Les maîtres de la véronique

Pour les personnes incapables de voir la beauté du geste taurin, celles qui réduisent la tauromachie à quelques coups de chiffon, à des piques, des banderilles et un coup d’épée, il va de soi qu’un geste aussi bête consistant à faire passer un taureau autour de son corps en étirant les bras en vaut un autre. Cependant, ce geste naturel est rarement interprété dans toute sa plénitude. Une poignée seulement de toreros a réussi à l’interpréter en le sublimant.

Bien qu’ayant probablement été inventée par Costillares, le premier grand maître de la véronique, telle qu’on la conçoit aujourd’hui, est sans doute Juan Belmonte. Suivirent Chicuelo et surtout Gitanillo de Triana, par son temple et parce qu’il est le premier à baisser les mains. C’est ensuite Victoriano de la Serna qui reprendra, avec son style, ce savoir-faire.

Verónica BelmonteBelmonte

 Après la guerre, après Manolo Escudero, arrive Antonio Ordóñez puis ce sont Antoñete, Curro Romero, Rafel de Paula (en particulier de face), même si d’autres figuras ont bien exécuté ce lance, Camino, El Viti ou Puerta. Ensuite,  c’est Julio Robles qui reprit le flambeau.

Verónica CurroCurro

 Des toreros plus modestes ont également brillé dans ce lance censé imité la caresse du personnage biblique du même nom sur le visage de Jésus : Manuel Álvarez « Andaluz » dans les années 20, Fernando Domínguez dans les années 30 ou Juan Posada dans les années 50.

 Ces dernières années J.M. Arroyo « Joselito » ou Fernando Cepeda ont été les meilleurs interprètes de la reine des suertes de cape et c’est Morante qui indéniablement porte actuellement ce titre même si un torero comme David Mora est capable de bien toréer dans ce que certains appellent une figure.


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