Recette des sablés au cumin de Hildegarde de Bingen

CUMIN, Cuminum cyminum

Au Moyen Âge, le cumin est une épice très appréciée. Les graines étaient déjà utilisées durant l’Antiquité pour ses vertus digestives.

Avec le carvi, la coriandre et le fenouil, il fait partie des « quatre semences chaudes majeures » car elles se distinguent par leurs parfums chauds et aromatiques. Ces graines de la famille des Apiacées sont toutes carminatives, c’est-à-dire qu’elles favorisent la guérison des troubles digestifs.

Originaire du Proche-Orient, il est importé en Occident et peut dès lors être acheté chez un apothicaire.

Apothicaire, fresque, 15e siècle, Italie, château d’Issogne

Hildegarde de Bingen, abbesse bénédictine du 12e siècle et grande botaniste, recommande le cumin contre le mal de mer et les maux de cœur.

La plante possède, en effet, des vertus anti-inflammatoire et antalgique importantes. Luttant efficacement contre la constipation, elle peut aussi être consommée en cas de rhumatismes et d’épuisement nerveux. On la consomme telle qu’elle, en poudre ou infusée.

Voici justement une recette livrée par Hildegarde en cas de nausées :

Galettes au cumin, recette d’Hildegarde de Bingen

Ingrédients :

  • 100g d farine complète
  • 1 œuf
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • 1 bonne pincée de sel
  • 1 cuillère à café de cumin en poudre
  • 1 cuillère à café de grains d’anis ou de cumin

Préchauffez le four thermostat 7 ou à 210 °C.

Mélanger la farine, le sel et les épices. Ajouter le jaune d’œuf et l’huile et façonnez une pâte souple.

Faites de petites boulettes aplaties que vous disposerez sur du papier cuisson sur la plaque du four. Enfournez pour une dizaine de minutes en surveillant.

Bon appétit !

P.S. : il paraît qu’au Moyen Âge, conserver un petit sachet de grains de cumin sur soi protégeait du mauvais sort !

La peinture végétale

Fabriquer des pigments à base de végétaux ? C’est facile !

Il va s’agir, avec ces quelques exemples, d’extraire le jus végétal pour en faire de la peinture type aquarelle ou encre. C’est aussi la base de la teinture végétale.

 

 FAIRE DU ROUGE ET DU VIOLET

Betteraves

  • 1 betterave rouge crue ou cuite (la couleur est plus intense si elle est crue)
  • 1 râpe de cuisine
  • 1 vieux torchon
  • 1 petit saladier
  • 1 cuillerée à soupe d’eau

Le pigment rouge de la betterave est la bétanine. Il est utilisé dans les préparations alimentaires comme la confiture ou la glace.

 

Râper finement la betterave. Placer le vieux torchon sur le saladier et mettre la betterave râpée par-dessus. Verser une cuillerée à soupe d’eau sur la betterave, fermer le torchon et essorer pour extraire le jus coloré.

 

En vidéo chez Ouest-France

 

Coquelicots

  • 1 poignée de pétales de coquelicots
  • 1 mortier et 1 pilon
  • eau
  • 1 passoire à thé (passoire très fine)
  • 1 verre
  • 1 cuillère à café

Les pigments rouges contenus dans les coquelicots sont les anthocyanes.

 

Placer les pétales dans un mortier et ajouter quelques gouttes d’eau. Broyer les pétales, puis les déposer dans une passoire au-dessus d’un verre.

Presser les pétales avec la cuillère à café pour en extraire le jus. Cela donne une teinture violet-rouge.

Si on ajoute quelques gouttes de vinaigre ou de citron, elle devient rouge.

 

 FAIRE DU JAUNE – ORANGE – BRUN

Pelures d’oignons

Pour une peinture plutôt jaune : prendre des oignons blancs.

Pour une peinture plutôt brun-rouge : prendre des oignons rouges.

  • 3 à 4 tasses bien pleines de pelures d’oignon séchées
  • 1 tasse d’eau
  • 1 petite casserole
  • 1 passoire fine
  • 1 plat
  • 1 cuillère à soupe

Faire cuire les pelures d’oignon dans une casserole avec une tasse d’eau, pendant environ 20 minutes à feu doux.

Verser le jus coloré dans un plat et placer les pelures dans une passoire au-dessus. Presser les pelures pour terminer d’en extraire le jus.

