Rembrandt : réflexions, bibliographie et sitographie

Rembrandt : réflexions, bibliographie et sitographie

Bibliographie et lecture rapide du programme : Rembrandt.

Nous attendons le rapport du jury sur la session 2009. Le sujet était « La figure humaine dans l’œuvre de Rembrandt ».

Pour Ulm ce sera ici.

Vous trouverez tous les ouvrages cités ici au CDI du lycée Fustel de Coulanges.

1. Première question à se poser : qui est Rembrandt ?

Faire une lecture attentive des biographies disponibles (Universalis, Nadeije Laneyrie-Dagen, Christopher Wright,  Wikipedia, Encyclopédie Agora).

Peintre adulé depuis le XIXe siècle, de façon sûrement exagérée par rapport à l’impact qu’il a pu avoir sur la peinture de son époque. Nombre d’œuvres qui lui sont attribuées ne sont pas de lui, parmi celles qu’on reconnaît à lui, plusieurs sont dues au travail de l’atelier. Des chefs d’œuvre anciens ne lui sont plus attribués alors que des œuvres fades (portraits ou paysages) sont désormais considérées comme siennes. C’est donc un peintre exceptionnel par l’ampleur de son œuvre et par le peu de choses qu’on sait sur lui. Que sait-on réellement de sa personne, de ses sentiments, de ses habitudes, de sa confession religieuse ?

Que nous reste-t-il de ses faits et gestes à part quelques lettres, un inventaire de ses biens et quelques citations dont on ne peut même pas certifier l’authenticité ? Il faut en effet se poser la question : pourquoi Rembrandt ? L’engouement, la passion suscitée par ce peintre datent-ils de son époque ou sont-ils dus au regard porté sur lui a posteriori et pourquoi ? Plus célèbre comme graveur pendant plus de deux siècles (voir à ce sujet les belles pages de l’exposition virtuelle de la BNF sur l’histoire de la collection publique des estampes de Rembrandt avec beaucoup de témoignages d’époque admiratifs), sa peinture a également fasciné ou rebuté, notamment les tenants du classicisme et de la peinture lisse qui admiraient cependant les qualités du maître. (voir à ce sujet le corrigé de la dissertation n°1).


Ce qui est certain c’est que Rembrandt est devenu un mythe d’autant plus que toute une partie de son œuvre a connu des contestations, des « désattributions », des réattributions alors que ses œuvres atteignaient des records sur le marché de l’art. Il est d’ailleurs le premier peintre à devenir un phénomène de « marché » en Angleterre au début du XIXe siècle et par la même à nécessiter une authentification argumentée et l’élaboration d’un catalogue de ses œuvres.
Dans tous les livres les choix d’attribution des œuvres ont été faits de façon souvent délibérée généralement en rapport avec le travail du Rembrandt Research project.

Rembrandt nous a laissé assez peu de textes. On lira avec attention toutes les citations et documents en particulier hors texte (dans le Wright (p. 341) dans le Bonnafoux (p. 129-167) et dans le « Tout l’œuvre peint » chez Flammarion 1971 de Jacques Foucart et Paolo Lecaldano.  Une chronologie en deux parties : sa vie à gauche, ses œuvres à droite dans le Christopher Wright chez Mazenod.

2. Plusieurs angles d’approche possibles.

Dans un premier temps, pour « prendre possession » de l’œuvre et de la vie de l’artiste il vaut mieux commencer par une approche biographique en plaçant les principaux repères : ruptures, phases de sa vie , principales œuvres et évolution de son style. Il faut également fixer le cadre social et artistique dans lequel se meut Rembrandt : une société hollandaise calviniste avec laquelle les relations n’ont pas toujours été cordiales. Issu d’un milieu relativement aisé mais certainement peu cultivé (père meunier, il inscrit son fils à l’Ecole latine), il a commencé des bonnes études dans un établissement prestigieux, l’Université de Leyde, mais il la quitte au bout de quelques mois. S’il monte dans la hiérarchie sociale c’est surtout grâce à son mariage avec Saskia Van Uylenburch, la fille de son riche propriétaire, avant de connaître de grands soucis financiers après la mort de son épouse, en conflit avec sa belle famille. Rembrandt a réalisé des dizaines de portraits de sa famille et de ses proches. Sa vie privée a joué un rôle fondamental dans son parcours artistique.

Sur le plan artistique, il est certainement le plus grand peintre de l’Ecole hollandaise au XVIIe siècle, mais  l’opposition entre les deux écoles flamandes Flandres (Belgique actuelle) catholiques au sud dominées par l’art flamboyant de Rubens et Pays-Bas du Nord « calvinistes » dominés par l’art de Rembrandt sobre et réaliste, est beaucoup moins tranchée qu’on ne l’a dit.

