La peinture végétale

Fabriquer des pigments à base de végétaux ? C’est facile !

Il va s’agir, avec ces quelques exemples, d’extraire le jus végétal pour en faire de la peinture type aquarelle ou encre. C’est aussi la base de la teinture végétale.

 

 FAIRE DU ROUGE ET DU VIOLET

Betteraves

  • 1 betterave rouge crue ou cuite (la couleur est plus intense si elle est crue)
  • 1 râpe de cuisine
  • 1 vieux torchon
  • 1 petit saladier
  • 1 cuillerée à soupe d’eau

Le pigment rouge de la betterave est la bétanine. Il est utilisé dans les préparations alimentaires comme la confiture ou la glace.

 

Râper finement la betterave. Placer le vieux torchon sur le saladier et mettre la betterave râpée par-dessus. Verser une cuillerée à soupe d’eau sur la betterave, fermer le torchon et essorer pour extraire le jus coloré.

 

En vidéo chez Ouest-France

 

Coquelicots

  • 1 poignée de pétales de coquelicots
  • 1 mortier et 1 pilon
  • eau
  • 1 passoire à thé (passoire très fine)
  • 1 verre
  • 1 cuillère à café

Les pigments rouges contenus dans les coquelicots sont les anthocyanes.

 

Placer les pétales dans un mortier et ajouter quelques gouttes d’eau. Broyer les pétales, puis les déposer dans une passoire au-dessus d’un verre.

Presser les pétales avec la cuillère à café pour en extraire le jus. Cela donne une teinture violet-rouge.

Si on ajoute quelques gouttes de vinaigre ou de citron, elle devient rouge.

 

 FAIRE DU JAUNE – ORANGE – BRUN

Pelures d’oignons

Pour une peinture plutôt jaune : prendre des oignons blancs.

Pour une peinture plutôt brun-rouge : prendre des oignons rouges.

  • 3 à 4 tasses bien pleines de pelures d’oignon séchées
  • 1 tasse d’eau
  • 1 petite casserole
  • 1 passoire fine
  • 1 plat
  • 1 cuillère à soupe

Faire cuire les pelures d’oignon dans une casserole avec une tasse d’eau, pendant environ 20 minutes à feu doux.

Verser le jus coloré dans un plat et placer les pelures dans une passoire au-dessus. Presser les pelures pour terminer d’en extraire le jus.

 

 FAIRE DU VERT

Épinards

  • 10 à 20 feuilles d’épinards
  • 1 mortier et 1 pilon (ou 1 coupelle et 1 galet)
  • eau
  • 1 passoire à thé
  • 1 verre
  • 1 cuillère à café

 

Écraser les feuilles d’épinards avec un pilon en faisant des mouvements circulaires. Ajouter en même temps quelques gouttes d’eau. On doit obtenir une fine bouillie verte.

La déposer dans une passoire à thé au-dessus d’un verre, et la presser pour en extraire le jus. On peut aussi placer la bouillie dans un tissu en coton et l’essorer.

 

 

 

 FAIRE DU BLEU

Chou rouge (bleu et rouge)

La couleur peut varier du rouge au bleu.

En le cuisant, il peut prendre une teinte bleue. Si on lui ajoute, en cours de cuisson, du vinaigre, il garde sa teinte rouge. Ajouter du bicarbonate peut aussi faire varier la couleur.

  • ½ chou rouge
  • 1 petite planche
  • 1 couteau
  • eau
  • 1 mixeur électrique ou 1 robot de cuisine
  • 1 plat
  • 1 vieux torchon en coton

Couper le chou en fines lanières. Ajouter 5 à 10 cuillères à soupe d’eau.

Réduire en purée avec le mixeur.

Verser la purée dans un chiffon, au-dessus d’un plat.

Essorer le torchon pour faire sortir le jus.

 

De nombreuses autres plantes peuvent vous permettre de créer de la couleur : le curcuma, l’oeillet d’Inde, le souci pour du jaune ; le magnolia et le géranium rouge pour le rose, le dahlia en fonction de la couleur de la fleur, la fougère, le noyer ou l’ortie pour le vert, le brou de noix pour un brun-noir.

 

Ces encres végétales se conservent quelques jours dans un bocal fermé ou dans un bac à glaçons pour les utiliser plus tard !