 

 FAIRE DU VERT

Épinards

  • 10 à 20 feuilles d’épinards
  • 1 mortier et 1 pilon (ou 1 coupelle et 1 galet)
  • eau
  • 1 passoire à thé
  • 1 verre
  • 1 cuillère à café

 

Écraser les feuilles d’épinards avec un pilon en faisant des mouvements circulaires. Ajouter en même temps quelques gouttes d’eau. On doit obtenir une fine bouillie verte.

La déposer dans une passoire à thé au-dessus d’un verre, et la presser pour en extraire le jus. On peut aussi placer la bouillie dans un tissu en coton et l’essorer.

 

 

 

 FAIRE DU BLEU

Chou rouge (bleu et rouge)

La couleur peut varier du rouge au bleu.

En le cuisant, il peut prendre une teinte bleue. Si on lui ajoute, en cours de cuisson, du vinaigre, il garde sa teinte rouge. Ajouter du bicarbonate peut aussi faire varier la couleur.

  • ½ chou rouge
  • 1 petite planche
  • 1 couteau
  • eau
  • 1 mixeur électrique ou 1 robot de cuisine
  • 1 plat
  • 1 vieux torchon en coton

Couper le chou en fines lanières. Ajouter 5 à 10 cuillères à soupe d’eau.

Réduire en purée avec le mixeur.

Verser la purée dans un chiffon, au-dessus d’un plat.

Essorer le torchon pour faire sortir le jus.

 

De nombreuses autres plantes peuvent vous permettre de créer de la couleur : le curcuma, l’oeillet d’Inde, le souci pour du jaune ; le magnolia et le géranium rouge pour le rose, le dahlia en fonction de la couleur de la fleur, la fougère, le noyer ou l’ortie pour le vert, le brou de noix pour un brun-noir.

 

Ces encres végétales se conservent quelques jours dans un bocal fermé ou dans un bac à glaçons pour les utiliser plus tard !

 

Sur notre blog pédagogique, des articles autour des plantes tinctoriales et des réalisations de classes :

 

Bibliographie et webographie :

Helena Arendt, Peintures végétales avec les enfants, éd. La Plage, 2010

Elisabeth Dumont, Encres de plantes, Ulmer, 2018

La peinture végétale : Mode d’emploi

COLLAB’ : Aquarelles végétales avec WHOLE

 

 

 

 

Le bestiaire des élèves de l’ITEP de Cenon

Dans le cadre du projet EAC Jardins et Patrimoine, les élèves de l’ITEP Bellefonds à Cenon ont produit de drôles de bêtes suite à l’atelier Bestiaires réalisé en classe.

Découvrez ces hybrides composés à partir d’animaux mais aussi… de plantes et légumes ! Bravo à eux pour ces créatures merveilleuses !

Le cheval serpent de Mathys

Pégaciel de Jean-Gabriel

Le dragon cerf de Louisa

L’aigle à six têtes d’Ulrich

Le serpondulé Louisa (courge chou)

Le serpisson – Ulrich ( chardon courge)

La courgeguêpe – Karlina ( courge )

 

 

 

 

 

La Bible de La Sauve-Majeure

La Bible de La Sauve-Majeure est un manuscrit précieux et connu en Gironde. Malgré ce nom, le manuscrit n’a pas été créé à l’abbaye de La Sauve-Majeure !

Bible de La Sauve-Majeure, entre 1070 et 1090, Bordeaux, BM, ms. 1-2

 

 

 

 

 

 

 

 

Origine

En réalité, sa réalisation a débuté dans un lieu célèbre… l’abbaye du Mont-Saint-Michel, en Normandie, lieu de pèlerinage important qui comportait un scriptorium (atelier de copie des manuscrits) très actif.

 

 

L’abbaye du Mont-Saint-Michel

La bibliothèque, disparue, était considérable : près de 800 manuscrits, ce qui est énorme au Moyen Âge.

Vue extraite du film Le Nom de la rose, 1986, de Jean-Jacques Annaud d’après l’œuvre d’Umberto Eco

Le scriptorium a produit de nombreux ouvrages reconnaissables à leurs initiales enluminées inspirées des îles britanniques et du nord de la France : tracé géométrique des lettres, entrelacs et feuillages, têtes de chiens et de lions, masques de dragons et animaux merveilleux, couleurs rouge, bleue et verte. La nature est largement représentée, tout comme sur les chapiteaux romans sculptés à la même période en Europe.

