Le filmque nos professeurs nous ont proposé le 26 février2010 , « Je vais bien ne t’en fais pas », représente l’adaptation au cinéma du premier roman d’Olivier Adam, romancier discret, sensible, qui abordait dans cette œuvre, écrite à 27 ans, les thèmes de la disparition, de l’absence et du mal-être. C’est un film qui a reçu le prix TV5 Monde en 2006 et a été primé aux Césars en 2007: meilleur espoir féminin (Mélanie Laurent) et meilleur acteur dans un second rôle (Kad Merad)
Réalisation : Philippe LIORET Scénario : Philippe LIORET et Olivier ADAM Genre : drame familial Durée : 93 minutes Sortie : 6 septembre 2006 Principaux interprètes : Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier, Isabelle Renauld, Aïssa Maïga
Moi et mes collègues Ela, Oana et Andrada avons proposé à nos collègues de la XIe F une discussion sur ce film.
Nous avons récemment étudié pendant notre cours de français un fragment d’un roman qui nous a beaucoup surpris:Les Liaisons dangereuses. Ce chef-d’œuvre de la littérature françaiseest un roman épistolaire écrit par Pierre Choderlos de Laclos, publié en 1782 et qui narre le duel pervers et libertin de deux membres de la noblesse française du siècle des Lumières.
Il est connu que le roman de Laclos est un ouvrage éternellement ambigu, dans son contenu comme dans sa forme. L`auteur, devenu le rédacteur fictif, veut faire croire à la vérité de ces lettres et à l’existence des épistoliers, mais il ne faut pas oublier, il s’agit bien d’un roman, entièrement composé, inventé par son auteur. C’est pourquoi une convention tacite s’établit entre l’auteur et le lecteur, ce dernier ayant une grande liberté d’interprétation. La complexité des voix masque en fait une complexité plus profonde, celle des différents chemins féminins entrecroisés dans le temps comme dans l’espace.
Moi et Alexandra avons choisi de vous parler aujourd’hui de deux personnages féminins qui nous ont charmées, chacun à sa manière…
Mme de Merteuil n’est pas une simple libertine, elle est, avant tout, un esprit. Toutes ses actions sont motivées par un seul but : se venger, des hommes, de la société: « Quand j’ai à me plaindre de quelqu’un, je ne persifle pas, je fais mieux, je me venge. » Ce moteur est le ressort tragique du roman, à la manière des tragédies raciniennes; il agit comme un ressort psychologique à l’intrigue, détermine toutes les actions du personnage, concentre toute son énergie, et agit comme un élément dramatique, implacable et funeste. L’erreur de la Marquise consiste à croire qu’elle a atteint la liberté grâce un exploit si peu féminin, la suppression de tout sentiment du plaisir amoureux. Elle porte dans sa haine de l’amour, le germe de son malheur, et son destin nous montre que le réel danger n’est pas dans la perte de la réputation, si facile à faire ou à défaire, mais dans le mal d’amour, qui mène à la mort.
Le statut de Madame de Tourvel est unique dans le roman. Elle représente, par les assauts amoureux répétés de Valmont, la figure traditionnelle de la citadelle assiégée des romans épistolaires, la légitimation de la résistance étant fondée sur le sentiment d’une estime personnelle. A cet égard, Mme de Tourvel ressemble à la marquise de Merteuil : toutes les deux refusent d’être rabaissées par les hommes car elles jugent que leur caractère les place au-dessus d’eux. Dans la lettre 56 la jeune femme définit son projet d’existence « Je suis heureuse, je dois l’être ».
Les liaisons dangereuses sont, en fait, le lien social lui-même et ses effets destructeurs sur l’individu, dans une société dominée par deux conformismes opposés et complémentaires : la pruderie et le libertinage. Tous deux sont présentés comme réducteurs et destructeurs pour l’individu, l’un par sa négation du corps, l’autre par sa négation du cœur et de l’âme.
Notre reconnaissance est réservée à Mme Ioana Bogățan, directrice du Théatre Prichindel d’Alba Iulia qui a eu la bienveillance de nous prêter pour quelques heures les deux robes merveilleuses. En les portant, nous nous sommes senties vraiment à l’époque de Laclos. Même dans un bâtiment du XXe siècle…
Pelin et moi, on a fait une interview avec notre professeur de maths qui s’appelle M. Mohamed sur la lecture. Comme il est professeur de maths l’interview a été particulièrement intéressante car on ne pensait pas avant qu’il lisait autant !
Je veux vous parler d’un poète français que j’ai découvert il y a peu de temps et qui me plaît beaucoup. Il s’appelle Jacques Prévert. Si vous ne le connaissez pas (encore ou suffisamment), je vous conseille d’aller sur l’excellent site : http://xtream.online.fr/Prevert
Comment j’ai découvert Prévert?
