant des CAP-BEP aux DUT-BTS, les spécialités des services débouchent souvent sur des segments saturés du marché du travail, alors que les formations en mécanique, électricité ou informatique sont très prisées par les entreprises.

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EXTRAITS :

Le diplôme reste une protection forte contre le chômage

En moyenne, sur la période 2003 – 2009, les titulaires d’un doctorat de santé ayant terminé leurs études depuis moins de onze ans, ont un taux de chômage moyen de 2 % (tableau). Leur salaire net mensuel médian est supérieur à 2 500 euros (toutes primes comprises en euros 2009). À l’autre extrémité, se trouvent les jeunes les plus pénalisés, ceux qui n’ont aucun diplôme. 23 % d’entre eux ne sont pas présents sur le marché du travail. 31 % des jeunes actifs sans diplôme sont au chômage et le salaire médian de ceux qui travaillent est proche de 1 100 euros. Ces situations illustrent le rôle protecteur que joue le diplôme face au chômage.

Certains masters conduisent au même taux de chômage qu’un Bac professionnel

« Certains diplômés du supérieur ont des taux de chômage plus élevés (entre 9 et 15 %), comparables à ceux des bacheliers professionnels. Toutefois, ces diplômés du supérieur occupent des emplois relativement qualifiés. Il s’agit des diplômés des IUT et des STS de commerce, communication, hôtellerie et tourisme, des titulaires de licences en sciences humaines et sociales, de licences tertiaires et de masters en lettres, sciences humaines, communication et services aux personnes. Parmi ces titulaires de masters, le tiers des diplômés en sociologie, psychologie et arts occupent des emplois à temps partiel et, parmi eux, près de 40 % souhaiteraient travailler davantage. Les titulaires de Deug en lettres et sciences humaines ont pour leur part des débuts mitigés. Avec un salaire médian de 1 300 euros et un taux de chômage de 15 %, leur situation est  comparable à celle des titulaires de CAP ou BEP de la production. »

Secteurs porteurs

Le taux de chômage des diplômés des écoles d’ingénieurs et de commerce et des docteurs en sciences est faible (entre 4 et 7 %) tandis que leur salaire médian est supérieur à 2 300 euros.

« Pour leur part, les diplômés des écoles de commerce ont une formation plus généraliste mais des débuts de carrière tout aussi favorables. Ils accèdent à des emplois de cadres dans des secteurs très variés. Ces diplômés travaillent notamment dans l’industrie (21 %), le commerce (19 %), les activités financières ou immobilières (21 %) et dans le conseil et l’assistance aux entreprises (22 %). » Leur salaire médian est de 2570 euros en 2009.

Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1313/ip1313.xls le tableau est ci-dessous …

Les titulaires de CAP, BEP et bac pro de la production ont souvent un devenir plus favorable que ceux des services

 
                 
Indicateurs

 

Diplôme et spécialité de formation

Part

des femmes parmi les actifs (en %)

Situation vis à vis de l’emploi

       
      Taux de chômage BIT

(en %)

Part d’emplois à temps partiel

(en %)

Part des cadres

(en %)

Part des professions intermédiaires*

(en %)

Salaire médian* (en euros 2009)

Non diplômés, CEP, brevet des collèges*

37

31

19

1

10

1130

 
CAP, BEP et équivalents

- Agriculture, pêche, forêt, espaces verts

20

13

11

1

6

1 220

 
  - Agro-alimentaire, cuisine

17

14

9

0

5

1 240

 
  - Génie civil, construction, bois

2

15

2

1

5

1 280

 
  - Textile, habillement, cuir

58

27

19

.

3

1080

 
  - Mécanique

2

14

4

0

9

1 290

 
  - Electricité, électronique

3

15

6

1

13

1 300

 
  - Autres spécialités de la production

14

15

8

1

11

1 320

 
  - Commerce, vente

70

24

30

1

7

1060

 
  - Finances, comptabilité, gestion

55

23

22

0

9

1140

 
  - Secrétariat, communication

85

25

28

1

13

1100

 
  - Accueil, hôtellerie, tourisme

64

23

25

1

11

1100

 
  - Coiffure, esthétique

92

20

24

0

3

1040

 
  - Autres spécialités des services

81

17

27

0

10

1150

 
  - Ensemble CAP, BEP et équivalent

37

18

14

1

8

1200

 
Diplôme paramédical et social de niveau CAP-BEP (notamment aides-soignantes)

93

6

15

0

2

1350

 
Bac général*

  55

13

18

9

28

1290

 
Bac technologique*

55

13

17

2

22

1250

 
Bac professionnel et équivalents

- Agriculture, pêche, forêt, espaces verts

22

6

9

1

9

1190

 
  - Agro-alimentaire, cuisine

20

8

4

1

14

1320

 
  - Génie civil, construction, bois

6

5

2

2

14

1370

 
  - Mécanique

2

7

2

1

23

1400

 
  - Electricité, électronique

2

9

2

2

30

1410

 
  - Autres spécialités de la production

7

5

1

1

23

1440

 
  - Commerce, vente

61

15

21

3

20

1140

 
  - Finances, comptabilité, gestion

66

14

20

1

15

1200

 
  - Secrétariat, communication

87

20

23

2

16

1170

 
  - Accueil, hôtellerie, tourisme

55

12

21

1

24

1170

 
  - Coiffure, esthétique

92

8

15

0

5

1100

 
  - Autres spécialités des services

70

10

20

2

45

1210

 
  - Ensemble bac professionnel

39

11

11

1

20

1270

 
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les français sont usés JP Delevoye médiateur de la République

