Archibald – document pédagogique Jardins et Patrimoine

La classe des CM1 de Rauzan nous fournit une nouvelle ressource. Il s’agit d’un document pédagogique visant à préparer la sortie à Sallebruneau.

Les élèves doivent aider le moine hospitalier Archibald à rejoindre la commanderie pour ensuite poursuivre sa route.

Ainsi, Archibald nous a en quelque sorte accompagné tout au long de la visite !

Pour le télécharger, c’est par ici >> Archibald

Les gravures des CE2-CM1 de l’école Deyries de Bordeaux

Voici un article transmis par la classe des CE2-CM1 de l’école Deyries de Bordeaux, présentant leur atelier gravure dans le cadre du projet Léo Drouyn, passeur de patrimoine. Merci et bravo à eux !

 

ATELIER GRAVURE AVEC CLEMENTINE PACE

Le 14 mai, Clémentine Pace, illustratrice et graveuse, est venue dans notre classe pour nous aider à réaliser une gravure à partir des croquis que nous avions faits à l’église Sainte-Croix.

Tout d’abord, nous avons scotché notre croquis sur une plaque de tetra pak. Après nous avons repassé au crayon à papier bien taillé les tracés de notre dessin pour le reproduire sur la plaque.

Ensuite nous avons creusé les traits une pointe sèche pour que l’encre passe bien dedans.

Puis nous avons étalé de l’encre avec un rouleau puis avec un pinceau sur la plaque de tetra pak.

Après nous avons essuyé la plaque avec un chiffon pour qu’il ne reste de l’encre que dans les creux.

 

 

 

 

 

 

Ensuite nous avons posé la plaque de tetra pak sur une feuille « spéciale gravure » humide, et fait passer la plaque et la feuille dans une presse entre du tissu feutré. Nous avons tourné la manivelle pour obtenir la gravure.

Pour terminer, nous avons fait sécher notre gravure sous de gros livres entre deux feuilles de journal pendant plusieurs jours.

 

Voici quelques-unes de nos œuvres :

La teinture végétale des CM1 de Rauzan

Les CM1 de l’école de Rauzan nous partagent leur expérience de la teinture végétale, merci à eux pour cet article !

Pour télécharger l’article, par ici >> teinture végétale

LES CM1 DÉCOUVRENT LA TEINTURE VÉGÉTALE ET LES EMPREINTES DE FEUILLES

UNE TEINTURE TRES ANCIENNE

Au Moyen Âge, on teignait les vêtements avec des plantes, des fleurs, des arbres. En classe, nous avons créé des teintures végétales comme à l’époque! Nous avons fabriqué du rouge avec de la garance et du jaune avec des pelures d’oignon. LEWIS et COLE

Mais on peut aussi utiliser des feuilles de vigne (jaune), la peau d’avocat (marron), la cerise (violet), le thé (marron)… AXEL

PREPARATION DES TISSUS AVANT TEINTURE

Utiliser du coton. Pour teindre du coton avec ces teintures végétales, il faut : faire chauffer et refroidir pendant une nuit les tissus trempés dans de l’eau et des galles de chêne.

La galle. La galle est une boule qui se forme autour des œufs pondus par des papillons dans le chêne. À l’intérieur, il y a tout ce qu’il faut pour que la larve grandisse. ZYAD

Quand les papillons sont assez grands, ils s’envolent. MATTHIAS

L’arbre fabrique cette galle pour se protéger. AURELIEN

La galle contient beaucoup de tanin, indispensable à la fixation de la teinture.

L’alun. Ensuite, il faut tremper le coton dans un bain d’Alun bien chaud. Ce travail de préparation du tissu dure deux jours. Ensuite, on fait sécher le coton. On est prêts pour teindre ! PAUL et JULIETTE

TEINTURE TIE AND DYE

Avec notre carré de coton, nous avons fait du Tie and Dye.

