Prévenir les violences dans le couple dès le lycée : le violentomètre

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Je relaie aujourd’hui l’outil créé par le Centre Hubertine Auclert à la demande du Conseil Régional d’Ile de France, et baptisé : le violentomètre. Excellent support à la discussion, il est à diffuser auprès des lycéens, filles comme garçons, afin de prévenir certes les violences faites aux femmes, mais plus largement les violences au sein du couple. Rappelons les tristes chiffres officiels : au cours d’une année, 219 000 femmes de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire intime (mari, concubin, pacsé, petit-ami ; ancien ou actuel ; cohabitant ou non). Le sujet est donc incontournable.

Le Violentomètre propose trois grands paliers avec des indicateurs, pour permettre aux jeunes de repérer que…

1. La relation est saine : 

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2. Il y a de la violence :

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3. La personne est en danger :

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Comme pour la prévention du harcèlement ou des conduites à risques, l’école ne doit pas laisser cette question à la porte au prétexte qu’il s’agit de l’intimité ou de la vie privée des élèves. Il faut au contraire les accompagner pour apprendre à tisser des relations saines, repérer les relations toxiques, et savoir comment réagir ou vers qui se tourner en cas de difficultés.

Nathalie Anton

Santé mentale des adolescents : un champ à investir

L’émission Etre et Savoir, diffusée le 14 octobre dernier sur France Culture et consacrée à la santé mentale des jeunes, soulignait « l’urgence d’agir ». En témoignent les chiffres alarmants donnés par le psychiatre David Gourion, qui était ce jour-là l’un des invités de Louise Tourret :

« Chez les adolescents et les jeunes adultes, un individu sur quatre est en situation de souffrance psychique et la majorité d’entre eux n’a aucune aide. (…) La dépression est l’un des facteurs les plus fréquents de décrochage scolaire. » (1)

Un rapport de synthèse du réseau européen des ombudsmans des enfants (ENOC) indique en outre que « selon le troisième rapport de l’Observatoire national du suicide (ONS), en France, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans, après les accidents de circulation, et représente 16 % des décès de cette tranche d’âge en 2014. » (2) 

Faible prévention, difficultés de dépistage (à l’école, l’infirmier scolaire est souvent en charge de plus de 1000 élèves), difficultés d’accès au soin (le nombre de pédopsychiatres est insuffisant et les psychologues ne sont pas remboursés), difficultés de prise en charge (malgré la loi du 11 février 2005, l’école peine à accueillir les élèves en situation de handicap physique et mental)… les ombres au tableau énumérées dressent un portrait bien noir de la situation.

Face à ce triste constat, les deux autres invitées de l’émission – Brigitte Accart, Secrétaire générale du Syndicat national des infirmiers et infirmières éducateurs de santé, et Geneviève Avenard, Présidente du Réseau européen des défenseurs des enfants-, s’accordaient avec David Gourion pour pointer, certes, un problème de moyens, mais aussi de culture.

En effet, la pression de réussite scolaire (véhiculée par les enseignants et les parents) conduit à accroître l’anxiété chez les élèves. Au lieu de s’attacher aux compétences acquises et aux efforts individuels fournis, l’évaluation classe encore trop souvent les élèves les uns par rapport aux autres, en émoussant l’estime et la confiance en soi.

En outre, le manque de temps et d’espaces de parole disponibles en dehors de la classe nuisent à la création d’un climat de confiance entre les jeunes et les adultes.

Promouvoir le développement d’un climat scolaire bienveillant, axé sur l’acquisition des compétences socio-émotionnelles (ou psychosociales) est ainsi essentiel. Geneviève Avenard citait pour conclure cette recommandation formulée par un groupe de jeunes conseillers européens (3) à laquelle nous ne pouvons que souscrire ;

« Le système d’éducation devrait être modifié dans le but de donner autant d’importance  au développement émotionnel de l’enfant qu’à e sons succès scolaire qui ne devrait pas être le seul objectif. »

Nathalie Anton

(1) La fragilité psychique des jeunes adultes : 15-30 ans : prévenir, aider et accompagner, David Gourion, Odile Jacob, 2015.

(2) La santé mentale des enfants et des adolescents en Europe, rapportENOC, septembre 2018.

3) « Droits de l’enfant et bien-être, promouvoir la santé mentale« , conférence organisée par le réseau européen des défenseurs des enfants (ENOC) les 19 au 21 septembre 2018 à Paris.

Illustration : Le Combat ordinaire, Manu Larcenet, Edition Dargaud (2003).

Anticiper les comportements à risques des ados

Avec l’arrivée des beaux jours et la fin de l’année qui approche, il est compréhensible que les adolescents aient envie de fêter cette année scolaire qui s’achève et bientôt, je l’espère, des résultats d’examens à la hauteur de leurs attentes.

Dans une optique de prévention des conduites à risques, je voudrais cependant partager avec vous les explications éclairantes apportées par la neurologue américaine Frances E. Jensen, dans son l’ouvrage intitulé The Teenage Brain, a Neuroscientist’s Survival Guide to Raising Adolescents and Young Adults.

Cette professeure de l’Université de Pennsylvanie (UPENN) pose cette question qui interpelle beaucoup d’adultes : pourquoi les adolescents sont particulièrement prompts à entreprendre des actions irréfléchies et dangereuses ? Voici sa réponse :

“Parce que leurs lobes frontaux sont encore faiblement connectés aux autres régions de leur cerveau, les adolescents ont plus de difficulté que les adultes à exercer un contrôle vis-à-vis des situations à risques, à les évaluer et à en envisager les conséquences.” 

Frances Jensen ajoute que même si les capacités de raisonnement sont pleinement développées à l’adolescence, la recherche de gratification prend le pas sur l’évaluation des risques, conduisant les jeunes à des actions impulsives parfois regrettables sur le plan de leur santé ou de celle de leurs camarades :

« Les recherches montrent que facteur prédictif le plus important à cet âge n’est pas la perception du risque, mais l’anticipation du plaisir malgré le risque. »

Elle insiste donc sur l’importance cruciale des discussions que les parents et les enseignants doivent avoir en amont avec eux sur les situations à risques, pour les aider à anticiper les choix les plus raisonnables à faire et ainsi mieux réagir le moment venu : « Que faire si un de tes copains a trop bu et qu’il ne répond plus à aucune stimulation ? » ; « Que faire si le conducteur de la voiture est ivre, mais que tu as toi-même bu et que tu as peur d’appeler tes parents ? », etc.

Le fait d’imaginer, à froid et à tête reposée, divers contextes potentiellement périlleux, et de mesurer les meilleures options possibles, donne aux ados des stratégies qu’ils pourront ensuite remobiliser.

Frances Jensen nous rappelle enfin que même si ce rôle peut déplaire, il appartient aux adultes de poser les limites que les adolescents ont naturellement du mal à s’imposer à eux-mêmes.

Nathalie Anton

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