Recette de pain d’épices des élèves de l’IME de Coutras

Les élèves de l’IME de Coutras ont fabriqué du pain d’épice. Ils ont écrit pourquoi ils ont choisi cette recette et expliquent comment ils s’y sont pris, afin de la faire partager.

Pourquoi avoir choisi de fabriquer du pain d’épice ?

« Au Moyen Âge, on mangeait du pain d’épice » (Julien et Jessy)

Avant de commencer à cuisiner, qu’avons-nous fait ?

« Pour l’hygiène, il faut mettre les sur-chaussures, la charlotte et la blouse. Il faut se laver les mains et mettre les gants. » (Gwendoline)

Quelles ont été les étapes à suivre ?

« Pour faire du pain d’épice, on a rassemblé les ingrédients. Après, on a préparé des ustensiles. » (Bryan)

« On a mélangé les ingrédients. On a versé dans un moule. On a mis dans le four. Après, on a dégusté le gâteau. » (Jessy)

 

 

Le pain d’épice rapide

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 3 œufs
  • 200 ml (millilitres) de miel
  • 1 cuillère à soupe de cacao
  • 1 cuillère à soupe d’épice à pain d’épice
  • 80 g (grammes) de beurre fondu
  • 120 ml de crème fraîche
  • 200 g de farine
  • 1 paquet de levure chimique

Matériel (listé par les élèves):

  • Un fouet
  • Une cuillère à soupe
  • Un saladier
  • Un verre doseur
  • Une balance
  • Un bol
  • Un couteau
  • Un moule
Préparation :

  1. Mélanger tous les ingrédients dans l’ordre.
  2. Verser dans un moule
  3. Faire cuire 20 minutes au four, thermostat 6 (180 °C)
 

La Bible de La Sauve-Majeure

La Bible de La Sauve-Majeure est un manuscrit précieux et connu en Gironde. Malgré ce nom, le manuscrit n’a pas été créé à l’abbaye de La Sauve-Majeure !

Bible de La Sauve-Majeure, entre 1070 et 1090, Bordeaux, BM, ms. 1-2

 

 

 

 

 

 

 

 

Origine

En réalité, sa réalisation a débuté dans un lieu célèbre… l’abbaye du Mont-Saint-Michel, en Normandie, lieu de pèlerinage important qui comportait un scriptorium (atelier de copie des manuscrits) très actif.

 

 

L’abbaye du Mont-Saint-Michel

La bibliothèque, disparue, était considérable : près de 800 manuscrits, ce qui est énorme au Moyen Âge.

Vue extraite du film Le Nom de la rose, 1986, de Jean-Jacques Annaud d’après l’œuvre d’Umberto Eco

Le scriptorium a produit de nombreux ouvrages reconnaissables à leurs initiales enluminées inspirées des îles britanniques et du nord de la France : tracé géométrique des lettres, entrelacs et feuillages, têtes de chiens et de lions, masques de dragons et animaux merveilleux, couleurs rouge, bleue et verte. La nature est largement représentée, tout comme sur les chapiteaux romans sculptés à la même période en Europe.

Manuscrit du Mont-Saint-Michel, lettre E, Avranches, BM, ms. 59, XIe siècle

Manuscrit du Mont-Saint-Michel, lettre S, Avranches, BM, ms. 59, XIe siècle

Manuscrit du Mont-Saint-Michel, lettre F, Avranches, BM, ms. 90, XIe siècle

Aujourd’hui, les manuscrits du Mont-Saint-Michel sont conservés au Scriptorial de la ville d’Avranches.

La Bible de La Sauve-Majeure

La Bible de La Sauve-Majeure daterait de la fin du XIe siècle. Cette grande dimension indique qu’elle était destinée à être déposée sur un lutrin pour une lecture à haute voix dans l’abbaye.

Le texte est en latin, présenté sur deux colonnes. L’écriture se rapproche de la caroline, avec quelques onciales.