 

Sur notre blog pédagogique, des articles autour des plantes tinctoriales et des réalisations de classes :

 

Bibliographie et webographie :

Helena Arendt, Peintures végétales avec les enfants, éd. La Plage, 2010

Elisabeth Dumont, Encres de plantes, Ulmer, 2018

La peinture végétale : Mode d’emploi

COLLAB’ : Aquarelles végétales avec WHOLE

 

 

 

 

Le bestiaire des élèves de l’ITEP de Cenon

Dans le cadre du projet EAC Jardins et Patrimoine, les élèves de l’ITEP Bellefonds à Cenon ont produit de drôles de bêtes suite à l’atelier Bestiaires réalisé en classe.

Découvrez ces hybrides composés à partir d’animaux mais aussi… de plantes et légumes ! Bravo à eux pour ces créatures merveilleuses !

Pégasus de Melvyn

Le cheval serpent de Mathys

La sirène verte de Karlina

Pégaciel de Jean-Gabriel

Le dragon cerf de Louisa

Le lion poisson d’Enzo

L’aigle à six têtes d’Ulrich

Le serpondulé Louisa (courge chou)

Le charchou – Mathys (chardon chou)

Le serpisson – Ulrich ( chardon courge)

La courgeguêpe – Karlina ( courge )

Le poissonvol – Enzo (chardon)

 

 

 

 

 

Recette de pain d’épices des élèves de l’IME de Coutras

Les élèves de l’IME de Coutras ont fabriqué du pain d’épice. Ils ont écrit pourquoi ils ont choisi cette recette et expliquent comment ils s’y sont pris, afin de la faire partager.

Pourquoi avoir choisi de fabriquer du pain d’épice ?

« Au Moyen Âge, on mangeait du pain d’épice » (Julien et Jessy)

Avant de commencer à cuisiner, qu’avons-nous fait ?

« Pour l’hygiène, il faut mettre les sur-chaussures, la charlotte et la blouse. Il faut se laver les mains et mettre les gants. » (Gwendoline)

Quelles ont été les étapes à suivre ?

« Pour faire du pain d’épice, on a rassemblé les ingrédients. Après, on a préparé des ustensiles. » (Bryan)

« On a mélangé les ingrédients. On a versé dans un moule. On a mis dans le four. Après, on a dégusté le gâteau. » (Jessy)

 

 

Le pain d’épice rapide

Ingrédients (pour 4 personnes) :

  • 3 œufs
  • 200 ml (millilitres) de miel
  • 1 cuillère à soupe de cacao
  • 1 cuillère à soupe d’épice à pain d’épice
  • 80 g (grammes) de beurre fondu
  • 120 ml de crème fraîche
  • 200 g de farine
  • 1 paquet de levure chimique

Matériel (listé par les élèves):

  • Un fouet
  • Une cuillère à soupe
  • Un saladier
  • Un verre doseur
  • Une balance
  • Un bol
  • Un couteau
  • Un moule
Préparation :

  1. Mélanger tous les ingrédients dans l’ordre.
  2. Verser dans un moule
  3. Faire cuire 20 minutes au four, thermostat 6 (180 °C)
 

La Bible de La Sauve-Majeure

La Bible de La Sauve-Majeure est un manuscrit précieux et connu en Gironde. Malgré ce nom, le manuscrit n’a pas été créé à l’abbaye de La Sauve-Majeure !

Bible de La Sauve-Majeure, entre 1070 et 1090, Bordeaux, BM, ms. 1-2

 

 

 

 

 

 

 

 

Origine

En réalité, sa réalisation a débuté dans un lieu célèbre… l’abbaye du Mont-Saint-Michel, en Normandie, lieu de pèlerinage important qui comportait un scriptorium (atelier de copie des manuscrits) très actif.

 

 

L’abbaye du Mont-Saint-Michel

La bibliothèque, disparue, était considérable : près de 800 manuscrits, ce qui est énorme au Moyen Âge.

Vue extraite du film Le Nom de la rose, 1986, de Jean-Jacques Annaud d’après l’œuvre d’Umberto Eco

Le scriptorium a produit de nombreux ouvrages reconnaissables à leurs initiales enluminées inspirées des îles britanniques et du nord de la France : tracé géométrique des lettres, entrelacs et feuillages, têtes de chiens et de lions, masques de dragons et animaux merveilleux, couleurs rouge, bleue et verte. La nature est largement représentée, tout comme sur les chapiteaux romans sculptés à la même période en Europe.

