Retour à Poésie

« Jonglerimes » de Michel Beau

Dans la nuit des âges
Dieu sur son nuage
ayant réfléchi
un matin se dit : 

-"Les écailles, au fond,
c'est pour le goujon. 

Le duvet -trouvaille-
sera pour la caille. 

Quatre pattes vont
très bien au mouton.

j'ai encor des ailes
pour les hirondelles,

et toutes ces dents
pour le caïman, 

mais plus rien -misère-
pour le ver de terre."

Depuis ce jour là,
Mon Dieu quel tracas ! 

le goujon d'argent
réclame des dents, 

la petite caille
rêve à des écailles

et le mouton bêle
pour avoir des ailes;

l'aronde acrobate
voudrait quatre pattes

et le caïman
pleure un duvet blanc.

Seul le ver tout nu
qui n'avait rien eu
se trouve très bien
dans ses souterrains. 

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