La bataille de Vertières

Avez-vous déjà entendu parler du mot « Vertières » ? Il y a peu de chance car on trouve peu d’informations sur cette défaite napoléonienne. Pourquoi me direz-vous ? C’est ce que vous allez découvrir dans cet article. Cette bataille eut lieu le 18 novembre 1803 près du Cap Français (aujourd’hui Cap Haïtien) dans le Nord de l’ancienne colonie française de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti).

Haïti, avec à sa tête François Capois, écrasa l’armée napoléonienne. Capois commandait une brigade en partie tuée par les tirs de canon venant du fort. Il lança trois assauts en vain. Lors du quatrième assaut, le cheval de Capois fût touché par un boulet de canon. Il prit alors son épée, se releva et courut se mettre de nouveau à la tête de ses soldats en criant « En avant ! En avant ! ». Les combats redoublèrent et le soir venu, on dénombrait 1200 morts et 2000 blessés du côté haïtien et 1200 soldats français étaient morts ou blessés. Le lendemain un officier français, Duveyrier, se rendit aux sentinelles de Capois et fut conduit au Quartier Général de l’armée haïtienne. Les discussions avec le commandant Dessalines durèrent une journée entière et avant la tombée de la nuit, un accord fut signé. Rochambeau eût dix jours pour embarquer les restes de son armée et quitter Saint-Domingue. Suite à cette victoire, l’île est proclamée indépendante de la France le 1er janvier 1804 par le commandant Dessalines après la lecture de l’Acte de l’Indépendance de la République d’Haïti.

Haïti devient donc la première république noire de l’histoire.

Mais la France ne va pas en rester là. Lors de la deuxième Restauration (1815–1830), le Royaume de France ne veut pas reconnaître l’indépendance d’Haïti. La France menace Haïti d’une invasion militaire et d’une restauration de l’esclavage. En 1826, pour dédommager les anciens colons, le roi Charles X réclame 150 millions de Francs Or à la jeune République Haïtienne.

En 1838, sous la monarchie de Juillet, cette dette sera allégée à 90 millions de francs. Haïti fini de payer sa dette dans la première moitié du XXe siècle.

En août 2010, dans une lettre ouverte au président de la République française, Nicolas Sarkozy, un groupe de responsables politiques et d’intellectuels du monde entier appelle la France à rembourser à Haïti la somme de 17 milliards d’euros (estimation de la somme qu’Haïti a versée à la France).

Extrait de la lettre :
« Considérant les besoins financiers criants de ce pays dévasté par le terrible séisme du 12 janvier 2010, nous vous pressons donc, Monsieur le Président [de la République française], de restituer à Haïti, la première république noire de l’Histoire, la dette historique de son indépendance ».

La présidence française n’a pas répondu favorablement à cette demande. François Hollande, de son côté, a plus tard parlé d’une « dette morale » et non d’un remboursement financier. Aujourd’hui la bataille de Vertières reste méconnue de beaucoup de citoyens français…

Aujourd’hui la bataille de Vertières reste méconnue de beaucoup de citoyens français…

Sources :
Déroulement : Planète Haïti. // Forces en présence & pertes : Jacques de Cauna, Haïti, l’éternelle révolution: histoire de sa décolonisation (1789-1804), p.177. & Berthony DuPont, Jean-Jacques Dessalines: itinéraire d’un révolutionnaire, p.228. // Image satellite d’Haïti : Google Earth web. // Extraits de la lettre au président de la République : Le Monde. // Réponse du président Hollande : Médiapart. // Image de François Capois sur le site Debomar. // Image Jean-Jacques Dessalines sur le site Debomar. // Image de Duveryer sur le site Muzacmagazine. // Image de Rochambeau sur le site History is fun. // Acte d’Indépendance de la République Haïtienne sur le site Haïti culture.

…Alan, 3Saphir

__________________________________________________

Dissociés

À lire, une magnifique nouvelle, rédigée par des élèves de 3e

Dissociés

I

Une caresse, une douce caresse légère sur son visage endormi. Une brise tiède animant la forêt de ses rêves. Un murmure apaisant soufflant une mélodie si délicieuse à l’oreille. Une main fraîche sur son cou à la veine palpitant à peine dans le profond sommeil qui l’étreignait. Des cheveux frôlant son front. De douces lèvres veloutées se posant contre ses tempes et une voix si profonde, si aimante, si…

Zed émergea brutalement du sommeil. Comme chaque jour depuis qu’il avait accepté ce poste d’espion, au service de l’État, sa mère hantait ses songes. Il écouta longuement le silence assourdissant qui régnait dans sa chambre avant de se redresser dans son lit. Il embrassa la pièce de son œil voilé. A travers l’épaisse brume qui noyait son regard, une lumière bleutée nimbait la pièce d’une aura spectrale, presque surnaturelle. Malgré son œil malade, il savait à la couleur de l’ombre se dessinant dans la pièce qu’il était environ quatre heures du matin : il était habitué à se lever aux lueurs de l’aube. Il avait compris qu’il ne servait à rien de lutter contre le souvenir toujours aussi vivace de sa famille, même après tant d’années. La journée n’était même pas à ses balbutiements, que la solitude possédait déjà son âme. Mais c’était le prix à payer pour que sa famille vive et soit heureuse…

Zed s’assit au bord du matelas, attrapa la canne en bois posée au coin de son lit en fer, se leva et se dirigea prudemment vers la salle de bain. Arrivé, il appela Bob-Lee, le robot qui l’aidait dans les tâches du quotidien ainsi que dans la planification de ses missions. Bob-Lee était en réalité une Intelligence artificielle, de la nouvelle génération, pouvant s’incarner dans les différents appareils électroménagers de la maison aspirateur, four, réfrigérateur, air conditionné ou chauffage, baignoire connectée, écrans 4D, ordinateur… assurant ainsi les besoins de son propriétaire. C’était l’un des avantages à être espion ou tout simplement membre des 5% : leur maison était équipée d’une Intelligence artificielle plus performante que dans les autres foyers, programmée pour les assister ou s’occuper à leur place des tâches rebutantes telles le ménage ou toutes les démarches administratives et rébarbatives…

…Jade, Laureen, Solène

__________________________________________________

« Quelque chose en plus… »

Il y avait quelque chose en plus le soir du 18 mai au cinéma Eldorado. Une ambiance particulière pour ouvrir la remise des prix du concours de courts métrages « En musique ».
.
D’abord une joyeuse troupe de lycéens, emmenés par Madame Richard, heureux de se retrouver autour de leurs souvenirs de troisième au collège Auguste Dédé. Un prix d’honneur leur était remis pour leur film terminé il y a un an, en plein mouvement social, et qui n’avait pu concourir faute d’autres participants. 
.
Il y avait quelque chose en plus, beaucoup d’émotions dans la présentation du projet par  des élèves d’Ulis s’exprimant en langue des signes, tandis que Madame Caman traduisait. 
.
Mais il y avait aussi des amis en moins, les élèves de l’IME Yepi Kaz qui ne pouvait être présents car le cinéma n’est malheureusement pas accessible en fauteuil roulant. A la fin de la projection, cependant, ils étaient plus que présents dans tous les esprits…
.
Merci à Monsieur Couret d’avoir été là pour ce moment fort.
.
Je vous laisse découvrir ce film qui a pour titre : « Quelque chose en plus… »

… J.F Schmitt

 …un projet initié par Mme Richard pour le collège Auguste Dédé en collaboration avec l’IME Yépi Kaz

__________________________________________________