Manuscrit du Mont-Saint-Michel, lettre E, Avranches, BM, ms. 59, XIe siècle

Manuscrit du Mont-Saint-Michel, lettre S, Avranches, BM, ms. 59, XIe siècle

Manuscrit du Mont-Saint-Michel, lettre F, Avranches, BM, ms. 90, XIe siècle

Aujourd’hui, les manuscrits du Mont-Saint-Michel sont conservés au Scriptorial de la ville d’Avranches.

La Bible de La Sauve-Majeure

La Bible de La Sauve-Majeure daterait de la fin du XIe siècle. Cette grande dimension indique qu’elle était destinée à être déposée sur un lutrin pour une lecture à haute voix dans l’abbaye.

Le texte est en latin, présenté sur deux colonnes. L’écriture se rapproche de la caroline, avec quelques onciales.

Elle est reliée en deux volumes de 53×36 cm, chacun formés de 404 feuillets de parchemin, soit 808 pages. Pour un tel travail, il a fallu plusieurs copistes qui ont ensuite assemblé leurs productions.

Chaque monastère avait un style particulier qui permet de retrouver l’origine des manuscrits. L’écriture et les initiales sont les mêmes que celles réalisées au Mont-Saint-Michel à la même époque, il n’y a pas de doute !

Ainsi, les spécialistes de l’écriture (paléographes) et de l’enluminure ont montré que la bible avait été copiée entièrement au Mont-Saint-Michel entre 1070 et 1090 mais décorée seulement en partie sur place. En effet, les couleurs de certaines initiales sont plus chaudes, plus vives et sont caractéristiques du sud de la France.

De plus, certaines initiales ne sont pas caractéristiques du Mont-Saint-Michel :

Lettre V formée par un dragon et le prophète Michée

La forme de certaines lettrines est donnée par les personnages, ce qui est très différent des autres. L’influence est poitevine. L’artiste qui les a réalisées a peut-être été formé près de Poitiers avant de se rendre au Mont-Saint-Michel.

Enfin, certaines initiales sont inachevées, ce qui montre que la décoration du manuscrit a été arrêtée à un moment donné.

Toutes ces initiales marquent le début des parties du texte de la Bible et permettent de se repérer dans l’ouvrage. L’utilisation d’initiales pour découper le texte et leur décoration se développent au XIe siècle, à l’époque romane.

L’initiale V marque le début du livre d’Isaïe : « Incipit Liber Isaia P[ro]p(heta] / Visio Isaie… » : « Début du livre du prophète Isaïe / La vision d’Isaïe… »

La Bible en Gironde

Comment est-elle arrivée à La Sauve ? Cela reste sans réponse.

Avant de se trouver en Gironde, on retrouve sa trace à la fin du XIe siècle à l’abbaye Saint-Sauveur de Redon en Ille-et-Vilaine. Elle est parfois nommée « Bible de Redon ».

Comment le sait-on ? Ce sont les inventaires des abbayes qui permettent aux spécialistes d’en savoir plus, mais aussi les ajouts dans le manuscrit : au folio 259v, un texte présente une bulle (acte juridique) du pape Grégoire VII en faveur d’Almodus, abbé de Redon ainsi qu’un extrait d’un ancien cartulaire de Redon.

Ensuite, elle passe à une autre abbaye de l’ouest de la France entre 1090 et 1100.

Puis, elle arrive à l’abbaye de La Sauve-Majeure, en Gironde. Pourquoi ? Comment ? Où a-t-elle été continuée ? Son histoire est floue. Il semblerait que l’artiste qui ait continué les initiales soit celui qui l’a emmenée à La Sauve. Les manuscrits pouvaient circuler comme modèles, travaux à terminer, cadeaux entre abbayes ou comme objets appartenant à des moines ou abbés voyageant.