Pour une première approche, vous trouverez une biographie dans la première partie du Mazenod de Christopher Wright et une présentation complète de quelques uns de ses principaux tableaux commentés dans « Lire la peinture de Rembrandt » de Nadeije Laneyrie-Dagen. Vous compléterez avec la question des attributions, une des particularités de Rembrandt.

A partir de l’iconographie :

–    le portrait individuel ou en groupe et l’autoportrait bien sûr (avec des sous-catégories : famille, costumes fantaisistes avec les déguisements, société).
–    mais aussi l’iconographie biblique (Ancien et Nouveau Testament)
–    peintures mythologiques et historiques
–    paysages
–    tableaux de genre et natures mortes

A partir de la technique :

–    Peinture : touche (voir Svetlana Alpers, chapitre 1er) , couleur, lumière, composition.
–    Dessin
–    Gravure, eaux fortes, dessins : catalogue d’exposition au Petit Palais en 1986, et le catalogue le de l’exposition Rembrandt la lumière de l’ombre (Barcelone, Madrid, Paris : 2005-2007). L’exposition est également en ligne sur le site de la BNF :
http://expositions.bnf.fr/rembrandt/index.htm

Rembrandt est en effet un des plus grands graveurs de tous les temps ! On lira avec profit les introductions des catalogues et quelques analyses d’œuvres importantes car il n’est pas question de connaître l’ensemble de son œuvre graphique (avec les attributions contestées) qui se mesure en milliers de pièces ! En tout cas il faut aborder cet œuvre en recherchant à comprendre sa spécificité technique et les qualités propres à l’art de Rembrandt ainsi que sa place dans l’histoire de la peinture et du marché de l’art.

Il faudra avoir en permanence le souci de la comparaison avec d’autres artistes, non seulement à cause de la compétition, des questions relatives à l’attribution et au travail de l’atelier, mais aussi pour rechercher à la fois ce qui fait la spécificité de Rembrandt, et ce qui fait de lui un peintre de son temps, intégré dans un contexte artistique non seulement hollandais mais plus généralement européen. Il convient donc de s’interroger sur la portée de son œuvre en l’inscrivant dans l’évolution de la peinture européenne sans négliger son apport décisif dans la gravure ou le dessin. Un sujet ciblé sur un domaine artistique (arts graphiques ou peinture) n’est pas à exclure.


Quelques réflexions sur le sujet 2009 : La figure humaine dans l’oeuvre de Rembrandt : la-figure-humaine-dans-loeuvre-de-rembrandt

Deux documentaires sur Rembrandt ici.

La Bibliographie

Ouvrages de base

Nadeije Laneyrie Dagen (ENS): Lire la peinture de Rembrandt. C’est le livre de chevet
avec une analyse d’une trentaine d’œuvres du point de vue technique et iconographique.

Pascal Bonnafoux Rembrandt le clair, l’obscur, dans la collection Découvertes Gallimard. Approche biographique avec toute une série de documents en fin d’ouvrage. (plan un peu confus en revanche)

Christopher Wright, Rembrandt, coll. Citadelles Mazenod. Ouvrage important si l’on vaut aborder l’oeuvre par genres (sujets bibliques, paysages, autoportraits, portraits…) mais aussi véritable plaisir avec de nombreux détails textuels et iconographiques. Cependant, à l’usage, il s’avère plutôt décevant car il a un côté « catalogue » d’oeuvres qui se succèdent sans véritable fil conducteur mis à part le genre à chaque fois étudié. C’est un complément. Autre lacune importante, la faible présence de la gravure.

Jan Blanc Dans l’atelier de Rembrandt : Le maître et ses élèves, ed. de la Martinière, 2006. Ouvrage très intéressant sur les méthodes de Rembrandt dans son atelier. L’auteur est  spécialiste de la peinture hollandaise du XVIIe siècle, il est l’auteur d’une édition traduite et commentée de l’Introduction à la haute école de l’art de peinture, traité de peinture écrit et publié en 1678 par Samuel van Hoogstraten, l’ancien apprenti de Rembradt (Genève, Droz, 2006). C’est un peti ouvrage sans prétention mais très agréable, très facile à lire et qui donne une image complète du travail d’atelier.

