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Si Belmonte a établi les bases d’un toreo « croisé », templé et conduit vers l’intérieur, il n’est pas moins vrai qu’il pratiquait un toreo en 8, avec alternance  d’une passe naturelle et d’une passe contraire. C’est Gallito, reprenant l’essentiel de l’apport du Terremoto, qui a dessiné l’ébauche d’un toreo lié en rond avant que son socle soit définitivement posé par Chicuelo et qu’il trouve sa culmination avec José Tomás. Mais ce toreo est aujourd’hui en régression au profit du toreo en ligne.

En théorie, il est plus difficile de lier les passes en toréant en ligne droite, sur le passage, sans forcer le toro, mais la virtuosité technique des maestrillos actuels unie à la demi-caste du toro moderne, celle de l’équilibre parfait entre bravoure et mansedumbre, où l’animal s’ouvre suffisamment, comme pour fuir, mais revenant finalement en acceptant les sollicitations sans vraiment avoir l’envie de vaincre ni les forces pour le faire et en avançant presque au trot, gateando, littéralement à quatre pattes, comme se traînant sous le poids de la contrition, suppliant l’honneur d’être mis en valeur, tel un noble courtisan qui a oublié ce qu’est la noblesse première et véritable et sa valeur de base, la bravoure.

Toréer en rond ou en arc de cercle, comme une parenthèse, contraint les toros. Le manque de poder conduite à la facilité, tel un serpent de mer qui se mord la queue, celle d’un toreo en ligne mais de biais (position du torero au départ de la charge), avec la jambe de sortie en retrait puis, pour conclure la passe, un petit mouvement de poignée, tel une virgule, pour rappeler le cornu.

Il s’agit donc d’une double supercherie (même si dans certains cas, lorsque ce toreo est bien fait, il peut avoir une certaine valeur, ne la lui nions pas) celle du temple et celle du toreo vers l’intérieur alors qu’il s’agit simplement d’une manière de toréer rythmée et rectiligne.


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