Visite du Musée-de l’Oeuvre-Notre-Dame de Strasbourg.

Visite du Musée-de l’Oeuvre-Notre-Dame de Strasbourg.

 

Nicolas de Leyde, buste d’homme accoudé, détail, grès rose, vers 1460-63 (?).

Compte rendu de la visite par François Pays (Hypokhâgne – Chartes B).

 

Visite du Musée de l’œuvre Notre-Dame (MOND) le 10 novembre 2011-12-07

Compte rendu par François Pays élève de HK-Chartes.

Vous trouverez une présentation plus détaillée sur le site  – archive HIDA (article protégé, utiliser le mot de passe) : http://lewebpedagogique.com/hida/?p=1732

Et sur le site du Musée ainsi que sur la Base Joconde où figure une exposition virtuelle des sculptures de la cathédrale présentes au MOND.

Nous avons eu la chance de compter sur les explications de Madame Cécile Dupeux,  conservatrice du Musée de l’œuvre-Notre-Dame qui nous a présenté in situ les grands traits des collections ainsi que la manière dont elles sont mises en valeur à travers une muséographie particulière qui doit beaucoup à Hans Haug, ancien directeur des musées de Strasbourg et fondateur du Musée dans les années 1920.

Musée dédié aux arts du Moyen-âge et de la Renaissance dans le Bas-Rhin. Volonté marquée de promouvoir art local et identité artistique régionale par rapport aux courants artistiques européens de l’époque.

Art alsacien exerce influence internationale, surtout au XVe siècle cf. Exposition Strasbourg 1400. Mais la Réforme du XVIe siècle frappe durement l’art strasbourgeois en restreignant fortement la commande religieuse. Le Musée ne concentre que petite partie production locale, car extrêmement riche mais victime de périodes de troubles (iconoclasme religieux, conflits territoriaux) et d’une diffusion importante des œuvres (Munich, Berlin, Cluny…)

Collection vient de trois fonds différents : fonds de l’œuvre Notre-Dame, en charge entretien cathédrale depuis XIIIe, dépôts fréquents d’œuvres mais sans volonté d’organisation ni même d’inventaire.

Début XXe l’Oeuvre expose une partie de ses fonds dans un local non aménagé, difficulté d’accès et peu connu pourtant mentionné par visiteurs remarquables (Delacroix).

Société pour la conservation des monuments historiques d’Alsace : Société savante fondée en 1855 qui contribuera à la conservation des monuments du département et va se constituer un important fond d’art local.

Musée des Beaux-Arts de Strasbourg qui va fournir des œuvres emblématiques au Musée de l’œuvre Notre-Dame, même si certaines d’entre elles entrainent des conflits d’usage, ayant aussi leur place au musée des beaux arts.

En tout, plus de 1000 pièces venant des églises et bâtiments religieux alsaciens réunies par Hans Haug, directeur des musées de Strasbourg de 1919 à 1939 puis de 1945 à 1963 qui va impulser la création de ce musée, symbole de la particularité régionale et enjeux de luttes politiques sous la Seconde Guerre Mondiale.

En 1931, le musée comptait une quinzaine de salles établies dans les locaux de l’œuvre ND, Haug n’aura de cesse que d’agrandir le musée par l’acquisition de nouveaux locaux. Ainsi, de 15 le musée passe à 30 en 1945-46 et à 42 en 1955.

But du musée, recréer des ambiances stimulant sensibilité du visiteur face aux œuvres, y compris par l’adjonction de celles-ci directement dans la structure du bâtiment (portes, piliers, arcades) le lien entre intérieur et extérieur et la recréation d’intérieurs d’époques pour créer un cadre adapté aux œuvres. De part cette organisation, certaines œuvres sont inamovibles ou peu visibles mais contribuent à la pensée muséographique de l’époque à plonger le visiteur dans une atmosphère « médiévale » plus proche de celle des œuvres.

Le musée est marqué par cette pensée muséographique à travers l’exposition d’œuvres parfois intégrées dans des ensembles artificiels (comme la reconstitution du Jubé de la Cathédrale sur lequel ont été placées des figures d’apôtres) devant donner une idée d’ensemble des œuvres et de leur contexte. Cette pratique muséographique, abandonnée de nos jours, contribuent à doter le musée d’un caractère très différent des musées actuels, tant par sa construction que par son approche même des œuvres. Le musée étant agrandi et aménagé selon les possibilités qui lui furent offertes au fil de son existence, il garde un caractère composite et un agencement insolite de par ces réalités et cet héritage.

Les efforts des services de conservation de la ville sont en partie tournés vers l’adaptation du musée au nouvelles pratiques des visiteurs et au rapport différent avec les œuvres. Ainsi, le grand escalier du musée (provenant d’un siège de corporation détruit lors de la rénovation haussmannienne de la ville) servait autrefois de lieu d’exposition de tapisseries, de peintures, aujourd’hui cet espace est nu tant pour des raisons de conservation des œuvres que pour le confort des visiteurs, dans la conception première de Haug, l’escalier servait aussi à l’ambiance du lieu.

Par ailleurs, l’agencement des œuvres servait aussi des besoins financiers. En effet, des œuvres entassées poussent les autorités locales à l’affectation de nouveaux locaux. Cela contribue à un rapport plus intime aux œuvres cher à Haug, les œuvres marquant un rapport plus intime au divin trouvant résonnance dans ce rapport plus intime avec l’art dans le musée.

Enfin, la reconstitution de la salle des administrateurs de l’Oeuvre Notre-Dame contribue à une esthétique romantique de l’organisation (mise en abîme par la nature morte placée là plus tard).

 

François Pays (HK-Chartes). Novembre 2011.

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