23 02 2010

Les français sont usés de partout dans tous les compartiments de leur vie

«Avant, on était crevés au boulot. Maintenant, on est usés partout, tendus tout le temps, dans tous les compartiments de la vie». Ainsi parle le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, qui remettait ce mardi son rapport annuel . Il dresse un tableau plutôt sombre de la société, que l’on peut résumer ainsi : les Français sont «fatigués psychiquement».

Marre de «la jungle administrative», des galères invraisemblables pour renouveler ses papiers d’identité pour les Français nés à l’étranger. Ou pour faire «simplement» corriger une erreur de l’administration… Le nombre d’affaires transmises au médiateur de la République est en nette progression, +16% par rapport à 2008. Sur les 75 000 réclamations reçues l’année dernière, un peu plus de la moitié ont été traitées, les autres ne relevant pour la plupart pas du champ de compétences de l’institution, à savoir les relations entre usagers et administrations publiques.

«Il faut absolument restaurer le droit à l’erreur pour les agents de la fonction publique»

Dans son rapport, Jean-Paul Delevoye regrette notamment un accueil de plus en plus dépersonnalisé et informatisé dans les services publics. «Quand vous appelez, et qu’on vous dit tapez un, deux ou trois… Cela alimente la colère et le sentiment d’injustice…» De la même manière, les agents manquent souvent de tact et pédagogie pour répondre aux administrés. Comme cette jeune femme qui se serait entendu dire par son médecin:«Votre bébé est mort mais vous êtes assez jeune pour en faire un autre.»

Ou cette autre maman, paniquée, qui amène son enfant aux urgences en pleine nuit pour une crise d’asthme. Et à qui l’hôtesse d’accueil aurait balancé: «Quoi, vous n’avez pas pris les papiers d’identité de votre enfant ? Vous auriez dû y penser, c’est  pas comme ça qu’on va lutter contre le trou de la sécu…» Manque de tact, incompétence ? Jean-Paul Delevoye avance deux éléments d’explication. «On apprend aujourd’hui à être de bons techniciens mais pas à être des dialoguistes, à avoir de l’empathie.»Deuxième problème : les administrations «se couvrent» de plus en plus derrière des procédures informatisées ou des réponses elliptiques pour éviter les procès. «Il faut absolument restaurer le droit à l’erreur pour les agents de la fonction publique, qu’il puisse agir en bonne foi», insiste le médiateur.

En poste depuis 2004, Jean-Paul Delevoye remettait cette année son dernier rapport en tant que médiateur de la République. Ce poste, créé en 1973, sera remplacé dans les prochains mois par un nouveau statut, «Défenseur des droits», dont les contours n’ont pas encore été définis par la loi. «Cet ombudsman à la française nécessite une loi organique et fera l’objet d’un débat parlementaire cette année.» Jean-Paul Delevoye prône «une autorité forte et indépendante», en mesure par exemple de se rendre de façon inopinée dans les administrations pour réclamer des réponses. «Xavier Darcos a publié un classement des entreprises engageant des négociations sur le stress au travail, on pourrait faire pareil pour les administrations qui répondent ou pas…»




le stress, au travail une suite d’articles de ce jour dans le Monde

18 02 2010

Un rapport remis, mercredi 17 février, à François Fillon souligne la responsabilité des dirigeants d’entreprise face au stress des salariés et préconise de modifier à la marge leur mode de rémunération en intégrant la prise en compte de la santé de ces derniers. Le même document propose aussi de réformer l’enseignement dans les écoles de commerce et d’ingénieurs, où la formation dans ce domaine « est extrêmement pauvre », a déploré l’un des auteurs du rapport, Muriel Pénicaud, directrice générale des ressources humaines chez Danone.

« La responsabilité sociale des entreprises est d’abord celle de ses dirigeants », a souligné le premier ministre lors d’un point presse à Matignon, promettant que ce rapport serait débattu au sein du Conseil d’orientation sur les conditions de travail afin de contribuer au plan santé travail 2010-2014, qui doit être adopté en mars.

Parmi ses principales préconisations, le texte suggère que « la performance économique » ne soit plus le seul critère d’attribution de la rémunération variable des dirigeants. « La performance sociale doit aussi être prise en compte, incluant notamment des indicateurs de santé, de sécurité et de conditions de travail », soulignent ses auteurs. Le document préconise aussi que les conseils d’administration des entreprises se penchent annuellement sur cette question lors d’un rendez-vous consacré à la santé de leurs salariés.
 

