Architecture et sculpture gothiques : cathédrale de Strasbourg (2)

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Images grand format avec zoom puissant avec repères sur un plan sur le site de l’Université Columbia : http://mappinggothic.org/building/1197#image/50976

IV. Les sculptures  de l’extérieur

Le croisillon du transept sud (1225-1240)

Le croisillon sud comprend les plus importantes sculptures du XIIIe siècle attribuées à un atelier dit du « maître gothique » du transept sud. Il y a une grande unité stylistique entre le Pilier des anges à  l’intérieur et les principales sculptures du double portail (Dormition, Église et Synagogue), hormis peut-être le Couronnement de la Vierge au tympan droit, moins raffiné.

A. Portail de Salomon, façade sud.

Il donne sur la place de Fronhoff (cour des corvées) : terme utilisé car c’est là qu’arrivent les charrois de pierres pour le chantier). Au XVIe siècle il y avait un cimetière d’où viennent les sculptures du « Mont des oliviers » (intérieur, transept nord, derrière la chapelle Saint Laurent).

Il s’agit du portail de la justice de l’évêque.  Ici les voussures sont des simples rouleaux sans figures. L’essentiel de la statuaire date du XIIIe siècle, elle est donc contemporaine du pilier des anges (croisillon sud côté intérieur). Douze apôtres qui étaient placés aux ébrasements  faisaient partie de l’ensemble mais ils ont été saccagés en 1793.

Voir image grand format ici :

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e7/Cathedrale-de-Strasbourg-IMG_1431.jpg

Iconographie :

– les deux tympans : Dormition de la Vierge à gauche : (lire les explications de Michel Pastoureau (Dictionnaire La Bible et les saints) :

https://photos.app.goo.gl/5QoiWnwRvszruqWA6

https://photos.app.goo.gl/kZhkmJbeV7ZCLXGX8

Cliquez sur les images pour agrandir :


Dormition de la Vierge

Marie, entourée des apôtres autour de son lit, le Christ accueille son âme sous les traits d’une petite fille. La servante au pied du lit serait Marie-Madeleine (originalité). Attitudes, gestes, physionomie, extrêmement expressifs. Les vêtements sont tellement plissés et légers, qu’ils sculptent le corps de façon détaillée.(on parle de « plis mouillés« )

Même naturel pour le Couronnement de la Vierge :

Composition plus symétrique, avec deux anges thuriféraires (portant l’encensoir).

Ci-dessus, aux linteaux à gauche : transport du cercueil de la Vierge à droite Assomption (montée au ciel) dans un drap tendu par deux créatures célestes. (reliefs du XIXe siècle).

– Entre les deux portes le roi Salomon, (XIXe) sur un socle, entouré des deux mères, tient l’épée de justice à la main gauche alors que la main droite symbolise la paix (Salomon signifie en hébreu « le pacifique »), la miséricorde.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4c/Strasbourg%2C_cath%C3%A9drale%2C_portail_du_jugement_dernier_%28portail_Sud%29_avec_roi_Salomon_et_Christ.jpg

Il annonce le Jugement dernier à l’intérieur (pilier des anges). Le Christ maître de l’univers (plus tardif) est au-dessus de lui.

– Ci-dessous:  Synagogue et Église datant de 1230-1240.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/91/Strasbourg_Cath%C3%A9drale_Notre_Dame_statue_de_la_Synagogue.jpg 

Synagogue, original, Musée de l’Oeuvre Notre-Dame. Voir expo virtuelle ici. C’est l’ancienne loi, tête baissée, lance-étendard  brisé. Au socle : meurtre d’Abel.

Église, copie, portail Sud :


L’Église triomphante est drapée dans un voile léger, tient le calice (nouvelle alliance -> le Graal) et l’étendard surmonté par la croix. (copie)

Style : influence de Chartres, de Reims, de Paris. Contexte général de « style 1200 » teinté de naturalisme et et ouvert aux influences de l’Antiquité.

Voir page sur la sculpture gothique :

https://lewebpedagogique.com/hida/2010/10/10/sculpture-gothique-xiiie-europe-dunord/

V. Architecture et  sculpture gothique à l’intérieur.

La structure interne de l’édifice : un jeu de poussées et de forces, une volonté manifeste d’ouvrir largement les parois à la lumière.

