Juin 18 2017

Arènes sanglantes

Publié par Giraldillo dans Non classé      

On nous reproche de verser le sang des toros et quand un torero se fait tuer on dit que c’est bien fait pour lui. Où est l’Humanisme? Aujourd’hui, un homme est mort, encorné devant moi, à deux reprises. Si la blessure fait partie de la corrida, on ne peut accepter la mort de l’Homme. Et pourtant… elle surgit toujours à l’improviste et c’est elle qui finit par triompher de tout.

Je croyais avoir assisté à une bonne corrida de Baltasar Ibán avec une oreille coupée par Fandiño à son premier et une très bonne prestation de Juan del Álamo tout auréolé qu’il est de son récent triomphe madrilène. Je viens d’apprendre en rentrant chez moi, après 2h 45 de trajet que la représentation était bel et bien une offrande sans rédemption. Fandiño que j’avais vu toréé à Valence en solo, Fandiño que j’avais vu triomphé à Mont de Marsan, que j’avais vu coupé une oreille à Vic ne donnera plus aucune faena. On se souvient de sa manière de se jeter entre les cornes sans muleta pour occire son toro avant de sortir par la Grande Porte de Las Ventas en 2013. Torero républicain qui avait refusé d’offrir son toro au Roi, il les avait bien accrochées, au point de vouloir faire exploser le système en combattant 6 toros 6 des élevages réputés les plus durs, ni plus ni moins qu’à Madrid, Temple du toreo. C’était en 2015, ce fut un échec, on le sait. Depuis il était reparti de zéro, de village en villages. C’est dans celui d’Aire sur l’Adour qu’il rentre dans l’éternité.

Mes plus sincères condoléances aux siens, en commençant par son épouse qui lui a donné une petite fille il y a deux ans, et à Antoine, son valet d’épée, et Jarocho, son banderillero, qui assiste impuissant pour la deuxième fois en deux ans à la mort de son maestro.

Descansa en paz, Iván.


Juin 17 2017

In memoriam

Publié par Giraldillo dans Portraits      

Iván Fandiño est né à Orduña, près de Bilbao, le 29 septembre 1980. Il a revêtu son premier habit de lumières en 99 puis a débuté avec picadors en 2002. Lors de sa présentation à Madrid, le 12 septembre 2004, il obtient un appendice auriculaire d’un novillo de Navalrosal.

Il prit l’alternative dans la capitale de Biscaye le 25 août 2005 avec le toro Afrodisiaco d’El Ventorrillo, parrainé par El Juli et en présence de Salvador Vega. Ce n’est que le 12 mai 2009 qu’il confirma son doctorat accompagné à l’affiche par Ferrera et Morenito de Aranda. Cette année-là il obtient un trophée à Bilbao deux ans après le premier. En 2010 il coupe une oreille à Madrid à un toro de Guardiola Fantoni et reçoit un coup de corne chez lui. Il devient l’un des toreros préférés de l’afición madrilène en 2011 en coupant 4 oreilles sur l’ensemble de la saison mais un toro lui inflige une grave blessure à Malaga. 2012 commence fort à Valence puis à Séville (oreille et deux vueltas face aux victorinos) avant d’obtenir un nouvel appendice à Las Ventas. Il triomphe aussi à Pampelune et coupe deux fois une oreille à Bilbao où il renouvellera une excellente prestation l’année suivante. Il est unanimement considéré comme le triomphateur des saisons 2012 et 2013, en Espagne comme en France où il a été hissé vers les cieux à Arles, Mont de Marsan, Bayonne ou Dax. La Grande Porte ne veut cependant toujours pas s’ouvrir à Madrid où il coupe une nouvelle oreille alors que la corne d’un toro lui transperce la cuisse droite le 22 mai 2013. A l’automne il touche encore du poil puis au printemps suivant c’est la consécration, le 13 mai avec la sortir a hombros tant désirée avant de couper sa onzième oreille à Madrid lors de la corrida de Beneficencia. Il triomphe totalement à Mont de Marsan face à des laquintas pour la troisième année consécutive, un an avant son mano a mano non moins triomphal face à Ponce. Le reste est connu, il est plus facile d’arriver au sommet que de s’y maintenir dit-on. Pour Iván ce fut une chute en enfers à défaut d’atteindre le firmament pour son solo de 2015. Depuis le 17 juin 2017 c’est au paradis des toreros qu’il a élu résidence car il est mort comme il a vécu, en Torero.

http://www.dailymotion.com/video/x21apw7

Son toreo était sec comme un été castillan mais d’une grande vérité, généralement croisé et la jambe en avant. Point de fioritures. Comme tous les grands toreros basques, avec l’épée c’était un canon.