UN « PROBLÈME DE MANAGEMENT »

« Le problème de santé n’est pas un problème de la médecine du travail, c’est un problème de management », a insisté l’un des auteurs du rapport, Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric. Le troisième membre de la mission, le vice-président du conseil économique, social et environnemental Christian Larose, a jugé « consternant » l’accueil que leur ont réservé les organisations patronales. Au sein de celles-ci, « on ne veut pas bouger sur ces sujets, et on trouve toutes les raisons du monde pour dire que la question de la santé au travail n’est qu’une mode », a-t-il déploré.

Alors qu’une série de suicides a récemment remis la souffrance des salariés au cœur de l’actualité, notamment à France Télécom, le gouvernement s’apprête à mettre en ligne sur Internet des listes des entreprises de plus de 1 000 salariés classées en trois catégories, en fonction de leurs efforts dans la prévention du stress.

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Après une série de suicides à France Télécom, le ministre du travail, Xavier Darcos, avait lancé, en octobre 2008, un plan national d’urgence pour la prévention du stress professionnel incitant les quelque 1 500 entreprises françaises de plus de 1 000 salariés à engager avant le 1er février des négociations ou des démarches sur le stress au travail.

Le ministère a donc mis en ligne, jeudi 18 février, sur le site consacré à « la santé et la sécurité au travail » Travailler-mieux.gouv.fr, les listes des entreprises classées en fonction de leurs efforts dans la prise en charge du stress.

Les entreprises se répartissent entre trois catégories : « vert » (celles qui ont déclaré avoir signé un accord de fond ou de méthode), « orange » (celles qui ont engagé une ou plusieurs réunions de négociations ou de discussions) et « rouge » (celles qui n’ont rien entrepris ou n’ont pas répondu au questionnaire soumis par le ministère). Les deux premières catégories comptent 900 entreprises (respectivement 55 % et 33 %), 600 n’ont pas répondu et sont automatiquement classées dans « rouge ».

Dans la catégorie « orange », la plus mystérieuse, se situent France Télécom, Décathlon, Sony France, Mars Chocolat, ou encore Sephora.

Pour Jenny Urbina, déléguée générale CGT chez Sephora, la couleur orange n’est due qu’à l’urgence dans laquelle s’est retrouvée la direction. Selon elle, il n’était pas possible de signer les accords : absence de médecin du travail, documents élaborés « à la va-vite ». A ses yeux, les projets d’accords transmis étaient « scandaleux ». Pas de médecins ni d’enquête en interne. Or les problèmes semblent nombreux : sous-effectifs, horaires difficiles, vie personnelle et familiale négligée. Et « chez Sephora, nous avons 90 % de femmes », précise-t-elle.

 

La démarche aura donc évité au géant de la parfumerie de se retrouver dans le rouge, prouvant, grâce à deux réunions, qu’un accord est en cours d’élaboration. « Ils ont juste limité la casse », conclut-elle.

Pour Jean-Claude Delgènes, DG de Technologia, qui a mis au point le questionnaire destiné aux entreprises, la couleur rouge est très dissuasive. Les tribunaux seront sans pitié pour les entreprises traînées au pénal, les partenaires sociaux ne laisseront rien passer et les candidats à l’embauche exigeront des garanties.

En ce qui concerne les entreprises à propos desquelles un professeur aurait dit « peut mieux faire » (les classées « orange »), elles sont inscrites dans une dynamique, explique M. Delgènes. « La dynamique respecte le rythme propre aux entreprises. Elle s’inscrit dans le long terme. » Même chose si l’entreprise a les honneurs du vert ; elle ne devra pas pour autant se reposer sur ses lauriers. Si les partenaires sociaux montent au créneau, elle pourra très bien retomber dans l’orange, ou dans le rouge. Une stratégie du « name and shame » (« nommer et faire honte »), explique Xavier Darcos dans Paris Match, qui « a des conséquences sur leur image ». Le bonnet d’âne n’est pas loin.

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Le stress et l’avenir d’une illusion, par Didier Toussaint

Le 1er février, la lutte contre le stress en France aura sa date anniversaire. Le ministère du travail enjoint toute entreprise de plus de 1 000 salariés d’entamer des négociations avec les partenaires sociaux sur le sujet avant cette échéance.

On ne peut que se réjouir de la prise de conscience à l’endroit de ce fléau bien réel. Mais entre le constat et le diagnostic, il y a un gouffre. A une époque où l’efficience est devenue une religion, on a pris l’habitude de confondre le moyen d’action avec la fin. Or, il faut bien le dire, devant l’inflation de dispositifs censés détecter les risques psycho-sociaux sous forme d’observatoires ou d’indices en tous genres, le diagnostic sur le stress semble quelque peu bâclé. Trois mythes, en particulier, doivent être dissipés.

Le premier d’entre eux est celui du management. On ne cesse d’associer stress et harcèlement, et de voir une cause dans un soi-disant style de management. L’apparence des faits légitime cette analyse, leur réalité l’infirme. Le stress est un symptôme mondial. Les causes en sont connues ; pression exercée sur les salariés au nom de la rentabilité, mondialisation, chômage, sans oublier les sollicitations permanentes d’un temps réel rythmé par les technologies de l’information et de la communication.