Pour faire un trait, il faut plier le tissu comme un éventail et on bloque avec un élastique. Si tu mets des épingles, ça fera des pointillés. Pour faire un petit soleil, il faut mettre un caillou entouré d’un élastique bien serré et pour créer un grand soleil, il faut faire pareil et rajouter un autre élastique. MANU et SASHA

FINALISATION DE LA TEINTURE

Ensuite, on a plongé nos tissus dans la marmite avec la garance ou les peaux d’oignon. On est partis en forêt pour ramener des feuilles à l’école. CHAHID

Les marmites ont chauffé pendant au moins une heure. L’eau était bien chaude ! JOSEPHINE

BALADE EN FORET ET COLLECTE DE FEUILLES

Lors de notre balade, nous avons collecté des feuilles de six espèces d’arbres : l’érable, le marronnier, le cornouiller, le chêne, le noyer et le frêne. Nous avons aussi ramassé des fruits (noix, marron) pour le plaisir ! AURELIEN, LISE et MATTHIAS

Nous avons appris que la sève des arbres descend en hiver et remonte au printemps.  Si la sève restait dans l’arbre en hiver, elle gèlerait, se transformerait en glaçons et tuerait l’arbre. Avec la sève de l’érable, on fabrique du sirop d’érable que l’on peut mettre sur les pancakes. Nina nous en a fait goûter. C’est très sucré ! ETAN et IMANE

Tour de magie. Avec la feuille de cornouiller, c’est magique ! Quand on la déchire dou-ce-ment, la sève transparente, un peu élastique, tient l’autre partie de la feuille. Essayez de faire ce tour aux parents ou aux enfants ! LALY, KALANNA et CHARLY

EMPREINTES DE FEUILLES SUR COTON

On tape ! A notre retour à l’école avec nos feuilles, nous les avons utilisées pour faire des empreintes. Voici les étapes à suivre. Matériel : un tapis, une pierre de granit, un tissu de protection pour support. Ensuite nous plaçons nos feuilles à l’envers et posons notre tissu dessus. Nous tapons dessus avec un maillet afin que la sève trace la feuille sur le coton. Certains ont tellement tapé que la feuille est restée collée ! AXEL, LOLIA, NINA et ZOE M.

On baigne ! Après avoir imprimé les feuilles sur nos tissus, on les a trempés dans trois bassines. La première contenait du fer. La deuxième du savon de Marseille et la troisième de l’eau claire. On devait les laisser 30 secondes dans chaque bain. Pour finir, on les a essorés et faits sécher sur un fil. NINA, ZOÉ M, CORENTIN, ZOÉ R et SYLIA

BILANS DE NOS RÉALISATIONS

On a obtenu de très jolis résultats ! Mathilde nous a appris plein de choses. ZOÉ M

Quand on a vu les résultats, tout le monde a dit « Ouahouh ! » C’était magique ! ZOÉ R

J’ai trouvé ça génial de faire de la teinture rouge ! KARL

Les enfants sont ensuite revenus chez eux avec leurs tissus teintés et décorés. Ceux-ci peuvent passer à la machine sans crainte de perdre leurs couleurs.

Vous avez désormais les recettes pour tenter l’expérience chez vous! Merci Mathilde Guignard !

Mme JULIENNE

 

 

Les cartes à gratter des CE2-CM1 de l’école Deyries (Bordeaux)

Voici une nouvelle présentation d’une production artistique des CE2-CM1 de l’école Deyries à Bordeaux. Merci à eux de nous partager leurs idées !

À l’approche de Noël, nous avons réalisé des cartes à gratter pour les offrir à nos proches.

Tout d’abord, nous avons plié une feuille de dessin épaisse en deux et recouvert une des faces avec des craies grasses de couleurs différentes.

Puis nous l’avons « tartinée » de peinture acrylique noire (toute autre sorte de peinture ne conviendrait pas). Quand elle a été bien sèche, nous avons utilisé différents outils pour dessiner en grattant la couche de peinture noire: des aiguilles à tricoter, des clous, des vis, des pointes sèches, des râpes à fromage, des fourchettes, des couteaux, et même un tricotin !

Nous sommes très contents du résultat !

Projet artistique : « les ArKhaionyriques » à base de café et d’encre

Aujourd’hui, la classe de CE2-CM1 de l’école Deyries de Bordeaux nous présente un projet artistique mené avec une artiste :

Projet artistique : « les ArKhaionyriques » à base de café et d’encre

   En décembre dernier, notre maîtresse nous a présenté quelques œuvres d’une de ses amies. L’artiste, Anne-Philomène Rollin, a réalisé une série de dessins qu’elle a appelés « les ArKhaionyriques », à base de café et d’encre.