Elle est reliée en deux volumes de 53×36 cm, chacun formés de 404 feuillets de parchemin, soit 808 pages. Pour un tel travail, il a fallu plusieurs copistes qui ont ensuite assemblé leurs productions.

Chaque monastère avait un style particulier qui permet de retrouver l’origine des manuscrits. L’écriture et les initiales sont les mêmes que celles réalisées au Mont-Saint-Michel à la même époque, il n’y a pas de doute !

Ainsi, les spécialistes de l’écriture (paléographes) et de l’enluminure ont montré que la bible avait été copiée entièrement au Mont-Saint-Michel entre 1070 et 1090 mais décorée seulement en partie sur place. En effet, les couleurs de certaines initiales sont plus chaudes, plus vives et sont caractéristiques du sud de la France.

De plus, certaines initiales ne sont pas caractéristiques du Mont-Saint-Michel :

Lettre V formée par un dragon et le prophète Michée

La forme de certaines lettrines est donnée par les personnages, ce qui est très différent des autres. L’influence est poitevine. L’artiste qui les a réalisées a peut-être été formé près de Poitiers avant de se rendre au Mont-Saint-Michel.

Enfin, certaines initiales sont inachevées, ce qui montre que la décoration du manuscrit a été arrêtée à un moment donné.

Toutes ces initiales marquent le début des parties du texte de la Bible et permettent de se repérer dans l’ouvrage. L’utilisation d’initiales pour découper le texte et leur décoration se développent au XIe siècle, à l’époque romane.

L’initiale V marque le début du livre d’Isaïe : « Incipit Liber Isaia P[ro]p(heta] / Visio Isaie… » : « Début du livre du prophète Isaïe / La vision d’Isaïe… »

La Bible en Gironde

Comment est-elle arrivée à La Sauve ? Cela reste sans réponse.

Avant de se trouver en Gironde, on retrouve sa trace à la fin du XIe siècle à l’abbaye Saint-Sauveur de Redon en Ille-et-Vilaine. Elle est parfois nommée « Bible de Redon ».

Comment le sait-on ? Ce sont les inventaires des abbayes qui permettent aux spécialistes d’en savoir plus, mais aussi les ajouts dans le manuscrit : au folio 259v, un texte présente une bulle (acte juridique) du pape Grégoire VII en faveur d’Almodus, abbé de Redon ainsi qu’un extrait d’un ancien cartulaire de Redon.

Ensuite, elle passe à une autre abbaye de l’ouest de la France entre 1090 et 1100.

Puis, elle arrive à l’abbaye de La Sauve-Majeure, en Gironde. Pourquoi ? Comment ? Où a-t-elle été continuée ? Son histoire est floue. Il semblerait que l’artiste qui ait continué les initiales soit celui qui l’a emmenée à La Sauve. Les manuscrits pouvaient circuler comme modèles, travaux à terminer, cadeaux entre abbayes ou comme objets appartenant à des moines ou abbés voyageant.

La Bible se trouvait dans les collections de l’abbaye de La Sauve-Majeure au moment de la Révolution où elle est déposée au château de Cadillac avec d’autres ouvrages provenant de l’abbaye et d’autres établissement religieux. Elle rejoint la bibliothèque de Bordeaux un peu plus tard et peut être visionnée en entier sur le site Manuscrits médiévaux d’Aquitaine. La reliure actuelle date des années 50.

Le manuscrit est incomplet, il manque plusieurs parties du texte biblique. Son histoire a été mouvementée !

 

La bibliothèque de Bordeaux conserve un autre ouvrage, cette fois-ci copié à l’abbaye de La Sauve-Majeure : il s’agit du cartulaire, texte recensant les possessions de l’abbaye de 1079 à 1356.  L’ouvrage permet de suivre le développement de l’abbaye.

Bibliographie

Hélène de Bellaigue, « Bible de La Sauve-Majeure, Bible de Redon », dans Les entretiens de La Sauve-Majeure, Acte du colloque organisé par l’association Les Grandes heures de l’abbaye de la Sauve-Majeure, juillet 1997 et 1999, Editions de l’Entre-deux-Mers, 2000, p. 19-22.