Ce qui cesse d’être mondial parce que propre à la France, c’est le thème de la souffrance au travail, popularisé par Christophe Dejours il y a déjà dix ans. La conversion du stress en souffrance est un symptôme national dont la mise en scène s’organise autour d’un pouvoir soupçonné de harcèlement volontaire et d’une victime que cette souffrance pousserait au suicide. Il y a chez nous ce réflexe largement partagé consistant à mettre en accusation des personnes, là où dans des pays comme ceux de l’Europe du Nord, on a conscience que dans un monde qui change très vite, ce sont les structures qui doivent s’adapter en premier. Dans un pays où l’on est convaincu que l’enfer c’est les autres, l’action collective est plus volontiers envisagée sous l’angle d’un huis clos infernal entre personnes que sous son aspect institutionnel.

Le deuxième mythe sur le stress est la question de son coût. On ne cesse d’avancer que l’absentéisme et le manque d’efficacité sont un coût économique, comme si la lutte contre le mal n’allait pas de soi et devait être justifiée. Or, en matière de coût il est préférable de raisonner sur des soldes que sur des postes isolés. L’économie du stress est malheureusement globalement positive, son coût apparent étant largement compensé et dépassé par ses bénéfices. Il suffit pour s’en rendre compte de voir comment un titre s’apprécie en Bourse sur simple annonce d’un plan de licenciement. Tout indique aujourd’hui, dans la vie des affaires, que ce qui pour les personnes est facteur de stress sera pour certaines institutions financières une source de bénéfice dans des proportions qui demeurent largement favorables aux secondes. Il faut voir les choses en face ; ce qui est un coût pour elles, c’est la ressource humaine en tant que telle, et non sa souffrance.

Dernier mythe enfin, celui d’une corrélation entre l’épanouissement des salariés et la rentabilité de l’entreprise. On entend souvent dire qu’une entreprise n’est performante que si ses salariés sont heureux. L’expérience indique systématiquement le contraire. Les exemples ne manquent pas. Renault, à l’ambiance chroniquement tendue depuis l’origine, est le seul des deux survivants français d’un secteur automobile qui comptait plus de cent acteurs au début du XXe siècle. Qui veut croire aujourd’hui qu’Apple, Wall-Mart ou Toyota sont des havres de bonheur ? On ne conteste pas en revanche leur place de leaders.

Il est important de ne pas se tromper de cible. On cherche à mesurer ce qui, au fond, relève de phénomènes à la fois culturels et inconscients. Ce n’est pas seulement en quantifiant les suicides et les risques qui les induisent qu’on parviendra à contenir le mal, même si la démarche est fort utile. Chiffrer, c’est constater, c’est s’en remettre une fois de plus à ce que Robert Musil qualifiait d’arrogant langage des mathématiques. Démonter les mécanismes institués produisant de la souffrance appelle un autre type de langage, celui qui privilégie le sens des faits par rapport à leur mesure.

En France, ce n’est pas tant le stress qui génère de la souffrance que la misère institutionnelle de nos entreprises qui livrent les individus en pâture à des remèdes dont l’apparence technique, sous forme de sondages, questionnaires et formation au management, suffit à les rendre légitimes. Ce sont là des applications maladroites de pratiques anglo-saxonnes qui n’ont de sens que dans leur contexte culturel d’origine. Le choix des moyens présuppose une certaine conscience des fins.

Didier Toussaint est consultant DIT et co-auteur de Vers un autre monde économique (ouvrage collectif), éd. Descartes & Cie, Paris, 2009.

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Démocratie, travail et suicide ou Ce que travailler veut dire, par Isabelle Ferreras

Les nouvelles sont mauvaises. L’entreprise devient un lieu où l’on se suicide. Progressivement, depuis les années 1990, le phénomène prend de l’ampleur. Renault, PSA, EDF, Areva, Thalès, enfin, France Télécom. Ouvriers, employés, cadres, leur geste de désespoir ultime jette les directions dans l’incompréhension. Le capitalisme aimait croire que les facteurs de production étaient ajustables et souples – flexibles – à souhait. Vraisemblablement, tout comme la planète, l’humain aussi a ses limites. 

Comment comprendre le suicide lié au travail ? Incontestablement, le travail, aujourd’hui, mobilise intensément les attentes des individus. Il importe de comprendre ce que l’expérience du travail représente aux yeux des individus, pour comprendre ce qui peut les pousser à aller si loin. Au contraire de la psychologisation ambiante des enjeux, ce sont des réponses en termes politiques et institutionnels qu’il faut apporter. Pour y parvenir, il faut comprendre ce que représente l’expérience du travail pour celui qui travaille. C’est pourquoi l’analyse du travail se trouve directement au cœur de la réponse à donner au « problème du travail », dont le suicide n’est que le symptôme, le plus frappant et le plus dramatique.

