Corrigé compo.Les rapports Est-Ouest de 1963 à 1991, détente ou poursuite de la guerre froide ? (TES1)

 

De la mise en place d’une ligne directe entre la Maison Blanche et le Kremlin en 1963 à la disparition de l’URSS en 1991, les relations entre le camp socialiste et le camp occidental alternent des phases de détente et de tensions mais conservent leur nature  conflictuelle. Ainsi pouvons-nous nous demander si cette période, malgré l’apaisement et la détente qui ont pu momentanément la caractériser, n’est pas simplement une nouvelle étape d’un conflit permanent entre l’Est et l’Ouest depuis 1947 : la guerre froide?

Jusqu’à la Conférence d’ Helsinki en 1975, les deux Grands s’engagent dans une politique de rapprochement et de détente fragile qui laisse place ensuite et jusqu’en 1985 à la « guerre fraîche », époque de tensions et de reprise de la course aux armements. Enfin, après l’arrivée de Gorbatchev et la politique de pérestroïka, les rapports se détendent alors que l’empire soviétique s’effondre.

 

1/ 1963-1975 : Détente et équilibre

  a/ Rappel du contexte : dénouement de la crise des missiles de Cuba

      Prise de conscience que l’ « équilibre de la terreur » peut mener au cataclysme nucléaire.

   b/ le rapprochement :

        – ligne directe (1963)

        – Accords : interdiction des essais atmosphériques (1963), Traité de non-prolifération (196Smilie: 8) ,traité de limitation des armements SALT 1 (1972), soutien à l’Ostpolitik (1969-1972).

        – Rencontres Brejnev/Nixon (1972,1973)

        – Coopération : expl. du vol Apollo-Soyouz (1975)

        – Reprise des échanges commerciaux.

        – Conférence d’Helsinki (CSCE): reconnaissance des frontières issues de la 2nd GM/ principe de  non-ingérence/ respect des droits de l’homme.

  c) Des crises périphériques qui n’entament pas véritablement la détente

        – La guerre du Vietnam : échec du containment, Accord de Paris (1973).

        – Guerre des Six jours (1967) : revers de l’URSS, soutien des pays arabes et profit pour les EU soutien d’Israël mais vote au Conseil de sécu. de la résolution 242.

  d) Un duopole contesté mais maintenu
        – Rôle croissant de la Chine (à l’ONU  en 1971) et du groupe des Etats non-alignés.
        – Contestation du leadership américain (sortie de la France des forces intégrées de l’OTAN en 1966)
       – « Printemps de Prague » (196Smilie: 8).
 
 Si La conférence d’Helsinki marque le point d’orgue de la détente Est-ouest, les deux camps conservent cependant  leurs ambitions antagonistes et alors que les Etats-Unis entrent dans une époque de turbulences, l’URSS relance sa quête d’alliances tout azimut. La détente laisse la place à la « guerre fraîche ».

 

 2/ 1975-1985 : la « guerre fraîche »

a/ Le retour des tensions et l’expansion de l’influence soviétique

       – L’ URSS relance la compétition idéologique en soutenant massivement les « mouvements de libération nationale » dans le Tiers-monde.    – Asie [Vietnam, Cambodge, Laos (1975)], Afrique [Mozambique, Angola (1975)/Ethiopie/ Bénin/ Congo]- Amérique centrale [Nicaragua, Salvador, Guatemala.]

       – Relance de la course aux armements (installation de SS20 en Europe de l’est à partir de 1977)

       – Intervention militaire en Afghanistan (1979)

  b/ Repli et incertitudes de la politique américaine

         – Rappel du contexte aux EU : dévaluation du $ (1971), retrait du Vietnam (Accords de Paris, 1973), scandale du Watergate et démission de Nixon (1974), éviction du Shah  d’Iran  et  échec  de l’opération pour délivrer les otages de l’ambassade (1980).

  c) Le nouveau containment

           – L’intervention en Afghanistan remet en cause les progrès de la détente déjà fragilisés par la   politique d’expansion de l’URSS et entraîne une première réaction des EU: non-ratification de   SALT 2 signé en 1979, embargo sur les exportations de céréales, boycott des JO de Moscou   (1980).

         – Durcissement de la riposte  avec Reagan(1981) : « Empire du Mal », « America is back » :

          – Déploiement des missiles Pershing en Europe de l’Ouest (1983) et augmentation du budget militaire

          – Annonce du projet IDS (1983)

          – Soutien aux gvt et aux mouvts anticommunistes (« contras » aux Nicaragua, intervention  sur l’Ile de la Grenade (1983), aides financières et militaires en Thaïlande, Philippines,Indonésie)

 

La « guerre fraîche » a laissé croire un moment au retour d’une ère de conflits et de menaces que la crise de Cuba avait semblé clôturer. Il n’y a en effet aucun  sommet entre juin 1979 et novembre 1985. L’arrivée de M. Gorbatchev en 1985 et l’imbrication étroite des contraintes stratégiques et économiques pour les deux Grands relancent le dialogue mais précipitent aussi la fin de l’empire soviétique.

 

 3/ 1985-1991

  a/ Nouveau contexte : arrivée de Gorbatchev, La Pérestroïka qui implique un redéploiement des moyens financiers de l’URSS et une réduction des ambitions à l’étranger/ incapacité à répondre à l’IDS/  La « nouvelle pensée » : la confrontation nucléaire est une impasse, il n’ya aucun vainqueur. 

      – restauration du dialogue Est-Ouest (1986 Reykjavik)

      -Traité de Washington (1987) sur le démantèlement des euromissiles : 1er traité de   désarmement.

     -Suspension des aides militaires extérieures (198Smilie: 8) et retrait des troupes soviétiques   d’Afghanistan (1988-1989)

    – Traité START1 (1991)

 b/ Une détente qui préfigure un « nouvel ordre mondial » grâce à la coopération Est-Ouest à l’ONU

        – résolution de conflits : Nicaragua (1989), Salvador(1991)…

        – Guerre du Golfe (1990-1991) : abandon du soutien de l’URSS à l’Irak qui vote toutes les résolutions de l’ONU avec les EU.

 c/ La fin de la guerre froide

Le démantèlement de l’empire soviétique n’est pas réellement dans le sujet mais il faut rappeler que la situation économique et politique de l’URSS et des démocraties populaires ne permet plus à Gorbatchev de conduire une politique étrangère de confrontation avec les EU qui exercent sur lui une pression très forte.

         – abandon de la « théorie de la souveraineté limitée » (Brejnev, 196Smilie: 8)/ dissolution du Pacte de Varsovie(1991)

        – prendre l’expl de la Pologne et de l’Allemagne (chute du mur, processus de réunification en 1990 ; Traité  4+2)  

  Conclusion

 La guerre froide s’achève en 1991 avec la disparition de l’URSS qui n’a su maitriser et conjuguer les réformes économiques et les forces centrifuges libérées par la Perestroïka. Le « nouvel ordre mondial », plus multilatéraliste, qui  s’ébauche alors, porte autant d’espoirs que d’incertitudes.

 

 

                       

 

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