Bibliothèque virtuelle du Mont-Saint-Michel

Manuscrits médiévaux d’Aquitaine

Scriptorial d’Avranches

L’atelier enluminure

Pour accompagner les activités autour du parcours pédagogique Jardins et Patrimoine, un atelier a été conçu à voir ici et à retrouver dans les documents fournis aux enseignants inscrits. Pour plus de précisions, n’hésitez pas à nous contacter.

 

 

Archibald – document pédagogique Jardins et Patrimoine

La classe des CM1 de Rauzan nous fournit une nouvelle ressource. Il s’agit d’un document pédagogique visant à préparer la sortie à Sallebruneau.

Les élèves doivent aider le moine hospitalier Archibald à rejoindre la commanderie pour ensuite poursuivre sa route.

Ainsi, Archibald nous a en quelque sorte accompagné tout au long de la visite !

Pour le télécharger, c’est par ici >> Archibald

Moyen Âge et idées reçues : pensait-on que la Terre était plate ?

On entend parfois dire qu’au Moyen Âge, les gens pensaient que la Terre était plate ! Cette remarque met en cause les connaissances scientifiques de l’époque.

Mais le Moyen Âge est loin d’être une période obscurantiste aux savoirs limités ! La Terre est une sphère, on le sait !

On le sait même depuis le Ve siècle avant notre ère, ce sont les savants grecs qui l’ont prouvé. On connait même la dimension de la Terre grâce aux travaux d’Eratosthène. Ces connaissances se répandent dans l’ensemble de l’Europe.

Au Moyen Âge, dans les ouvrages évoquant la Terre, on parle bien d’un globe et non d’un disque.

Carte en T-O, Asie, Europe, Afrique, Isidore de Séville, Etymologies, XIIe s., Londres, British Library, R12FIV, f° 135v

Les représentations de la Terre prennent cependant une forme plate. Il s’agit d’une tradition iconographique, un moyen de figurer l’ensemble de la planète en deux dimensions avec les continents connus : Europe, Asie, Afrique.

Carte du psautier, années 1260, Londres, British Library, Add 28681

On ne connaissait alors qu’un hémisphère et on pense alors qu’aux confins du monde vivent des êtres extraordinaires… tels les Sciapodes, les Blemmyes, les Cynocéphales ou encore les Ichtyophages. Mais ces habitants ne vivent pas aux bords d’une Terre plate !

Carte d’Hereford, XIIIe s.

Dans les marges de la carte d’Hereford… une mandragore !

Des cynocéphales (hommes à tête de chien) sur la basilique de Vézelay, XIIe s.

Un sciapode qui s’abrite du soleil avec son pied hypertrophié – Cambrai, BM, ms. 102-103, XIIIe s.

La preuve, les Antipodes sont un peuple que l’on imagine vivant de l’autre côté de la Terre, sous nos pieds, liés au globe par un champ magnétique… La tête en bas, leur manière de vivre serait la stricte opposée de celle des hommes du haut !

Antipodes, Barthélemy l’Anglais, Imago mundi, Rennes, BM, ms. 593, XIVe s.

En outre, dans les représentations du pouvoir, les souverains et majestés divines tiennent des globes terrestres, traduisant leur autorité sur le monde.

Jean Bourdichon, Majesté divine, Livre d’heures, Poitiers, BM, XVe s.

À la fin du Moyen Âge, les voyages vont permettre d’enrichir les connaissances des autres territoires. Les portulans (cartes marines) voient le jour, montrant précisément le tracé des côtes.

C’est ensuite Nicolas Copernic qui prouve, au XVIe siècle, que la Terre tourne autour du Soleil et non l’inverse, comme on le crut longtemps.

Pourquoi dit-on cela du Moyen Âge ?