A l’heure où 70 % des emplois relèvent du secteur tertiaire, qu’est-ce donc que le travail dans nos sociétés démocratiques avancées ? Trois dimensions principales le caractérisent : l’expérience du travail est expressive, publique et, au fond, politique. On observe en effet aujourd’hui que le rapport au travail est de l’ordre du sens, de l’expressivité. Contredisant le postulat de la théorie économique qui présuppose un rapport de type exclusivement instrumental au travail (le travail contre le salaire), les recherches actuelles clarifient le fait que le travail est un support de sens central dans la vie de l’individu. Ainsi, même dans le cas des caissières de supermarché, poste de travail emblématique de la société des services mais se trouvant au bas de l’échelle des carrières et des salaires, la dimension instrumentale reste marginale dans le rapport au travail. En effet, la dimension instrumentale (le salaire) se voit toujours reprise dans des dimensions expressives qui la dépassent, telles que l’enjeu de l’intégration sociale ou du sentiment d’utilité à autrui.

Ensuite, l’irruption du client dans l’univers du travail, caractéristique décisive de l’économie des services, donne corps à une réalité nouvelle : travailler, du point de vue du salarié, c’est réellement prendre part à la sphère publique. Cela se joue au niveau concret des pratiques quotidiennes, au travers des attentes manifestées à l’égard de la clientèle singulièrement. Ainsi, sous le regard permanent des clients, les salariés manifestent l’attente que le régime typique de la sphère publique des sociétés démocratiques, fondé sur l’égalité des personnes, règle les échanges dans l’entreprise. Cela n’est évidemment pas le cas et explique la situation de « souffrance » actuelle.

Au fond, il fait sens de dire que l’expérience du travail est fondamentalement politique. Vu la flexibilité qui le définit aujourd’hui (des horaires, des tâches, etc.), travailler constitue une expérience d’insertion et de positionnements incessants dans les collectifs de travail. L’observation montre que les situations de travail sont analysées par les salariés au travers des registres du juste. Cela concerne les innombrables « petits » conflits quotidiens du travail (organisation des pauses, accès à une formation, réorganisation des équipes) aussi bien que les conflits majeurs (restructurations et licenciements collectifs). Ainsi, c’est l’enjeu du juste par rapport au collectif qui est l’aiguillon transversal à toutes les situations qui font la vie de l’individu au travail. Or la question du juste en référence au collectif constitue l’essence même du politique – raison pour laquelle on peut parler du travail comme expérience politique. Enfin, lorsque l’on dégage les divers registres de justice avancés par les salariés (mérite, égalité, performance, ancienneté, situation familiale, etc.), on s’aperçoit que c’est la norme de la justice démocratique qui est pensée comme la procédure adéquate pour trancher les conflits entre critères de justice rivaux. Ainsi, les personnes au travail témoignent de l’intuition qu’il serait juste qu’elles puissent participer à élaborer les règles auxquelles elles doivent se soumettre. Etrange ? Au contraire, cela est logique pour des sociétés à culture démocratique avancée…

Aujourd’hui, de nombreux obstacles s’opposent à la reconnaissance de cette attente démocratique au travail. En effet, le travail est gravement mis sous tension par l’arrangement capitaliste : celui-ci déconsidère l’intuition démocratique contenue dans l’expérience du travail en privilégiant un régime de pouvoir de type domestique, pré-démocratique, celui de l’« arbitraire patronal » – et ce, même quand il est mâtiné de présence syndicale, actuellement bien trop faible par rapport au pouvoir accordé aux détenteurs des capitaux de l’entreprise. Ainsi, le travail n’est pas qu’une « souffrance », c’est pour cela qu’il fait souffrir. Car les attentes démocratiques qui l’animent sont gravement trompées.

Il est à craindre qu’en continuant à ignorer la question qualitative que pose le travail aujourd’hui, nos sociétés se condamnent à enregistrer la souffrance extrême de certains et la frustration grandissante de tous, conséquences de l’arbitraire capitaliste au travail. Ce n’est pas à coup de psychologues, pour renforcer les DRH, que l’on adressera sérieusement le problème qui se fait jour ici. Ce sont des réponses d’ordre organisationnel et institutionnel qui doivent être apportées : quelles institutions pour la gouvernance de l’entreprise, adéquates à ces attentes ? Quels modes d’exercice du pouvoir, légitime et non arbitraire, dans les équipes de travail ? « Une civilisation qui ruse avec ses principes, a dit Césaire, est une civilisation menacée. » A l’heure où l’économie est productive car sa main-d’œuvre est plus qualifiée que jamais, la France ne peut plus faire l’économie de ces questions politiques. Equiper les salariés des capacités nécessaires à participer aux décisions qui les concernent, en commençant par des droits individuels, collectifs et syndicaux adéquats, tels qu’ils puissent réellement se réapproprier leur vie au travail et leur destin personnel, ainsi qu’en faire bénéficier l’ensemble de la société par une vitalité renouvelée, voilà ce qui sera défendre, sérieusement, la « valeur travail » – et la démocratie.

