Une ancienne du lycée, auteure primée !

Elsa Malkoun, ancienne « Illuminée », a obtenu le bac en 2021, et étudie aujourd’hui en classe prépa littéraire. Sa passion depuis toujours : écrire. Raconter, imaginer, rêver, s’exprimer, souvent sous forme de nouvelles, et dans des registres très variés.

Plusieurs de ses écrits ont été primés, lors de concours d’écriture, notamment.

Son texte récompensé en 2020 par le « Prix Maupassant de la Jeune Nouvelle », organisé par l’AMOPA90, est en ligne sur https://amopa-90.pagesperso-orange.fr/2020/Concours-Copie-Malkoun.htm : allez découvrir les aventures du pirate Loup-Rouge, pirate cruel et assassin, tout perturbé et surpris de découvrir la tendresse et la bonté dans le regard d’un petit enfant naufragé qu’il a recueilli…

Vous pouvez aussi lire les nouvelles de son livre L’Aurore,  paru en 2021 aux éds Sydney Laurent, livre disponible au CDI.

En attendant les prochaines publications !

A la recherche de la chapelle oubliée #2 les différentes pistes

Les Illuminés ne pouvaient renoncer à éclaircir le mystère… Après avoir fouillé les moindres recoins du net et du lycée, lu la page « histoire du lycée » sur le site de notre établissement, ils ont interrogé professeurs et autres personnes ressources puis commencé leur enquête.
M.Grosclaude et M.Sol ont été précieux, et ont apporté des images et des indices ; Mme Vacelet a quant à elle confirmé l’existence d’une chapelle, mais sans avoir aucune information sur le bâtiment.

Les Archives municipales de Belfort

C’est aux Archives que nous avons trouvé la première trace de l’existence de notre chapelle. Dans cet univers particulier, hors du temps, fait de silence et de délicatesse face aux documents témoins du passé, mains lavées, sacs déposés, avec des gestes lents et précautionneux pour ouvrir le dossier et déplier les documents sur une grande table.

Aux Archives de Belfort

Dans les dossiers numérotés 4M3-1 et 4M3-3, apparaissent lettres, plans, devis et factures, rapports. Au fil des années, autant d’aperçus de la vie de notre lycée, à travers les agrandissements, transformations, réparations, et événements qui s’y sont déroulés.

Les grandes dates sont repérables : 1873 première rentrée du « Lycée national », 1877 il faut déjà agrandir le lycée : construction du bâtiment du « Petit lycée » , deux guerres avec leurs lots d’événements (occupations des locaux, dégradations, fermetures ou déménagement temporaire du lycée, arrestations, déportations, etc.), 1964 construction de la restauration et du gymnase, 1972 construction du bâtiment de l’internat, 1992 construction du bâtiment Vie Scolaire/CDI/salle des professeurs, etc.

Une chapelle envisagée…

Un premier document nous présente une chapelle qui aurait pu exister, mais qui n’a évidemment pas été construite telle quelle. Le dessin d’architecte – dossier 4M3-1, aquarelles gris et rose sur du papier ancien, datant d’avant 1874 – semble indiquer qu’à sa construction, le lycée n’a pas encore sa célèbre forme en « H », mais seulement celle d’un « C » autour de la cour d’honneur. En place de notre actuelle « aile est » (reliée au petit lycée), aurait été envisagée la construction d’une chapelle très imposante, avec des frontons sculptés et des fenêtre à vitraux.

Esquisse de l’agrandissement du lycée de Belfort – détail 2 (4M3-1)

Et pourtant elle a existé !

Si rien ne retrace précisément la construction de la chapelle, nous découvrons pourtant un document attestant de son existence et de son fonctionnement au sein du lycée : le 13 mai 1911, l’aumônier du lycée, l’abbé Dauphin écrit au député-maire de Belfort pour signaler le délabrement de la chapelle du lycée, et demander à la ville d’intervenir pour blanchir les murs et réparer les fuites du toit, ce avant le 28 mai 1911, date de la première Communion de 28 élèves.

Lettre de l’aumônier du lycée au maire de Belfort, 13 mai 1911 (4M3-3)

Suite à cette demande, le 16 mai 1911, l’architecte municipal, directeur des travaux de la ville, fait son rapport au maire et propose d’exécuter le travail de blanchissage puis de réparer la toiture de la chapelle ; le 26 juin 1911, l’adjoint au maire signe le devis pour les travaux.

Délibération du Conseil municipal du 20 mai 1911 – Chapelle du lycée (4M3-3)

D’autres indices de son existence : la liste des dommages de guerre concernant la sacristie de la chapelle, qui nécessitent des réparations, du toit notamment : noue, ardoises (1919), une petite statue en plâtre de la Vierge retrouvée dans une cave du lycée, et deux harmoniums incomplets.