À partir de la Renaissance, le Moyen Âge est dévalué et vu comme une époque sombre, ce qui est faux ! Cependant, cette vision est tenace et ce sont les historiens modernes, notamment du XIXe siècle, qui répandent l’idée que les hommes du Moyen Âge imaginaient la Terre plate !

Ressources

Infographie de l’Inrap « Idées reçues sur le Moyen Âge »

Exposition virtuelle BnF sur les cartes marines

Sophie Cassagnes-Brouquet, L’image du monde : un trésor enluminé de la bibliothèque de Rennes, Paris, PUF, 2003

L’encre au Moyen Âge

Comment fait-on de l’encre au Moyen Âge ?

À l’époque médiévale, point de stylo plume à cartouche ni de stylo bille et encore moins de feutre ! Alors, comment écrit-on dans les manuscrits ? Comment est produite cette encre indélébile qui a traversé les siècles ? Une chose est sûre : on n’utilise pas encore d’encre de Chine…

Oiseau, note en marge, Code Justinien, XIIIe-XIVe s., Amiens, BM, ms. 347

On peut faire de l’encre à partir du carbone (bois calciné) mais en Occident à partir du XIIe siècle, on préfère les encres ferro-galliques ou métallo-galliques. Ce sont des encres plus résistantes, qui associent 3 éléments principaux :

  • Noix de galle
  • Sel métallique
  • Liant

Sigebert de Gembloux dictant son texte à un moine copiste, Chronique, XIIe s., Avranches, BM, ms. 159

 

Qu’est-ce que la noix de galle ? En tout cas, ce n’est pas le fruit du noyer !

Quand un petit insecte, le cynips, pique le chêne pour pondre, l’arbre réagit en produisant cette boule de la taille d’une balle de ping-pong. Un peu comme lorsqu’un moustique nous pique et que la peau gonfle !

Les larves de cynips se forment à l’intérieur et la sève de l’arbre les entoure petit à petit.

Le cynips

Pour faire de l’encre, il faut se dépêcher ! La noix de galle doit être récoltée avant l’été, quand les larves sont encore à l’intérieur. Si elles en sortent, la noix aura moins de tanin, la substance végétale qui permet de noircir l’encre.

La plus réputée : la noix de galle d’Alep, mais on en trouve aussi dans les forêts d’Europe.

Comment faire ?

Une fois bien sèches, il faut les écraser et verser la poudre obtenue dans beaucoup d’eau que l’on fait bouillir. Quand le mélange est réduit de moitié, y ajouter un liant :  la gomme arabique (sève) et bien écraser. Laisser mijoter sur le feu pour faire encore réduire.

Source de l’image : la recette

Hors feu, ajouter le sel métallique (sulfate de plomb, de cuivre ou de fer) et parfois un mélange de vitriol et de vin. Le sel métallique entre en réaction avec l’extrait végétal et noircit. Voilà notre encre noire.

+  +

Noix de galle                               Sel métallique                           Gomme arabique

 = 

 

*

 

Images issues de la vidéo Making Manuscripts du Getty Museum :

 

Une autre vidéo très instructive :

 

Des recettes du Moyen Âge

Inc |austum| latinum; accipe vas de terra quod capiat VIII l. |libras| aque; postea mediam libram galette et tere bene ; postea bulli usque ad medietatem, tunc accipe tres untias gummi arabici et tere bene et colato illo quod est in oll |a| apponatur gumma, tunc bulliat ad medietatem. Postea aufer ab igne et tunc accipe 4 uncias vitreoli et l. |libram| vini calidi aliquantulum et debes miscere vinum et vitreolum in alio vase bene, tunc paulatim apponatur ad inc |austum| miscendo senper bene; ita stet per duos dies et quolibet die moveatur quarter cum baculo postea.