Isabelle Ferreras est professeure de sociologie à l’Université catholique de Louvain, chercheuse qualifiée du Fonds national de la recherche scientifique (Bruxelles, Belgique), Senior Research Associate, Labor and Worklife Program, Harvard Law School, Harvard University.  Elle a publié « Critique politique du travail. Travailler à l’heure de la société des services » (2007, Paris, Presses de Sciences Po, 273 pp.).




suite de la conversation de cet après midi

25 01 2010

voila De quoi réfléchir à la conversation que nous avons du écourter cet après midi ….

pour les présents mais aussi pour ceux intéréssés par les problèmes de religion vous pouvez écouter l’émission ou la podcaster  

Laïcité : rupture ou accomplissement du fait religieux ?  
  Depuis quelques années, depuis en réalité l’anniversaire de la loi de 1905, la laïcité est redevenue un point de crispation du débat public. En 2008, les propos du président de la République décrétant la supériorité du prêtre sur l’instituteur, ont déchaîné les passions – et Dieu sait comme elles peuvent être vives en France sur ce sujet.
A l’époque, personne n’a penséà Ferdinand Buisson pour éclairer différemment le débat. En lisant le dernier livre de Vincent Peillon, on se dit que c’était une erreur. Ferdinand Buisson est celui que Jean Baubérot présente ni plus ni moins comme le « théoricien de la laïcité ». Né en 1841, auteur d’un célèbre Dictionnaire de Pédagogie, Ferdinand Buisson prend uneplace éminente dès lors que les républicains s’installent au pouvoir et, en tant qu’inspecteur général de l’instruction publique, travaille avecJules Ferry à la préparation des textes qui vontinstituer l’écolelaïque. Il a également à son palmarès d’avoir été président de la Ligue des Droits de l’Homme et del’Association nationale des Libres penseurs. Et pourtant, nous apprend Vincent Peillon, cet homme-là, cet anticlérical affirmé, a toujours postulé avec forcela nature religieuse de l’homme, une dimension que non seulement la République ne devait pas renier, maisà laquelleelle devait faire droit. Ainsi la laïcité n’était pas, à ses yeux, une rupture avec les religions mais bien plutôt, à travers la sécularisation, leur accomplissement.
Incroyable découverte, ou redécouverte, que ce sens et ce contenu, oubliés, de la laïcité. Il y avait là en effet matière à un livre. Y a-t-il pour autant dans l’œuvre de Buisson de quoi saisir le monded’aujourd’hui ? L’oubli dans lequel elleest tombée n’est-il pas la simple rançon deson obsolescence ?



transfrontière…l’action sanitaire internationale

25 01 2010

à écouter ou podcaster cette semaine l’émission de france culture de ce matin a propos de l’action sanitaire internationale …à écouter en urgence sur les liens entre les organisations internationales et les …labo pharmaceutiques …les phénomènes de collusion ne sont pas que nationaux….

et pour les premieres bossant sur l’usage du tabac en tpe

L’étendue globale de l’épidémie de tabagisme représente 100 millions de morts au cours du XXème siècle. Pour le XXIème, elle sera responsable de plus d’un milliard de victimes ! Et voici les pertes financières liées au tabagisme… Pour les Etats-Unis : 71 milliards, L’Allemagne : 7 milliards, l’Autriche : 1 milliard. Quels sont les pays dans lesquels on fume le plus ? voir le lien sur la vidéo en Russie




l’avenir des retraites SECONDES TERMINALES

10 01 2010

Tous mes meilleurs voeux à tous et à toutes pour cette nouvelle année

je repends après une longue pause le travail avec cet outil

voici une suite articles sur les retraites

Les Retraites en France et dans le monde. Nouvelles problématiques », de François Charpentier : papy-boom et badaboum !

Les Français pessimistes sur l’avenir de leur retraite

l’age de la retraite en Europe

des points de repères

 

Une réforme vivement attendue

Aujourd’hui, un Français sur cinq a plus de 60 ans. En 2040, ils seront un sur trois. En 2050, près de 25 millions de Français auront plus de 60 ans. Selon les projections de l’Insee, l’espérance de vie devrait continuer à progresser pour atteindre près de 81 ans pour les hommes et 89 ans pour les femmes en 2040.

Les finances de notre système de retraites par répartition sont donc menacées à terme par un double phénomène démographique : l’allongement de la durée de la vie et l’arrivée à la retraite des enfants du baby-boom. Cette augmentation du taux de dépendance apporte une augmentation massive des dépenses de pensions. Une réforme était ainsi attendue de longue date. C’est chose faite avec la loi du 21 août 2003 réformant les retraites. Elle a pour objectif de sauvegarder les retraites par répartition auxquelles tous les Français sont attachés et de renforcer l’équité des différents régimes de retraite.

  • Trois grands types de régimes de retraite

Il existe, dans le système français, deux régimes de salariés, avec des conceptions radicalement différentes de la retraite, et différents régimes pour les indépendants. Il s’agit :

- des régimes spéciaux de salariés (fonctionnaires, élus locaux, agents RATP, employés SNCF, etc.), qui couvrent 21 % des actifs. Quinze années d’activité sont généralement nécessaires pour avoir droit à une pension ;

- des régimes de salariés du privé, qui couvrent 68 % des actifs. Le montant de la pension dépend du niveau des cotisations versées. La pension y est calculée en référence aux salaires : 25 meilleures années pour le régime général et ensemble de la carrière pour les régimes complémentaires ;

- différents régimes de non-salariés (artisans, commerçants, professions libérales, agriculteurs, etc.), qui concernent 11 % des actifs. La pension est essentiellement versée par les régimes complémentaires.