Juin 17 2017

Une corrida de plus ?

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Demi-entrée

Samedi 17 juin 2017

Arènes d’Aire sur l’Adour

Fandiño est mort

6 toros 6 de Baltasar Ibán, bien présentés et tous applaudis à l’arrastre sauf le 4e (ou timidement). Provechito, le toro meurtier, âgé de 5 ans, fut le plus brave : il prit une deuxième pique depuis le centre; codicioso, il poursuivait tout ce qui bougeait mais avait le défaut en début de lidia de venir croisé. Bon niveau de bravoure dans l’ensemble avec une noblesse piquante.

Iván FANDIÑO (cannelle et or) : oreille avant d’être blessé à mort

            Le torero basque tira au sort un toro prompt et vivace mais aux forces assez mimitées auquel Dufau donna des chicuelinas ajustées. Sa dernière faena commença par deux bonnes séries à droites, rythmées, puis deux autres à gauche avant d’acquérir une plus grande intensité à nouveau à droite. Il alterna à nouveau et finit par manoletinas. Magnifique estocade quoiqu’un peu en arrière. Un trophée sans discussion.

Thomas DUFAU (bleu ciel et or) : salut puis silence aux deux autres

            Del Álamo a donné le ton de l’après-midi dans un quite par delantales ajustés. Le meilleur du torero français vint en début de faena par un double changement dans le dos puis par des cites à distance avec un animal qui avait un tracé très long, on ne peut plus propice au bon toreo. La faena fut propre, avec une bonne liaison à la troisième série puis une fin par manoletinas. Le torero aurait pu couper un trophée sans son échec aux aciers.

            Au quatrième, après une réception par larga à genoux, et de bonnes véroniques, la faena a connu des hauts et des bas.

            Le dernier prit une deuxième pique de loin puis Del Álamo dessina quelques chicuelinas avant que Manolo de los Reyes cloue une paire dans un cuarteo très rapproché. Le meilleur de la faena fut une première série au centre les genoux ancrés au sol. Un desarme vint compliquer les choses.

Juan del ÁLAMO (tabac et or) : vuelta et oreille

            Avec le moral d’un torero qui vient de triompher à Madrid, Del Álamo s’est montré assez pléthorique avec une belle réception à la cape qui a donné à Fandiño l’envie de répliquer par chicuelinas. C’est à la deuxième qu’il fut pris de face faisant craindre une blessure au thorax. Le torero, conscient, fit la « croquette », roula sur lui-même jusqu’aux barrières et fut pris au sol une deuxième fois, cette fois-ci fatalement, au niveau du rein droit. Le masque de la douleur se peignit sur ce visage exsangue sans que le sang ne paraisse couler. Un banderillero fut ensuite également pris mais sans conséquences visibles alors qu’il rentrait dans le burladero. Le torero de Salamanque servit une faena complète commencée un genou à terre, comme à Madrid, avant de prendre la gauche dans des passes de bonne facture. La faena eut cependant plus d’intensité sur la corne meurtrière. Il finit par de longues et templées bibaínas avant de « pincher » et de donner une estocade tendue qui nécessita de 3 descabellos qui firent s’envoler les trophées.

            Le cinquième (qui aurait dû être le dernier) paraissait une vermine à la sortie, freinant puis sautant avant de pousser à l’étrier du cheval. Le châtiment et l’envie du jeune torero ont permis de révéler sa bonne corne droite dans deux séries intenses. Epée arrière et tendue puis descabello et pétition d’oreille accordée.

