Rivalités (VIII)

Aparicio vs Litri

Celle entre Aparicio et Litri a été la plus importante de l’histoire dans l’escalafón inférieur, à tel point qu’en 1950 il y eut plus du double de novilladas (303) que de corridas (145). S’il est vrai qu’il faudra attendre 1966 pour que ce phénomène s’inverse, ces deux toreros ne sont pas pour rien dans l’engouement suscité par les premières.

Dès le départ, Aparicio avait pour lui la qualité, notamment celle des triomphes à Madrid, 2 en 49 et 2 autres en 50 contre une seul pour Litri, le 18 mai 50 en mano a mano avec son rival qu’il accompagne en volandas. Ce dernier était plus populaire grâce à son toreo tremendista, l’un des tous premiers, impressionnant lorsqu’il faisait venir l’animal de loin, avec la muleta repliée, le célèbre cartucho.

En effet, après une saison épique, Julio Aparicio et Miguel Báez « Litri » unirent leur destin, professionnellement parlant s’entend, des mains de Cagancho, le 12 octobre 1950, à Valence, tant leur carrière était liée. Cette première confrontation en tant que matador tournera nettement à l’avantage du madrilène avec 4 oreilles.

Ils avaient commencé leur rivalité près de trois ans plus tôt, d’abord timidement, puis c’est l’explosion en 1949 (114 novilladas pour Litri) avec d’importants triomphes à Madrid pour Aparicio. Cette temporada va préparer l’apothéose de 1950 orchestrée par l’apoderado de Manolete, Manolo Camará.

Outre ses triomphes madrilènes, il faut noter les 4 oreilles et la queue coupées par Aparicio à Cordoue le 26 mars ou les 6 novilladas qui composèrent la feria valencienne de Juillet avec nos deux toreros à l’affiche dans toutes les courses.

La rivalité ne se maintiendra pas vraiment dans la catégorie supérieure, d’une part parce que l’année 1951, à l’instar de l’alternative, est incomparablement meilleure pour Aparicio qui triomphe dans la capitale où son classicisme est tout de suite apprécié alors que Litri aura besoin d’une année de rodage. Cependant, à Séville, c’est l’Andalou qui l’emporte par deux fois : deux oreilles le 17 puis le 23 avril (oreille puis blessure pour Aparicio).

Litri se retirera au cours de la saison de 1953, laissant seul son ancien compagnon. Ils se retrouvèrent cependant à partir 1956, une étape où ils ont connu ensemble un de leur plus grand succès, le 14 mai de l’année suivante, sortant a hombros des arènes de Las Ventas en compagnie de Manolo Vázquez. Il y eut finalement une dernière étape de rivalité entre 1964 et 1967.

Ils figurent tous les deux parmi les 10 toreros qui ont le plus triomphé à Madrid avec une égalité de 7 sorties a hombros mais une de plus pour Aparicio lors de la feria de San Isidro.

Leurs fils respectifs deviendront des toreros importants mais ils ne furent jamais des rivaux. En 1987, c’est avec le fils Camino que Litri donna l’alternative à son rejeton.


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