  • La réforme dans le secteur privé

La loi du 21 août 2003 a renforcé la justice sociale par des mesures d’équité. Le régime des pensions de réversion a été simplifié, notamment par suppression progressive de la condition d’âge. A terme, plus de 300 000 veufs ou veuves âgés de moins de 55 ans pourront en bénéficier. La réforme améliore également les droits à pension des commerçants indépendants, renforce l’équité du régime des professions libérales et mensualise les pensions des non-salariés agricoles.

La réforme permet aussi à chacun de construire sa retraite en donnant davantage de souplesse et de liberté de choix : depuis le 1er janvier 2004, une surcote de 3 % par an majore la pension des assurés qui partent à la retraite après 60 ans en ayant accompli une carrière complète. Les règles du cumul entre activité et retraite ont été assouplies, et la retraite progressive est encouragée. Le plan d’épargne-retraite populaire et le plan d’épargne-retraite collectif permettent désormais de compléter les pensions de retraite.

  • La réforme dans le secteur public

La réforme dans la fonction publique comporte des avancées importantes en matière de justice sociale et d’équité, notamment par la création du régime de retraite additionnelle, qui permettra de prendre en compte une partie des primes des fonctionnaires dans leurs droits à pension et la mise en œuvre, début 2005, de possibilités de départs anticipés pour les personnes lourdement handicapées, ainsi que pour celles qui ont débuté leur activité très jeunes et ont eu une carrière longue.

La réforme introduit également une plus grande souplesse dans la gestion des carrières et le choix du départ à la retraite grâce à plusieurs innovations : une nouvelle facilité offerte aux enseignants, dès la rentrée 2005, d’effectuer une seconde carrière dans l’administration ; la validation gratuite jusqu’à trois ans des périodes d’interruption d’activité ou de temps partiel liées à la naissance, à l’adoption ou à l’éducation d’un enfant ; l’introduction des mécanismes de surcote dès 2004 et de décote à partir de 2006, et enfin la possibilité de compléter ses droits à pension en rachetant des années d’études ou en cotisant à taux plein pour les périodes de temps partiel.

  • Les retraites vues par Michel Rocard

Le Livre blanc de Michel Rocard marque un tournant décisif dans l’histoire des retraites en France. Publié en 1991, il présente un caractère exhaustif, avec notamment une description particulièrement précise de la situation calamiteuse des régimes spéciaux. La solidité des hypothèses avancées et des solutions proposées contribue à faire de ce document un texte de référence pour la réflexion sur la réforme du système actuel. Il préconise notamment : un allongement de la durée d’activité ; une modification de la période de référence servant au calcul de la pension ; le passage d’une revalorisation des retraites en fonction de l’évolution du salaire moyen à une revalorisation en fonction des prix. Dans ce Livre blanc, dont les conclusions restent singulièrement d’actualité, Michel Rocard pronostiquait déjà un sombre avenir aux gouvernements qui tenteraient de s’attaquer de front au problème des retraites : « Il y a de quoi faire sauter les cinq ou six gouvernements qui seront amenés à s’en charger. »

  • Quelques dates-clés depuis vingt ans

26 mars 1982 : ordonnance fixant l’âge légal de la retraite à 60 ans à partir du 1er avril 1983.
22 juillet 1993 : loi modifiant les conditions d’accès à la retraite des salariés du régime général et assimilés, et créant le Fonds de solidarité vieillesse (FSV).
1995 : échec de la réforme Juppé, qui a tenté de modifier les régimes spéciaux du secteur public.
1997 : adoption de la loi Thomas sur les plans d’épargne-retraite, qui accorde d’importantes déductions fiscales et sociales aux salariés et aux entreprises.
Avril 2000 : mise en place par Lionel Jospin d’un Conseil d’orientation des retraites (COR).
Décembre 2001 : remise du premier rapport du COR.
Avril 2002 : au cours du sommet européen de Barcelone, les Quinze ont souhaité que l’âge moyen de cessation d’activité soit augmenté de cinq ans d’ici à 2010, un projet qui porterait à 63 ans, en moyenne, l’âge de départ à la retraite, contre 58 ans aujourd’hui.
21 août 2003 : la loi portant réforme des retraites est promulguée (Journal officiel du 22 août 2003)
13 novembre 2003 : prolongation de l’accord sur le financement à taux plein de la retraite complémentaire des salariés du privé à 60 ans du 1er janvier 2004 au 31 décembre 2008.




surendettement des ménages français

7 12 2009

Le montant moyen des dossiers de surendettement a augmenté de 16% en un an. Il atteint 41.685 euros par foyer.