 N.B. : Rafael Agudo, qui piqua le premier toro, reçut le prix au meilleur picador à la fin de la corrida sans que la nouvelle fatale de soit encore connue.


Juin 17 2017

Il y a 20 ans…

Publié par Giraldillo dans Portraits      

… ou presque, prenait l’alternative José Antonio Morante  Camacho,

« MORANTE de LA PUEBLA »

 Il est né à La Puebla del Río (Séville) le 2 octobre 1978.

Il a pris l’alternative à Burgos le 29 juin 1997 des mains de César Rincón, qui lui a cédé Guerrero de Juan Pedro Domecq. Le 21 avril 1998 il a coupé les deux oreilles de Parón de Gavira lors de sa présentation comme matador à Séville ce qui lui valut d’être déclaré triomphateur de la feria. Il fit sa confirmation d’alternative le 14 mai 1998 quand Aparicio lui céda Hospedero de Sepúlveda. En été, il coupa une queue au Puerto de Santa María et termina sa première saison complète en coupant les deux appendices d’un toro à Saragosse. Le 19 avril 1999, il sortit par la Porte du Prince lors d’une course de Guadalest avant de réaliser une grande faena à Malaga en plus de couper une oreille à Bilbao où il tua recibiendo comme à Dax; à la fin de la temporada, il se fractura plusieurs vertèbres. Le 29 avril 2000, il coupa dans ses arènes de la Maestranza les deux oreilles d’un toro de Victoriano del Río après là aussi avoir tué a recibir. Son second lui infligea malheureusement deux coups de corne. En 2001, il obtint une oreille à Madrid et perdit la Grande Porte à l’épée après une faena importante à un toro de Javier Pérez Tabernero. Il réalisa une autre grande faena en 2003 et créa un chef d’œuvre à Xérès le 12 octobre en coupant une queue lors du dernier toro d’une corrida en solo. Après une nouvelle encerrona, à Madrid cette fois, il interrompit sa saison 2004 en raison d’une dépression causée dit-on par des problèmes biologiques qui avaient commencé à se manifester l’année précédente mais il revint en 2005 pour notre plus grand régal comme le 7 mai à Xérès où il obtint à nouveau une queue après une estocade recibiendo. A Grenade aussi il y eut du ‘chant profond’ le 24 du même mois et à Aranjuez le 30 mais aussi dans des arènes importantes comme Valence, Barcelone ou Salamanque. En 2006, il obtint un nouveau trophée madrilène le 6 juin. Le 26 novembre, il réalisa une bonne faena à Mexico et reçut un double trophée. En 2007, pour ses dix ans de doctorat taurin, il coupe deux oreilles à Séville le 23 avril – une course triomphale où Talavante sort par la Porte du Prince -, à base de courage comme le démontre sa réception a portagayola. Il en va de même avec l’appendice gagné le 6 juin pour la Corrida de Beneficencia où il s’afficha comme unique matador : après avoir été blessé par le cinquième, le dernier toro lui permit un excellent toreo de cape, il le banderilla et le début de faena fut d’anthologie, à base de domination, avant que l’animal ne s’éteigne. Il se retira fin juin après avoir rompu professionnellement avec son apoderado, Rafael de Paula. Il réapparut cependant l’année suivante et coupa une oreille à Madrid pendant la feria de San Isidro et une autre pour la corrida de Beneficencia. 2009 fut une de ses meilleures saisons avec tout d’abord une oreille de poids à Séville le 26 avril quelques jours après y avoir toréé une corrida de Victorino Martín avec des réminiscences de temps oubliés cape en mains puis il fut déclaré triomphateur de San Isidro après avoir rêvé le toreo par véroniques le 21 mai. Il obtient un autre appendice à Pampelune le 14 juillet mais il reçoit un double coup de corne dans la cuisse le 7 août au Puerto et un autre à San Sebastián de los Reyes le 28 du même mois.