Harmonium retrouvé au lycée
Statuette retrouvée au lycée

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle a donc bel et bien existé, notre chapelle, au moins jusqu’en 1919  !!! Mais où était-elle ? Quand et comment a-t-elle disparu ? Le mystère reste entier !

Les hypothèses

Une des hypothèses situerait la chapelle dans le local de l’actuel atelier de menuiserie (au sous-sol de l’aile est, entrée côté cour du petit lycée… cependant en ce cas, comment expliquer qu’elle ait présenté des fuites dans la toiture ? Par ailleurs aucun plan ne la mentionne jamais dans les différents étages du bâtiment du lycée lui-même.

Alors dans un bâtiment séparé ? L’étude des photographies aériennes de la ville de Belfort (disponibles sur https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/photographies-aeriennes) et d’une gravure ancienne (retrouvée grâce à un document de M.Giroud, architecte) nous permet de faire cette hypothèse, en trouvant l’existence d’un petit bâtiment situé le long de l’actuelle aile est, dans la cour du petit lycée : ce bâtiment au toit reconnaissable pourrait-il avoir servi de chapelle ? En tous cas, il disparaît des photos vers 1959, mais nous n’avons pas trouvé d’autres informations pour l’identifier.

Elle est pourtant là

Pendant des semaines, les Illuminés ont arpenté le lycée pour chercher des indices, un vitrail, une fenêtre à la forme inhabituelle… sans succès.
Et pourtant la chapelle – en tous cas le bâtiment de la chapelle – était là.
Quasiment sous leurs yeux.

(à suivre)

A la recherche de la chapelle oubliée #1 Au travail !

Eh oui, comme tous les vieux bâtiments chargés d’histoire, notre lycée recèle des mystères… et des mémoires mystérieuses, comme cette légende de « la chapelle du lycée », transmise depuis des générations, sans qu’aucune information fiable puisse attester ou non de la réalité de la chapelle, ni de son emplacement supposé.
Lorsque cette année les élèves de 2°H, accompagnés de Mmes Drouot, Gechter et Onimus, se sont lancés dans le « Wikiconcours lycéen » en décidant de créer l’article Wikipédia sur le lycée Condorcet, ils ne se doutaient pas qu’ils allaient enfin percer le mystère de la chapelle !

Le Wikiconcours lycéen 2021

Tout a commencé par le concours. Objectif : améliorer un article existant sur Wikipédia, ou créer de toutes pièces un article sur un sujet nouveau. Un plongeon dans l’univers de Wikipédia, cette fois sous l’angle des contributeurs. Les élèves 2°H se sont répartis en groupes de travail, chacun avec un sujet déterminé et un objectif : écrire ou compléter des articles.

Les 2H au travail, février 2021

Qui n’a pas consulté Wikipédia, avec la petite méfiance concernant les auteurs et la fiabilité de l’information donnée ? Mais cette fois les élèves sont dans la peau des auteurs, et découvrent les exigences de Wikipédia : il faut des sources ! Une source qui atteste la véracité de chaque information que l’on apporte… Donc des livres, des articles, des sites, des documents d’archives etc.

Dans chaque groupe, le premier travail a donc été de chercher ces sources, de relever des informations fiables et méritant d’être introduites dans Wikipédia, et de rédiger les textes qui allaient être insérés dans les articles, avec les notes correspondantes.

A la recherche de sources

Pour ce qui concerne le lycée, une bonne source se trouvait sous nos yeux : la page « Histoire du lycée » sur le site du lycée, rédigée par deux enseignants d’histoire. Par ailleurs des livres, des articles, et surtout les informations collectées par Mme Vacelet, historienne, ancienne professeure au lycée, qui a beaucoup travaillé sur l’histoire de Belfort. Elle a bien voulu venir nous rencontrer au CDI, pour parler une fois avec les 2°H, une autre fois avec les élèves de l’Illuminé, et pour nous raconter l’histoire du lycée telle qu’elle la connaît à travers ses recherches sur le Territoire de Belfort et la ville de Belfort.

Intervention de Mme Vacelet au CDI, mars 2021

 

En complément de toutes ces informations, une élève de Terminale est allée avec Mme Onimus aux Archives municipales découvrir sur place les dossiers concernant l’histoire du lycée : des documents à manipuler avec délicatesse, des papiers jaunis datant de près de 150 ans, des plans à l’aquarelle et à la plume, des témoignages impressionnants de la vie passée de notre grande bâtisse et de ses occupants au fil des années.

Avec tous ces documents, les histoires entendues de la bouche de Mme Vacelet, les informations lues, les élèves ont rédigé.

En tout, ce sont six articles de Wikipédia qui ont été réalisés ou améliorés, et qui représentent notre participation au Wikiconcours lycéen 2021 : les articles sur la fosse des Mariannes, la littérature policière japonaise, Gege Akutami, Léon Deubel, Dominique Manotti, et le lycée Condorcet de Belfort.