La nef est composée d’une unité de base qui se répète : la travée.

Élévation et coupe longitudinale d’une travée de la cathédrale de Chartres intérieur, et coupe transversale à l’extérieur.

ci-dessous vue de la nef à Strasbourg :

 

La voûte en croisée d’ogives est entre deux arcs doubleaux (=plus gros et qui traversent la nef).

On voit ici que le mur a pratiquement disparu. Les grandes arcades atteignent presque la corniche qui les surmonte. Au-dessus, que ce soit au niveau du triforium ou des fenêtres hautes, le mur a été remplacé par les vitraux.

Ainsi, l’essentiel du poids de la voûte est supporté par les six arcs qui composent sa structure, et qui retombent sur quatre piles. L’espace entre deux piles peut être évidé de la masse de pierres et donc ouvert à la lumière. Les bas côtés reprennent le principe de la voûte en croisée d’ogives.

Les piles qui séparent le bas-côté de la nef centrale ont une section énorme, mais leur division en colonnettes les rend plus élégantes et moins massives.

Évolution de la voûte gothique : de plus en plus spectaculaire !

Le Pilier des anges ou pilier du Jugement dernier.

Sur l’iconographie du Jugement dernier lire Dictionnaire la Bible et les saints de M. Pastoureau :

https://photos.app.goo.gl/JbLxF427znzfZPci6

https://photos.app.goo.gl/KzzfL3zaiKcm1FeT7

Image grand format avec zoom puissant sur le site de l’Université Columbia : http://mappinggothic.org/building/1197#image/50976

(cliquez sur le plan à droite et glissez à gauche ou vers la droite pour vous déplacer dans et autour de l’édifice. Repérez les petites flèches autour du pilier des anges (transept sud) et cliquez sur elles pour voir les photos).

Le Pilier des anges attribué à un mystérieux Maître gothique du croisillon sud ( transept).

Détails :

Détail, Saint Mathieu. Entre 1225 et 1240. Cathédrale de Strasbourg.

A droite : Apôtres Saint Jean côté droit, Saint Marc côté gauche :

En haut, anges sonnant les trompettes de l’Apocalypse.

Enfin le Christ du Jugement dernier montrant les stigmates et entouré d’anges portant les « arma christi » (instruments de la Passion)

Attribué à un maître anonyme (on en a les marques lapidaires). C’est un chef d’œuvre du gothique rhénan. Douze statues ornent ce pilier sur une hauteur exceptionnelle de 18 m de hauteur.

Iconographie et composition du Pilier des Anges.

C’est une sorte de gerbe élancée, une colonne flanquée de quatre colonnes engagées (c’est à dire accolées sur la grande) de moindre diamètre. Dans chaque espace entre deux colonnes engagées, une colonnette engagée aussi est coiffée d’un chapiteau sur lequel reposent les statues des quatre évangélistes. Ils sont abrités dans des baldaquins (dais sculptés) aux motifs architecturaux (image de la Jérusalem céleste). Plus haut, sur des colonnettes cannelées, quatre anges « sonnent de la trompette » (Apocalypse de Saint Jean). Au dernier registre, trois autres anges portent les instruments de la Passion et le Christ sur le trône montre ses plaies. Chaque personnage semble être pris sur vif avec grâce, élégance et naturel. 

Les nationalismes du XIXe et du début du XXe siècle se sont disputé la paternité du pilier : allemand ? ou français ? Le principe de la colonne et de la statue engagée sur pilier est commun. Mais à Chartres les statues sont à l’extérieur, accolées aux piliers du porche et non pas à l’intérieur. La comparaison n’est pas pertinente d’autant plus que les « statues-colonnes » de Chartres sont beaucoup moins dégagées du fond et beaucoup moins animées.

Pilier et ébrasements du portail royal entre le portail central à droite, et le portail sud à gauche.

Interprétation. Pourquoi placer le thème du Jugement dernier dans le croisillon sud et de manière si originale ?