Manuscrit du Mont-Saint-Michel, lettre E, Avranches, BM, ms. 59, XIe siècle

Manuscrit du Mont-Saint-Michel, lettre S, Avranches, BM, ms. 59, XIe siècle

Manuscrit du Mont-Saint-Michel, lettre F, Avranches, BM, ms. 90, XIe siècle

Aujourd’hui, les manuscrits du Mont-Saint-Michel sont conservés au Scriptorial de la ville d’Avranches.

La Bible de La Sauve-Majeure

La Bible de La Sauve-Majeure daterait de la fin du XIe siècle. Cette grande dimension indique qu’elle était destinée à être déposée sur un lutrin pour une lecture à haute voix dans l’abbaye.

Le texte est en latin, présenté sur deux colonnes. L’écriture se rapproche de la caroline, avec quelques onciales.

Elle est reliée en deux volumes de 53×36 cm, chacun formés de 404 feuillets de parchemin, soit 808 pages. Pour un tel travail, il a fallu plusieurs copistes qui ont ensuite assemblé leurs productions.

Chaque monastère avait un style particulier qui permet de retrouver l’origine des manuscrits. L’écriture et les initiales sont les mêmes que celles réalisées au Mont-Saint-Michel à la même époque, il n’y a pas de doute !

Ainsi, les spécialistes de l’écriture (paléographes) et de l’enluminure ont montré que la bible avait été copiée entièrement au Mont-Saint-Michel entre 1070 et 1090. C’est la décoration qui pose problème : la composition et les les couleurs de certaines initiales sont plus chaudes, plus vives que les codes habituellement employés au Mont.

Deux peintres auraient œuvré à la réalisation des initiales :

  • le premier, formé dans un scriptorium normand, peut-être au Mont-Saint-Michel.

Il réalise les grandes lettres ornementales ornées, parfois habitées de petits animaux et d’hommes. Les rinceaux, les végétaux et les figures animales sont caractéristiques de l’enluminure normande romane. Elles témoignent de l’influence des cultures celte, mérovingienne et germanique qui ont traversé les territoires au cours des siècles passés. Les couleurs mêlent du vert pâle, du rouge, du bleu foncé et de l’ocre.

L’initiale V marque le début du livre d’Isaïe : « Incipit Liber Isaia P[ro]p(heta] / Visio Isaie… » : « Début du livre du prophète Isaïe / La vision d’Isaïe… »

Certaines initiales ne sont pas entièrement peintes voire pas du tout, elles sont dites filigranées. La peinture et la multiplication des détails permet d’établir une hiérarchie entre les textes, donc une manière de se repérer dans la Bible. L’utilisation d’initiales pour découper le texte et leur décoration se développent au XIe siècle, à l’époque romane.

  • le second, qui intègre des éléments du monde méridional ou aquitain, a achevé le manuscrit. Il est clair qu’il a assimilé le langage pictural du Mont. Aussi, il est possible que la Bible ait été également entièrement décorée sur place mais sans certitude.

 

Lettre V formée par un dragon et le prophète Michée

Les corps composent la lettre, au contraire des initiales du premier peintre et du langage pictural normand. L’influence est poitevine.

La Bible en Gironde

Comment est-elle arrivée à La Sauve ? Cela reste sans réponse.

Avant de se trouver en Gironde, on retrouve sa trace à la fin du XIe siècle à l’abbaye Saint-Sauveur de Redon en Ille-et-Vilaine. Elle est parfois nommée « Bible de Redon ».

Comment le sait-on ? Ce sont les inventaires des abbayes qui permettent aux spécialistes d’en savoir plus, mais aussi les ajouts dans le manuscrit : au folio 259v, un texte présente une bulle (acte juridique) du pape Grégoire VII en faveur d’Almodus, abbé de Redon ainsi qu’un extrait d’un ancien cartulaire de Redon.

Ensuite, elle passe à une autre abbaye de l’ouest de la France entre 1090 et 1100.

Puis, elle arrive à l’abbaye de La Sauve-Majeure, en Gironde. Pourquoi ? Comment ? Où a-t-elle été continuée ? Son histoire est floue. Il semblerait que l’artiste qui ait continué les initiales soit celui qui l’a emmenée à La Sauve. Les manuscrits pouvaient circuler comme modèles, travaux à terminer, cadeaux entre abbayes ou comme objets appartenant à des moines ou abbés voyageant.

La Bible se trouvait dans les collections de l’abbaye de La Sauve-Majeure au moment de la Révolution où elle est déposée au château de Cadillac avec d’autres ouvrages provenant de l’abbaye et d’autres établissement religieux. Elle rejoint la bibliothèque de Bordeaux un peu plus tard et peut être visionnée en entier sur le site Manuscrits médiévaux d’Aquitaine. La reliure actuelle date des années 50.