Pour approfondir…

Sur la question des attributions, réattributions et désattributions, ainsi que sur la relation du maître avec l’atelier, on lira avec beaucoup d’intérêt le grand livre de Svetlana Alpers L’Atelier de Rembrandt, ed.Gallimard, 1991. La grande spécialiste de la peinture hollandaise du XVIIe (elle a signe aussi « L’art de dépeindre, la peinture hollandaise au XVIIe siècle » chez Gallimard) montre comment et pourquoi Rembrandt a cherché à se démarquer de l’académisme non seulement dans sa technique picturale mais aussi dans ses relations avec les commanditaires. Pour la première fois, un artiste tente de « se placer » sur ce qu »‘on peut déjà appeler « le marché de l’art » de façon indépendante, en produisant à la fois des images porteuses d’une valeur marchande et son image dont il fait un « produit » d’une valeur marchande en multipliant les autoportraits et « argument de vente » par l’originalité et la variété de son oeuvre. Svetlana Alpers montre également que l’individualité qui transparaît dans les oeuvres de Rembrandt vient de sa touche particulière ‘ »épaisse », non académique, de la théâtralité de ses compositions, des figures et des poses, mais aussi de sa pratique de l’atelier, lieu où artiste, modèles et assistants posent, se déguisent et miment afin de satisfaire non pas les exigences du commanditaire mais bien celles du maître. « Liberté, peinture et argent » étaient bien ce que Rembrandt aimait le plus au point de s’affranchir des pesanteurs de la commande, du canon académique pour se mettre dans la dépendance du marché des oeuvres d’art auquel il participait aussi comme investisseur (jusqu’à la ruine !).

Gisèle Lambert Elena María Santiago Pàez, Rembrandt : La lumière de l’ombre, catalogue d’exposition sur les gravures de Rembrandt, ed. BNF. L’exposition est également en ligne sur le site de la BNF avec toutes les explications techniques sur l’art de la gravure :
http://expositions.bnf.fr/rembrandt/index.htm

Simon Schama : Les yeux de Rembrandt, Seuil. Passionnante (et surtout foisonnante) approche de l’œuvre entre récit biographique, roman historique et interprétation de l’œuvre. L’auteur aborde cette biographie par une comparaison avec Pierre Paul Rubens que Rembrandt aurait aimé égaler (symbolique : Rubens étant l’Apelle de la ville d’Anvers et des Pays-Bas catholiques, Rembrandt celui qui aurait voulu faire de même à Amsterdam dans la Hollande calviniste). Mais l’ouvrage est monumental (pratiquement 800 pages) et on peut s’y perdre dans des détails (y compris sur des batailles, des supposés états psychologiques de roman des personnages, sur les « odeurs d’Amsterdam » et j’en passe) sans rapport direct avec la question du programme. Si le premier chapitre intitulé « La quiddité » tente de définir la démarche de Rembrandt en référence à Rubens et de cadrer le contexte historique des Pays-Bas au XVIIe siècle, les chapitres 2, 3, et 4 sont consacrés à Rubens et au contexte artistique hollandais. Le récit de la vie et de l’oeuvre de Rembrandt ne commence qu’avec le chapitre 5 à la page 221. Un livre cependant essentiel pour ses analyses d’oeuvres à la fois rigoureuses, poétiques et bien documentées. Cet ouvrage a subi les foudres de la critique et des universitaires américains.

lire par exemple :http://tinyurl.com/5cqa36

(si on a des faiblesses en anglais on peut utiliser les dictionnaires en ligne ou les otils linguistiques de Google (certes nécessitant une deuxième traduction du « charabien » au français) :

http://www.lexilogos.com/anglais_langue_dictionnaires.htm

http://www.google.fr/language_tools?hl=fr

Toujours dans un esprit de comparaison, une exposition en parallèle très controversée :

« Rembrandt et Caravage » :
http://www.rembrandt-caravaggio.nl/index_en.htm

http://www.latribunedelart.com/Expositions/Expositions_2006/Rembrandt_Caravage_537.htm
http://www.cineclubdecaen.com/peinture/expositions/caravagerembrandt.htm

http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/lunettesrouges/2006/06/rembrandt_carav.html

Un catalogue complet de ses gravures mises en perspective et commentées :

Guillaud (Jacqueline), Guillaud (Maurice) et Lambert (Gisèle), Rembrandt. La figuration humaine, Paris / New York, Guillaud / Clarkson N. Potter, 1986. Catalogue de l’oeuvre de Rembrandt.

Christian Tümpel, Rembrandt. Études iconographiques. Signification et interprétation du contenu des images, Saint Pierre de Salerne 2004

Catalogue Rembrandt by himself, un très beau catalogue d’après l’exposition du même nom à la National Gallery of London , en anglais bien sûr. Vous y trouverez quelques articles fondamentaux sur la question de l’autoportrait :

Les multiples fonctions des autoportraits de Rembrandt, Rembrandt et l’autoportrait de l’artiste (ou la place des autoportraits de Rembrandt dans la tradition de l’autoportrait des artistes qui prend parfois la forme d’une mise en abîme :

(p. ex Rembrandt  dans la gravure L’Artiste dessinant d’après le modèle

Velasquez dans les Ménines,

Nicolas Poussin dans son autoportrait du Louvre

Anne Challard-Filaudeau « Rembrandt au fil des textes » ed. L’Harmattan 2004, coll. Histoire et Idées des Arts.  Regards d’écrivains, de philosophes et d’historiens de l’art sur Rembrandt. Une lecture passionnante et essentielle pour comprendre le « phénomène Rembrandt » à travers les siècles.  Il s’agit d’un condensé d’une thèse soutenue à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes : « Rembrandt dans l’histoire de l’Art, la littérature et la philosophie européennes depuis 1669 ». Des extraits du livre sur google books :
http://tinyurl.com/5ylt2z

Ici aussi il faut veiller à se limiter à notre sujet et ne pas suivre les développements purement littéraires sur les auteurs.