Les finances des ménages français s’enfoncent dans le rouge. La Banque de France qui constatait le mois dernier une augmentation de 18% du nombre de foyers surendettés depuis le début de l’année 2009 confirme ce lundi matin que la situation se dégrade. L’organisme précise en effet sur son site que le niveau moyen d’endettement des dossiers qu’il traite a lui aussi grimpé. Il atteignait 41.685 euros en moyenne à la fin du mois de septembre dernier, en hausse de 16% par rapport à l’année dernière. En deux ans, le montant moyen des dettes par dossier a même bondi de 31%………la suite là



Face à la crise, les entreprises se sont protégées aux dépens des salariés les plus fragiles

16 11 2009

 

Face à la crise, les entreprises se sont protégées aux dépens des salariés les plus fragiles

le monde du 12/11/09

La flexibilité a protégé les entreprises. Pour faire face aux ralentissements conjoncturels des derniers trimestres, elles ont joué sur deux tableaux. Sur les ajustements internes, avec le recours au chômage partiel, sur le périmètre externe avec l’utilisation de l’intérim et des contrats à durée déterminée (CDD).

Au final, s’est conforté un marché du travail « à deux vitesses ». Comme l’analyse le Centre d’analyse stratégique (CAS) dans sa note de novembre (n° 156). Pour René Sève, son directeur, la crise a causé un choc conjoncturel intense. Pour y faire face, les entreprises se sont resserrées sur leur coeur de métier et sur leurs salariés en CDI. « Les salariés en contrats stables appartenant au coeur de l’emploi ont été relativement épargnés par les destructions d’emplois au second trimestre 2009″, note bien le CAS. En externe, le travail intérimaire a joué « le rôle d’amortisseur de choc conjoncturel, notamment dans l’industrie où il a représenté plus de la moitié des destructions d’emplois entre le 1er avril 2008 et le 30 juin 2009″.

Dans les services marchands, ce sont les CDD qui ont joué ce rôle. Pour préserver ce « coeur » de main-d’oeuvre, les entreprises ont aussi recouru massivement au chômage partiel : « Le nombre total de personnes salariées en chômage partiel en France métropolitaine dépassait au second trimestre 2009, le nombre maximal atteint lors du choc de 1993″, dit le CAS.
Des inégalités criantes
Cette protection des salariés « stables » – observée aussi en Allemagne – a accentué la « dualisation du marché du travail ».
Le phénomène n’est pas nouveau, mais il a connu un coup d’accélérateur. Il a commencé à se dessiner au fil de la seconde moitié des années 1990 et des recompositions successives du tissu productif français, avec des entreprises qui, en se recentrant sur leur coeur de métier, ont recouru massivement à la sous-traitance, contribuant à généraliser l’intérim.
Cette dualité du marché du travail, qui a joué son rôle de bouclier pendant la récession, risque maintenant de desservir les entreprises qu’elle a protégées. Cette gestion par l’externe pourrait se montrer inefficace en sortie de crise si les entreprises n’en profitent pas pour préparer l’avenir. « L’enjeu est de savoir si elles sauront organiser la « mobilité interne », à savoir la formation de leurs salariés aux nouveaux métiers, aux nouvelles technologies », explique M. Sève.
Au-delà du gisement supposé d’emplois autour de l’environnement, du développement durable ou des nouvelles technologies, former ses salariés à de nouvelles tâches est désormais le premier levier pour augmenter l’efficacité de l’entreprise. « Pour assurer sa profitabilité, si elle veut dégager des marges, accroître sa valeur en cas de revente, attirer des fonds, l’entreprise doit développer une stratégie industrielle et, pour ce faire, organiser cette mobilité », déclare M. Sève.
Problème, explique l’auteur de la note, Maxime Liégey, « il n’est pas sûr que les entreprises existantes puissent d’elles-mêmes s’adapter et redéployer leurs efforts vers de nouveaux marchés ». Surtout les petites et moyennes, qui peinent le plus à se convertir à de nouvelles logiques. Et ce, malgré l’opportunité que représente le recours massif aux dispositifs de chômage partiel ou aux actions de reclassement, avec les possibilités de formation qui les accompagnent.
La situation varie là encore d’un secteur à l’autre, ce qui amplifie encore les inégalités et différencie le sort des salariés. Les secteurs d’activité qui recourent le plus facilement aux contrats courts et intérimaires sont aussi ceux qui ont aussi le plus de difficultés à organiser les formations. Contrairement aux secteurs qui offrent des emplois stables, à faible rotation, des salaires plus élevés et des perspectives d’évolution.
La crise aura eu un rôle d’accélérateur dans l’esquisse d’un marché du travail hexagonal véritablement dual, où certains salariés cumulent les inconvénients.

 

Rémi Barroux
Article paru dans l’édition du 13.11.09



pour les secondes suite du cours …les impayés

10 11 2009

un article du monde à propos de l’accroissement des impayés

… »Nous avons constaté une relation étroite entre la montée du chômage et les retards de paiement, explique Michel Philippin, directeur général de Laser Cofinoga (BNP Paribas, Galeries Lafayette). Plus de la moitié des clients qui ont trois mois de retard se déclarent au chômage. Le nombre d’emprunteurs qui n’avaient jamais eu de difficulté à rembourser mais connaissent aujourd’hui un premier retard a violemment augmenté. » Le taux d’impayés a grimpé à 3 % depuis le début de 2009, au lieu de 1,6 % en moyenne en période de croissance économique…