La Bible se trouvait dans les collections de l’abbaye de La Sauve-Majeure au moment de la Révolution où elle est déposée au château de Cadillac avec d’autres ouvrages provenant de l’abbaye et d’autres établissement religieux. Elle rejoint la bibliothèque de Bordeaux un peu plus tard et peut être visionnée en entier sur le site Manuscrits médiévaux d’Aquitaine. La reliure actuelle date des années 50.

Le manuscrit est incomplet, il manque plusieurs parties du texte biblique. Son histoire a été mouvementée !

 

La bibliothèque de Bordeaux conserve un autre ouvrage, cette fois-ci copié à l’abbaye de La Sauve-Majeure : il s’agit du cartulaire, texte recensant les possessions de l’abbaye de 1079 à 1356.  L’ouvrage permet de suivre le développement de l’abbaye.

Bibliographie

Hélène de Bellaigue, « Bible de La Sauve-Majeure, Bible de Redon », dans Les entretiens de La Sauve-Majeure, Acte du colloque organisé par l’association Les Grandes heures de l’abbaye de la Sauve-Majeure, juillet 1997 et 1999, Editions de l’Entre-deux-Mers, 2000, p. 19-22.

Bibliothèque virtuelle du Mont-Saint-Michel

Manuscrits médiévaux d’Aquitaine

Scriptorial d’Avranches

L’atelier enluminure

Pour accompagner les activités autour du parcours pédagogique Jardins et Patrimoine, un atelier a été conçu à voir ici et à retrouver dans les documents fournis aux enseignants inscrits. Pour plus de précisions, n’hésitez pas à nous contacter.

 

 

Le bestiaire des élèves de Coutras

Nous débutons l’année 2019 avec les productions des élèves de l’IME Jean Elien Jambon de Coutras, qui ont choisi l’atelier Bestiaire. 

Les élèves ont produit le texte suivant en dicté à l’adulte. Il a été tapé à l’ordinateur par Victoria.

Au Moyen Âge on ne connaissait pas bien les animaux qui venaient de loin. On les dessinait bizarrement un peu comme des monstres. Nous, la classe de l’IME de Coutras, nous avons essayé de faire des  monstres. On vous explique comment on a fait.

Laëtitia

Dylan

 

Bryan : J’ai choisi une tête de panthère, le corps de cheval, une queue de coq, une queue de panthère.

 

Gwendoline : J’ai choisi un œil de cochon, une queue de sirène, un pied de cheval, une queue de loup, une nageoire de sirène. Il s’appelle dranichesico.

 

Syréna

Victoria

 

Théo : J’ai choisi 5 animaux : La tête d’aigle Une crête de coq Une queue de cochon Des cornes de bouc Un pied de cheval.

 

Julien : J’ai choisi une tête de dragon, les pattes de canard, une tête de chat, une queue de cochon et j’ai donné le nom de dracachaco. Dra= dragon Ca= canard Cha= chat Co= cochon

 

Jessy

Le jardin

En 2018, notre projet Jardin et patrimoine migre vers l’abbaye de La Sauve-Majeure, avec de nouveaux partenaires :

Depuis 2013, les Amis de l’abbaye de La Sauve-Majeure ont mis en place et entretiennent un jardin d’inspiration médiévale du XIe siècle, en partenariat avec la Maison Familiale Rurale et le Syndicat viticole de l’Entre-deux-Mers.

Les plantes sont réparties en usages principaux : plantes médicinales, potagères, aromatiques, textiles et tinctoriales, ornementales. On y trouve de la bardane, de l’armoise, de la bourrache, des pois chiches et de la roquette, de la garance des teinturiers, des chardons à foulon, du concombre, du lin, de l’hysope, de l’hellebore, de la bétoine, du fenouil, de la lavande, et de nombreuses autres plantes utilisées dans les abbayes médiévales. La visée du jardin n’est pas esthétique mais utilitaire, comme il a dû l’être dès le XIe siècle, au moment de la fondation de l’abbaye.

L’enclos des plantes textiles et tinctoriales

La sauge, aromatique mais surtout médicinale aux multiples vertus !

Le lin, plante textile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2018, on compte plus de 60 plantes et le jardin continue d’évoluer !

Les potagères

Le chardon à foulon, pour carder la laine

Vous trouverez sur ce blog et sur le site des Amis de l’abbaye (rubriques Jardin médiéval et Fiches plantes) de nombreuses informations sur les plantes médiévales.