Blaise Ducos, Bethsabée tenant la lettre de David, coll. Solo, Musée du Louvre éditions, Paris 2006. Une analyse minutieuse du tableau avec de nombreuses ouvertures vers sa perception suivant les époques. C’est un ouvrage utile également pour la deuxième question du programme sur le modèle antique. D’abord parce qu’il s’agit d’un nu non idéalisé qui rompt avec le canon esthétique de la Renaissance même si le peintre, selon certaines hypothèses, a pu s’inspirer d’une gravure reprsésentant un relief romain.

Max Milner, Rembrandt à Emmaüs, éd. José Corti, 2006. Une très belle analyse du petit tableau exposé au musée Jacquemart André à Paris. Elle s’appuie essentiellement sur les rapports entre texte biblique et image dans cette scène à la fois de rencontre – apparition et de vision – disparition, en comparant les versions rembranesques aux autres versions de Titien, Tintoret, Véronèse ou Caravage.

Pour situer Rembrandt dans son temps :
CD-ROM : Le Temps de Rembrandt, pour une approche interactive de l’œuvre en comparaison avec les autres peintres hollandais. De nombreuses possibilités techniques : zoom, comparaisons, approches thématiques (Antiquité, religion, paysages, portraits, élèves…)


Les ressources Internet.

En anglais
Vie et œuvre de Rembrandt van Rijn : site amateur d’un artiste plutôt bien fait :
http://www.rembrandtpainting.net/

Sur le site de l’Université d’Amsterdam, une grande collection de tableaux classés par période et par degré d’authenticité. L’introduction fait le point sur la question. Site fondamental !

http://staff.science.uva.nl/~fjseins/RembrandtCatalogue/index.html

Article de Wikipedia (avec toutes les réserves sur ce site) mais bien aussi :
http://en.wikipedia.org/wiki/Rembrandt#Periods.2C_themes_and_styles

Sur Web Gallery of Art :
http://www.wga.hu/frames-e.html?/bio/r/rembran/biograph.html

Et bien sûr Artcyclopedia où vous trouverez l’oeuvre de Rembrandt sur la toile (liens vers les pages des sites de musées qui possèdent des Rembrandt)

http://www.artcyclopedia.com/artists/rembrandt_van_rijn.html

En Français

Un article bien documenté sur l’art de l’autoportrait chez Rembrandt :

http://www.respiro.org/Issue13/Art/art_rogojan.htm

Plusieurs articles sur le site associatif  « Convivialité en Flandre » écrits par des historiens de l’Art autour de voyages culturels dans cette région transfrontalière :

http://www.convivialiteenflandre.org/index.php?option=com_content&task=view&id=167

Pages sur le site « Les Grands maîtres de la peinture » (cliquez sur le nom à droite pour accéder à la page d’accueil sur Rembrandt.
http://www.grandspeintres.com/rembrandt/biographie.php

Sur le site Clio, l’article de Pascal Bonafoux (auteur de Rembrandt le clair, l’obscur Découvertes Gallimard) « L’énigme de Rembrandt ».
http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/lenigme_de_rembrandt.asp

Sur le site de l’Université de Liège :
http://www.wittert.ulg.ac.be/fr/flori/opera/rembrandt/rembrandt_notice.html

Une collection de photos d’oeuvres :

http://www.flickr.com/groups/[email protected]/pool/

Vous trouverez la quasi totalité des ressources Internet essentiellement en anglais et en néerlandais sur deux portails :

http://rembrandt.startpagina.nl/

ou dans Artcyclopedia :

http://www.artcyclopedia.com/artists/rembrandt_van_rijn.html

Dans une optique Art et littérature :

Le dossier de l’Encyclopédie Agora comprend des textes d’Eugène Fromentin, des frères Goncourt, de Théophile Gautier ou d’Hippolyte Taine.

Jean Genet, un regard contemporain sur Rembrandt :

http://www.visuelimage.com/ch/lecture_01/index.htm

Quelques pages du Challard-Filaudeau sur google books.

Bonne lecture

Emmanuel Noussis, mise à jour le 9 septembre 2009

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