Elle nous a proposé de nous en inspirer pour réaliser nos propres œuvres.

Nous allons vous expliquer comment nous avons procédé :

 

LISTE DU MATERIEL

-une feuille de papier Canson épaisse de  21 cm x 29,7 cm   -un pinceau très fin  

-une planchette de bois plus grande que la feuille                  -un stylo bille noir

-un rouleau de papier kraft adhésif                                         -un crayon à papier

-mixture au café (voir recette)                                                -un cutter

-encre aquarelle bleue                                                             -une règle

-un gros pinceau                                                                      -du papier sopalin

 

RECETTE DE LA MIXTURE AU CAFÉ (LAVIS)

   Mettre l’équivalent d’un bocal à confiture d’eau distillée à chauffer, puis y incorporer quatre ou cinq cuillères à soupe de café soluble de bonne qualité. Laisser mijoter quelques minutes. Ajouter quelques clous de girofle et une ou deux gouttes de liquide vaisselle. Remplir le bocal de cette mixture et laisser reposer quelques jours.

 

LES DIFFÉRENTES ÉTAPES DE CRÉATION

1ère étape : Avec un camarade, scotcher la feuille sur la planchette de bois avec le ruban adhésif en le faisant dépasser d’environ 5 mm sur chaque bord de la feuille.

2e étape : Sans réfléchir, étaler un peu de lavis au café sur la feuille avec le gros pinceau. Veiller à ne pas s’approcher du bord. Laisser sécher plusieurs heures.

3e étape : Imaginer ce que la tache de café peut représenter puis le dessiner à l’encre avec le pinceau fin. Faire sécher quelques heures.

4e étape : Avec le stylo noir, cerner tous les traits d’encre bleue et remplir quelques parties du dessin en y traçant des petits motifs.

5e étape : Faire des réhauts (des zones de couleur différente) pour donner du relief en utilisant un lavis de café plus foncé. Pour cette étape, nous avons eu la chance d’être aidés par Anne Philomène Rollin qui est venue animer un atelier et nous a amené ses œuvres originales.

6e étape : Écrire sa signature d’artiste et trouver un titre « décalé », c’est-à-dire qui ne décrit pas exactement ce que le dessin représente. L’écrire au crayon à papier.

7e étape : A l’aide du cutter et de la règle, détacher la feuille de la planchette de bois.

 

QUELQUES AVIS SUR CE TRAVAIL ARTISTIQUE

  • « J’ai adoré. C’était la première fois que je rencontrais une artiste. Mon moment préféré c’était mettre l’encre. » Emelie
  • « J’ai bien aimé mais ce que je n’ai pas aimé c’est que ça durait longtemps. J’aime bien quand on applique le café au hasard sur le papier. C’est difficile d’imaginer ce que ça va donner. » Alexandre
  • « J’ai adoré faire cette activité et rencontrer une artiste, une vraie ! En plus on a fait ça quasiment tout seul. C’était très amusant ! » Mia
  • « J’ai aimé faire ce travail café/encre parce que je ne savais pas ce que ça allait donner. » Solal
  • « J’ai apprécié qu’Anne Philomène Rollin vienne nous aider à finir nos œuvres sur le café. J’ai trouvé que c’était original et intéressant. Au cours du projet j’ai trouvé que nos œuvres devenaient de plus en plus fantastiques. » Juliette
  • « C’était génial ! Je me suis beaucoup amusée. Mon moment préféré est l’encre et le cernage » : Rose
  • « J’ai aimé le travail réalisé avec du café et de l’encre car j’aime beaucoup dessiner. J’ai rencontré Anne Philomène Rollin et j’ai trouvé ses dessins très beaux » Lou
  • « J’ai aimé le projet, c’est la première fois que je fais une œuvre avec du café. C’était super d’avoir rencontré l’artiste pour nous aider à poser le lavis au café plus foncé. » Capucine
  • « J’ai bien aimé parce qu’il y avait beaucoup d’imagination. Je ne savais pas que le café et l’encre pourraient faire un dessin. J’ai adoré. » Leeroy
  • « J’ai vraiment adoré ce travail, je pense que c’est le meilleur travail en art plastique que j’aie jamais fait et j’ai vraiment adoré le résultat ! » Lucia

Moyen Âge et idées reçues : pensait-on que la Terre était plate ?