Le manuscrit est incomplet, il manque plusieurs parties du texte biblique. Son histoire a été mouvementée !

 

La bibliothèque de Bordeaux conserve un autre ouvrage, cette fois-ci copié à l’abbaye de La Sauve-Majeure : il s’agit du cartulaire, texte recensant les possessions de l’abbaye de 1079 à 1356.  L’ouvrage permet de suivre le développement de l’abbaye.

Pour aller plus loin : une vidéo sur la fabrication du livre au Moyen Âge réalisée en partenariat par le CLEM et le CIS Design Media Lab, dans le cadre du dispositif transmédia Les voies d’Aliénor :

Bibliographie

Hélène de Bellaigue, « Bible de La Sauve-Majeure, Bible de Redon », dans Les entretiens de La Sauve-Majeure, Acte du colloque organisé par l’association Les Grandes heures de l’abbaye de la Sauve-Majeure, juillet 1997 et 1999, Editions de l’Entre-deux-Mers, 2000, p. 19-22.
Cécile Voyer, « Les bibles de La Sauve-Majeure », conférence donnée dans le cadre de la saison culturelle Perspectives de l’association Archimuse (étudiants du master Patrimoine & Musée de l’université Bordeaux Montaigne), 17 janvier 2020

Bibliothèque virtuelle du Mont-Saint-Michel

Manuscrits médiévaux d’Aquitaine

Scriptorial d’Avranches

L’atelier enluminure

Pour accompagner les activités autour du parcours pédagogique Jardins et Patrimoine, un atelier a été conçu à voir ici et à retrouver dans les documents fournis aux enseignants inscrits. Pour plus de précisions, n’hésitez pas à nous contacter.

 

 

Le bestiaire des élèves de Coutras

Nous débutons l’année 2019 avec les productions des élèves de l’IME Jean Elien Jambon de Coutras, qui ont choisi l’atelier Bestiaire. 

Les élèves ont produit le texte suivant en dicté à l’adulte. Il a été tapé à l’ordinateur par Victoria.

Au Moyen Âge on ne connaissait pas bien les animaux qui venaient de loin. On les dessinait bizarrement un peu comme des monstres. Nous, la classe de l’IME de Coutras, nous avons essayé de faire des  monstres. On vous explique comment on a fait.

Laëtitia

Dylan

 

Bryan : J’ai choisi une tête de panthère, le corps de cheval, une queue de coq, une queue de panthère.

 

 

Syréna

Victoria

 

Théo : J’ai choisi 5 animaux : La tête d’aigle Une crête de coq Une queue de cochon Des cornes de bouc Un pied de cheval.

 

Julien : J’ai choisi une tête de dragon, les pattes de canard, une tête de chat, une queue de cochon et j’ai donné le nom de dracachaco. Dra= dragon Ca= canard Cha= chat Co= cochon

 

Le jardin

En 2018, notre projet Jardin et patrimoine migre vers l’abbaye de La Sauve-Majeure, avec de nouveaux partenaires :

Depuis 2013, les Amis de l’abbaye de La Sauve-Majeure ont mis en place et entretiennent un jardin d’inspiration médiévale du XIe siècle, en partenariat avec la Maison Familiale Rurale et le Syndicat viticole de l’Entre-deux-Mers.

Les plantes sont réparties en usages principaux : plantes médicinales, potagères, aromatiques, textiles et tinctoriales, ornementales. On y trouve de la bardane, de l’armoise, de la bourrache, des pois chiches et de la roquette, de la garance des teinturiers, des chardons à foulon, du concombre, du lin, de l’hysope, de l’hellebore, de la bétoine, du fenouil, de la lavande, et de nombreuses autres plantes utilisées dans les abbayes médiévales. La visée du jardin n’est pas esthétique mais utilitaire, comme il a dû l’être dès le XIe siècle, au moment de la fondation de l’abbaye.

L’enclos des plantes textiles et tinctoriales

La sauge, aromatique mais surtout médicinale aux multiples vertus !

Le lin, plante textile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2018, on compte plus de 60 plantes et le jardin continue d’évoluer !

Les potagères

Le chardon à foulon, pour carder la laine

Vous trouverez sur ce blog et sur le site des Amis de l’abbaye (rubriques Jardin médiéval et Fiches plantes) de nombreuses informations sur les plantes médiévales.