British Library, London, Harley 3915, Recueil de recettes d’encres et de pigments, 2nde moitié du XIIe siècle

 

POUR FAIRE TROIS PINTES D’ENCRE, prenez des galles et de gomme de chascun deux onces, couperose trois onces; et soient les galles casse?es et mises tremper trois jours, puis mises boulir en trois quartes d’eaue de pluye ou de mare coye. Et quant ils auront assez boulu et tant que l’eau sera esboulie pre?s de la moitie?, c’est assavoir qu’il n’y ait mais que trois pintes, lors le convient oster du feu, et mettre la couperose et gomme, et remuer tant qu’il soit froit, et lors mettre en lieu froit et moite. Et nota que quant elle passe trois sepmaines, elle empire.

Le Menagier de Paris. Traite? de morale et d’e?conomie domestique compose? vers 1393 par un bourgeois parisien, Tome Second, Paris, 1846, p. 265.

 

On peut également réaliser des encres à partir d’épines selon un procédé assez proche.

Recette adaptée

Ingrédients :

  • 30g de noix de galle concassées
  • 15g de gomme arabique
  • 15g de sulfate de fer
  • eau
  • essence de lavande (facultatif)

Faire bouillir les noix de galle concassées dans 500g ou un demi-litre d’eau, de manière à avoir 450g de décoction; faites dissoudre la gomme ; quand le tout est froid et passé, ajouter : sulfate de fer cristallisé préalablement dissous dans 30g d’eau. On peut ajouter quelques gouttes d’essence de lavande.

L’encre ainsi produite se conserver plusieurs années, mais elle a tendance à faire du dépôt.

 

Sources 

Cora Millet-Robinet, Maison rustique des dames, Librairie agricole de la maison rustique, Paris, 1845, p. 312

Marc Niederhauser, Alchimie de l’enluminure : 80 recettes éprouvées, Eyrolles, 2011

Une ressource à utiliser, l’exposition virtuelle de la BnF sur les écritures

Les lettrines enluminées des CE2 de Génissac

En 2016-2017, les CE2 de l’école de Génissac ont participé au projet Jardins et Patrimoine du CLEM. Ce projet portant à la fois sur l’époque médiévale et la botanique est l’occasion de proposer de nombreuses activités, notamment l’enluminure, l’art de peindre dans les manuscrits médiévaux.

Avec les documents fournis, les CE2 se sont mis dans la peau de peintres du Moyen Âge (ou « imagiers ») et ont réalisé leurs propres initiales enluminées, que voici :

Ils en ont également profité pour décorer leurs plants, issus des graines récoltées au jardin médiéval de la Commanderie de Sallebruneau :

Bravo à eux pour ce beau travail !

Enluminure

Afin de découvrir l’art médiéval, voici quelques documents proposés par Bernard Pradier pour la réalisation d’un atelier d’enluminure en classe, à partir d’une initiale calligraphiée. Vous retrouverez le document ci-dessous :

Réaliser une lettrine_jardins et patrimoine

Ce document s’accompagne d’un corpus d’images et d’exemples réalisés par une classe de l’école de Saint-Aubin-de-Médoc en 2015.

Vous retrouverez l’intégralité du dossier dans la Dropbox « EchangesCLEM_EnseignantsJardins (accès également par le lien ci-dessous) :

https://www.dropbox.com/sh/cbejek1ghbl37pd/AABf89_mawg-pwtXls3mR966a?dl=0

Alors à vos pinceaux !

À l’école au Moyen Âge

Le précédent article présentait l’école en Gaule romaine, qu’en est-il au Moyen Âge ?

Au Moyen Âge, l’enfance est sacrée : l’enfant Jésus en est le modèle. Le nouveau-né était accueilli avec le plus grand soin. De même, les enfants abandonnés, peu nombreux, étaient rapidement pris en charge par l’Église.

L’éducation de l’enfant commence très tôt. Durant la période nommée infantia, de la naissance à 7 ans, tous apprennent à marcher, parler, bien se conduire et imiter les gestes de leurs aînés. Le petit paysan est très tôt confronté aux responsabilités, tout comme les enfants de commerçants dans les villes. On leur confie des tâches non dangereuses : nourrir les animaux, cueillir les légumes, chasser les prédateurs, faire le ménage, etc.