Ma professeur principal, qui est aussi une de mes professeurs de français, m’avait proposé en février de préparer une lecture dramatisé du poème « Déjeuner du matin » (« Paroles », 1946) pour le spectacle de musique et poésie « Scène francophone » (spectacle qui a déjà une belle tradition dans notre établissement). Au début, je n’avais pas goûté ce « déjeuner », je trouvais le poème un peu ennuyant. Puis, après avoir écouter quelques interprétations professionnelles, j’ai commencé à le voir autrement et …à l’aimer. Aujourd’hui, je vous l’offre avec mes meilleurs vœux printaniers :
Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s’est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu’il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j’ai pris
Ma tête dans ma main
Et j’ai pleuré
A cette occasion, nous avons découvert Ebru Yavuzkal, une femme poète turque francophone. Elle est diplômée de Sainte Pulchérie et a écrit un recueil de poésie bilingue français-turc : Ils existaient tellement que nous n’étions plus…, aux éditions GiTa (2008). Les poèmes sont très courts et plutôt mélancoliques (thèmes de l’absence et de l’oubli).
Voici les enregistrements de Pelinen français et en turc du poème »En morceaux »…
Ecoutez et comparez la différence de »dramatisation » entre la version française et la version turque !
Thèmes :la religion catholique, la mort, la famille, la satire sociale, l’avarice, la vie rurale, l’amour des animaux, l’égoïsme, l’éducation des enfants
Comment parler des choses simples ? Des cœurs simples ? En jouant avec les mots. Gustave Flaubert l’a fait d’une manière fascinante. Toute élégance purement ornementale du style, tout effet superflu a disparu dans ce récit à titre émouvant. Pourquoi un tel titre ? Parce que le personnage principal de cette nouvelle, Félicité, une jeune paysanne sans instruction qui entre au service d’une veuve de la bourgeoisie de Pont-l’Evêque, Madame Aubain, est très naïve et très modeste. Elle se dévoue complètement au service de cette famille et s’attache plus particulièrement aux deux enfants. Le temps passe et elle perdra successivement tous ceux qu’elle aime : Virginie Aubain, son neveu Victor, son perroquet Loulou et sa maîtresse, Mme Aubain. Elle finit sa vie seule, dans sa chambre insalubre. Elle meurt le jour de la fête-Dieu, heureuse de retrouver au Paradis son perroquet qu’elle assimile au Saint-Esprit. J’ai été émue en lisant l’histoire de cette femme simple qui travaille beaucoup pour peu d’argent, qui a si peu d’exigences dans la vie et qui ne sait pas rêver. Je me suis demandé pourquoi Flaubert lui a donné ce prénom, car Félicité n’a jamais connu le bonheur. C’est vrai, sa naïveté et sa bonté naturelle lui permettent de se croire heureuse. Même si l’histoire est simple et courte, on s’attache à Félicité et on éprouve de la compassion pour ses malheurs.
J’aimerais bien voir le film homonyme de Marion Laine qui a reçu récemment le Prix Jacques Prévert 2009 dans la catégorie Meilleure adaptation littéraire. Pour le moment, il est introuvable à Alba Iulia… J’ai pu voir, pourtant, la bande-annonce et je veux la partager avec vous :
A la fin du premier semestre, notre professeur de français nous a présenté le blog du projet « Lectures partagées ». Nous avons beaucoup aimé l’idée de partager nos lectures avec des jeunes de notre âge. Voilà pourquoi nous avons décidé de rejoindre l’équipe du projet…
Pour nous présenter, chacun d’entre nous a préparé un document inspiré d’un questionnaire célèbre (vous allez le reconnaître, sans aucun doute…). Pour lire ma présentation, cliquer sur mon nom:Anda
Raluca et Marius se présentent à l’aide d’un diaporama.
On vous présente un livre qui s’appelle « L’anti-livre de lecture ». Son auteur est Elisabeth Brami.
Le slogan de ce livre est « Vous détestez lire? Vous risquer d’adorer. »
Dans ce livre, il ya 365 passages des livres de nombreux auteurs qui sont très différents, français ou étrangers, classique ou contemporains : Colette, Edmondo de Amicis, Anne Frank, Anna Gavalda, Jean-Paul Nozière, Raymond Queneau, Mark Twain, Gustave Flaubert, Sempé, Marcel Pagnol, Jean Paul Sartre, Charles Dickens…
Le livre commence au mois de septembre et finit à la fin du mois d’août : on peut lire tous les jours un extrait différent.
Son illustrateur est Claire Faÿ : Le livre a beaucoup d’illustrations et grâce à ces illustrations le livre devient plus amusant.
Après chaque extrait, on peut voir quelques questions amusantes.
Voici quelques extrait du livre sur le sujet de l’école et de l’enfance :
(Gustave Flaubert-Madame Bovary)
- Levez-vous, reprit le professeur, et dites-moi votre nom.
Le nouveau articula, d’une voix bredouillante, un nom inintelligible.
- Répétez !
Le même bredouillement de syllabes se fit entendre couvert par les huées de la classe.
- Plus haut! cria le maitre, plus haut !
Le nouveau, prenant alors une résolution extrême, ouvrit une bouche démesurée et lança à pleins poumons, comme pour appeler quelqu’un, ce mot :
Charbovari.