L’abbaye de La Sauve-Majeure

Léo Drouyn, Album de la Grande-Sauve, 1851

Historique 

L’abbaye de La Sauve-Majeure doit son nom à la forêt – la sylva major– dans laquelle Gérard de Corbie, bénéficiant du soutien du duc d’Aquitaine (Guillaume VIII), implanta en 1079 une communauté monastique (bénédictins). L’abbaye jouit rapidement d’un grand prestige confirmé par le nombre de ses prieurés – 76 au moment de la canonisation du fondateur – en 1197. Désormais en ruines, l’abbaye conserve toutefois de remarquables vestiges médiévaux et modernes. Elle est classée monument historique depuis 1920.

L’abbaye a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

Léo Drouyn, Album de la Grande-Sauve, 1851

 

L’architecture de l’abbaye

Les ruines actuelles sont celles de l’abbatiale élevée dans la première moitié du XIIe siècle. Cet édifice possède un chevet à cinq chapelles échelonnées, plan souvent en usage dans l’architecture monastique du XIIe siècle, mais recevant là une ampleur jamais adoptée en Bordelais. Quant aux parties de la nef encore en élévation, elles montrent que l’on avait choisi d’élever une large nef flanquée de bas-côtés voûtés d’arêtes. Sur le vaisseau central, on lança des voûtes d’ogives qui marquent l’adoption dans la région, autour des années 1150, du voûtement gothique.

Vue du clocher

Au début du XIIIe siècle, de nouveaux travaux permirent l’installation du grand clocher octogonal.

L’achèvement de ces travaux suscita une nouvelle consécration en 1231, dont on garde trace dans le monument par la présence de disques sculptés aux effigies des apôtres. Cette période a également dû être marquée par une grande entreprise de rénovation des bâtiments conventuels comme en témoignent les vestiges du XIIIe siècle conservés in situ ou dans le musée lapidaire.

Vue satellite Geoportail

Sculpture

Dans le chœur et le bas-côté sud subsistent de remarquables chapiteaux romans. Ceux des parties basses du chœur présentent des thèmes bibliques et des scènes de combats. Parmi ces dernières, une grande corbeille située à la retombée de l’arcature séparant le chœur de l’absidiole nord présente notamment un homme luttant contre un lion, un centaure et un sagittaire et un combat d’aspics et de basilics.

Dans l’absidiole nord est représenté le Péché originel et en face, deux robustes lions dévorant un homme, probable pécheur soumis aux châtiments de l’enfer. Au sud voisinent notamment les thèmes de Daniel dans la fosse aux lions, Samson et le lion, ou la Tentation du Christ.

Le chapiteau de la Décollation de saint Jean-Baptiste, dans le bas-côté sud, représente la danse de Salomé, la décollation proprement dite, et la remise de la tête de Jean-Baptiste à Hérode.

Les bâtiments conventuels :

Sur la partie sud, les bâtiments conventuels en ruines rappellent la vie quotidienne des moines bénédictins. Autour du cloître s’articulaient les différents espaces : salle capitulaire (salle de réunion du chapitre, tous les matins) et dortoir aujourd’hui disparu, réfectoire, cellier.

Vue sur le cloître et le réfectoire depuis le clocher

Vestige de la salle capitulaire voûtée

Arcade du réfectoire

Bibliographie :

ARAGUAS (Ph.), L’abbaye de la Sauve-Majeure, Collection Itinéraires du patrimoine, Éditions du patrimoine, 2001.

BRUTAILS (J.A.), Les vieilles églises de la Gironde, Bordeaux 1912.

COUZY (H.), Les chapiteaux de La Sauve-Majeure, Bulletin Monumental 1968.

GARDELLES (J.), L’abbaye de La Sauve-Majeure, Congrès archéologique de France Bordelais et Bazadais, 1990.

LACOSTE (J.), La sculpture romane de La Sauve-Majeure et ses origines, :L’Entre-Deux-Mers et son identité  L’abbaye de La Sauve-Majeure de sa fondation à nos jours, Actes du cinquième colloque Entre-deux-Mers tenu à la Sauve-Majeure 9-17 septembre 1995, éditions du C.L.E.M. 1996.

Nombreux articles historiques importants dans : L’Entre-Deux-Mers et son identité  L’abbaye de La Sauve-Majeure de sa fondation à nos jours, Actes du cinquième colloque Entre-deux-Mers tenu à la Sauve-Majeure 9-17 septembre 1995, éditions du C.L.E.M. 1996.

L’abbaye est gérée par le Centre des monuments nationaux.

Pour en savoir plus, rdv sur le site dédié abbaye-la-sauve-majeure.fr