Comment se présente l’école au Moyen Âge ?

L’école est attestée dès le 6e siècle mais sa fréquentation n’est pas généralisée. La « scolarité » commence en général vers 6 ou 7 ans mais nous savons peu de choses sur le niveau d’instruction des enfants du Moyen Âge, qui varie selon les milieux, les époques et les régions. L’accès à l’éducation est cependant une préoccupation majeure. L’Église et les différents souverains imposent, au long du Moyen Âge, l’accès à l’éducation pour tous, même les plus défavorisés, qu’ils se destinent aux ordres ou non.

En 789, le capitulaire de Charlemagne, l’Admonitio generalis (« Conseil général »), ouvre des écoles aux fils d’hommes libres comme à ceux des serfs :

Moi, Charles, nous voulons que des écoles soient créées pour apprendre à lire aux enfants. Dans tous les monastères, dans tous les évêchés, il faut enseigner les psaumes, les notes [l’écriture sténographique], le chant d’église, le calcul, la grammaire (…)

Capitulaire de Charlemagne, chapitre sur l’école. Ego Karolus : « Moi Charles », Paris, Bibliothèque nationale de France, manuscrit latin 4613, f° 73 Lien

Les petits nobles vont à l’école du château. Un précepteur leur apprend l’alphabet, la lecture et la grammaire. Les petits garçons sont formés très tôt à manier l’arc, le javelot, le bouclier, à monter à cheval ou à chasser avec un faucon, avec les petites filles. Ces dernières ont souvent une éducation plus poussée dans le domaine de la lecture. Leurs journées sont parfois bien remplies !

D’autres enfants vivent dans les demeures seigneuriales : fils et filles des domestiques, garçons de cuisine, petites lingères, … Certains peuvent également se rendre à l’école du château mais ne reçoivent pas la même formation que les nobles.

Dans les campagnes, où vit la majorité des enfants, la plupart des paysans sont analphabètes. L’existence d’une école n’est pas uniforme partout : les maîtres sont parfois itinérants et annoncent leur arrivée par des pancartes. C’est généralement le prêtre de la paroisse qui éduque les plus jeunes, au moins aux prières chrétiennes.

Dans les villes, les églises accueillent également des enfants. Ces écoles sont souvent dirigées par un scholasticus, un chanoine* spécialisé, mais il y a aussi des maîtresses ! Aux 12e et 13e siècles, les écoles se développent en même temps que les villes car les marchands souhaitent que leurs enfants soient formés à l’écriture, à la lecture et au calcul afin de prendre leur succession.

     Deux garçons accueillis à l’école par des maîtresses, reconnaissables au plumier suspendu à leur ceinture. Les enfants portent un sac en tissu et une tablette pour écrire. Paris, BnF, ms. fr. 20320, f° 177v

Enfin, dans les monastères, les jeunes moines, moniales ou oblats* reçoivent une éducation proche de celle des petits nobles et plus tournée vers la prière : lecture, écriture, activités textiles pour les filles.

L’école ressemble-t-elle à celle d’aujourd’hui ?

En grande partie, oui. Les apprentissages sont les mêmes : lecture, écriture, calcul, chants.

Le mobilier peut être un peu différent selon les milieux : quelques bancs voire des lutrins. Les élèves ont des sacs de tissu en guise de cartable.

Une école bondée au 15e siècle. BnF, ms. lat.  9473, f°172

Pour l’apprentissage de l’écriture, les supports sont variés : des tablettes d’écorce jusqu’à l’ivoire, en passant par le parchemin ou la cire, à l’aide de stylet d’os ou d’argent.

Tablettes en cire et stylet, par l’association Créateurs de monde

La plupart du temps, on apprend à lire… en latin !  Cependant, des proverbes ou comptines aident les élèves à se rappeler des leçons.