(Chris Donner-Emilio ou la petite leçon de littérature)
- Je crois que votre fils Henri essaie de se rendre intéressant avec sa maladie respiratoire. Ma mère s’est mise à chercher partout mon flacon de Ventoline que j’avais fait exprès de ne pas emporter pour que la crise soit plus grave et qu’Anais soit impressionnée par l’arrivée de l’ambulance.
(Charles Dickens-Les grandes espérances)
Je m’escrimais avec l’alphabet comme avec un buisson de ronces, et j’étais très fatigué et très égratigné par chaque lettre. Ensuite, je tombai parmi ces neuf gredins de chiffres, qui semblaient chaque soir prendre un nouveau déguisement pour éviter d’etre reconnus. Mais à la fin, je commençai à lire, écrire et calculer, le tout à l’aveuglette et en tâtonnant.
(EPHEMERE, Tulû Altintas / musique : « Miss You » , du groupe Trentemøller)
Le concours de Poésie en Liberté demeurera décidément l’une de mes plus belles aventures, l’un de mes plus longs voyages; j’aurais aimé le définir ainsi : « Expérience de ma jeunesse »…
Mais, j’ai craint que ce soit la définition faible et invraisemblable pour la simple raison que les expériences durent moins longtemps, et que les aventures vous marquent au fer rouge.
Je vous conseille vivement de tenter votre chance; voir votre poème publié dans une anthologie venant de France vous donnera le sourire ainsi que le courage dont vous avez besoin pour le reste de votre vie à chaque fois que vous tiendrez entre le pouce et l’index, un stylo aussi noir que le mien.
A essayer.
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Note des enseignants :
Tulû a fait partie l’an dernier des élèves dont les créations poétiques ont été sélectionnées pour l’anthologie du concours Poésie en liberté, parmi 5000 poèmes reçus à l’internationale.
Temps de cuisson : Un soir (l’arrivée de Claire à sa maison)
Les ingrédients:
6 kilos de Claire
125 gr de Loïc
1 kilo de mère
1 kilo de père
2 cuilleres de curiosité
Un zeste de guitare
1 verre de larmes
Une pincée de lettres
6 litres de souvenirs
2 sachets de photos de Loïc
La préparation:
Claire est rentrée de ses vacances d’été mais son frère a quitté la maison à cause d’une dispute avec son père. Claire ne croit pas à cette dispute et elle commence à chercher son frère …
Pour vous donner envie de lire ce livre, écoutez ces passages-clés du roman:
« -Mais qu’est-ce qui s’est passé ? demande Claire.
-Ton père et ton frère se sont disputés. Ton frère est parti. C’est complétement con cette histoire. Ton père a dit des choses qu’il ne pensait pas. Il regrette. C’est juste qu’il a été un peu surpris. Il n’a pas su comment réagir. Tu comprends ? Ne t’en fais pas. Loïc va revenir. Il a dit qu’il ne voulait plus jamais nous voir, mais c’est sur le coup de l’énervement. Et puis, il ne pourra pas se passer de toi longtemps.
« Dans la maison tout est si rangé. Depuis qu’elle est partie, à la suite de Loïc, tout semble figé. Rien n’a bougé. Comme si tout avait été laissé à l’abandon, mais sans la moindre poussière. [...] Personne n’a osé toucher à quoi que ce soit. Il y a des livres partout. Sur la table de nuit, une petite pile, avec au-dessus un volume ouvert, retourné. Loïc est parti il y a deux ans. Il avait dix-huit ans, Claire en avait vingt. Mais Loïc a toujours été le grand frère. Il a même eu son bac avant elle. Il avait un an d’avance, Claire a redoublé deux fois : la quatrième et la seconde. »
« Claire ne prend pas ses cachets. Sa peau est blanche, presque violette. Ses pommettes sont pointues. Elle parle de moins en moins. Elle est allongée. C’est le matin. Elle pense à mourir. Elle entend la voiture, se lève, voit le facteur. Elle tend l’oreille, comme tous les matins. Sa mère est sortie, a ouvert la boîte.La porte claque? La voix d’Irène s’élève.
Il y a une lettre pour toi, Claire. Claire dévale les escaliers. Elle ouvre. Elle éclate. On ne sait pas exactement de quoi. Elle rit, elle pleure en même temps. C’est Loïc, elle crie, c’est Loïc. Il va bien. Il est en Bretagne. Il va bien. Il pense à moi. Il va bien. »
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Ce livre a été adapté au cinéma en 2006 et a été récompensé par deux Césars en 2007, dont celui du meilleur espoir féminin pour Mélanie Laurent. Différences par rapport au livre : Claire s’appelle Lili et Loïc est son frère jumeau.
Ce blog est l'espace d'échanges entre les élèves du lycée Horea, Cloşca şi Crişan d'Alba Iulia (Roumanie) et les élèves du lycée bilingue Sainte Pulchérie d'Istanbul (Turquie). Basé sur le partage de lectures et la réalisation de productions multimédia destinées à susciter l'envie de lire en français, ce blog est le vôtre,
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