Les résultats du concours ont été publiés le 26 mai, nous n’avons pas gagné, mais nos articles sont en ligne, et notre lycée est le seul lycée belfortain à avoir un article sur wikipédia (celui du lycée Follereau étant incomplet et ancien).

En attendant la suite des aventures des chercheurs de chapelle, allez donc découvrir l’histoire de notre lycée sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Lycée_Condorcet_(Belfort).

(à suivre)

La robe de ses rêves – épisode 3 (suite et fin)

Marie, flattée du choc que produisait son accoutrement, resta au côté de la vieille femme en attendant qu’elle reprenne ses esprits. Une voiture passa devant elle et l’homme au volant ouvrit de grands yeux accusateurs en disant à ses enfants sur la banquette arrière de ne pas regarder. Ce que les enfants firent alors instantanément avec curiosité. Marie, surprise, regarda sa robe et, ne lui trouvant rien de vulgaire ou de provocant, passa outre.

Quelques minutes plus tard, une porte s’ouvrit derrière elle. Un homme de son âge vêtu d’un costume bleu très chic apparut. Il fit calmement un tour du regard de sa droite à sa gauche. Quand il eut terminé la rotation de sa tête, il vit Marie et sursauta, soudainement perdu et révolté.
Il balbutia avec de gros yeux indignés :
« Mais… mademoiselle, enfin… Il fait chaud, je vous l’accorde, mais ce n’est pas une tenue convenable pour se promener en ville ! N’avez-vous rien à vous mettre ?
– Ma robe est tout à fait convenable, monsieur ! Je ne vois pas ce qu’elle a de si choquant ! répondit Marie, frustrée.
– Mais enfin, vous délirez ! s’exclama-t-il, outré. Vous ne portez pas de robe ! Vous êtes on ne peut plus nue, avec une paire de chaussures noires !
– Je suis… toute nue ? Ma robe… n’existe pas ? prononça faiblement Marie, soudainement rougissante et pudique.
– Peut-être dans votre imagination, mais en l’occurrence, vous êtes vraiment nue et tout le monde se moque de vous ! » fit-il en désignant un groupe de personnes qui ricanaient allègrement.

Alors, Marie, décontenancée, s’évanouit au côté de la vieille dame, et le jeune homme, bien embêté, resta planté là devant ces deux femmes qui dormaient paisiblement à ses pieds.

Elsa Malkoun  TG5

La robe de ses rêves – épisode 2

Elle en avait vu une, la plus fabuleuse de toutes, qui l’enivrait de joie plus encore que ce qu’elle avait déjà vécu. Sur le vêtement, elle semblait percevoir des bribes de ses plus beaux rêves défiler en continu.
Tout à coup, un élan l’emporta et la projeta sur cette œuvre. Marie s’en empara et rentra chez elle en courant avec son habit dérobé. Arrivée dans son petit appartement, elle jeta la robe sur son lit et resta dressée devant elle, essoufflée, rouge et secouée de frissons précipités. Elle scruta cette chose avec délice.

Son précieux butin volé sortait de l’ordinaire. Elle pouvait le voir comme elle voyait son lit, mais pourtant, il semblait tout droit échappé d’un songe étrange. Cette robe venait sûrement de l’au-delà, d’un monde parallèle qui n’existait que dans son imagination… Marie était totalement fascinée, émue et attirée. Le vêtement étincelait, déversant de multiples couleurs surprenantes. Il semblait vivant et dans son vivant apeuré, agité, voulant trouver refuge quelque part.
Alors, Marie ôta violemment ses vêtements, les déchirant à moitié. Elle attrapa la robe et, soudainement calmée, l’enfila lentement, avec douceur. Le tissu était changeant lui aussi, parfois doux, parfois rugueux, lisse ou piquant. La texture était même parfois indécise sur certaines parties du corps et elle sentait alors son bras droit caressé alors que son dos la tiraillait. Cela lui donna envie de danser, de sauter. C’est ce qu’elle fit, en une euphorie soudaine, riant des chatouillements de la robe ou simplement de plaisir.
Elle vivait habillée de rêve. Son corps et son âme étaient en contact avec l’extraordinaire, mais elle se situait bel et bien dans la réalité, dans le même monde que tous ses semblables. Comblée, trouvant enfin goût à la vie, elle
décida de se montrer, envahie de bonheur, et de vivre avec son rêve en seconde peau.
Elle sortit de son appartement, avec pour seul vêtement sa robe féerique, et une paire de chaussures noires.

Elle n’eut pas froid, réchauffée par le soleil brûlant du mois de juin. Au croisement, au bout de sa rue, elle vit une vieille dame qui peinait à porter à bout de bras son cabas rempli de provisions. Elle accourut alors pour l’aider. Mais en voyant Marie, la grand-mère tomba en arrière en s’exclamant : « Doux Jésus ! » Elle était évanouie.

Suite au prochain épisode

Elsa Malkoun