Les problèmes mathématiques pouvaient être posés sous forme de devinettes :

3 jeunes hommes ont chacun 1 sœur, les 6 voyageurs arrivent à une rivière, mais 1 seul bateau ne peut contenir que 2 personnes. Or, la morale demande que chaque sœur passe avec son frère. Comment vont-ils faire ?

Ce problème est attribué au savant Alcuin, conseiller de Charlemagne.

Enfin, les élèves font aussi des plaisanteries douteuses comme couper la moustache du maître pendant sa sieste !

Le temps de la récréation, sorte de colin-maillard, Chansonnier de Montpellier, Bibliothèque inter-universitaire de Montpellier, H. 196

Après l’école

Le temps de l’école se déroule essentiellement sur la période appelée la pueritia, de 7 à 14 ans. Ensuite vient l’adolescentia, de 14 ans à l’âge adulte, où les jeunes sont responsabilisés et peuvent devenir apprentis ou entrer à l’université.

Glossaire

Chanoine : religieux lié à un chapitre cathédral, sous la direction d’un évêque. A la différence du moine, le chanoine exerce en ville au contact des laïcs et consacre une partie de son action à la l’évangélisation.

Oblat : enfant confié à un monastère par ses parents pour qu’il y soit élevé, issu en général d’un milieu pauvre.

 

 Bibliographie

L’enfance au Moyen Âge, exposition virtuelle de la BnF : http://classes.bnf.fr/ema/

Regards sur l’enfance, exposition virtuelle de l’Université de Poitiers (Antiquité et Moyen Âge dans le Prologue) : http://regards-enfance.edel.univ-poitiers.fr/

Danièle Alexandre-Bidon et Pierre Riché, L’enfance au Moyen Âge, Paris, Seuil / BnF, 1994

Didier Lett, Être enfant au Moyen Âge : anthologie de textes consacrés à la vie de l’enfant du Ve au XVe siècle, Paris, Fabert, 2010

Calendrier de plantation des graines de Sallebruneau

Pour vous accompagner dans vos semis, voici un tableau répertoriant les périodes et les conseils de plantation des graines confiées dans le cadre du Projet Jardins et patrimoine :

Nom de la plante

Quand semer ?

Recommandations

Acanthe

Octobre ou février-mars

Soleil ou mi-ombre

Benoîte

Octobre ou mars

Soleil ou mi-ombre

Bleuet

Avril

Décortiquer les graines. Attention la graine est très fragile. Arroser régulièrement sans abuser. Lorsque les graines sortent, il faut butter la terre.

Épeautre

Octobre-novembre

Pas de traitement particulier.

Fenugrec

Octobre ou mars

Sol plutôt sec

Giroflée

Février-mars

Ne pas semer trop dense, eau en quantité moyenne.

Lin

Fin février

Pas de traitement particulier.

Maceron

Octobre-novembre-décembre ou février

Arroser régulièrement sans abuser. Lorsque les graines sortent, il faut butter la terre. Très vert en hiver, régresse au printemps.

Nielle

Mars

Ne pas trop arroser.

Nigelle

Avril

Arroser régulièrement sans abuser. Lorsque les graines sortent, il faut butter la terre.

Pastel

Octobre ou fin février

Ne pas trop arroser. Attention : plante bisannuelle (attendre la 2e année pour les fleurs)

 

Pois chiche

Octobre ou février

Arroser régulièrement sans abuser. Lorsque les graines sortent, il faut butter la terre.

Rose trémière

Février-mars

Ne pas semer trop dense

Bien émietter le sol

Saponaire

Février-mars

Maintenir un sol humide

 

À vos outils !

 

OctobreTRH

Les semailles, Mois d’octobre du calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry, début du XVe siècle, Chantilly, Musée Condé, ms. 65. À l’arrière-plan, le peintre a représenté le Palais du Louvre, tel qu’il fut reconstruit par Charles V (1338-1380) et dont il ne reste aujourd’hui que les fondations.