En 2010, il reçoit une oreille pour le dimanche de Pâques sévillan et triomphe à Xérès, Nîmes (une queue pour la faena de la chaise) et se montre sous son meilleur jour à la cape pour la corrida de Beneficencia dans une rivalité avec Daniel Luque. Le 23 août 2011, il obtient l’un de ses plus grands succès en essorillant un toro à Bilbao pour une faena commencée par des doblones d’antan. Le 19 novembre 2012, c’est à México qu’il triomphe mais connaît le revers de la médaille à Huesca en 2013 en recevant un coup de corne de trois trajectoires, l’une d’elles de 30 cm, ce qui ne l’empêche pas de couper une oreille de poids à Bilbao. Le 15 avril 2016, il obtient à nouveau un double trophée chez lui malgré un toro sans gaz dont il a par contre tiré tout le parti possible.

Adulé par les uns, honni par d’autres, cet immense torero est capable de réaliser n’importe quelle suerte avec une saveur d’éternité. C’est un torero d’Art en majuscule mais il est beaucoup plus que cela. Ce n’est pas par hasard qu’il a triomphé dans des arènes comme Bilbao. Nous ne détaillerons pas ici son toreo car par définition l’ineffable ne peut être exprimé et cela un autre grand génie, Rafael El Gallo l’avait déjà dit. Une grande faena de Morante est rare, de plus en plus j’ai envie de dire, mais certains lances ou muletazos sont capables à eux seuls, pris individuellement, de nous transporter, de raviver la flamme du toreo qui sommeille parfois en nous. Pour l’anecdote et pour donner un aperçu du sentiment sévillan, cette phrase d’un vieil aficionado de la Maestranza s’adressant au jeune Maestro : « Fais-nous pleurer mon cœur ! » (¡Haznos llorá mi arma !).

Statistiquement, il a coupé 15 oreilles à Séville avec une sortie par la Porte du Prince contre 5 à Madrid.


Juin 10 2017

As de piques

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Juan José Esquivel est né dans la province de Cadix, à La Línea de la Concepción. Il a commencé à piquer chez Miguelín avant de faire ses débuts en 1989.

Il est l’un des picadors les plus appréciés de notre France taurine. Il accompagne Rafaelillo et un certain nombre d’autres toreros comme Galván ou Chacón.

En 2013 il gagne un prix à Bayonne, l’année suivante il est blessé à Saragosse après qu’un victorino ait fait chuter son cheval.

Il a permis ces dernières années de grands tercios de piques, comme à Mont de Marsan en 2015 face à Piporro de Cebada Gago, à Dax en 2016 face à Granadero de Pedraza. Cette année-là il gagne aussi le prix au meilleur picador lors de la corrida-concours de Saragosse (comme il l’avait déjà fait en 2010) et celui de la feria de Juillet de Valence. A Vic en 2017 face au burraco Carafea III de Dolores Aguirre.


Juin 7 2017

Au pays des toros (35)

Publié par Giraldillo dans Non classé      

Segura de León est un village d’à peine 2000 habitants, au sud de la province de Badajoz, où se déroulent au milieu du mois de septembre des capeas rappelant celles d’antan, tout comme sa voisine, Bodonal de la Sierra qui les donne le 15 août.


Juin 4 2017

Juin

Publié par Giraldillo dans Temporada      

FRANCE

A VIC, une oreille pour Chacón qui n’a pas démérité face Carafea III, un toro de Dolores Aguirre qui a reçu une vuelta après avoir permis à Esquivel de nous régaler d’un tercio de piques épique en 4 rencontres; ovation pour Lamelas qui perd un trophée au 3e. Le matin, vuelta pour Pacheco face un novillo encasté de Raso de Portillo. Pour la concours, double tour de piste pour Chávez face à un miura et vuelta à Jardinero de Los Maños bien piqué par Gabin. L’après-midi dominicale est marquée par la sortie en triomphe d’Emilio de Justo. Pour la dernière, corrida intéressante d’Alcurrucén notamment avec le 3e qui permet à Juan Bautista de faire montre de sa maestría mais qui perd un deuxième trophée en raison d’une épée basse, à Díaz d’en couper une autre et à Vanegas de finir sur un bilan d’oreille et vuelta pour son alternative.