Rappelons que, depuis l’époque romane,  le Jugement dernier occupe le tympan central des églises. Voir p. ex. celui de l’abbaye de Conques :  http://www.art-roman-conques.fr/parcours1.html

Pour les uns c’est le fait que le programme iconographique était très ambitieux pour être placé ailleurs. D’autres avancent l’idée que la présence d’un simple pilier au milieu d’un espace vide n’était pas esthétiquement acceptable. D’autres enfin rapprochent l’iconographie du pilier avec celle du portail avec le roi juge Salomon du trumeau et celle du tympan du portail sud (côté droit) de la façade occidentale où figure également un Jugement dernier ainsi que la parabole des Vierges folles et des Vierges sages.

Tentateur et Vierges folles.

« L’Époux » (càd le Christ le jour du Jugement dernier) et les Vierges sages.

-> AInsi, l’ensemble du bas côté sud aurait ainsi un rapport avec le thème de la justice que rendait l’évêque devant le portail du croisillon sud (celui qui se trouve à côté du lycée, qui est en travaux) .

Quant aux aspects stylistiques, l’appartenance de l’ensemble sculptural daté des années 1230 -1240 au « style 1200 » n’est pas contestée.

Figures des apôtres (disparus) aux barbes à l’antique, vêtements également à l’antique avec de grandes draperies légères laissant apparaître l’anatomie. La ressemblance évidente avec l’Église et la Synagogue du portail du transept sud a fait penser qu’il s’agit du même artiste. L’expression des visages semble plutôt retenue.

L’ensemble des sculptures du jubé disparu.

Une remarquable statuaire rappelant les chefs d’oeuvre du style 1200 (proches de Reims et de la Sainte Chapelle à Paris) ornait le jubé (sorte de clôture sculptée et décorée qui séparait le choeur de la nef). C’est une galerie longue de sept travées s’ouvrant chacune sur la nef par un arc brisé surmonté d’un gâble. Huit apôtres et plusieurs reliefs ornaient la structure. Une Vierge à l’enfant avec Saint Jean Baptiste complétait l’ensemble de la statuaire (voir ci-dessous).

Atelier du jubé de la cathédrale de Strasbourg, Apôtres du jubé, détail (hauteur autour de 140 cm)  entre 1250 et 1275 (Musée de l’Oeuvre Notre Dame).

Vierge du jubé de la cathédrale de Strasbourg, (148.6 x 47 x 36.8cm) après 1250, grès polychrome, New York, Metropolitan Museum of Art, The Cloisters.

Située vers le centre du jubé, elle était surmontée d’une couronne tenue par des anges et tenait l’Enfant Jésus appuyé sur un rosier, symbole de la pureté de la Vierge et de l’incarnation. Un chef d’oeuvre du gothique strasbourgeois qui annonce les belles madones du XIVe siècle.

VI. Interprétation de l’iconographie et des aspects stylistiques.

Quel sens global donner à ce programme iconographique ?

L’aspect moral est mis en avant. La présence de la souffrance du Christ au tympan central montre une évolution du sentiment religieux vers la compassion.

Au portail gauche l’enfance du Christ, au centre sa mort, sa résurrection, son ascension et au portail droit son retour pour le Jugement dernier. Les douze prophètes « christophores » l’ont annoncé dans l’Ancien Testament. Mais la Vierge est aussi mise en avant en occupant le trumeau du portail central.

Si les thèmes n’ont rien d’exceptionnel pour la cathédrale gothique (surtout rhénane), l’emplacement de certains thèmes est original : la Passion au tympan central et non pas le Jugement dernier p. ex, les Vierges folles et sages par des statues au portail droit…Les apôtres et les saints ne sont pas présents aux ébrasements mais à la galerie au niveau du beffroi (et au portail du transept sud d’où ils ont disparu à la Révolution.

C’est finalement la psychomachie (fonction tropologique, càd. instructive pour le fidèle, prônant la lutte contre les mauvais penchants contexte du XIIIe siècle : lutte contre l’hérésie cathare ) qui semble constituer un des thèmes principaux avec la venue du Christ annoncée par les prophètes. L’ensemble des figures de saints et de prophètes situées dans les voussures ainsi que la Vierge intronisée du double gâble central constituent une glorification de la Vierge Marie, reine du Paradis placée également au trumeau du portail central.

 Approche stylistique : quelle place dans le passage du Moyen age à la Renaissance ?