On entend parfois dire qu’au Moyen Âge, les gens pensaient que la Terre était plate ! Cette remarque met en cause les connaissances scientifiques de l’époque.

Mais le Moyen Âge est loin d’être une période obscurantiste aux savoirs limités ! La Terre est une sphère, on le sait !

On le sait même depuis le Ve siècle avant notre ère, ce sont les savants grecs qui l’ont prouvé. On connait même la dimension de la Terre grâce aux travaux d’Eratosthène. Ces connaissances se répandent dans l’ensemble de l’Europe.

Au Moyen Âge, dans les ouvrages évoquant la Terre, on parle bien d’un globe et non d’un disque.

Carte en T-O, Asie, Europe, Afrique, Isidore de Séville, Etymologies, XIIe s., Londres, British Library, R12FIV, f° 135v

Les représentations de la Terre prennent cependant une forme plate. Il s’agit d’une tradition iconographique, un moyen de figurer l’ensemble de la planète en deux dimensions avec les continents connus : Europe, Asie, Afrique.

Carte du psautier, années 1260, Londres, British Library, Add 28681

On ne connaissait alors qu’un hémisphère et on pense alors qu’aux confins du monde vivent des êtres extraordinaires… tels les Sciapodes, les Blemmyes, les Cynocéphales ou encore les Ichtyophages. Mais ces habitants ne vivent pas aux bords d’une Terre plate !

Carte d’Hereford, XIIIe s.

Dans les marges de la carte d’Hereford… une mandragore !

Des cynocéphales (hommes à tête de chien) sur la basilique de Vézelay, XIIe s.

Un sciapode qui s’abrite du soleil avec son pied hypertrophié – Cambrai, BM, ms. 102-103, XIIIe s.

La preuve, les Antipodes sont un peuple que l’on imagine vivant de l’autre côté de la Terre, sous nos pieds, liés au globe par un champ magnétique… La tête en bas, leur manière de vivre serait la stricte opposée de celle des hommes du haut !

Antipodes, Barthélemy l’Anglais, Imago mundi, Rennes, BM, ms. 593, XIVe s.

En outre, dans les représentations du pouvoir, les souverains et majestés divines tiennent des globes terrestres, traduisant leur autorité sur le monde.

Jean Bourdichon, Majesté divine, Livre d’heures, Poitiers, BM, XVe s.

À la fin du Moyen Âge, les voyages vont permettre d’enrichir les connaissances des autres territoires. Les portulans (cartes marines) voient le jour, montrant précisément le tracé des côtes.

C’est ensuite Nicolas Copernic qui prouve, au XVIe siècle, que la Terre tourne autour du Soleil et non l’inverse, comme on le crut longtemps.

Pourquoi dit-on cela du Moyen Âge ?

À partir de la Renaissance, le Moyen Âge est dévalué et vu comme une époque sombre, ce qui est faux ! Cependant, cette vision est tenace et ce sont les historiens modernes, notamment du XIXe siècle, qui répandent l’idée que les hommes du Moyen Âge imaginaient la Terre plate !

Ressources

Infographie de l’Inrap « Idées reçues sur le Moyen Âge »

Exposition virtuelle BnF sur les cartes marines

Sophie Cassagnes-Brouquet, L’image du monde : un trésor enluminé de la bibliothèque de Rennes, Paris, PUF, 2003

L’encre au Moyen Âge

Comment fait-on de l’encre au Moyen Âge ?

À l’époque médiévale, point de stylo plume à cartouche ni de stylo bille et encore moins de feutre ! Alors, comment écrit-on dans les manuscrits ? Comment est produite cette encre indélébile qui a traversé les siècles ? Une chose est sûre : on n’utilise pas encore d’encre de Chine…

Oiseau, note en marge, Code Justinien, XIIIe-XIVe s., Amiens, BM, ms. 347

On peut faire de l’encre à partir du carbone (bois calciné) mais en Occident à partir du XIIe siècle, on préfère les encres ferro-galliques ou métallo-galliques. Ce sont des encres plus résistantes, qui associent 3 éléments principaux :

  • Noix de galle
  • Sel métallique
  • Liant

Sigebert de Gembloux dictant son texte à un moine copiste, Chronique, XIIe s., Avranches, BM, ms. 159

 

Qu’est-ce que la noix de galle ? En tout cas, ce n’est pas le fruit du noyer !

