J’ai un rêve

« Mes amis aujourd’hui je vous dis que quoique nous devions faire face aux difficultés d’aujourd’hui et de demain, j’ai tout de même un rêve. C’est un rêve qui est profondément enraciné dans le rêve américain. Je rêve qu’un jour cette nation se dressera et fera honneur à la vraie signification de son credo : « Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes sont créés égaux. » Je rêve qu’un jour sur les collines rouges de Georgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’assoir ensemble à la table de la fraternité. Je rêve qu’un jour, même l’état du Mississippi, un état qui étouffe dans la fournaise de l’injustice, qui étouffe dans la fournaise de l’oppression, sera transformé en une oasis de liberté et de justice. Je rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais à la mesure de leur caractère.

J’ai Un Rêve Aujourd’hui!

Je rêve qu’un jour, au fin fond de l’Alabama, avec ses racistes pleins de haine –avec son gouverneur des lèvres de qui dégoulinent les mots de l’interposition et de la nullification–un jour, même là, en Alabama, les petits garçons noirs et les petites filles noires pourront aller la main dans la main avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, comme frères et soeurs.

J’ai Un Rêve Aujourd’hui!

Je rêve qu’un jour, chaque vallée sera rehaussée et chaque colline et chaque montagne sera aplanie, les aspérités seront nivelées et les endroits torteux seront rendus rectilignes, et « la gloire de Dieu sera révélée et tout ce qui est chair le verra ensemble. »

C’est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud. Avec cette foi nous pourrons tailler dans la montagne du désespoir, la stèle de l’espoir. Avec cette foi, nous pourrons transformer la cacophonie des discordes de notre nation en une belle symphonie de la fraternité. Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier ensemble, lutter ensemble, aller en prison ensemble, défendre la cause de la liberté ensemble, sachant qu’un jour nous serons libres. Et ce sera le jour, ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter avec une signification nouvelle: »Ma patrie c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où mes aïeux sont morts, terre fierté du Pélerin; que du versant de chaque montagne retentisse le carillon de la liberté. » Et si le destin de l’Amérique est d’être une grande nation, tout cela doit devenir vrai. »

Martin Luther King Jr

Discours prononcé sur les
marches du Lincoln Memorial,
Washington D.C., le 28 août 1963.

Aujourd’hui, mercredi 5 novembre 2008, Barak OBAMA a été élu 44e président des États-Unis.

http://www.dailymotion.com/video/x2vlq1

Pourquoi comparer Obama à Martin Luther King ?

La génèse de l’idée

  8 comments for “J’ai un rêve

  1. Julos
    5 novembre 2008 at 16:57

    G. W. Bush avait réussi à nous faire oublier que dans « Etats-Unis » il y a « Unis ». La victoire d’Obama est un éloquent rappel à cette réalité. En plus, il le fait d’une manière qui suggère aussi que de l’unité à la fraternité il n’y a qu’un tout petit pas. Just do it !
    Et puis, qui va désormais s’interdire de rêver et d’y croire ?

  2. 5 novembre 2008 at 17:53

    La crise économique mondiale. Peut-être…

  3. Julos
    5 novembre 2008 at 18:50

    Sauf si l’on se réfère aux travaux de Paul JORION. Il déclarait récemment que plus qu’une crise économique c’est une crise de civilisation qu’il voit venir. Pour en savoir plus, voir son site.

  4. 5 novembre 2008 at 22:50

    Merci Bruno pour m’avoir invité à Twitter mais… Je suis rentré un peu tard : la fête a été longue la nuit dernière ! Merci aussi pour ce beau morceau d’éloquence qui fait fortement écho aujourd’hui !
    Amitiés !

  5. 6 novembre 2008 at 00:47

    Ce sont vraiment les mots qui me sont venus à l’esprit en apprenant la victoire d’Obama. J’ai vraiment vibré comme rarement. Tant d’espoirs sur un seul homme, c’est trop… Non ?

  6. Mathilde CHEVALIER (3eme C)
    9 novembre 2008 at 19:16

    Je pense que les gens surestiment un peu Obama… Mais c’est peu être la preuve que la discrimination raciale est finie aux États-Unis !

  7. 9 novembre 2008 at 21:46

    Ne sois ni trop pessimiste (Barak Obama a de la volonté, laissons lui un peu de temps), ni trop optimiste (non, le racisme n’est pas mort, hélas !)…

  8. Galea
    21 janvier 2009 at 14:49

    Bravo !

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