Attention, plusieurs sculptures sont des copies du XIXe de très bonne qualité : tympans droit et gauche, plusieurs scènes du tympan central, voussures. Les rondes-bosses originales (Eglise, Synagogue) sont au musée de l’œuvre Notre-Dame.

Les sculptures de la cathédrale de Strasbourg sz placent au croisement de plusieurs influences : rhénane ou germanique (cathédrale de Bamberg en Bavière : chef d’œuvre du gothique allemand) mais aussi française (Reims).

Cependant, l’ensemble de la statuaire strasbourgeoise est d’une grande originalité. L’arrivée du « maître » gothique inconnu entre 1220 et 1225 auquel on doit les merveilleux programmes du transept sud (PIlier des anges, Synagogue, Dormition) marque une première rupture stylistique. Il s’agit d’influences françaises (Reims, Paris) de ce qu’on a appelé le « Style 1200 ». (voir cours général sur la sculpture gothique). Si la notion de « Renaissance » est définie comme un retour à l’Antiquité et une imitation de la figure empreinte de naturel des personnages, (tendances qu’on appelle aussi « classique »), le Pilier des anges et les statues et reliefs du transept sud (Dormition, Synagogue) sont assurément les plus « classiques » de toute la cathédrale.

Notre-Dame de Paris (voir portail central ici) et Reims (cliquer sur « portails occidentaux ») sont certainement à évoquer comme sources d’influences en particulier pour certains vêtements ou attitudes. 

Mais les figures de Strasbourg sont beaucoup plus expressives : attitudes, chevelures, barbes, physionomies, mains, vêtements : sont rendus avec une expressivité exagérée (cf. Prophètes, Vierges folles, Apôtres de la Dormition). Des exemples existent aussi à Troyes, et surtout à Bamberg et à Naumburg (voir exposition récente sur le « Maître de Naumburg, article Wikipedia et sur Web Gallery of art) dans le Saint Empire. (voir Diaporama)

-> La datation est donc difficile : pour certains  1250-55, pour d’autres 1270-1290 ou même 1280-1300 (Roland Recht).

Mais ce retour à l’antique sera éphémère.

Alors que l’abbé Suger était nourri de culture antique au XIIe siècle, à partir de la 2e moitié du XIIIe les élites nobiliaires tournent le dos à l’antiquité. Le sentiment religieux semble rechercher la proximité avec un Christ souffrant plutôt qu’une image idéalisée du sacré inspirée de l’antique. Les sculpteurs recherchent davantage d‘expressivité, les figures s’allongent et les corps prennent des positions plus affectées, loin de l’équilibre et du contrapposto antiques, comme le montrent les prophètes du portail central à Strasbourg. Seule les « belles Madones », semblent échapper au « réalisme » ambiant au XIVe siècle.

Les sculptures de la façade occidentale datent essentiellement de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècle (première pierre posée en 1274). Un retour à une sculpture plus médiévale, plus austère s’opère ensuite dans la façade ouest (statues des étages supérieurs : Vierge en majesté, galerie des apôtres Christ du Jugement.

-> La cathédrale comprend aussi des sculptures gothiques tardives du XVe siècle de grande qualité .

Au XVe siècle la sculpture gothique marque de nouveau une évolution tout en restant largement médiévale (c’est à dire éloignée de l’idéalisme et de l’équilibre des modèles antiques). C’est surtout le « réalisme » des personnages (p. ex expressivité de l’ensemble du Mont des Oliviers au transept nord peut-être de Veit Wagner) et la recherche d’effets plaisants ou surprenants en s’inspirant du théâtre des mystères où l’on jouait les épisodes bibliques (cf. Rois mages du portail Saint-Laurent, bustes accoudés…) qui caractérisent cette sculpture spectaculaire.

Le chef d’oeuvre de cette période est la chaire, joyau du gothique flamboyant par Hans Hammer (et plusieurs autres sculpteurs dont Nicolas de Haguenau) vers 1470.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/bf/Pulpit_of_Notre-Dame_de_Strasbourg.jpg/682px-Pulpit_of_Notre-Dame_de_Strasbourg.jpg

(voir ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Strasbourg#La_chaire_de_Hammer

La chaire dite de « Geiler de Kayserberg » (prédicateur iconoclaste du XVe) porte la date 1485 et sa marque (ce qui nous renseigne sur la renommée de ce sculpteur).