A NÎMES, pour l’ouverture, une oreille d’un laquinta pour Escribano. Le samedi, un trophée pour Gardel et un double pour Younès puis et deux fois un appendice pour Simón et un pour El Juli. Le dimanche matin, oreille pour Ponce et Jiménez puis sortie par la Porte des Consuls pour Juan Bautista qui a essorillé par deux fois ses adversaires lors de son solo. Pour la clôture, indulto de Pañero de Vehahermosa par Garrido et oreille pour Ureña et Mora.

A Istres, 3 oreilles pour Castella lors de l’ouverture, une pour Manzanares et Joubert. Une oreille pour Talavante le samedi. Corrida triomphale le dimanche avec carton plein pour Juan Bautista, 3 trophées pour Ponce et un double pour le retour d’El Fundi.

A Saint-Sever, un double trophée pour Perera et un simple pour Díaz.

A La Brède, double trophée pour Díaz et Campos.

ESPAGNE

A MADRID, pour la corrida de Beneficencia, une oreille pour El Juli dans une faena moderne commencée dans un mouchoir de poche et terminée dans des terrains de proximité. Marín perd un triomphe à l’épée le lendemain. Pour la dernière corrida du mois de juin Vicente obtient un trophée.

A Burgos, Grande Porte pour Morenito pour son solo face aux adolfos.

A Alicante, Grande Porte pour Juan Bautista et Escribano dans la corrida d’Adalfo Martín. Talavante et El Fandi en font de même dans la deuxième et Cayetano obtient un trophée; vuelta à un autre Arrojado de Cuvillo. El Juli coupe 3 oreilles dont 2 à Tirachinas, toro promu d’une vuelta appartenant à son propre élevage; un trophée pour Ureña et Paquirri. Manzanares et Simón coupent également trois trophées chacun; un pour Ponce.

A Badajoz, oreille et coup de corne pour Roca Rey. 3 oreilles pour Marín puis 3 autres pour Adame le samedi, accompagné a hombros par Garrido.

A Algeciras, Perera a hombros alors que Ponce et Garrido repartent avec une oreille dans leur besace. Triomphe du local Galván et une oreille pour Cayetano.

A León, Cayetano (3 oreilles) et Simón a hombros; un trophée pour Paquirri.

A Grenade, une oreille pour Garrido et Marín.

A Tolède, pour la traditionnelle corrida du Corpus, une oreille pour Juli, Roca et Lorenzo.

A Albacete, triomphe de Ponce et Roca Rey; une oreille pour Cayetano. El Fandi et Roca Rey coupent chacun 3 oreilles; une pour Ponce.

A Plasencia, Luque coupe une oreille à chacun de ses victorinos.

A Sotillo de la Adrada, encore une bonne corrida de Rehuelga avec la grâce de Revolotoso par Juan Bautista.

Novilladas

A MADRID, une oreille pour Colombo.

A SEVILLE, vuelta et oreille pour Cadaval dans ce qui est présenté comme une bonne novillada de Talavante.

A Captieux, 3 oreilles pour Younès.


Juin 3 2017

Picasso à Vallauris

Publié par Giraldillo dans Non classé      

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Le maestro Pablo Ruiz Picasso a connu cette bourgade des Alpes-Maritimes en 1946 lors d’une exposition de céramique,  un art premier auquel il s’est adonné dès qu’il établit sa résidence dans ce lieu, de 48 à 55.

S’il déménage il restera lié à ce village comme le prouvent les corridas qu’il co-organise  entre 54 et 60 et où il fait jouer ses relations pour engager ni plus ni moins que le n°1, LuisMiguel Dominguín.

 

 

 

 

 

 

 

 


Mai 31 2017

Un élevage à l’honneur (99)

Publié par Giraldillo dans Campo      

Une fois de plus la peña de Saint-Perdon surprend en annonçant la présentation d’un élevage en France : cette année c’est au tour de Pincha, ganadería navarraise qui commence à jouir d’un certain prestige dans le petit royaume du nord de l’Espagne.

Acoso y derribo en Navarrre

José Antonio Baigorri a créé à partir de 1986 un élevage brave pour les spectacles populaires puis en a formé un nouveau pour la lidia à partir de 2002 en achetant 44 vaches et deux étalons à Gerardo Ortega (d’origine Los Guateles essentiellement) puis en complétant son troupeau en 2006 avec 15 vaches de Luis Algarra avant d’acquérir un total de 80 femelles non « tientées » et 4 étalons à Marqués de Domecq en 2010.

