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Victor Cousin et Joseph Fourier

jeudi, février 9th, 2017

Victor Cousin et Joseph Fourier

Victor Cousin a succédé à Joseph Fourier au siège numéro cinq de l’Académie française. Suivant la tradition, à sa prise de fonction, il a prononcé un éloge de son prédécesseur. Victor Cousin a fréquenté Joseph Fourier entre 1825 et 1830. Outre l’éloge, on retrouve dans l’édition de ses œuvres complètes les souvenirs qu’il a gardé de Joseph Fourier sous forme de  Notes additionnelles.

Victor Cousin

   Les notes additionnelles sont beaucoup plus riches et documentées que l’Eloge. Les détails qu’elles fournissent, quand ils ne sont pas de première main, sont puisés aux meilleures sources. Manifestement, elles ont alimenté les biographies ultérieures de Joseph Fourier. Elles se divisent en six notes :

  1. Jeunesse de M. Fourier jusqu’a son départ pour l’Egypte.
  2. M Fourier en Egypte, et la préface de la description de l’Egypte
  3. M. Fourier, préfet de l’Isère.
  4. 1814 a 1815. Les Cent Jours. Bureau de statistique de la préfecture de la Seine. L’Académie des sciences. L’Académie française.
  5. Mes relations avec Fourier pendant les dernières années de sa vie.
  6. De la Théorie de la chaleur.

            Sur ce site, nous avons évoqué comment les calculs de Fourier s’introduisirent dans la détermination de l’âge de la Terre. Fourier lui-même ne s’est, jamais exprimé sur ce point et, après sa mort, en 1830, Arago dira : « …parmi les formules de Fourier, il en est une, destinée à donner la valeur du refroidissement séculaire du globe, et dans laquelle figure le nombre de siècles écoulés depuis l’origine de ce refroidissement. La question, si vivement controversée, de l’ancienneté de notre terre, même en y comprenant sa période d’incandescence, se trouve ainsi ramenée à une détermination thermométrique. Malheureusement ce point de théorie est sujet à des difficultés sérieuses. D’ailleurs la détermination thermométrique, à cause de son excessive petitesse serait réservée aux siècles à venir.»

     La discrétion d’Arago et de Fourier s’explique en se replaçant dans l’esprit de l’époque : l’église s’en tient encore à la lettre de ce qui est écrit dans la Bible. L’exégèse du moine, Ussher, dans les années 1650, avait fixé à 4004 avant Jésus-Christ la date de la Création. On comprend combien le mot prêté à Bonaparte : « Du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent. » est iconoclaste. Bonaparte disait à sa manière que le travail Jéhovah de créant l’homme et la femme au jardin d’Eden a sans doute été perturbé par les coups des carriers qui à la même époque bâtissaient les pyramides.

     Les compétences de Fourier en matière de calcul laissent penser qu’il a pu tenter un essai de datation. Fourier garde là-dessus un silence pudique, mais il s’ouvre tout de même des résultats à Victor Cousin qui écrit dans sa sixième note additionnelle : « Voulez-vous savoir, en effet, combien à peu près cette matière enflammée que fut la terre à son origine, a pu mettre de temps à se refroidir dans un degré appréciable ? Supposez-la échauffée à telle température qu’il vous plaira d’imaginer, et devinez ce qu’en ce cas il lui faudra de temps pour se refroidir tout juste autant que le ferait en une seconde une sphère d’un mètre de diamètre semblablement composée et semblablement échauffée. Quel nombre d’années répond, pour notre terre, à la seconde pour cette petite sphère ? Douze cent quatre-vingt mille années. Voilà pour nous l’équivalent de cette seconde. »

1 280 000 ans pour que la Terre se refroidisse de la même façon que le ferait une sphère d’un mètre de diamètre en une seconde. Nous sommes bien dans un ordre de grandeur actuellement admis pour l’âge de la Terre. Cette évaluation était absolument inadmissible du vivant de Joseph Fourier.

 

La famille Fourier

dimanche, juin 24th, 2012

La famille Fourier, par Pierre Le Clercq

Parmi toutes les personnalités qui virent le jour dans les limites de l’actuel département de l’Yonne, il en est une dont l’ascendance patronymique est encore méconnue. On s’est surtout intéressé à la biographie de Joseph FOURIER, grand mathématicien, baron d’Empire et membre de l’Académie française, mais ses ancêtres lorrains et icaunais n’ont suscité jusqu’à présent, sauf oubli de notre part, aucune recherche globale débouchant sur une publication. Il convenait donc de combler cette lacune.

 [… lire l’article complet de Pierre Le Clercq sur la  Famille Fourier, article publié dans le Cahier généalogique de l’Yonne n° V (1988) …

L’article conclut : ]

La famille FOURIER, dont le nom révèle qu’elle est issue, probablement, d’un ancien marchand de fourrage du Moyen Age, est originaire du duché de Lorraine avec, comme ancêtre connu le plus éloigné dans le temps, un FOURIER de la Renaissance dont on ne sait encore le prénom mais dont on est assuré qu’il fut inhumé à Roville-devant-Bayon, dans l’actuel département de Meurthe-et-Moselle. Cette famille, qui faisait partie des notables de la paroisse, fut ruinée entre 1584 et 1596, à l’aube du « petit âge glaciaire » et lors de la participation armée de Charles III, duc de Lorraine, aux combats que menait la Ligue catholique contre Henri de NAVARRE, héritier de la Couronne puis Roi de France. Ne pouvant faire face à leurs dettes, les FOURIER finirent par être expropriés de leur maison ancestrale et expulsés de Roville-devant-Bayon, le 27 mai 1618. De notables et riches laboureurs qu’ils étaient avant 1584, les FOURIER devinrent de simples manouvriers, à quelques kilomètres de leur paroisse d’origine. Là, ils subirent les affres de la guerre de Trente Ans, en 1635, mais survécurent et l’un d’eux s’installa comme charpentier à Raville-sur-Sanon, au nord de Lunéville. C’est son petit-fils, tailleur d’habits, qui quitta la Lorraine pour s’établir en Basse-Bourgogne, à Auxerre. Les fils de ce dernier devinrent eux aussi, pour la plupart, tailleurs d’habits, mais l’un d’eux, porté par le vent de l’Histoire, accéda à des fonctions et à des dignités que sa condition modeste, sous l’Ancien Régime, ne pouvait laisser présager. Les FOURIER ne vécurent à Auxerre, en fait, que pendant trois générations. On perd ensuite leurs traces…