Le chien supposé du prédicateur Jean Geiler sculpté sur la chaire.

Dais, arcs, niches, pinacles, statuettes décorent la « corbeille » et l’escalier selon le style du « gothique flamboyant ». 

Sur la corbeille, Christ en croix, apôtres, anges tenant les instruments de la passion. Les statues ne sont pas toutes du même sculpteur mais un peu partout nous sentons l’héritage de Claus Sluter et de Nicolas de Leyde.

La corbeille de la chaire.

VII. Généralités sur l’architecture gothique.

(à associer au texte de Roland Recht : la conclusion de l’ouvrage Le croire et le voir c’est ici).

– « Gothique » : terme du XIXe péjoratif.

– Art souvent résumé à ses formes « l’art ogival » et à l’arc brisé -> trop simpliste.

– C’est un système cohérent d’architecture qui vise à dégager les parois du poids des poussées et de la fonction porteuse. Il en résulte un espace transfiguré par la lumière et doté d’aspects symboliques.

La datation :

1er gothique (1150 – 1190), point de départ cathédrales du bassin parisien puis diffusion.

gothique classique (1190-1250),

rayonnant (1250-1350),

flamboyant (1350 – début du XVIe).

Dans l’art gothique : primat de l’architecture mais on ne doit pas négliger les autres arts (peinture et surtout sculpture).

Contexte social, intellectuel, mentalités : chapitre de la cathédrale (=commanditaire), standardisation de la taille des pierres, apparition de l’architecte (plans, dessins -> arts libéraux).

Les historiens de l’art et de l’architecture.

Les interprétations de l’architecture gothique ont beaucoup changé dans le temps entre rationalisme fonctionnel et formel autour des prouesses techniques réalisées par les architectes du gothique et essence symbolique en rapport avec la théologie, l’esthétique, l’image de la ville.

Roland Recht distingue deux tendances dans l’approche du gothique :

approche rationaliste dans la lignée de Eugène Viollet-le-Duc (Dictionnaire)

interprétation symbolique axée sur la lumière, les formes, loge…

– L’architecture du XXe siècle s’inspire du gothique (Gropius, Mies Van der Rohe)

 

   Erwin Panofsky souligne la rationalité :

L’architecture gothique résulte de trois facteurs essentiels qui ont présidé à sa mise en place :

           – pensée scolastique et spiritualité (Aristote Physique et Métaphysique)

           – aspects formels (voûte d’ogives, hauteur…)

           – aspects techniques (piliers, ouvertures…)

Nikolaus Pevsner :

le gothique est un nouveau « style » qui combine des éléments anciens (arc brisé, arcs boutants, croisée d’ogives, travée…) pour créer une nouvelle esthétique.
Le gothique offre une amélioration esthétique par la clarification et la lisibilité de la structure.

Animation des maçonneries statiques du roman, accélération du mouvement spatial, réduction de toute la structure à « un ensemble apparent de lignes de forces ».

  • Édifice irradié de lumière, libéré de la pesanteur, la cathédrale est une œuvre à la fois « immatérielle », symbolique, mais aussi un édifice religieux concret, un espace en rapport avec les besoins liturgiques vers plus de visibilité sous l’influence de Saint François d’Assise qui affirmait que le Christ était présent dans l’espace du culte. La nef devait être ce « chemin de vérité » qui mène à Dieu, dans le chœur où l’eucharistie se réalise.

Ainsi cette architecture nouvelle correspondait à la fois à des besoins spirituels et matériels profitant d’une évolution technique fondée sur la généralisation de l’arc brisé, de l’ogive, du pilier fasciculé permettant une grande élévation et un éclairage maximum.

Selon Roland. Recht, même si sa conception est très différente de celle de l’architecture renaissante, « la grande diversité des formes et des images, ce penchant gothique pour la totalité de ce qui existe non seulement dans la nature mais dans le cosmos, auront in fine préparé la soif humaniste de savoir à la Renaissance ».

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Auteur/autrice : Emmanuel Noussis

Professeur agrégé chargé de l'option Histoire des Arts en CPGE, Lycée Fustel de Coulanges, Strasbourg