Encaste : Domecq (Algarra, Guateles et Marqués séparément)

Devise : rouge et vert

Ancienneté : aucune

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Les animaux de ce fer paissent dans la commune de Lodosa, dans le domaine El Ontanal. Cet élevage fait partie de l’Asociación.

En 2016, 3 utreros de Pincha ont reçu les honneurs posthumes : 2 à Lodosa et 1 à Peralta.


Mai 27 2017

La dimension érotique du toreo

Publié par Giraldillo dans Réflexion      

Je ne vais revenir sur les propos bien connus de Belmonte sur l’orgasme que procure le toreo. Nous ne somme pas ici dans le premier degré mais dans le symbolique.

Le toreo est une danse, à la fois macabre et festive, je l’ai dit, car l’opposition doit être dépassée au profit de l’accord.

Le rythme est fondamental et il participe de l’esthétique taurine en mouvement.

Le dessin est la deuxième caractéristique du toreo : le tracé de la passe que le corps de l’homme doit accompagner dans un geste épuré. Pour qu’il y ait communion le torero doit essayer de modeler la charge du toro et celui-ci doit finir par y consentir. L’homme doit peser sur la charge, diriger la trajectoire, dans l’idéal en envahissant le terrain du toro qui devra contourner le corps de son adversaire devenu partenaire. Le toro ne doit pas collaborer trop facilement mais nier le toreo c’est revisiter la Corrida. La tauromachie nécessite comme base qu’un toro combatte et cherche à attraper le leurre mais elle ne se limite pas à cela. Dans la même idée, la Corrida a besoin de la course d’un toro (s’il est à l’arrêt tout est fini) mais elle ne s’arrête pas à cela.

Le torero est un héros mais il n’est pas non plus que cela. Il est un artiste, à l’instar d’un danseur ou d’un musicien, un artiste qui n’est pas simplement dans la représentation comme dit si bien Francis Wolff mais un artiste qui joue sa vie en rejouant un mythe bien réel  car la Corrida est un oxymore. Encore une fois la lidia et le toreo ne sont presque jamais dissociables. S’il existe des toreros qui sont dans la posture sans peser sur la charge du toro, un aficionado moyen n’est pas dupe. A contrario, croire que l’esthétique est un problème et qu’elle est contraire à l’idée de domination est ridicule. Au contraire, il n’y a qu’à voir toréer Ureña pour s’en convaincre : charger la suerte, baisser la main, conduire la charge avec rythme le plus loin possible, voilà le bon et le beau réunis.

L’image de cet être gracile, à la fois gracieux et fragile, contraste avec celle du héros, dur et invincible. La première renvoie au côté féminin de tout être humain. Certaines postures, le fait de toréer sur la pointe des pieds, la finesse de certains mouvements de poignet et jusqu’aux bas roses sont là pour évoquer cette ambiguïté qui font du torero l’Homme avec un grand H, le représentant de l’humanité, ni homme ni femme mais les deux à la fois, une sorte d’être hermaphrodite.

Francis Wolff cite l’anthropologue Pitt-Rivers dans sa Philosophie de la corrida (pp. 96-97) :

« A travers la représentation d’un échange de sexe entre le torero et le toro et l’immolation de ce dernier qui transmet sa puissance génératrice à son vainqueur, un transfert s’effectue entre l’Humanité et la Nature : les hommes sacrifient le taureau et reçoivent en retour la puissance  dont il est le détenteur. » C’est pourquoi, au cours du combat, le « matador » […] se dépouille progressivement de ses attributs féminins (par exemple sa cape bicolore qui tournoie comme une jupe et dans laquelle il s’enveloppe, au premiers tiers, en exécutant de légères figures de danse) pour acquérir les symboles de la virilité (en particulier l’épée du sacrifice) tandis que le toro se défait progressivement de sa virilité sauvage, celle du monstre tout-puissant. »

 A méditer.