Quand un petit insecte, le cynips, pique le chêne pour pondre, l’arbre réagit en produisant cette boule de la taille d’une balle de ping-pong. Un peu comme lorsqu’un moustique nous pique et que la peau gonfle !

Les larves de cynips se forment à l’intérieur et la sève de l’arbre les entoure petit à petit.

Le cynips

Pour faire de l’encre, il faut se dépêcher ! La noix de galle doit être récoltée avant l’été, quand les larves sont encore à l’intérieur. Si elles en sortent, la noix aura moins de tanin, la substance végétale qui permet de noircir l’encre.

La plus réputée : la noix de galle d’Alep, mais on en trouve aussi dans les forêts d’Europe.

Comment faire ?

Une fois bien sèches, il faut les écraser et verser la poudre obtenue dans beaucoup d’eau que l’on fait bouillir. Quand le mélange est réduit de moitié, y ajouter un liant :  la gomme arabique (sève) et bien écraser. Laisser mijoter sur le feu pour faire encore réduire.

Source de l’image : la recette

Hors feu, ajouter le sel métallique (sulfate de plomb, de cuivre ou de fer) et parfois un mélange de vitriol et de vin. Le sel métallique entre en réaction avec l’extrait végétal et noircit. Voilà notre encre noire.

+  +

Noix de galle                               Sel métallique                           Gomme arabique

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Images issues de la vidéo Making Manuscripts du Getty Museum :

 

Une autre vidéo très instructive :

 

Des recettes du Moyen Âge

Inc |austum| latinum; accipe vas de terra quod capiat VIII l. |libras| aque; postea mediam libram galette et tere bene ; postea bulli usque ad medietatem, tunc accipe tres untias gummi arabici et tere bene et colato illo quod est in oll |a| apponatur gumma, tunc bulliat ad medietatem. Postea aufer ab igne et tunc accipe 4 uncias vitreoli et l. |libram| vini calidi aliquantulum et debes miscere vinum et vitreolum in alio vase bene, tunc paulatim apponatur ad inc |austum| miscendo senper bene; ita stet per duos dies et quolibet die moveatur quarter cum baculo postea.

British Library, London, Harley 3915, Recueil de recettes d’encres et de pigments, 2nde moitié du XIIe siècle

 

POUR FAIRE TROIS PINTES D’ENCRE, prenez des galles et de gomme de chascun deux onces, couperose trois onces; et soient les galles casse?es et mises tremper trois jours, puis mises boulir en trois quartes d’eaue de pluye ou de mare coye. Et quant ils auront assez boulu et tant que l’eau sera esboulie pre?s de la moitie?, c’est assavoir qu’il n’y ait mais que trois pintes, lors le convient oster du feu, et mettre la couperose et gomme, et remuer tant qu’il soit froit, et lors mettre en lieu froit et moite. Et nota que quant elle passe trois sepmaines, elle empire.

Le Menagier de Paris. Traite? de morale et d’e?conomie domestique compose? vers 1393 par un bourgeois parisien, Tome Second, Paris, 1846, p. 265.

 

On peut également réaliser des encres à partir d’épines selon un procédé assez proche.

Recette adaptée

Ingrédients :

  • 30g de noix de galle concassées
  • 15g de gomme arabique
  • 15g de sulfate de fer
  • eau
  • essence de lavande (facultatif)

Faire bouillir les noix de galle concassées dans 500g ou un demi-litre d’eau, de manière à avoir 450g de décoction; faites dissoudre la gomme ; quand le tout est froid et passé, ajouter : sulfate de fer cristallisé préalablement dissous dans 30g d’eau. On peut ajouter quelques gouttes d’essence de lavande.

L’encre ainsi produite se conserver plusieurs années, mais elle a tendance à faire du dépôt.

 

Sources 

Cora Millet-Robinet, Maison rustique des dames, Librairie agricole de la maison rustique, Paris, 1845, p. 312

Marc Niederhauser, Alchimie de l’enluminure : 80 recettes éprouvées, Eyrolles, 2011

Une ressource à utiliser, l’exposition virtuelle de la BnF sur les écritures